Éditions du remue-ménage

  • Avez-vous remarqué ce personnage en marge du cadre, dont on ne nous raconte pas l'histoire? Une enquêtrice décide de suivre la piste des femmes entrevues dans les portraits de Marx. Ses antennes féministes remuent en direction de l'héritage marxien: tant de gloire virile recouvrant une pensée d'égalité, c'est louche. Quel risque courons-nous si nous nous intéressons aux femmes qui étaient là? Une simple promenade qui, au final, chamboule tout.

    Vous qui possédez Le petit Karl comme un catalogue d'outils à dégainer dans toutes les situations, que savez-vous de l'oeuvre d'Eleanor Marx? De l'influence de Jenny ou de Laura Marx? Camarades, quelqu'un vous a-t-il parlé d'elles pendant ces nombreuses années d'université?

  • Valparaíso, décembre 1986, tremblement de terre entre les quatre murs d'une maison. Un homme et une femme annoncent à leurs enfants qu'il faut tout laisser derrière et fuir le Chili de Pinochet. C'est Noël, la petite Caroline a sept ans et elle aura la nausée durant tout le voyage.

    La fillette atterrit à Montréal. En plus de la neige dehors, il y a le tapis rouge vin de l'hôtel Ramada qui accueille les personnes réfugiées en attente de papiers. Il y a aussi Passe-Partout qui semble s'adresser à elle à travers le téléviseur. Après le premier appartement à Montréal-Nord, la classe d'accueil de madame Thérèse qui lui apprend le français, les enfants qui se moquent de ses cheveux et de sa boîte à lunch, la misère des rues d'Hochelaga, il y aura tout ce temps passé dans les banques où ses parents font des ménages. Entre l'exil, les fantômes du passé et le jeu des différences, la petite Caroline camouflera sa furieuse envie de vivre pour ne plus détonner et devenir une immigrante modèle.

    Mais comment apprend-on à ne plus s'effacer? Peut-on embrasser une nouvelle culture sans renier ses origines? Lumineux et vivant, Là où je me terre sonde la possibilité d'aimer et de lutter sans ne plus avoir à fuir.

  • Dans la série de textes surprenants que Pascale Bernardin nous livre aujourd'hui, il est peut-être question de laisser s'exercer autrement l'écoute patiemment accumulée pendant les heures de pose ou de retrouver la mémoire perdue d'aïeux dont on ne sait presque plus la langue ou les codes. Loin d'être simplement une réponse au silence du corps, ces quelques récits témoignent d'une dissidence jamais éteinte, que l'écriture peut enfin laisser se déployer.

    - Stéphane Martelly, préface

  • Nées en Italie dans les années 1940, Silvia Federici et Mariarosa Dalla Costa sont des militantes pionnières et des intellectuelles féministes de premier plan. Dans ces entretiens avec Louise Toupin, elles reviennent sur le mouvement qu'elles ont cofondé en 1972, le Collectif féministe international, qui fut à l'origine d'une revendication radicale et controversée au sein du féminisme, celle de la rémunération du travail domestique. À partir de ce riche terreau, elles racontent comment s'est développée leur pensée au fil du temps, et formulent une critique intersectionnelle du capitalisme néolibéral, depuis la notion de crise de la reproduction sociale.

  • Vivek Shraya a des raisons d'avoir peur des hommes. Tout cela a commencé lorsque, enfant, on la maltraitait parce qu'elle n'était pas assez garçon; cela s'est poursuivi lorsque, adulte, on l'a punie parce qu'elle n'était pas assez femme, ou parce qu'elle en était une tout simplement. Pour Shraya, il n'y a pas d'échappatoire, que des stratégies de survie, de la performance forcée de la virilité de sa vie d'avant aux contraintes quotidiennes que lui imposent aujourd'hui sa vie de femme trans, cible de toutes les cruautés, les humiliations, les déconsidérations. Dans une écriture franche et bouleversante, elle livre un témoignage lucide sur le fil qui relie la masculinité toxique, la misogynie, l'homophobie et la transphobie.

    J'ai peur des hommes, paru chez Penguin Random House en 2018, a été nommé Meilleur livre par The Globe and Mail, Bitch Magazine, Indigo, Audible, CBC, Apple, le Writers' Trust of Canada et la Brooklyn Public Library.

  • L'intersectionnalité, telle qu'élaborée par les féministes noires dans les années 1980, permet de réfléchir aux rapports de pouvoir dans leur complexe enchevêtrement. Au-delà d'un certain effet de mode, cette éthique est plus que jamais nécessaire pour comprendre le monde, à l'aube d'une décennie marquée par un virus ayant partout exacerbé la violence et les inégalités, et mis en évidence les systèmes de privilèges.

    Et qu'arrive-t-il lorsque l'on porte ce regard attentif sur les médias? Les textes rassemblés dans cet ouvrage explorent avec aplomb les questions de l'inclusion et de l'exclusion médiatiques. Que décoder du traitement média réservé au port du hijab dans le sport, aux agressions sexuelles à l'endroit des femmes noires et autochtones, ou encore, de la place de la sourditude et des transidentités dans l'espace public? Un recueil qui amène son lot de réponses éclairantes et douloureuses, une rareté dans le paysage des études culturelles et médiatiques francophones.

    Avec des textes de Alexandra Barbeau et Stéphanie Defoy-Robitaille, Kenza Bennis, Célia Bensiali et Emory Shaw, Karine Bertrand, Nathalie Bissonnette, Gabrielle Caron, Adèle Clapperton-Richard et Catherine Laplante, Geneviève Gagné, Véronique Walsh et Josette Brun, Charles Ouellet et Anne-Sophie Gobeil, Laurence Parent et Véro Leduc, Kharoll-Ann Souffrant et Ingrid Guesdon, Marilou St-Pierre, Bochra Manaï et Christopher Lavie Mienandy, ainsi que Valérie Yanick.

  • Ici réunies en un même volume, les pièces Coco et Sissi explorent avec justesse, fougue et humour les grandes questions qui traversent la vie des femmes: la sexualité, l'amour, le corps, la maternité, la mort. Pour Coco et Sissi, l'amitié entre femmes ouvre un espace de liberté où peuvent se dire les désirs les plus rebelles face aux discours dominants.

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    À la suite d'un tragique événement, quatre jeunes femmes à l'aube de la trentaine se réunissent dans une maison de campagne. Aussi franches que différentes, elles plongent dans leurs souvenirs, de la naissance de leur amitié à leur découverte de l'amour, de la sexualité et de la vie. Coco est une comédie dramatique qui se penche ouvertement sur les désirs et désillusions des jeunes femmes envers les relations amoureuses, l'image corporelle, l'orientation sexuelle et la maternité. Au fil des ans, sans s'en apercevoir, ces amies ont tissé entre elles des liens plus solides que l'amour, qui survivent au-delà de la mort.

    Il y a des gens qui sont bien dans leur déni. Ils en ont besoin, ils en mangent, ils couchent avec, c'est leur mode de vie, c'est ce qui les empêche de se pitcher devant le métro tous les jours, OK ? - Coco

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    Jeune Québécoise d'origine égyptienne, Sissi, mère d'un jeune garçon, cherche à réinventer son quotidien en rencontrant d'autres mères. Elle se lie ainsi d'amitié avec sa voisine Marilyne, dont elle admire la désinvolture, ainsi qu'avec son conjoint Jérémie, tous deux parents d'un jeune garçon. Jusqu'à ce que se confondent réalité et fantasme... Sissi, c'est l'histoire d'une jeune femme déchirée entre les valeurs de sa culture d'origine - qu'elle juge trop conservatrice - et celles de sa culture d'adoption, qu'elle a tendance à idéaliser. Entre son besoin de soutien et d'entraide, sa quête obsessive d'affranchissement et sa redéfinition de la famille, du couple et de la fidélité, fleurit une pièce à la fois drôle et déstabilisante.

    J'aime tellement les gens. Je trouve que les gens sont tellement touchants et beaux. Des fois je voudrais faire l'amour à tout le monde. Tout le monde qui est pas comme moi. Scuse j'ai la bouche sèche. - Sissi

  • Françoise Collin a fait entrer le féminisme dans la philosophie, et la philosophie dans le féminisme. Figure marquante des lettres francophones, originale, radicalement plurielle, sa pensée nous rappelle que le féminisme n'est pas qu'une théorie ou une action politique. Il est une façon d'être au monde. Dans ces textes, elle explore les notions d'héritage, de filiation et de transmission entre les générations de féministes. Un puissant antidote à la division et à la démission.

    « Françoise Collin était une féministe in-comparable et une philosophe du politique. L'une n'allait pas sans l'autre. Toujours à l'affût dans le présent de ce qui interpelle, interroge, bégaye, balbutie. Avec le culot de l'interpréter, avec rigueur mais sans prétention, pour l'ouvrir à ce qui innove. »

    - Marie-Blanche Tahon

  • Avec Perdre haleine, l'inimitable Anne Archet vous convie à une séance d'autoérotisme littéraire, une ode jubilatoire et irrévérencieuse à la masturbation féminine, de la lente montée du désir en passant par les savantes mécaniques de l'excitation, le troublant plateau des fantasmes jusqu'à la grande explosion orgasmique et sa résolution. Entrez dans une phrase longue de 26 000 mots à lire d'une seule main et d'un seul souffle, une traversée de toutes les déclinaisons du plaisir intime, cet acte de liberté, de gratuité et d'amour-propre, où l'on n'est jamais si bien servie que par soi-même: ses doigts, ses peluches, son ameublement, son lubrifiant et ses projections intérieures les plus déraisonnables.

    [...] c'est fou ce que ma chatte en a vu passer des trucs étranges, les histoires qu'elle pourrait raconter si elle savait parler, ce serait incroyable, elle dirait «je me suis fait limer par une bouteille d'eau minérale, une statuette de la Sainte Vierge qui brille dans le noir, une banane verte pelée, le manche d'un pinceau à calligraphie japonaise, toutes les figurines originales de Star Wars, un saucisson rosette, une cannette de mousse pour cheveux tenue extraferme, le levier de vitesse d'une Yaris 2008, une sucette glacée de marque Popsicle®» [...]

    1 autre édition :

  • As-tu dit non?

    T'es-tu débattue?

    Peux-tu décrire chacun de vos déplacements avant d'atterrir dans le lit?

    Comment étais-tu habillée?

    Est-ce que c'est lui qui a enlevé ta culotte?

    Dirais-tu que c'était violent?

    Qu'a-t-il dit avant de partir?

    Qu'as-tu fait après?

    Autrice, chroniqueuse et militante, Marie-Christine Lemieux-Couture livre une fiction fabriquée avec la matière qui reste après les coups, les abandons, les agressions. Collage de scènes en surimpression, mêlant poèmes, enquête policière et scénario de film, Tourner sur soi en technicolor est l'histoire bouleversante d'une femme qui se demande comment aimer quand on a été construite par le dégoût de soi et la peur de l'autre.

  • Je te regarde dans les yeux

    Tu trembles

    Docile et fidèle à l'odeur de ma culotte

    Tu me suis dans les bois jusqu'à la ville

    Tu pourras me manger seulement lorsque je te le dirai

    Tu m'attacheras puisque je l'aurai voulu

    Il ne sert à rien de courir

    Je sais que mère-grand ne m'attend plus

    Je sais que j'ai tout mon temps

    Il n'y a plus personne à la ligne d'arrivée

    Il n'y a plus de course

    Plus de gagnant

    Je n'ai plus peur de marcher dans les bois

    Je suis le loup

    Dans KINK, ces deux adeptes du BDSM lèvent le rideau sur leur histoire et vous invitent à entrer dans le jeu. Exploration sensible et poétique vue sous l'angle du consentement, KINK démystifie des pratiques méconnues pour entrer au coeur de notre rapport au pouvoir, à la sexualité et au fantasme.

  • Ils sont tournés les uns vers les autres. Ils s'observent et s'écoutent. Ils s'échangent des idées, des armes, de l'argent ou des femmes. Dans cet univers clos réservé aux hommes, le pouvoir se relaie et se perpétue à la façon d'une chorégraphie mortifère. Le boys club n'est pas une institution du passé. Il est bien vivant, tentaculaire: État, Église, armée, université, fraternités, firmes... et la liste s'allonge.

    À la manière d'une chasse à l'image, c'est dans les représentations au cinéma et à la télévision que Martine Delvaux le traque. Véritable plongée en eaux noires, ce livre nous invite à considérer l'entre-soi des hommes comme un phénomène régressif. Un dispositif à profaner, déconstruire, refuser, parce que nos vies comptent.

  • L'école enseigne-t-elle l'hétérosexualité? Y apprend-on les bonnes et les mauvaises manières d'être une fille ou un garçon? Dans la cour de récréation comme en classe, les jeunes ont tôt fait de comprendre quels corps, quels comportements et quelles attirances sont admissibles. Et c'est peut-être dans les cours d'éducation à la sexualité que ces messages sont transmis le plus directement.

    Ce livre passe au crible une culture scolaire qui contribue à reconduire des normes de genre et de sexualité, souvent à son insu. Il montre comment les programmes, les manuels et les pratiques enseignantes peuvent maintenir les élèves dans l'ignorance quant à leur identité et leurs désirs, voire alimenter la violence. Dressant un portrait sans complaisance de l'éducation à la sexualité en France et au Québec, il propose des pistes d'intervention afin de rendre les contenus scolaires véritablement inclusifs, positifs et antioppressifs.

  • Paru en 1987, l'essai hautement controversé Intercourse, enfin traduit en français, est un incontournable du féminisme radical de la deuxième vague. Andrea Dworkin y analyse les relations hétérosexuelles dans un univers contrôlé par les hommes, où le sexe devient outil et matière de la domination, et où les femmes sont le plus souvent anéanties dans le désir des autres.

    Coïts est un livre incisif, bouleversant et sans compromis qui explore tout ce que le sexe peut contenir de violence, en disséquant la symbolique à l'oeuvre chez des auteurs tels que James Baldwin, Gustave Flaubert, Léon Tolstoï ou encore Bram Stoker. Peu de féministes se sont depuis aventurées sur ce terrain aussi loin et aussi honnêtement qu'elle, prenant à partie le non-dit dans la culture. Son travail nous entraîne dans les profondeurs de l'assujettissement des femmes, aussi étrange, amère ou salissante que soit la plongée, nous prévient Dworkin.

  • «Quand tu seras grande, tu seras une éducatrice pour notre peuple. Tu aideras les autres. Tu seras une guérisseuse.» L'extraordinaire histoire de Ma-Nee Chacaby en est une de courage, de souffrance et d'amour. En prononçant ces paroles prophétiques, sa grand-mère n'aurait pu viser plus juste. C'est elle qui a vu chez la petite Ma-Nee les deux esprits, le masculin et le féminin. Chance ou malédiction? Pour une enfant bispirituelle dans les années 1950, à Ombabika, une communauté ojibwé-crie du nord de l'Ontario, la liberté est infinie. Elle apprend à trapper, à chasser et à survivre en forêt; elle sculpte le bois, fait de la couture, tanne le cuir et s'occupe des enfants et des aînés. Mais sa grand-mère, sa bien-aimée kokum, sait que la suite sera très dure.

    Après une jeunesse bouleversée par les tragédies, les abus, un mariage forcé et l'alcoolisme, elle s'enfuit à vingt ans avec ses enfants à Thunder Bay. Là-bas, elle n'échappe pas aux violences racistes, mais réussit à atteindre la sobriété. Une vie de militantisme commence. Elle devient intervenante auprès de toxicomanes, de sans-abri et de mères en difficulté, reçoit des dizaines d'enfants en famille d'accueil et, lorsqu'elle découvre qu'elle aime les femmes, ne tarde pas à s'impliquer dans le mouvement LGBTQ2S. Comme lesbienne, guide spirituelle autochtone et handicapée visuelle, Ma-Nee Chacaby fait aujourd'hui figure d'inspiration. Sa vie est une courtepointe faite des morceaux de l'histoire brisée des Premières Nations, où s'entrelacent les fils de la résistance et de la guérison.

  • Août 1939. Sylvanie Penn s'entasse avec ses deux soeurs et son petit frère dans un wagon de train. C'est au pensionnat d'Eremo qu'ils sont envoyés, loin, très loin de la maison de l'Anneau d'hier. Là-bas, il faut cacher son corps et retenir son amour; les religieuses leur enseignent la peur, la honte et le sacrifice de soi. Heureusement il y a les livres et les jeux de l'enfance qui permettent de supporter toute cette cruauté, et de la dire ensuite.

    Depuis son petit lit austère, Sylvanie Penn a soif d'humanité, de justice et de sensualité. Elle décrit dans une langue inventive un monde en guerre, un clergé censeur et ridicule, et surtout un amour indomptable pour sa famille, pour les mots, pour la belle Alix et le boitillant Clovis. Dans le désert d'Eremo, les enfants plantes poussent comme ils peuvent, et en Sylvanie s'éveille une révolte profonde, prête à tout renverser.

  • En quoi consiste la notion de consentement enthousiaste? De quelles façons se vit le plaisir sexuel, seule ou avec des partenaires? Comment conjuguer désir et handicap ou maladie chronique? Et comment la société et la culture influencent-elles l'expérience de la sexualité? Des questions fondamentales qui se retrouvent bien souvent sans réponse, à une époque où on en aurait tant besoin pour faire des choix éclairés. Corps accord vient rompre le cycle de l'ignorance.

    Accessible, décomplexé et inclusif, cet ouvrage est la première adaptation québécoise du classique Our Bodies, Ourselves, dont la dernière édition est parue en 2011. D'abord publié en 1971, puis maintes fois réédité et traduit en 34 langues, OBOS a révolutionné le domaine de la santé de femmes en alliant des témoignages sur leur sexualité, des points de vue féministes diversifiés et des données scientifiques. Cette véritable encyclopédie a contribué à une réappropriation du pouvoir et du savoir des femmes sur leur corps et demeure à ce jour une ressource incontournable pour toutes les générations.

  • Hormis quelques hauts faits, l'histoire de la lutte pour le droit de vote des femmes au Québec nous est largement inconnue. Qui sait que des femmes votaient au Bas-Canada au début du XIXe siècle? Qui sait qu'elles ont perdu ce droit après les Rébellions de 1837-1838, pour ne le regagner que cent ans plus tard au terme d'une âpre lutte? Les autorités politiques et religieuses étaient fermement résolues à exclure les femmes de l'espace public: si celles-ci y entraient, elles délaisseraient leur rôle d'épouse et de mère, menaçant l'édification d'une société distincte, française, blanche et catholique. Dès lors, en refusant le statut de citoyennes aux femmes, on croyait affirmer une différence culturelle, et ainsi, se distinguer du reste du Canada.
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    Repenser la nation est le premier ouvrage entièrement consacré à la tumultueuse histoire de l'affranchissement politique des Québécoises au XXe siècle. Non seulement il revisite cette bataille, sans oublier les femmes qui ne voulaient pas du vote, mais il s'attarde aux combats menés au nom de la liberté, de la justice et de la démocratie par divers groupes de femmes au fil du siècle, y compris par les femmes des Premières Nations. Il considère les décennies après le vote, alors que les femmes ont fait leur entrée en politique active, jusqu'à l'atteinte toute récente de la parité, offrant la synthèse la plus complète à ce jour sur cette question.

    «Denyse Baillargeon nous invite à bien plus que revivre l'histoire de l'accession des Québécoises au droit de vote: elle offre une fine compréhension de la lutte des unes, de la résistance des autres. Même quand on croit tout savoir, on apprend encore!» - Josée Boileau

  • Où est Ulrike Meinhof? Sur les avis de recherche, placardés dans toute l'Allemagne de 1970, on offrait 10 000 marks de récompense à qui saurait la repérer. Introuvable pendant deux ans, partie s'entraîner aux techniques de guérilla, impliquée dans des vols de banques et de voitures, l'ancienne journaliste devenue insurgée clandestine est jetée en prison en 1972, puis retrouvée pendue dans sa cellule le 9 mai 1976. Le combat contre l'impérialisme, le fascisme et le capitalisme militarisé était la raison d'être de la Fraction armée rouge (RAF), dite la bande à Baader, qui s'inspirait de certains mouvements insurrectionnels de l'époque comme les Black Panthers aux États-Unis, les Brigades rouges en Italie ou les Tupamaros en Uruguay.

    Qui est-elle, Ulrike Meinhof, au-delà du mythe entourant sa vie spectaculaire et son implication au sein de la RAF? «L'Allemande la plus brillante depuis Rosa Luxemburg», résumait le poète Erich Fried lors de son éloge funèbre. Immense figure de l'extrême-gauche, sorte de sorcière rouge à laquelle on a tristement accolé l'image d'une terroriste diabolique, Ulrike Meinhof avait auparavant mené une prolifique carrière de journaliste, connue et respectée dans tout le pays. Pour embrasser la guérilla, elle a tiré un trait sur sa vie de bourgeoise, d'épouse et de mère.

    Les chroniques d'Ulrike Meinhof, publiées dans la célèbre revue konkret de 1959 à 1969, jettent un vif éclairage sur les conflits et les bouleversements qui ont marqué cette décennie. Elle analyse la guerre froide, la présence d'anciens fascistes au pouvoir, la liberté d'expression sur fond de guerre du Vietnam, la justice sociale et la subordination des femmes. Son écriture s'y révèle mordante et profondément engagée.

    Protester, c'est dire «je n'accepte plus cela». Résister, c'est faire en sorte que plus personne ne l'accepte.

    Textes choisis et présentés par Karin Bauer o Préface de Elfriede Jelinek o Traduit de l'anglais et de l'allemand par Isabelle Totikaev et Luise von Flotow

  • Des corps féminins en rangées, qui se meuvent en synchronie. Ils ne se distinguent que par le détail d'un vêtement, d'une courbe, d'une teinte de cheveux. Les filles en série créent l'illusion de la perfection. Ce sont des filles-machines, filles-marchandises, filles-ornements. Toutes reproduites mécaniquement par l'usine ordinaire de la misogynie. Les filles sont des filles parce qu'elles sont en série. Mais la figure des filles en série est double: à la fois serial girls et serial killers de l'identité qu'on cherche à leur imposer. Entre aliénation et contestation, les filles en série résistent à leur chosification, cassent le party, libèrent la poupée et se mettent à courir.

    Cet essai percutant, paru pour la première fois en 2013, se déploie comme une chaîne qui se fait et se défait, depuis les Cariatides jusqu'aux Pussy Riot. Dans cette édition revue et augmentée, Martine Delvaux s'attaque à la blancheur des filles en série et analyse de nouvelles formes de résistance investies par les ballerines, les survivantes d'agressions et Beyoncé.

  • Lors d'une fête bien arrosée, deux filles discutent d'un sujet en apparence banal: est-ce que les hommes et les femmes peuvent être amis ou est-ce que le désir vient toujours tout corrompre? Comment faire pour ne pas considérer une personne du sexe opposé comme amoureuse potentielle? Et si l'attirance sexuelle est parfois inévitable, est-il possible de la surmonter?

    Rapidement, tous les convives sautent dans la mêlée pour ajouter leur grain de sel. La lapine, la troubadour, la vieille fille frustrée, le gros macho, le timide... Une joyeuse bande d'effrontés qui tenteront de vider la question à coups d'arguments, d'anecdotes, d'injures, de clopes et d'alcool. Et la fête tourne au vinaigre...

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