Éditions de l'Aire

  • Une vingtaine de villes suisses en perpétuelles mutations sont décrites par des écrivains qui ont un lien particulier et affectif avec celles-ci. Ce renouvellement du regard est bienvenu car souvent le lien que l'on entretient avec notre lieu d'habitation est marqué par le poids des habitudes. Et, avec les villes qui se trouvent à l'autre bout de la Suisse, on entretient parfois des préjugés par méconnaissance. Ce tour de Suisse non-dénué de charme et d'ironie invite le lecteur à modifier la perception qu'il a de lui-même et à voir ses voisins sous une autre lumière. Livre heureux et bienvenu où comme l'oiseau, on sautille de branche en branche, de découvertes en découvertes. EXTRAIT A l'heure où l'on photographie et filme les villes dans les moindres détails, nous proposons un livre à contre-courant qui décrit des lieux sans la moindre illustration. Nos auteurs nous convient à un tour de Suisse en dix-huit escales. Livre de flâneries dans lequel l'auteur évoque une ville qui l'obsède ou qui l'enchante. Parfois il en profite pour décrire des souvenirs d'enfance ou des réminiscences amoureuses. Certains auteurs ont la plume plus critique et se font juges de l'évolution esthétique de leur ville. Des critères écologiques entrent également en ligne de compte, mais presque tous se font rattraper par le sentiment. La plupart des villes de Suisse sont présentées dans ce livre avec un oeil neuf. Certaines villes comme Lugano, Bâle, Lucerne, Saint-Gall ou des lieux mythiques comme Sils-Maria, Zermatt n'ont pas inspiré nos écrivains et ce n'est pas grave, ils ont cédé à l'humeur du jour et aux circonstances de la vie. La Suisse est un village n'est pas un ouvrage didactique ou touristique, mais une invitation à une balade intime en Helvétie. LES AUTEURS Les auteurs suivants ont participé à la rédaction de cet ouvrage : (Berne) Madeleine Knecht, (Bienne) Bertrand Baumann, (Carouge) Alphonse Layaz, (Château-d'OEx) Pierre Yves Lador, (Genève) Isabelle Leymarie, (La Chaux-de-Fonds) Grégoire Müller, (Lausanne) Annik Mahaim et Olivier Sillig, (Martigny) Christophe Gaillard, (Morges) Jon Ferguson, (Moudon) Cédric Pignat, (Neuchâtel) Quentin Perissinotto, (Porrentruy) Françoise Choquard, (Schaffhouse) Christian Campiche, (Sion) Alain Bagnoud, (Vallée de Joux) Jean-François Berger, (Vevey) Maurice Denuzière, (Zürich) Michel Chipot

  • Si, par une nuit étoilée, un minuscule insecte se glissait dans votre oreille et vous murmurait « Ami de ce monde, je suis venu vous annoncer que les faits historiques n'existent pas », votre existence en serait-elle bouleversée ? Si cet insecte prenait son temps pour divulguer tout ce que cachent ces paroles, l'écouteriez-vous ? Beaucoup n'en feront rien. Mais pour tous les autres prêts à tendre l'oreille, voici l'histoire de Jésus et Marie-Madeleine. If a tiny omniscient insect crawled into your ear one cosy star-filled night and whispered, "Friend of this world, I must tell you that there are no historical facts," would this change anything about your life? If the insect then decided to stay a while and explain what it meant, would you listen ? Most people would never understand, but for those who would, here is a story of Jesus and Mary Magdalene. À PROPOS DE L'AUTEUR Né en octobre 1949 à Oakland en Californie, John Ferguson, après des études de philosophie et d'anthropologie dans l'Utah, part à la découverte en 1973 de l'Europe. C'est ainsi qu'il devient joueur de basket-ball à Nyon puis qu'il fréquente différents clubs de Suisse romande comme entraîneur. Parallèlement à l'enseignement de l'anglais et la peinture, il expose régulièrement dans diverses galeries, notamment à la Galerie Planque. Il est également l'auteur de neuf romans. En 1998, il obtient le Prix "Discover Great New Writers Series" décerné par Barnes & Noble pour son roman Farley's Jewel. À signaler encore, quelques romans de qualité dont Le Missionnaire en 2005, L'Anthropologue en 2006 et Le Déluge en 2010.

  • Joseph Landolt, un jeune violoncelliste d'une vingtaine d'années, est le descendant d'une famille arménienne qui a trouvé refuge en Suisse après avoir échappé au génocide commis dans l'empire ottoman. Par bribes, malgré le silence et le déni, les secrets du passé se dévoilent ; au fur et à mesure de ses découvertes, Joseph va chercher à se libérer d'un récit familial qu'il trouve trop lourd à porter. Se pose alors la question des origines et de l'héritage : comment vivre (survivre même) quand se rencontrent et se heurtent l'ambition, le découragement, la résilience, la nostalgie... Et, au tournant, les surprises ne manquent pas, car l'histoire n'est pas toujours linéaire. Derrière les vitres d'un immeuble new yorkais, la reine d'Arménie apparaît soudain, vêtue d'une robe rouge tandis qu'Elsie, la jeune élève de Joseph, manque sa leçon de musique de façon inexpliquée. L'oncle Kevork, lui, quitte la forêt brésilienne où il se cachait et revient à Genève, un couteau ensanglanté dans la poche. Il arrive que les fantômes crient fort et pourchassent les vivants, parvenant parfois à les rattraper. Un roman touchant sur la quête d'identité EXTRAIT Je m'appelle Joseph, et je veux quitter l'Arménie. Pourtant, je n'y habite pas ; au contraire, c'est l'Arménie qui m'habite, et son parfum m'entête, m'enivre, m'envahit. Je m'appelle Joseph, et j'ai dix-huit ans. L'an dernier, j'ai perdu mon grand-père Aram. Avec lui, j'ai aussi perdu mes racines, le fil qui me reliait à un passé mystérieux et incomplet. Je m'appelle Joseph, et, parfois, la nuit, je dis lentement à voix basse les syllabes de ce pays que je ne connais pas : Arménie. Maintenant, je veux tourner cette page, laisser au bord de la route la tragédie qui a chassé mes ancêtres de cette terre. Je m'appelle Joseph, et je garde pour moi ce désir scandaleux, indicible : quitter l'Arménie où, pourtant, je ne suis jamais allé. L'Arménie, je veux l'abandonner, avant, peut-être, qu'elle ne m'abandonne et m'oublie. À PROPOS DE L'AUTEUR Harry Koumrouyan est né à Genève. A suivi sa scolarité secondaire dans cette ville et aux Etats-Unis. Licence ès lettres et carrière au département genevois de l'instruction publique. A été enseignant, directeur de collège, responsable du personnel, puis collaborateur d'un Conseiller d'Etat. Un si dangereux silence est son premier roman.

  • En équilibre délicat, à la façon d'un mobile, ce texte retrace la vie d'un homme au moment où celui-ci se retrouve au chevet de sa soeur, plongée dans le coma.  Autoportrait en mouvement, réponse impossible à une question posée à son grand frère par Emilie quelques mois avant son accident, Percussions cherche à donner forme à ces instants où rien ne compte hors la vie, ces instants qui nous changent, s'impriment dans notre corps et façonnent notre vision du monde. Un roman plein de poésie sur la force des liens familiaux EXTRAIT Je suis l'écorce d'un arbre contre ma main nue, au fond du verger de mon enfance. J'ai enlevé un de mes gants et posé ma main contre le tronc rugueux dont j'aime le contact, comme j'aime sentir, à travers la laine, les coquilles pleines de fils que je ramasse pour aider ma grand-mère. Je me tiens debout sous le noyer, c'est la fin de l'automne, ma grand-mère cherche des noix parmi les herbes qui m'arrivent au-dessus des genoux : je la vois, dans ses bottes en caoutchouc, se pencher en avant, écarter les herbes et mettre dans un panier ces noix qui sont, parfois, encore dans leur écale verte. Il fait froid, malgré mes habits chauds, mais je sais que, bientôt, lorsque les trois paniers seront remplis, ma grand-mère dira : « Allez, on rentre », et qu'une fois dans la cuisine mes mains et mes pieds se réchaufferont, qu'elle me préparera un quatre-heures avec les cerneaux des noix qu'elle cassera et des biscuits, du thé au lait. À PROPOS DE L'AUTEUR Né en 1984 à Lausanne, Matthieu Ruf est journaliste indépendant et membre du collectif d'auteur-e-s AJAR. Percussions est son premier livre.

  • L'aventure d'un soir avec la serveuse polonaise sur une île méditerranéenne n'aurait pas dû chambouler la vie de l'ex-banquier de Zurich, chômeur, divorcé, en quête d'ailleurs. Mais de messages en escapades, la Pologne l'envahit. La Pologne de quatre femmes, échappées du moule conservateur, peu chanceuses avec les hommes mais décidées à réussir leur vie. Une ichtyologue vagabonde, une informaticienne qu'enchante la grammaire française, une manager de presse ambitieuse et une virtuose de l'érotisme noir. Leurs familles compliquées et leurs voyages font découvrir au Suisse ignorant un passé chargé de cicatrices historiques. Des épisodes oubliés du récit officiel : les massacres entre Ukrainiens et Polonais, les déchirements personnels au départ des millions d'Allemands chassés de Silésie et de Poméranie. Sous la surface d'une Pologne dite prospère, fébrilement capitaliste, apparaissent les fissures des héritages, la pauvreté, la criminalité mafieuse, les sentiments contradictoires face à l'Ouest. Cela n'empêche pas l'amourette italienne de mûrir jusqu'à une passion pudique et dramatique. Car la mort rôde. Un roman psychologiques sur la complexité des relations amoureuses EXTRAIT Gros culs des yachts alignés côte à côte sur le port, à une trentaine de mètres de mon assiette, presque tous éteints. Quelques matelots et leurs bières sur les ponts arrière. Les clients quittaient la terrasse. Un couple prolongeait à voix basse une discussion que j'imaginais intense. Une jeune handicapée, attablée au bout du café, sur le passage, poussait de petits cris et agitait ses bras au-dessus de sa tête, avec un sourire tordu. En payant l'addition, je me risquai à demander à la serveuse si la pauvre fille était une habituée. « Oui, on la laisse s'asseoir ici quand il n'y a pas trop de monde. Elle ne boit que de l'eau. » Chaque année, depuis si longtemps, je prends une semaine de vacances en solitaire. Je le faisais déjà quand j'étais marié. Pourquoi Ischia cette fois ? Par hasard, par internet, par envie de mer, par attirance pour une île loin du vacarme. Par fuite bien sûr. Là où il n'y aurait pas trop de banques qui me rappellent celle où je travaille. Ironie : je ne voulais plus voir de riches obsédés par leur fric et je me retrouvais devant les bateaux des millionnaires. À PROPOS DE L'AUTEUR Jacques Pilet est né en 1943 à La Tour-de-Peilz (Vaud). Journaliste, il a travaillé pour la télévision et plusieurs titres suisses francophones. Il a créé le magazine L'Hebdo, où il tient une chronique, et Le Nouveau Quotidien. Grand voyageur, ses territoires de prédilection sont l'Amérique du sud et l'Europe de l'est où il a été chargé de missions pour le groupe de presse Ringier. Il a publié aux éditions Favre Le Crime nazi de Payerne et L'Europe au coeur. Polonaises est son premier roman.

  • Avant 1946, ma mère, qui avait grandi dans le canton de Berne, avait rarement quitté son canton. Elle parlait mal le français. Vivre à l'étranger, en France, dans un pays qui sortait tout juste d'une guerre particulièrement violente était pour elle une épreuve presque insurmontable. Elle aimait pourtant accueillir tous ceux que mon père, « le pasteur des Suisses », trouvait sur son chemin, mais quittait rarement Cathala, son havre, sa patrie, son refuge. Après chaque sortie, elle retrouvait, soulagée, sa maison, la maison, ses armoires, ses piles de draps, ses tiroirs, ses réserves de guerre, ses enfants et ceux que mon père lui amenait. Elle jetait une bûche dans l'âtre, faisait craquer une allumette puis se relevait, mettait son tablier de cuisine pour accueillir tout un peuple de solitaires et d'affamés. Jusqu'au jour où la Garonne vint. Le récit de vie touchant d'une Suisse dans la France de l'après-guerre EXTRAIT Quand je pense à Cathala maintenant, après tant d'années, d'innombrables images surgissent du brouillard. Elles sont floues, sans dates, et souvent sans liens les unes avec les autres. Elles ressemblent à des fresques très anciennes dont seuls quelques détails ont été conservés. C'est le toit d'un pigeonnier éclairé par une lumière particulièrement douce, une averse de glycines au bord de la route, une ribambelle d'enfants devant une métairie grise sous la pluie. J'ai devant moi le cahier d'adresses de mon père, j'y trouve des noms qui me sont très familiers, ils sont associés à des histoires, à de pauvres masures au bord des fleuves ou à des manoirs à l'ombre des cèdres, à des hommes derrière un attelage de boeufs, à des gens qui racontent inlassablement la même histoire, à des crémaillères au fond des cheminées. Cependant des couches entières ont été effacées par l'oubli et je m'en veux. Je m'étais promis de leur rester toujours fidèle. À PROPOS DE L'AUTEUR Madeleine Knecht-Zimmermann est née le 11 août 1943, à Bâle. Elle a fréquenté l'Université de Lausanne où elle a obtenu une licence en Lettres en 1965. Mariée, puis veuve et mère de famille, elle a enseigné le français à Lausanne, au Collège du Belvédère d'abord, au Gymnase de Chamblandes plus tard. Depuis qu'elle a pris sa retraite, elle voyage sur la trace des siens. Elle a travaillé dans les Archives de plusieurs pays pour écrire l'histoire de la famille de son père, une famille nombreuse qui a traversé les cent cinquante dernières années avec son lot de guerres, de crises, d'émigrations et de bouleversements de toutes sortes. Pour ses recherches, elle a reçu récemment le prix Jean Thorens de la Société vaudoise d'Histoire et d'Archéologie.

  • D'Ecosse

    Cedric Pignat

    Elles ne demandaient pas grand-chose. Du haut de leurs quinze ans, Merrin et Fay voulaient courir, boire et crayonner, fouiller le ventre d'Edimbourg et rester à l'écart, pour s'asseoir et se plaire, pour peut-être s'embrasser. C'est pourtant leur corps qu'on découvre à l'aube dans le jardin botanique royal. L'une gît étranglée, comme morte par accident ; l'autre n'a plus de visage. D'Ecosse, toi, tu rentres à peine, fatigué des pas souffreteux de Robert Louis Stevenson, incapable de donner forme à tes notes. Alors quoi ? Tu vas froisser des feuilles, piétiner encore quelque temps, sans guère parler, sans rien ni dormir. Quelque chose te retient. C'est que Fay est belle comme un fruit, comme un personnage de roman. La violence la fascine ; elle aime Steinbeck. Tu vas la rêver, la caresser, coucher ses jours et sa mort, mais l'image t'en obsède. Tu retournes en Ecosse ; dans l'ombre de Stevenson, dans la ville qui a failli le tuer, pour rire ensemble et des chronologies ; pour Fay, sa chambre, les livres et la tombe d'une fille qui lit trop, pour te perdre à ton tour et lui rendre un peu vie. Passé et présent se mêlent dans ce roman noir entre amour et tragédie EXTRAIT L'eau blanche frémit d'une portée molle, phrase creuse qui s'égaille en veinules. Elle se complaît un temps, se recroqueville et s'étire doucement. Fragile, elle s'épuise, ondoie vers la saignée, s'orne enfin de bulles qui désenflent en notes liquescentes. L'enfant pourrait y flotter ; c'est d'ailleurs à peine si ses fesses et ses omoplates touchent l'émail encombré. L'indolence la lâche et la soutient, l'allège en l'emplissant d'une faiblesse obligeante. Elle s'étiole, souffle un peu. Elle se veut morte, évoquée, mais les carreaux la cloîtrent. À PROPOS DE L'AUTEUR D'origine valaisanne, né en 1980 à Moudon, Cédric Pignat vit aux Paccots. Juriste repenti, il enseigne le français, l'histoire et l'économie à Villeneuve. Ses premières nouvelles, Les Murènes, ont paru en 2012. Depuis lors, il griffonne, se navre et barbouille. Le soir, il lit les morts et s'en porte bien mieux.

  • 1947. Ivo Castelli, jeune italien de la région de Bergame, débarque en Suisse plein de rêves et d'espoir, comme des milliers de ses compatriotes Affecté à la construction d'un barrage, il y découvre les réalités d'une existence rude. Dans cette vie intense, où les faibles n'ont pas leur place et dans laquelle amitiés et trahisons prennent des proportions hors normes, Ivo va se révéler à lui-même. Il se découvre frondeur et idéaliste. Sa volonté farouche et naïve de servir sa communauté va le pousser à se lancer dans un projet fou, qui fera sa grandeur et causera sa perte... Près de soixante ans après l'arrivée d'Ivo en Suisse, son fils Antoine, graphiste genevois, va se trouver dans l'obligation morale de faire face à cette filiation qu'il renie brutalement. Il va devoir se plonger sans détour dans le destin exceptionnel de ce père qu'il méprise, l'apprivoiser, et finalement tenter de lui rendre justice. Un roman historique qui nous plonge dans le quotidien difficile des émigrés de l'après-guerre EXTRAIT Les recruteurs sont là. Depuis deux semaines, la rumeur les précède. Ils ont commencé par Bergame. Là-bas, en ville, ils ont fait signer des contrats d'embauche à des centaines de gars. À des femmes aussi. Mais ils n'en ont pas assez, alors ils montent dans les villages alentour, et aujourd'hui, c'est chez nous qu'ils sont. Je suis si impatient. Ils se sont installés dans une salle de l'école primaire. De toute façon, ici, il n'y a pas d'école secondaire. Les recruteurs ne doivent pas bien savoir l'italien, car il y a un panneau en allemand qui dit « La Suisse cherche de bons travailleurs ». Moi, je ne sais pas l'allemand, c'est Pietro qui me l'a dit. Il m'a dit que c'est Angelo qui lui avait dit. Je ne sais pas qui l'a dit à Angelo. À PROPOS DE L'AUTEUR Né en 1968, Nicolas Kissling a grandi à Oron-la-Ville, dans une famille de jardiniers éprise d'art et de culture. Passionné par l'écriture et la musique, il fonde avec son frère Pierre le groupe Dilem', formation pop-rock d'expression française active dans les années `90. Aujourd'hui chef d'une petite entreprise familiale, il est un spécialiste des bonsaï. Le souvenir de ses années d'école, marquées par de fortes amitiés avec des fils d'émigrés italiens, inspireront «Le grand projet», son premier roman.

  • Entre admiration et dégoût, il n'y a qu'un pas qu'Alexis Roch s'apprête à franchir... Journaliste charismatique et respecté, Alexis Roch présente le 20 Heures de Swisscast, la jeune chaîne privée qui monte. Courtisé par un parti politique qui entend profiter de sa notoriété, il se lance dans la course au Conseil d'État de Genève. Alors que la campagne bat son plein et que ses chances d'être élu semblent réelles, Roch est entraîné dans un scandale de moeurs qui fait couler beaucoup d'encre : des photographies d'enfants, dans des poses explicites, sont retrouvées sur son lieu de travail. Criant au complot, le journaliste assiste à son propre lynchage : machination, ou mise à terre d'une étoile au succès insolent ? Jusqu'où peut aller un homme déchu ? Illustrant le renouveau du polar helvétique, Les ordres de grandeur met en lumière les coulisses d'un univers politico-médiatique marqué par le sceau du secret. EXTRAIT - Jessica ? Jessica ? Bon sang mais elle est passé où, encore ? Quelqu'un a vu Jessica ? Voix grave, à la fois travaillée et posée malgré l'urgence : Alexis Roch se plaisait à donner l'image qu'il savait rester maître de lui-même en toutes circonstances, qu'il possédait ces qualités supposées naturelles qui faisaient de lui un meneur. En ce moment, et malgré le soin qu'il mettait à ne point le montrer, il bouillonnait de ne pas trouver la stagiaire. Dans un costume bleu nuit à pantalon à pinces, une préciosité qu'il devait être le seul dans la maison à se permettre, il arpentait le couloir transversal au pas de charge, projetant sa tête dans l'embrasure de chaque porte, tournant très vite à gauche puis à droite et ressortant, le buste déjà incliné, avant de s'élancer vers le prochain bureau. Ses chaussures, des Crockett & Jones qu'il achetait directement à Londres, glissaient avec légèreté sur la moquette, c'était une véritable chorégraphie. À PROPOS DE L'AUTEUR Julien Sansonnens est né à Neuchâtel en 1979. Chercheur en santé publique, il travaille en Valais et vit entre Lausanne et le Vieux-Pays. Il a dirigé le parti ouvrier et populaire (POP) vaudois entre 2009 et 2012. Les ordres de grandeur est son deuxième roman.

  • Rusalka

    Arnaud Maret

    Août 2012. Au fond d'une vallée des Alpes valaisannes, le corps sans vie d'un homme est retrouvé par des promeneurs. Valérien de Roten, jeune officier de police, est envoyé sur place avec ses collègues alors que les rumeurs les plus fantaisistes commencent à courir et que se réveillent les peurs ancestrales dans la vallée du Rhône. S'efforçant de garder la tête froide, Valérien s'emploie à découvrir l'identité de la victime. Jusqu'à la soudaine disparition de sa compagne Éléonore. Valérien, complètement désemparé, abandonne tout pour la retrouver. La piste le conduira jusqu'à Prague. Aidé par Julien Kelsen, l'universitaire munichois des Écumes noires, Valérien va découvrir dans la capitale tchèque les indices reliant les événements valaisans aux heures les plus sombres de la dictature communiste, au lendemain de l'écrasement du Printemps de Prague. Égaré en pays inconnu, à la poursuite de celle qu'il aime et à la recherche de la vérité, Valérien se retrouve confronté à ses propres incertitudes. Connaissait-il vraiment la femme qui partageait sa vie ? Et qui est cette mystérieuse Rusalka dont la présence se dessine lentement aux marges de l'enquête ? Les créatures mythiques du folklore de Bohême ont-elles vraiment leur part dans ce qu'il est en train de vivre ? Dans ce thriller, Arnaud Maret nous entraîne dans une course contre la montre déconcertante EXTRAIT Une fin de journée d'août dans l'été munichois. Julien Kelsen se renfonça dans son siège et tira une bouffée de la cigarette qui se consumait lentement entre ses doigts. Sur la table devant lui, un verre d'eau minérale. Les bulles montaient doucement, comme un contrepoint à l'averse. Julien ne faisait rien. Il appréciait simplement la fraîcheur revenue, il goûtait le plaisir de l'inaction, il essayait de ne plus penser à rien d'autre qu'à cette pluie qui s'abattait, forte, obstinée, violente, sur le sol devant ses yeux. Comme une dissonance dans ce tableau aquatique, un sentiment étrange revenait pourtant, têtu comme l'ondée. Malgré tous ses efforts, il ne parvenait pas à l'éloigner. Une préoccupation. Une vague impression désagréable. À PROPOS DE L'AUTEUR Arnaud Maret est né en 1986. Valaisan d'origine, il a vécu à Prague, à Strasbourg et à Vienne. Il travaille et écrit aujourd'hui à Fribourg. Ses nouvelles de jeunesse ont été distinguées par le Prix de l'Association valaisanne des écrivains et son recueil de poèmes Terres orphelines a été récompensé par le Prix littéraire de l'Université de Fribourg en 2007. Son premier roman Les Écumes noires, publié aux Éditions de l'Aire, a reçu en 2013 le Prix littéraire des Collégiens de Sion.

  • L'histoire vraie de la dernière condamnée et exécutée pour sorcellerie Anna Göldin, issue d'une famille pauvre, est née à Sennwald en 1734 et travailla au service d'un médecin bourgeois de Glaris. On l'accusa d'avoir ensorcelé sa deuxième fille et de magie noire. Soumise à un immonde procès, elle fut condamnée à la décapitation par la hache. Ce fut la dernière condamnation à mort d'une sorcière en Suisse (1782). Fondé sur une enquête sérieuse, le roman d'Eveline Hasler nous propose une fresque saisissante de la vie et des croyances d'une population marquée par la superstition moyenâgeuse mais qui pressent des temps nouveaux avec une certaine angoisse. Toujours, la peur de la liberté. Publié en langue allemande en 1982, ce roman d'Eveline Hasler incita de nombreuses recherches et inspira un film poignant de Gertrud Pinkus. Un roman historique passionnant et immersif EXTRAIT Anna, tristement célèbre. Où que l'on jette son regard, sur ses traces, on trouve des pierres. À Sennwald, d'où vient Göldin, les prés et les champs sont en pente, couverts d'éboulis, des rochers y pointent, des dents, des pics, des pierriers. Un jour, un éboulement a cascadé des Kreuzberge jusqu'au Rhin ; près de Salez, les sapins retiennent les blocs entre leurs racines, plus rien ne roule, la poussière s'est dissipée, des oiseaux volètent parmi les branches, une paix trompeuse. Ce sont les pierres aussi qui ont donné son nom au petit comté : Sax, sassum, le rocher. En 1615, quand l'argent vient à manquer aux comtes de Sax, qu'il ne leur reste plus que les pierres, ils vendent la région aux Zurichois ; jusqu'à la Révolution, elle sera « assujettie à l'autorité de l'honorable canton de Zurich ». CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE « Fondé sur de très sérieuses recherches historiques, le roman d'Eveline Hasler nous propose une fresque saisissante de la vie et des croyances d'une population au sein d'une société tiraillée entre les superstitions propres à l'Ancien Régime et l'avènement des Lumières. » - Eveline Hasler, Bibliothèque sonore romande A PROPOS DE L'AUTEUR Eveline Hasler est née à Glaris en 1933. Après des études d'histoire et de psychologie à Fribourg et à Paris, elle publie avec succès quelques livres d'enfants avant d'écrire ses grands romans historiques qui lui donneront un renom international. Elle vit actuellement en Suisse italienne.

  • Le récit d'une démarche qui suscita tant l'affection que l'aversion Michel Bavaud est né en 1932 à Echallens. Ancien professeur de littérature à l'Ecole Normale de Fribourg, il marqua une génération d'instituteurs fribourgeois par son exigence et ses prises de position éthique. Grammairien reconnu, il collabora avec diverses revues pédagogiques et quotidiens auxquels il livra des remarques sur la langue française et aussi sur l'état du monde en recourant à divers pseudonymes. Un itinéraire émouvant qui nous saisit comme un appel à la liberté. Comment passe-t-on du catholicisme traditionnel à la philosophie éclairée de Socrate ? Doit-on considérer la croyance en Dieu comme un manque de courage ? Le devoir de loyauté envers les ancêtres peut-il entraver le chemin de la vérité ? Un petit livre bouillonnant de questions, violent mais respectueux, qui vous conduira sur des chemins où vous n'auriez pas consenti à aller. Témoignage et confidences sincères d'un croyant devenu athée EXTRAIT Je n'ai pas eu à chercher Dieu. On me l'a donné. Je l'ai sucé avec le lait de ma mère, je l'ai retrouvé dans l'éducation de mon père, de mes instituteurs, de mes professeurs, dans le compagnonnage de mes camarades, je l'ai mieux connu grâce au curé de mon catéchisme, aux profs d'instruction religieuse, aux sermons du dimanche, à la lecture de la Bible, aux explications des théologiens, à la sainte Eglise catholique, apostolique et romaine. Je l'ai prié tous les jours jusque tard dans ma vie avec confiance et reconnaissance. Bien sûr, il y avait parfois un temps incertain, quelques nuages menaçants, mais pas d'orages trop violents, pas de gel dévastateur. Les questions embarrassantes restaient en suspens dans la vaporeuse brume des illusions ou dans l'éblouissante constellation des Mystères... CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE - « Michel Bavaud, au soir de sa vie, assène qu'il ne croit plus, il est devenu athée. Il le clame dans une langue cinglante, parfois drôle. Phénomène éditorial, l'ouvrage a déjà été vendu à plus de 5000 exemplaires. » - Marc David, L'illustré - « Michel Bavaud, à 80 ans, vient de congédier Dieu. Son livre Dieu, ce beau mirage est le témoignage d'un croyant fervent qui s'est senti peu à peu trahi par l'Eglise, son langage, son dogmatisme. Cet « athéisme » tardif est peut-être la plus sincère des prières.» - Albert Longchamp, Portail catholique suisse A PROPOS DE L'AUTEUR Michel Bavaud est né à Echallens (Suisse) en 1932. Ancien professeur de littérature à l'Ecole Normale de Fribourg, il a écrit pour plusieurs journaux et revues, des centaines d'articles pédagogiques, réflexions politiques, religieuses, billets d'humeur, chroniques, ou critiques. A l'âge où souvenirs et rêves finissent par se confondre, l'écriture devient son recours contre la décrépitude, puisque avec elle, Michel Bavaud peut raconter des souvenirs tissés d'imaginaire, mêler passé et présent, inventer un futur ou corriger un destin.

  • Se déroulant sur près d'un demi-siècle en Suisse, en France, au Cambodge et au Vietnam, La Terrasse des éléphants est le roman de la rencontre et du destin Un homme et une femme, qui se sont connus dans leur enfance et ne se sont plus jamais revus durant de longues années, peuvent-ils demeurer liés ? Qu'est-ce qui, en dépit de tout, unit les êtres ? Est-on maître de sa vie ? Ou n'est-ce encore qu'une illusion ? Le héros de La Terrasse des éléphants, Raphaël Santorin, a été correspondant de guerre au Vietnam où il a assisté à la fin du régime de Saigon. Alors qu'il est parvenu à un âge où l'on dresse le bilan de sa vie, ce passé, malgré les années écoulées, continue de le hanter. Un rêve le ramène aux Hautes Terres, la maison familiale qui a tellement compté dans sa vie, où il est conduit à une étrange découverte. Elle fait ressurgir du néant la figure de Laure, le grand amour de son enfance. Dès cet instant les événements vont s'enchaîner mystérieusement jusqu'à lui faire remettre ses pas dans ceux du passé. Un livre envoûtant au style alerte EXTRAIT Peu lui importait que la chaleur fût lourde et qu'il transpirât à grosses gouttes sous ses vêtements qui poissaient d'humidité. Il avait fini par ne plus y prendre garde, retrouvant au contraire les gestes appris dans ce qui lui semblait appartenir à une autre vie. Et c'était presque machinalement, sans y penser, qu'il épongeait d'un bref revers de manche son front ruisselant. Cela le ramenait plusieurs décennies en arrière. Il se revoyait dans le petit bureau sans air transformé en étuve par la mousson, et qu'il avait occupé durant les derniers mois de la guerre alors que l'on se battait déjà autour de Xuan Loc et dans la Plaine des Joncs, et que Saigon n'était plus qu'un immense paquebot à la dérive prenant l'eau de toute part. CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE « Un roman qui est une vraie réussite. Un voile d'étrangeté enveloppe cette histoire, comme si une puissance invisible et ironique avait décidé de se jouer d'un personnage persuadé d'être maître de sa destinée. D'une écriture mesurée, harmonieuse, hostile à l'idée de produire des « effets », La Terrasse des éléphants est un livre subtilement enroulé sur lui-même. C'est un roman de l'irrépressible retour. Retour vers l'Asie. Retour à l'enfance. Retour sur soi... Lecteur avisé de Proust, Raphaël Aubert poursuit lui aussi une quête entre le temps perdu et le temps retrouvé. » - Michel Audétat, L'Hebdo A PROPOS DE L'AUTEUR Prix de littérature 2014 de la Fondation vaudoise pour la culture, Raphaël Aubert a publié plusieurs essais remarqués sur Balthus, Malraux et Picasso. Il est également l'un des auteurs du Dictionnaire Malraux (CNRS, 2011). Son roman, La Terrasse des éléphants, a connu un très grand succès. Ses dernières parutions aux Editions l'Aire en 2014 sont Cet envers du temps et Sous les arbres et au bord du fleuve

  • Donner vie à ses souvenirs d'enfance A l'exemple de Gorki, faut-il avoir subi toutes les misères et senti toutes les beautés du monde, pour oser s'attaquer aux souvenirs de l'enfance, exhumés de la mémoire avec la fulgurance de l'éclair ? Mémoires séquentielles qui expliquent l'amour de la liberté et de la justice mais aussi la violence, la tendresse, la rébellion que pimentent et adoucissent tout à la fois l'humour et la satire de soi-même. Plongée au pays de l'enfance d'Alphonse Layaz EXTRAIT « Ce sont les hommes qui amènent leurs fils à l'école le premier jour » : d'un geste inhabituel, mon père m'empoigne la main qu'il serre très fort à me faire mal. Je le regarde mais lui ne me voit pas. On dirait qu'il a hâte d'arriver ; j'ai de la peine à le suivre. Mon sac d'école ballotte dans mon dos ; on entend qu'il n'y a pas grand-chose dedans : une règle, une plume à bec, une boîte de crayons de couleur Caran d'Ache. Jeudi dernier, je suis allé avec ma mère aux Galeries Vaudoises. Le sac, c'est moi qui l'ai choisi : il est rouge avec des lanières blanches, aux couleurs de la Suisse. CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE « L'écrivain, poète et peintre Alphonse Layaz a atteint l'âge où les souvenirs se décantent. Et justement, il prend un plaisir communicatif à les laisser vagabonder et à les partager avec le lecteur. Le Tableau noir est un voyage au pays de l'enfance, un voyage dans le temps, dans les plis de la Broye fribourgeoise. » - Marlène Métrailler, Radio Télévision Suisse A PROPOS DE L'AUTEUR Alphonse Layaz est né à Fétigny, dans la Broye fribourgeoise en 1940. Il vit actuellement dans le Chablais. Très tôt, il mène de front plusieurs activités : journalisme, écriture, peinture. Il est l'auteur de pièces radiophoniques, de romans, de recueils de nouvelles et de poésie.

  • Etre humain versus technologie : qui remportera le combat ? C'est un duel d'un genre nouveau auquel vous allez assister. Celui opposant un renard à une tondeuse électrique automatique. Un de ces robots qui tond la pelouse quand les gens ne sont pas là. Ça se passe près de chez vous, dans le jardin du voisin. Une histoire qui ne pouvait se dérouler que dans notre XXIe siècle technologique. Mais c'est aussi une lutte éternelle : celle d'un être vivant contre la mort qui fauche tout. L'homme est parti en vacances et a laissé la mort dans son jardin. Un livre chargé d'humour et de sens de la dérision EXTRAIT Trois haies de thuyas atteignant la hauteur d'un ours dressé sur ses pattes arrière délimitent une surface de cent mètres carrés au sol. Le quatrième côté du carré est matérialisé par la villa elle-même. Tel est le jardin. Un lieu qui privilégie le vide. Un petit néant à peine égayé par un massif de lauriers roses, trois jeunes bouleaux et une sculpture en bronze représentant une biche en marche, le museau tourné vers l'arrière. Quant aux cinq chaises en plastique blanc empilées les unes sur les autres, adossées au mur de la villa, elles ne sauraient constituer une sculpture. CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE - « Le duel à mort entre un renard et une tondeuse à gazon électrique automatique. Le renard découvre ce nouvel animal et décide de l'affronter. Une histoire hors des sentiers battus. » - Radio Télévision Suisse - « Entre humour et ironie, une réflexion sur notre rapport à la nature. » - Le Régional - « Le renard et la faucheuse, fable amère signée Eugène, narre un duel entre un goupil et une machine à tondre. Chouette, des nouvelles d'Eugène. On l'avait laissé en 2011 avec un amusant et érudit mais vaguement frustrant Dans un livre, j'ai lu que... : une liste à la Prévert d'anecdotes glanées dans des lectures diverses. Le renard et la faucheuse, [...] est dédié à Pierre-Alain Bertola, et cela change tout. » L'Hebdo A PROPOS DE L'AUTEUR Eugène est né le 15 juillet 1969 à Bucarest mais il a fait ses études à Lausanne. En 1995, il publie son premier livre Quinze mètres de gloire (L'Aire), un recueil de nouvelles plein de promesses. Par la suite, il confirmera son talent notamment avec L'Ouvre-boîte et La Vallée de la jeunesse qui obtint le Prix des Auditeurs de la Radio Suisse romande. Dans chacun de ses livres, on retrouve son humour et son sens de la dérision qui sont devenus sa marque de fabrique.

  • Le canal

    Valérie Gilliard

    Un roman choral qui s'épanouit sur les bases d'un fait divers tragique Yverdon, rive de la Thièle, un vendredi à seize heures : le drame survient. Qui a vu ? Qui a agi ? Qui s'est tu ? Le canal relie les gens à leur insu ; le canal débonnaire peut devenir perfide ; le canal murmure des choses qui, insensiblement, polissent les pensées. On le côtoie, on le regarde sans le voir, mais sait-on ses méandres, connaît-on sa profondeur, ses éclats, sa vie secrète ? La ville d'eau est le cadre aimé de cette histoire ; Yverdon, cosmopolite et séculaire, reçoit dans ces pages un hommage poétique. Car elle donne à l'écriture l'occasion de laisser émerger une certitude : le drame n'est que l'envers d'un conte caché, un conte implicite... Ce n'est pas un texte à paillettes, non, c'est un drame de fée. Un livre singulier mêlant l'innocence de l'enfance et la culpabilité des adultes EXTRAIT Après la pluie le canal prend une couleur de terre. La pluie le grossit en un fleuve boueux qui se démonte, bouscule les pontons de métal. Puis tout se décante, et l'eau retrouve son teint de pierre moussue. De gros cailloux irréguliers s'étendent sur les rives. Le canal se meut, à la ralentie, droit et docile, de la plaine à la ville et de la ville au lac. Deux talus d'herbe fauchée lui servent de flancs, surmontés de la promenade goudronnée, plantée de bouleaux. Le dimanche des gens s'installent, de loin en loin, sur les berges, pour une pêche à la ligne. Parmi eux, on reconnaît les autochtones à leur harnachement, gilet kaki, bottes montantes, moulinet sifflant. Ces pères tranquilles du canal oeuvrent en solitaires, à l'inverse des familles de l'Est entourées de gamins qui regardent ou vaquent, tuant le temps, on ne sait pas à quoi. On ne voit jamais le poisson qu'ils prennent. On ne sait pas s'ils en prennent. CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE - « Un petit livre singulier paru trop discrètement. Un récit fragmentaire, multiforme et choral, habité par un souffle poétique aux vertus salvatrices. Valérie Gilliard qualifie son roman de « drame de fée ». Un terme qui traduit bien l'ambiguïté qu'elle y a insufflé. » - Jean-Marie Félix, Radio Télévision Suisse - « Ce roman choral commence avec un fait divers glaçant : la noyade d'une petite fille. S'ensuit une série de monologues, les récits des cinq témoins de l'accident, qui se croisent mais ne concordent pas toujours. À travers les questionnements de ces hommes et de ces femmes, l'auteur dresse avec finesse le portrait de la population d'une petite ville où l'intégration n'est pas toujours chose aisée. » - Bibliothèque de Marignier A PROPOS DE L'AUTEUR Valérie Gilliard est née en 1970 à Lausanne. A l'issue de ses études en lettres classiques, elle part enseigner le français aux Etats-Unis, puis devient collaboratrice, pendant un an, au Centre de Recherches sur les Lettres romandes. Elle apprend ensuite le métier d'enseignante et l'exerce aujourd'hui au gymnase d'Yverdon. Après avoir tâté de la critique littéraire, depuis toujours attirée par la création, elle écrit un premier roman, Le Canular divin, édité par l'Aire en 2009. Deux ans plus tard, elle est parmi les lauréats du concours littéraire de la fondation Studer-Ganz. Le Canal est son second roman.

  • Les pages d'Histoire qui dessinèrent définitivement les frontières après la première guerre mondiale La Première Guerre mondiale sonna le glas des empires austro-hongrois, russes et ottomans et déboucha pour chaque nation héritière d'une délimitation de frontières conclue par un traité de paix. Celles de l'Empire ottoman étaient particulièrement difficiles à tracer en raison de sa vaste étendue, de son multiculturalisme et de la spécificité de son histoire. D'abord, il y eut le Traité de Sèvres en 1920, concocté dans la hâte par les forces de l'Entente (Grande-Bretagne, France, Italie dont l'esprit avait des relents de colonialisme). Mais celui-ci s'avéra irréaliste et impraticable et provoqua l'ire de la nouvelle Turquie en gestation. Sous les décombres ottomans surgit un mouvement populaire emmené par Mustafa Kemal le visionnaire qui vainquit les Alliés et les Grecs. Forts de ce succès sur le terrain, les Turcs obtinrent la création d'un nouveau Traité de paix qui eut lieu à Lausanne pendant plusieurs mois et qui fut ratifié par les belligérants le 24 juillet 1923. Comme tout accouchement, celui-ci se fit dans la douleur. Une douleur particulièrement aiguë pour les populations contraintes au déracinement et au retour dans le pays d'origine. Ainsi naquit la nouvelle République de Turquie et furent dessinées définitivement les frontières des pays environnants. Le passé et l'avenir d'une région stratégique du monde étaient définis en quelques dizaines de pages. Ce livre est agrémenté de cartes géographiques, de photos et d'articles de l'époque EXTRAIT Les frontières C'est évidemment un point déterminant, et le changement majeur par rapport à Sèvres (voir cartes pp. 30-35). Mais seule une petite partie en est discutée à Lausanne, l'essentiel s'était déterminé par la force des armes sur le terrain et concrétisé par des accords bilatéraux avec la France et l'Italie dès 1921, et dans le cadre de l'armistice de Mudanya, signé un mois plus tôt. La détermination de la frontière gréco-turque en Thrace (art. 2) sert en quelque sorte de round d'échauffement mais, après un baroud d'honneur d'Ismet Pacha pour un plébiscite dans la partie occidentale attribuée à la Grèce, peu de modifications sont apportées au projet allié, si l'on excepte la cession à la Turquie du faubourg de Karagatch, proposée en dernière minute par la Grèce en échange de la renonciation à lui demander des réparations pour les dommages créés par son armée en Anatolie (art. 59). Les règles précises de la démilitarisation sont réglées dans une convention annexe. A PROPOS DE L'AUTEUR Sylvie Arsever est historienne de formation (Université de Genève) et journaliste en Suisse. Anciennement, vice-présidente du Conseil suisse de la presse, elle gère dorénavant la rubrique « Dossiers » du quotidien suisse Le Temps et publie des ouvrages sur la politique suisse. Elle est également chargée de cours au Centre romand de formation des journalistes.

  • Une évocation du temps qui passe empreinte d'optimisme Il existe au-delà des mots une langue où les regards et les silences cohabitent avec la tendresse. C'est « la langue des dieux » célébrée par Homère et Jean de La Fontaine. L'auteur de ce récit l'a pratiquée avec sa « grande soeur naturelle» pour qui les mots ont été au coeur de la vie. Mais comment les apprivoiser le jour où le destin vous confine dans une terra incognita ? Avec l'espoir de conjurer la fatalité, la narratrice a recomposé le passé de Marie et des siens. Grâce à la « langue des dieux », elle a pu dialoguer avec celle dont la mémoire s'est émiettée mais qui sait encore la beauté de la musique et le parfum du gardénia. Si le Pays des Ombres comporte sa part de mystères, il demeure éclairé par d'indubitables zones de lumière. Passé et présent se conjuguent ainsi dans un tête-à-tête qui pourrait être triste mais qui ne l'est jamais. Rêves et souvenirs ont gardé l'empreinte indélébile d'heures et de rencontres joyeuses entre le Liban et d'autres lieux de la planète humaine. Récits de souvenirs à l'approche du rivage de la mort EXTRAIT Il m'a suffi de quelques secondes pour saisir que tu n'étais plus tout à fait la même. Tu n'étais pas celle que j'avais revue à Paris voici trois ans, à la veille de ton retour au Liban. Tu venais de séjourner dans la région des Pouilles, au village de Padre Pio, et à t'entendre, l'église San Giovanni Rotondo était aussi impressionnante que la Cathédrale de Sao Paulo. Tu étais là sans être là. Tu étais « toi » et quelqu'un d'autre, et je tentais malgré tout inlassablement - désespérément - de recomposer ton profil soudain morcelé, émietté. CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE « Sans jamais perdre espoir, Gilberte Favre évoque le temps qui passe. La progression de la maladie. La vie fuyante, quand elle s'approche du rivage de la mort. Elle évoque quatre décennies d'une amitié nouée entre le Liban et l'Europe. Dans une société où l'idéalisme a toujours eu la préséance sur l'opportunisme. Dans un climat où utopie et nostalgie mêlent subtilement leurs effluves. » - Radio Télévision Suisse « Gilberte Favre, romancière et poétesse suisse, grande amie du Liban et de Jacqueline Massabki, signe ce soir* un petit livre plein d'émotion en hommage à la juriste et auteure de La mémoire des Cèdres, disparue il y a quelques mois. » L'Orient Le Jour *27/10/2015 A PROPOS DE L'AUTEUR Gilberte Favre écrit depuis son adolescence. Elle fréquente le Pays des Cèdres depuis les années 70. Elle y a connu le temps de l'âge d'or comme celui de la guerre. Auteur d'une dizaine de livres parmi lesquels des romans, des poèmes, la biographie de Corinna Bille, Le vrai conte de sa vie, elle a aussi écrit un documentaire, L'Hirondelle de vie, chronique des enfants du Liban (préfacé par Andrée Chedid). Son dernier ouvrage, Des Etoiles sur mes chemins, a obtenu le Prix de la Loterie romande 2012.

  • Un voyage en moto entre Orient et Occident Octobre 2014. Bien que Daesh soit aux portes du Kurdistan irakien, je conduis toujours ma moto à Erbil, les cheveux au vent, comme un pied de nez ultime à la barbarie. La Syrie se meurt depuis plus de trois ans maintenant. A l'image de la majorité des affrontements au Moyen-Orient, les conflits s'enlisent, se politisent et se banalisent. Il y a quatre ans, j'achetais une petite moto rouge près de la ville syrienne de Ar-Raqqa, située aux abords de l'Euphrate, au nord-est du pays. Aujourd'hui, cette même ville est devenue la capitale de l'Etat Islamique autoproclamé. Après avoir assisté au délitement de la Syrie et à deux crises humanitaires sans précèdent au nord de l'Irak, ce récit est devenu bien plus qu'un simple voyage en moto de six mille kilomètres à travers la Syrie, la Turquie, la Grèce, l'Italie et la Suisse. C'est, avant tout, un récit de vie, l'aboutissement d'un véritable cheminement personnel et une formidable aventure humaine. Et aussi la promesse d'un prochain retour à Damas. Récit poignant d'une aventurière intrépide EXTRAIT J'ai longtemps hésité avant d'écrire ce petit livre. Des récits d'aventuriers intrépides qui se sont mesurés à la Nature - bravant des conditions extrêmes, chevauchant des engins originaux, parcourant notre planète de fond en comble pendant de nombreux mois - débordent des rayons des bibliothèques. Nous avons tous en mémoire des histoires qui nous ont fait rêver. Nous sommes admiratifs, parfois subjugués, toujours transportés par ces témoignages qui nous ont captivés en nous faisant frémir tout à la fois. Tiraillés entre le désir d'avoir leur courage, et notre appréhension naturelle de nous éloigner de notre univers connu. Certains diront, et ils auront certainement raison, que les vrais aventuriers sont celles et ceux qui vivent au quotidien les situations extrêmes que les voyageurs se targuent d'avoir passagèrement affronté. Il est vrai que voyager est une chance. CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE - « Sarah Chardonnens sème du jasmin et des mots dans la nuit syrienne. Un récit fougueux, décousu, qui dit un temps d'avant. Parfum de jasmin dans la nuit syrienne emporte par son propos plein de bravoure et par le contraste poignant d'un récit de formation et de jeunesse au contact d'un monde qui se délite dans la guerre. » - Eleonore Sulser, Le Temps - « Le livre de Sarah Chardonnens relate des expériences authentiques dans un style qui est le sien : direct, accessible, parfois brut de décoffrage, mais surtout, il est plein d'allant, de panache, et de hardiesse. Il sort complètement des sentiers battus par l'actualité, et pourtant, il nous renseigne mieux que nombre d'analyses politiques sur la situation de cette région qui fut l'un des berceaux de la civilisation. Avec Parfum de jasmin dans la nuit syrienne, Sarah Chardonnens entre dans le club très fermé des femmes qui ont su faire rimer aventure et littérature. Un chef d'oeuvre ! » - Bertrand Lévy, Le Globe - « Parfum de jasmin dans la nuit syrienne est tout sauf un spleen. Ni lyrisme, ni épanchements philosophiques, mais un récit de vie, réaliste, haletant et tremblant comme cette réalité syrienne. » - Ghania Adamo, Swissinfo - « Un carnet de route passionnant entre Orient et Occident » - Coopération - « Un ouvrage à la fois catharsis et ode à la vie. » - Stéphane Arboit, 24 heures L'AUTEUR Sarah Chardonnens, suisse et italienne, est née en 1985 sur les rives du Lac Léman. En 2009, à la suite de ses études universitaires en sciences politiques à Lausanne, Paris et Genève, elle décide de relier le Caire à Jérusalem en utilisant les moyens du bord.Depuis 2015, elle est membre du Corps suisse d'aide humanitaire.

  • La poésie de la vie selon vingt-sept auteurs romands : leurs moments de bonheur offerts aux lecteurs L'état du monde a toujours été chaotique, mais la période que nous vivons en ce moment l'est particulièrement. Le racisme et l'antisémitisme se développent comme de la mauvaise herbe, le fanatisme religieux sévit sous toutes les latitudes, les virus fleurissent sous les Tropiques, l'Afghanistan est devenu un vaste champ d'expériences militaires, les Occidentaux organisent des guerres intestines au Moyen-Orient afin d'exploiter au mieux les champs pétrolifères, les nantis sont toujours aussi tristes de devoir payer des impôts, l'eau et le pain font défaut sur une bonne partie de la planète. Que nous reste-t-il ? L'amour, l'amitié, la beauté, le vin et la culture sous toutes ses formes. Nous avons pensé que le moment était propice pour se remémorer quelques instants de bonheur, raison pour laquelle nous avons demandé à une trentaine d'auteurs d'évoquer les heures étoilées de leur vie. La plume est souvent porteuse d'espérance. Rappelons-nous cette phrase célèbre du poète cubain José Marti : Les livres renferment les plaies ouvertes par les hommes. Des pages étoilées pour se remplir les yeux et le coeur EXTRAIT Chers citoyens, chères citoyennes d'ici et d'ailleurs, chers amis rassemblés, chers amateurs de fanfares, de flonflons, de pétards et de vin bon, chers amis des artifices, chers musiciens et musiciennes, chers danseurs, chères danseuses, bonsoir et merci d'être là. J'aime les fêtes, j'aime le Nouvel An et les anniversaires. J'aime compter les années en additionnant les carnavals, les défilés et les cortèges. Combien de lunes ? Combien d'années ? A chaque printemps, une de plus. Chaque automne nous rapproche de la fin et pourtant on se réjouit des vendanges, du comptoir de Martigny, de la brisolée. On fait la fête. LES AUTEURS Tous vivent, écrivent et travaillent dans le Pays romand. Ont contribué : Gabriel Bender, Xochitl Borel, Alain Campiotti, Yasmine Char, Françoise Choquard, Laurence Deonna, Marie-Claire Dewarrat, Philippe Dubath, Isabelle Falconnier, Jon Ferguson, Bastien Fournier, Valérie Gilliard, Blaise Hofmann, Jean-Dominique Humbert, Brigitte Kuthy-Salvi, Yves Laplace, Alphonse Layaz, Manon Leresche, Annik Mahaim, Béatrice Monnard, Michel Moret, Baptiste Naito, Cédric Pignat, Gilbert Pingeon, Jacques Roman, Marie-Jeanne Urech, Laurence Verrey.

  • Quand la fiction revisite la crise des subprimes aux Etats-Unis A l'ombre des hauts fourneaux éteints brille une veilleuse devant la maison de la famille Chagrin. Le souffle du commissionnaire menace de l'éteindre à tout moment, si les traites ne sont pas honorées. La spirale des commandements de payer entraîne Nathanaël, le père, à travailler vingt-quatre heures sur vingt-quatre ; la mère, Rose Chagrin née Chance, à entamer une cure de vitamines ; les enfants, Yapaklou et Zibeline, à cacher leurs jouets dans un distributeur de frites ; Séraphin, probablement le grand-père, à partir à la recherche de l'Homme noir ; Philanthropie, à absorber des tranches de schnitz sous l'oeil bienveillant de ses deux anges gardiens. Et dans la nuit où s'éteignent chaque soir des dizaines de veilleuses, les tours de verre, qui dominent orgueilleusement la ville, regardent croître leur patrimoine. Un roman-conte onirique à la fois doux et amer EXTRAIT La silhouette du commissionnaire s'approcha de la fenêtre givrée, le visage soudain morcelé par la lueur des bougies d'un gâteau d'anniversaire. Une petite fille fêtait ses cinq ans. Entourée de son frère, de ses parents et d'un vieillard, peut-être le grand-père, prostré devant un interrupteur qu'il observait d'un oeil inquiet. Il y avait encore dans cette pièce une femme énorme dont les plis de la chair s'étalaient sur le canapé comme un paysage au relief délicieusement vallonné. Deux anges gardiens veillaient sur ses rondeurs en l'éventant de leurs longues plumes blanches. Elle chantait d'une voix puissante et toute la famille l'écoutait, émerveillée, pendant que se consumaient les cinq premières années de la petite. CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE - « Marie-Jeanne Urech crée un univers fantasmagorique avec un style unique. Des narrations poétiques servant une critique sociale acérée. Un roman-conte onirique tout à la fois doux et amer. » - Prix Rambert - « Un conte sur le drame des subprime, il est juste de choisir la forme du conte pour raconter le scandale dont la ville de Cleveland, dans l'Ohio, a été l'un des théâtres les plus frappants. Marie-Jeanne Urech manie la fantaisie apparente. Sur sa palette d'écrivain, ce ton-là l'appelle et elle y puise comme d'une source dirait-on ces personnages et ces histoires tressées juste au-dessus du réel. » - Lisbeth Koutchoumoff, Le Temps - « Liberté de ton et ironie douce dans ce roman de Marie-Jeanne Urech ! Un roman original. Une fable à l'écriture fantasque et rapide. » - L'Hebdo A PROPOS DE L'AUTEUR Marie-Jeanne Urech a fait depuis quelques décennies déjà le tour de la terre. Elle a connu une éclipse de soleil et plusieurs de lune. Parfois, elle s'arrête pour filmer une scène ou écrire une ligne. Non pas pour suspendre le temps, mais pour en conserver une trace. Elle a déjà publié Foisonnement dans l'air, nouvelles ; La Salle d'attente, roman ; Le Syndrome de la tête qui tombe, roman (traduit en allemand et en italien), L'Amiral des eaux usées, nouvelles et Des Accessoires pour le paradis, roman.

  • Suivez le fil et tentez de comprendre le scandale qui ébranla la plus importante cave à vins du Valais L'affaire Giroud a occupé continuellement les journaux depuis la fin de l'année 2013. Elle concerne une cave, Giroud Vins SA, qui était devenue en une quinzaine d'années l'une des plus importantes du Valais. Celle-ci a été accusée de tous les maux : encavage au noir, irrégularités dans la vignification, distribution opaque, soustraction fiscale : aucune étape du processus ne semblait épargnée. Enfin, son patron, Dominique Giroud, était suspecté d'avoir commandité une attaque informatique contre les journalistes qui sortaient des informations le concernant. Semaine après semaine, le feuilleton rebondissait. Des personnages nouveaux apparaissaient au gré des épisodes : conseillers d'Etat, ministre des finances, espion de la confédération, détectives privés, puissants du Valais. On suggérait que dans ce canton, Dominique Giroud aurait bénéficié de protections qui lui auraient longtemps assuré l'impunité. En plus, il était un fidèle d'Ecône, ce centre catholique traditionaliste aux rites pittoresques et aux valeurs combatives. Bref, tous les éléments d'une belle série médiatique étaient réunis. Qu'en est-il réellement ? Pour le savoir, Alain Bagnoud a suivi le fil de cette histoire. Il essaie grâce à elle de comprendre ce que l'affaire Giroud révèle sur le Valais. Enquête sur les accusations de fraudes des entreprises vinicoles valaisannes de Doninique Giroud EXTRAIT Une nuit de novembre 1997, à l'heure où la plupart des gens dorment, des colleurs d'affiches clandestines s'affairent dans les rues des villes et des bourgades entre Monthey et Brigue. Ce n'est pas le premier coup de ces jeunes gens entre vingt-cinq et trente-cinq ans. Ils ont déjà utilisé la même procédure pour manifester contre la sortie d'un film dont le titre était Priest. Parue en 1995, cette fiction sans intérêt artistique traitait de la sexualité des prêtres et montrait notamment les tentations homosexuelles de l'un d'entre eux. Mais cette première tentative n'a eu aucun écho. Ce ne sera pas le cas pour celle de 1997. Il faut dire que le message de cette année-là est plutôt choquant. CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE « Alain Bagnoud s'est mué en chroniqueur de l'affaire Dominique Giroud, suivant les rebondissements, les rassemblant et les remettant dans leur contexte et leur chronologie. Au final, près de 200 pages qui racontent les débuts modestes puis flamboyants du vigneron transformé en homme d'affaires puis de l'Affaire. Au passage, un portrait acide du canton. » - Le Nouvelliste A PROPOS DE L'AUTEUR Alain Bagnoud est né en 1959 dans une famille de vignerons, à Ollon, village de la commune de Chermignon. Marié, père de quatre enfants, il a publié une dizaine de livres, dont la plupart ont paru aux Editions de L'Aire.

  • Partis comme délégué du comité international de la Croix-Rouge, de 1988 à 1990, au Salvador, en Angola et sur la frontière khmero-thaïlandaise, voici un témoignage sur des vies blessées, fauchées, peut-être entrevues sur un écran de télévision.

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