Éditions des Syrtes

  • Certains n'iront pas en enfer Nouv.

    Certains n'iront pas en enfer est un roman d'autofiction. Écrit et publié après le retour de Zakhar Prilepine du Donbass (en juillet 2018), il est marqué par un certain recul par rapport aux événements. Cela imprègne le récit d'une indéniable mélancolie et permet de magnifier la réalité pour donner une stature quasi-mythique à certains des personnages évoqués. Ce roman est inspiré d'une expérience personnelle, issue de l'engagement de l'auteur dans le conflit du Donbass. Prilepine offre ici un texte éclectique, impressionniste et littéraire qui nous permet de mieux comprendre les raisons de son départ pour le Donbass, son état d'esprit et ses occupations concrètes pendant les années de guerre. Il retrouve sa plume imagée et concise et une force d'évocation captivante.

    Écrivain, journaliste et homme politique, Zakhar Prilepine est lauréat de nombreux prix littéraires. Il a vu ses oeuvres traduites dans une vingtaine de langues et plusieurs de ses romans sont adaptés au théâtre et au cinéma.Les éditions des Syrtes ont publié : Pathologies (2008 et 2018), Le Péché (2009 et 2018), Ceux du Donbass (2018), Officiers et poètes russes (2019).

  • La Fatigue du matériau est LE roman de la migration, une géographie de la peur qui exhorte ses lecteurs à se mettre dans la peau d'un migrant. Ici pas de réflexion politique, économique ou jugement moral, car c'est un livre volontairement physique, chaque phrase interpelle le lecteur, et l'oblige à vivre avec le héros. La force du roman tient dans le fait que le lecteur ne consomme pas l'histoire mais la vit profondément, emporté dans le froid, la faim et le désespoir de ce que l'auteur appelle la conscience noire de l'Europe. Sans nom, sans pays, sans destination, les héros deviennent les archétypes du migrant. Ayant perdu leurs parents dans un bombardement, deux frères ont gagne separement l'Europe dans des conditions inhumaines, et tentent de se retrouver dans une quête désespérée.

    Marek Sindelka est ne en 1984. Deux fois laureat du prestigieux prix Magnesia Litera, il a connu la consécration grâce à La Fatigue du matériau (2017). Il est apprecie pour sa finesse, son style maitrise et souvent poetique.

  • À cinquante ans, Gleb Ianovski, musicien virtuose, qui a connu le succès à Munich, est atteint de la maladie de Parkinson. Un auteur russe rencontré dans un avion lui propose d'écrire sa biographie ; c'est ainsi que Gleb remonte le fil de ses souvenirs, en tentant de trouver un sens à son existence. Le hasard lui fait rencontrer Vera, treize ans, fille d'un amour de jeunesse, pianiste talentueuse, atteinte, elle aussi d'une grave maladie. Roman à deux voix, oscillant entre passé et présent, Brisbane est un roman symphonique dans lequel la mort est vaincue non pas par la musique, ni par l'amour mais par la force de la mémoire et de la parole.

    Evgueni Vodolazkine, né à Kiev en 1964, est chercheur à l'Académie des sciences de Russie, spécialiste du Moyen Âge. Tous ses romans ont des univers très différents: Les Quatre Vies d'Arséni (Fayard, 2013; Syrtes Poche, 2020), entraîne le lecteur dans la Russie médiévale alors que L'Aviateur (Syrtes, 2019) fait redécouvrir Saint-Pétersbourg du XXe siècle.

  • - 69%

    Les Petrov raconte quelques jours dans la vie d'une famille ordinaire en Russie post-soviétique. Souffrant d'une grippe intense, Petrov est entraîné par un ami dans une longue déambulation alcoolisée, à la lisière entre le rêve et la réalité. Progressivement, les souvenirs d'enfance de Petrov ressurgissent et se confondent avec le présent.Si au premier regard le couple Petrov ne se distingue guère, la face cachée de leur vie a de quoi étonner. Le mécanicien Petrov dessine des BD et croise régulièrement la route d'un homme étrange. La bibliothécaire Petrova passe son temps à assassiner des hommes ayant fait du tort à d'autres femmes.Le succès critique et populaire des Petrov est dû à la prose imagée, décalée, drôle et très vivante de Salnikov. Adapté au cinéma par Kirill Serebrennikov.

    Alexei Salnikov (1978) est un jeune auteur russe, d'Ekaterinbourg, dans la région de l'Oural.Les Petrov est son premier roman qui a rapidement connu un énorme succès auprès du public et des critiques. Depuis, le livre est devenu la révélation de l'année, valant à l'auteur le prix littéraire « Le Nez » et une nomination au prix « Bestseller national » en 2018. Les droits cinématographiques et les droits d'adaptation théâtrale du roman ont été vendus.

  • Chisinau, en République de Moldavie. Lastocika, jeune moldave de sept ans, est adoptée dans un orphelinat par une marchande (plutôt ramasseuse) de bouteilles en verre d'origine russe, Tamara Pavlovna. La fillette découvre avec joie et étonnement une nouvelle vie. Elle va à l'école, apprend le russe alors qu'elle préfère le moldave et lorsqu'elle écorche les mots russes, elle est punie. Mais Tamara Pavlovna veut-elle lui offrir un avenir prospère ? Ou l'exploiter comme main d'oeuvre gratuite de façon aussi impitoyable que dans Dickens ?Avec ce nouveau roman Tatiana Tibuleac revient au thème maternel, à l'enfant aimé/non aimé, aux conséquences tragiques du manque d'amour, du remords, dans un livre aussi troublant que L'Eté où maman a eu les yeux verts.

    /> Née à Chisinau (République de Moldavie), longtemps journaliste dans l'audiovisuel, Tatiana Tibuleac est une personnalité reconnue du monde culturel roumain. Dorénavant installée à Paris, elle y travaille dans la communication.L'Eté où maman a eu les yeux verts, son premier roman traduit en français, est paru aux éditions des Syrtes en 2018.

  • Dans ce recueil de nouvelles autobiographiques, Natalia Kim rend hommage au quartier de Moscou situé près de l'usine ZIL que les habitants surnomment « Avtozavod » - « l'usine à automobiles ». C'est dans les appartements communautaires d'imposants immeubles staliniens, que Natalia passe sa jeunesse dans les années 1980-1990.
    Au fil des pages, des épisodes tantôt poignants, tantôt drôles, tantôt tragiques, font revivre toutes sortes de personnages qui ont marqué le passé de la narratrice : de sa grand-mère adorée aux voisins alcooliques et un peu fous, en passant par des camarades de classe, des gardiens, des éboueurs et des facteurs.
    Ce recueil émeut par son attachement romantique à une myriade d'histoires personnelles somme toute ordinaires.

    Écrivaine, journaliste, blogueuse, Natalia Kim est née à Moscou en 1973. Elle est diplômée de la faculté de journalisme de l'université de Moscou-Lomonosov. Elle a été ingénieur du son, puis rédactrice en chef du magazine Continent, attachée de presse du Centre Levada et rédactrice en chef adjointe de Elle. Elle collabore depuis plus de 11 ans à Psychologies magazine.
    Mon quartier est son premier livre, paru en russe en 2017.

  • Le Cantique du Toungouse est une ode à la nature où la taïga enneigée est décrite avec beaucoup de poésie, dans une narration à la fois sobre, précise et très fluide. Le lecteur découvre le jeune Toungouse Michka, dernier représentant d'une ethnie ancienne et maître véritable de la taïga, prisonnier, mais tellement habile que, même grièvement blessé, il parvient à s'échapper sans laisser de traces. On découvre également que Michka a passé beaucoup de temps avec sa grand-mère, descendante d'une chamane, qui lui transmet un amour profond de la taïga, une compréhension instinctive de sa beauté.Le roman est avant tout une déclaration d'amour pour le Baïkal et pour sa nature envoûtante.

    Oleg Ermakov, né en 1961, est un écrivain russe confirmé et reconnu dans son pays - ses oeuvres ont été sélectionnées à plusieurs reprises pour différents prix littéraires prestigieux en Russie - et à l'étranger puisque traduit dans près de dix langues. C'est son quatrième livre traduit en français.

  • - 55%

    Dans ce deuxième roman traduit en français, l'écrivain biélorusse Sacha Filipenko raconte la traque d'un journaliste qui enquête sur un homme politique. Pour se débarrasser de ce gêneur le notable ne reculera devant aucune intimidation, puis devant aucun crime. Il lance à sa poursuite ses hommes de main et gagne son combat. Le journaliste est complètement isolé et démuni, malgré toute sa ténacité, son bon sens et son courage ; il est d'avance condamné, personne ne l'aidera à faire triompher la vérité.

    Sacha Filipenko place au coeur de son intrigue la corruption et l'hypocrisie des hauts fonctionnaires, leur enrichissement illicite, dans un monde où tout peut s'acheter.

    Une fiction captivante et très efficace, mélange de fable politique universelle et de thriller psychologique.

    La Traque est le deuxième roman traduit en français du jeune écrivain biélorusse Sacha Filipenko, né en 1984. Paru en 2018, Croix rouges a été salué par le public et la critique francophone.

  • Louvrage de Guy Mettan a comme point de départ léchec de lEurope actuelle, quil appelle « vertige de linsignifiance ». LUnion européenne sétend du Portugal aux pays baltes et au Kosovo, a imposé lultralibéra- lisme anglo-saxon et la libre circulation des biens et des personnes sur lensemble de son territoire. Mais à quel prix ? Brexit anglais et sécessionnisme catalan, hégémonie allemande, guerre larvée en Ukraine, invasion massive de réfugiés économiques en Méditerranée, régressions économiques en Europe du Sud, progression générale des partis identitaires antieuropéens, inégalités sociales, divorce entre les peuples et leurs élites, création dune monnaie unique désastreuse pour les pays économiquement fragiles, incapacité à nouer des relations amicales et stables avec ses grands voisins turc et russe. Volontairement provocateur, à contre-courant du discours politique ambiant et dans un moment délicat pour lEurope, nourri de lexpérience politique et journalistique de lauteur, lessai de Guy Mettan esquisse les grandes lignes dun véritable programme de gouvernance européenne.

  • Si Marina Tsvetaeva (1892-1941) compte aujourd'hui parmi les grands poètes russes du XXe siècle, on ledoit au destin et au tempérament hors du commun de sa fille, Ariadna Efron (1912-1975), seule survivante d'une famille broyée par la Terreur stalinienne. Aprèsseize ans de Goulag, elle consacre les vingt dernièresannées de son existence à faire publier l'oeuvre de Marina. La « fille prodige » deviendra le premier éditeur de sa mère.

    Je t'aime affreusement est une lettre fictive qu'Ariadna aurait pu écrire, depuis le premier jour de sa libération, en 1955, jusqu'à sa mort, en 1975. Une lettre d'outre-tombe adressée à celle qui est mortedepuis longtemps pour lui dire ce qu'elle n'a jamaissu : les sentiments qu'elle, Alia, a éprouvés auprès d'une mère à la personnalité excentrique et exaltée,qui lui a transmis le meilleur et le pire, le goût de lalittérature et la condamnation à l'exil. Une lettre où elle laisserait enfin éclater sa colère, face à l'injustice, face au sacrifice d'une vie vouée à ce seul devoir : sauver de l'oubli la poésie de Marina Tsvetaeva. Pour y dire aussi l'impuissance, le pardon, et le mystère d'un père absent. Pour faire entendre la voix de cette fillette aux grands yeux bleus, qui a vécu à l'ombre de sa mère, à l'ombre de l'histoire.

    Formée à la philosophie et au théâtre, Estelle Gapp collabore depuis dix ans à l'émission Ça peut pas faire de mal de Guillaume Gallienne sur France Inter. En 2017, elle a produit, sur France Culture, un documentaire intitulé Ariadna Efron (1912- 1975), dans les labyrinthes de l'histoire. Je t'aime affreusement est son premier récit.

  • Dostoïevski, un écrivain dans son temps est un modèle de biographie littéraire. Parue initialement en cinq volumes, dans les années 1970, elle a été condensée par l'auteur en 2010, avec une préface inédite. Joseph Frank aborde la biographie du grand écrivain russe dans une ample vision englobant littérature et temps historique : il entreprend une « reconstruction massive » de l'époque, en y insérant l'oeuvre de Dostoïevski afin de mieux l'éclairer. Il sagit plus précisément dune expérience qui allie biographie, critique littéraire et histoire socioculturelle, tout en se concentrant sur les idées que Fiodor Dostoïevskia défendu avec vigueur durant sa vie. Trois qualités essentielles se dégagent de cette oeuvre. La première réside dans son art de brosser des grands tableaux de la Russie de Dostoïevski et d'en dégager les idées directrices. Il y a ensuite le travail des sources : à chaque moment de la vie de l'écrivain, à chaque description, à chaque analyse de l'oeuvre, Joseph Frank refait une lecture complète des sources, si bien que sa biographie devient critique et analytique. La troisième qualité du biographe est de pénétrer la psychologie profonde, l'esprit de Dostoïevski. Chez Joseph Frank le critique littéraire et le philosophe de l'esthétique cheminent au côté de l'érudit, de l'historien et du biographe. Le travail d'analyse débouche sur des éléments originaux, jamais mis en évidence auparavant. Par exemple, l'affirmation que Dostoïevski est le seul des grands écrivains russes de la première moitié du XIXe siècle qui ne soit pas issu de la noblesse terrienne ; de ce fait, il a été le plus apte à percevoir le conflit entre l'ancien et le nouveau dans la société russe. L'écriture est alerte, ferme, concise, où l'érudition n'entrave jamais la saisie profonde du mouvement de la création.

    Joseph Frank (1918-2013), professeur de littérature comparée à l'université de Princeton, a conquis ses lettres de noblesse dans la critique philosophique et esthétique. Il a consacré sa carrière à l'étude de la vie et du travail de Fiodor Dostoïevski. Les cinq volumes de sa monumentale biographie parus dans les années 1970 ont été couronnés par plusieurs prix prestigieux aux États-Unis.

  • Innokenti Platonov se réveille amnésique dans une chambre dhôpital. Geiger, son médecin, lui apprend son nom et lui demande de coucher sur le papier tout ce dont il pourra se souvenir. Les premiers épisodes remémorés décrivent lenfance de Platonov dans la Russie tsariste?: il se souvient être né en 1900, près de Saint-Pétersbourg. Son père meurt en 1917. Parallèlement, Platonov devine, atterré, quil sest réveillé en 1999
    Cest ensuite le Pétersbourg des années 1920 quil se remémore, avec la famine et le désarroi daprès Révolution. En 1921, Platonov et sa mère emménagent dans le logement du professeur de théologie Voronine, Platonov tombe amoureux dAnastasia, sa fille. Vivant dans le même appartement communautaire queux, Zaretski dénonce le père dAnastasia, qui sera arrêté et exécuté par la Guépéou. Peu de temps après, à son tour, Zaretski meurt assassiné. Faute dautre suspect, la police politique arrête Platonov et lui tire une confession au cours dune séance de torture.
    Platonov se souvient enfin davoir été envoyé, dès le début des années 1930, dans un camp de travail sur les îles Solovki où est installée léquipe dun laboratoire de recherche qui travaille sur la cryogénisation des humains. Pour échapper aux horreurs du camp, Platonov accepte dêtre cryogénisé, persuadé quil ne se réveillera plus. Cest ainsi que Geiger le retrouve et parvient à le ressusciter soixante ans plus tard.
    LAviateur est un roman porteur de réflexions philosophiques profondes, dans un style fluide, laconique et précis. La remémoration fragmentaire est un moteur puissant pour le lecteur. Voué tout entier au thème de la mémoire, le récit est empreint dune nostalgie poignante. Le fantastique devient prétexte à une réflexion littéraire et philosophique?: chaque époque détermine notre vision du monde.
    Enfin, le roman offre un regard décalé sur la société de spectacle, où même la tragédie dun rescapé des camps soviétiques donne lieu à un show.
    Innokenti Platonov se réveille amnésique dans une chambre dhôpital. Geiger, son médecin, lui apprend son nom et lui demande de coucher sur le papier tout ce dont il pourra se souvenir. Les premiers épisodes remémorés décrivent lenfance de Platonov dans la Russie tsariste?: il se souvient être né en 1900, près de Saint-Pétersbourg. Son père meurt en 1917. Parallèlement, Platonov devine, atterré, quil sest réveillé en 1999
    Cest ensuite le Pétersbourg des années 1920 quil se remémore, avec la famine et le désarroi daprès Révolution. En 1921, Platonov et sa mère emménagent dans le logement du professeur de théologie Voronine, Platonov tombe amoureux dAnastasia, sa fille. Vivant dans le même appartement communautaire queux, Zaretski dénonce le père dAnastasia, qui sera arrêté et exécuté par la Guépéou. Peu de temps après, à son tour, Zaretski meurt assassiné. Faute dautre suspect, la police politique arrête Platonov et lui tire une confession au cours dune séance de torture.
    Platonov se souvient enfin davoir été envoyé, dès le début des années 1930, dans un camp de travail sur les îles Solovki où est installée léquipe dun laboratoire de recherche qui travaille sur la cryogénisation des humains. Pour échapper aux horreurs du camp, Platonov accepte dêtre cryogénisé, persuadé quil ne se réveillera plus. Cest ainsi que Geiger le retrouve et parvient à le ressusciter soixante ans plus tard.
    LAviateur est un roman porteur de réflexions philosophiques profondes, dans un style fluide, laconique et précis. La remémoration fragmentaire est un moteur puissant pour le lecteur. Voué tout entier au thème de la mémoire, le récit est empreint dune nostalgie poignante. Le fantastique devient prétexte à une réflexion littéraire et philosophique?: chaque époque détermine notre vision du monde.
    Enfin, le roman offre un regard décalé sur la société de spectacle, où même la tragédie dun rescapé des camps soviétiques donne lieu à un show.

  • Mères

    Théodora Dimova

    Mères est inspiré dun fait divers?: deux adolescentes de quatorze ans ont tué une camarade de classe au printemps 2004 dans un lycée bulgare. Théodora Dimova a voulu montrer que le manque damour, labandon, la mésentente entre les parents, peuvent être les vrais responsables de la violence des enfants

    Ce roman suscite une multitude de questions impliquant la maternité, la condition de la femme, et lenfance?: comment être mère lorsquon a soi-même eu une enfance difficile?? Lorsquon a soi-même été brisé par le totalitarisme, comment être parents dans une société encore chargée de son passé?? Que faire pour concilier la nécessité de vivre décemment en allant travailler à létranger, et le suivi affectif et éducatif que lon doit à son enfant resté en Bulgarie??

    Mères est construit comme un cycle de récits mettant en scène, à chaque histoire, un adolescent?: Andreia, dont la mère est cloîtrée dans une dépression frisant la folie, Lia qui ne vit que par la danse, Dana, habitant seule avec son père alcoolique, Alexandre, enfant adopté, Deian, qui souffre dêtre séparé de sa sur jumelle, Kalina, qui a la charge de sa grand-mère

    Dans leurs souffrances, tous trouvent réconfort auprès de Yavora, leur nouvelle professeure. La personnalité de la jeune femme se construit et se dessine au fil des narrations, tel un puzzle. Yavora les écoute, Yavora leur permet de vivre malgré tout, et trouve toujours une issue aux problèmes. Mais un jour, elle vient leur annoncer une nouvelle qui bouleversera à jamais leur vie. Et ce seul amour se transformera alors en haine.

  • Alexandre Dumas na pas laissé la Russie hors de sa géographie romanesque, ni de ses itinéraires personnels. Bien avant son voyage de 1858, il écouta avec attention le récit de son maître darmes, Augustin Grisier (1791-1865), revenu dun séjour de dix ans au pays des tsars, où il enseignait lart de lescrime aux jeunes aristocrates de Saint-Pétersbourg et de Moscou. Parmi ceux-ci figurait Ivan Alexeïevitch Annenkov, déporté en Sibérie pour avoir participé à la conspiration de décembre 1825. Une jeune Française, Pauline Gueble, modiste dans la capitale russe, partagea son sort et passa le reste de sa vie à ses côtés. Dumas fit de Grisier le narrateur, et de son récit la base du Maître darmes.

    En 1826, la France est ruinée par les campagnes napoléoniennes et la Russie apparaît comme un pays de cocagne. En quête de gloire et de fortune, Grisier, part donc pour Saint-Pétersbourg. Après un voyage éprouvant, il se lie damitié avec Louise Dupuis, une modiste française expatriée, ainsi que son amant le comte Alexis Vaninkoff, jeune lieutenant de la garde de lempereur. À la mort du tsar Alexandre, des conspirateurs, avec lesquels Alexis sest laissé entraîner par désuvrement, profitent du trouble pour essayer dinstaurer une république. Cependant, mal préparé, ce complot des décembristes, est un échec. Tous les protagonistes sont arrêtés et le comte Alexis est condamné à lexil perpétuel en Sibérie. Sensuivent des ennuis inattendus pour notre maître darmes.

    À la croisée de ces destins, périls et prouesses, complots abjects et intrigues amoureuses se succèdent sous la plume dAlexandre Dumas dans un style palpitant. Il met ici tout son amour pour une Russie qui le fascine et quil sefforce de comprendre. Le Maître darmes dévoile une facette surprenante de conteur et décrivain-voyageur.

    Lorsque Dumas se rend en Russie en 1858-1859, le gouverneur de Nijni Novgorod lui fait la surprise de lui présenter Pauline (personnage de Louise), et le comte Ivan Annenkov (Alexis) qui avaient été autorisés par Alexandre II à revenir dexil.

  • Szenttamás, petite ville de Voïvodine, dans lEmpire austro-hongrois à la veille de la Première Guerre mondiale. István Gallai, personnage principal et narrateur, évoque son adolescence au cur dun monde rural où cohabitent Serbes, Souabes et Hongrois, pauvres et mieux lotis. Il se soustrait à une vie besogneuse et brutale grâce à sa cithare et à son imagination. Autour dIstván, gravitent Ádám Török, lindomptable de la rue Zöld, Stefan Krebs le meunier souabe hostile aux Hongrois et aspirant à la fortune, sa fille Rézi, garçon manqué, Gilike le petit porcher rêveur qui raconte des histoires avec ses doigts ou János Váry le châtelain cynique et hautain. Tous ces personnages se croisent, se rapprochent ou saffrontent sur trois scènes, le moulin et le barrage du Sziv, le château et surtout la terrasse du calvaire. Istvan y découvre sur une peinture de la Passion, le soldat à la fleur, figure dissonante qui va le plonger dans une quête permanente de lorigine du bonheur et la fuite dans limaginaire. Mais pour István, convaincu dêtre servi par la chance, le passage à lâge adulte va saccomplir dans la tourmente et changer bien des choses pour lui-même et ses proches.

  • Avec La Conquête du Caucase on comprend mieuxquelle histoire portent les gens qui s'affrontent aujourd'hui. Jonathan Littell

    La force de ce livre est si grande que cette épopée s'animesous nos yeux. Les pages deviennent images, reportages dans le passé. La plume se fait voix, voix off, sobre et retenue... Comment ne pas sortir plus serein de ce superbe livre, inquiet bien sûr, mais avec tellement plus d'intelligence du présent ? Bernard Guetta, France Inter

    Une oeuvre magnifique, destinée à devenir une référence incontournable pour tout débat géopolitique du Caucase. Thierry de Montbrial

    Une enquête historique aussi exhaustive qu'érudite. Rémi Kauffer, Le Figaro

    Ancien journaliste de la presse écrite suisse romande, Eric Hoesli est professeur à l'École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) où il dirige un programme multidisciplinaire consacré au monde russe. Il est l'auteur de L'Épopée sibérienne. La Russie à la conquête de la Sibérie et du Grand Nord, paru en 2018 aux éditions des Syrtes, unanimement salué par la critique et le public.

  • Le péché

    Zakhar Prilepine

    Le Péché est une gourmandise littéraire. Prilepine sest fait une joie de rassembler dans ce « roman en nouvelles » les fragments de la vie de Zakhar, double de lauteur. Les épisodes se succèdent dans un ordre imposé par la mémoire, lorsquelle se plaît à donner de la force et de la brillance à de menus faits, en apparence insignifiants, et épars dans le temps. Mais le regard de Zakhar est toujours tendre, étonné, émerveillé et plein dhumour sur le monde.

  • Pathologies

    Zakhar Prilepine

    Un détachement militaire russe est envoyé à Groznyï et prend ses quartiers dans une école abandonnée. Parmi eux, Egor Tachevski qui trompe la peur, lennui et la mort en se replongeant dans son enfance et lamour de Dacha. Le soldat ne se fait pas dillusions au milieu de ce carnage?: cest une injustice pour tout un peuple, une boucherie, et sil ne tue pas le premier, il sera tué à son tour «?En alternant les séquences, Prilepine met en scène la double dérive dun damné, la double défaite dun être broyé par lHistoire et par ses propres passions comme un personnage de Dostoïevski qui débarquerait dans une Russie transformée en une gigantesque poudrière.?» Lire

  • Dans la nuit du 16 au 17 juillet 1918 disparaissaient Nicolas II et sa famille à Ekaterinbourg, dans la maison de lingénieur Ipatiev, où ils étaient détenus depuis le 30 avril. Contrairement à ce qu'on a pu croire, les exécutants et les complices de cet assassinat se sont beaucoup confiés, mais sous le sceau d'un secret rigoureusement gardé jusqu'aux dernières années de l'existence de l'URSS.
    Quatre des gardes rouges de la maison de l'ingénieur Ipatiev avaient été retrouvés et interrogés par les enquêteurs blancs dès 1918-1919, et leurs dépositions constituent les premiers documents publiés. En 1919 également fut rédigée par Iakov Iourovski, le dernier commandant de la maison Ipatiev et principal acteur de l'exécution de ses occupants, sa célèbre Note, qui ne fut révélée qu'en 1989 et qui connut rapidement une résonance internationale. Après Iourovski, d'autres participants livrèrent leurs confidences, restées secrètes jusqu'à la fin du pouvoir communiste en Russie. Leurs témoignages sont ici publiés pour la première fois.
    Mais les récits des assassins du tsar et de leurs complices ne concernent pas uniquement l'exécution et l'inhumation improvisée des détenus de la maison Ipatiev. Ils racontent leur vie d'avant la révolution de 1917, leurs combats durant la guerre civile, jusquà la tragédie d'Ekaterinbourg. Ils y étaient tous volontaires et ont accompli leur mission en connaissance de cause. Leur personnalité et leur biographie éclairent leurs actions et leurs motivations.
    Ces textes dévoilent également l'atmosphère lourde et éprouvante des derniers jours de Nicolas II et des siens. Ils illustrent, par ailleurs, le projet des dirigeants bolcheviks, qui avaient entrepris d'exterminer tous les Romanov. Il fallait, par ce sang, sceller une Russie du futur totalement coupée de ses racines historiques.

  • Croqué avec des traits stylistiques dune violence éclatante, dune beauté effarante, LÉté où maman a eu les yeux verts est le portrait dune mère laide que la dernière saison de sa vie, passée aux côtés dun fils rebelle, transfigure et rend gracieuse.
    Le lecteur découvre lhistoire de cette famille ordinaire aux origines polonaises, installée en Angleterre et transplantée pour un été dans le nord de la France, comme sil devait composer petit à petit limage terrifiante et fascinante dun puzzle. Chaque chapitre est une petite pièce en soi, brève, autonome, concrète et poétique, presque indifférente au voisinage des autres morceaux.
    Forte en jeux de séduction façon trompe-lil, Tatiana ?îbuleac sait peindre en filigrane la rage qui sadoucit, sans diminuer pour autant la tension de lécriture, sans édulcorer ni le sort des personnages ni les mots qui la disent. Cest le charme âpre de cette jeune écrivaine déjà mûre, impitoyable, manipulatrice et séduisante dès ses premières lignes.

  • Croix rouges est une interrogation sur la mémoire individuelle qui sefface peu à peu, tout autant que sur la mémoire collective en Russie et qui disparaît avec les derniers survivants dune histoire tragique.

  • Louvrage est consacré à lexploration de la Sibérie et du continent eurasien du XVIe au XXe siècle, la spectaculaire « conquête de lEst ». Premier ouvrage complet écrit et publié en français sur le sujet.

  • Grand classique de la littérature russe enfin réédité.

  • La rencontre annoncée dans cette correspondance entre deux génies de la poésie russe du XXe siècle est un événement littéraire exceptionnel. Boris Pasternak et Marina Tsvetaeva s'étaient rencontrés à Moscou en 1918. Ce n'est qu'en 1922 qu'ils se sont véritablement découverts à travers leurs écrits respectifs. Pendant quatorze années, ils ont entretenu une correspondance d'une intensité rare dans laquelle se tissent, étroitement mêlées, passion sentimentale et poésie. Dessinant une courbe en arc de cercle, la relation se noue, suit un mouvement ascendant jusqu'à atteindre un pic paroxystique, décroît, se dénoue et finit par se défaire définitivement. Il faut lire les lettres de Tsvetaeva et de Pasternak comme leur poésie, comme une oeuvre à part entière. Véritable laboratoire d'écriture, mais également laboratoire de la vie, car c'est au gré de ces lettres que se façonnent les événements majeurs de leur biographie. Les mots échangés sont dérobés à la vie, au quotidien, à la famille.

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