Bernard Campiche Editeur

  • Jura

    Michel Bühler

    A travers ses souvenirs, Michel Bühler fait un magnifique éloge du Jura
    "Par ma fenêtre, le vert profond du pré; plus loin un enchevêtrement gris de troncs et de branchages. Le ciel est plombé. Pas une feuille encore, dans le bosquet qui sépare ma maison du vaste plateau des Granges. La radio, tout à l'heure, annonçait de possibles chutes de neige jusqu'à mille mètres d'altitude. Tout pourrait être à nouveau blanc, demain matin.
    Je sais qu'en bas, en Plaine, du côté d'Yverdon ou de Lausanne, les pommiers et les cerisiers sont déjà couverts de ?eurs, la sève impérieuse charrie ses ?ots, riches de sucre, entre bois et écorce. Les champs de colza étalent leur jaune pétant à côté des pousses de blé tendre, les ­marronniers et les tilleuls défroissent leur feuillage pour l'offrir à la caresse du soleil. En bas, la chaleur, les parfums entêtants, la joie du renouveau, l'herbe grasse." - Michel Bülher
    Un agréable recueil de textes autobiographiques, au fil des saisons
    EXTRAIT
    Je connais, j'admire Pierre Bichet depuis...
    ... Je dois avoir, quelque part, une photo de notre première rencontre. C'est au Mont des Cerfs, sur les hauts de Sainte-Croix. On nous voit, assis sur le pâturage, avec trente ans de moins qu'aujourd'hui. Entre nous, le micro à la main, cheveux noirs, et mi-longs, comme c'était la mode à l'époque, moustache fournie, celui qui a provoqué notre rencontre : l'ami Frank Musy, alors journaliste à la Radio Romande. Il devait s'agir, bien sûr, d'une émission sur le Jura. Je n'en finirai pas de remercier Frank de nous avoir mis en présence.
    Bichet était déjà largement connu, peintre renommé, compagnon fidèle d'Haroun Tazieff. J'étais en train de me faire un petit nom dans la chanson, à Paris et en Suisse.
    CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE
    "Ses descriptions sont vives, amusantes, pleines d'esprit et de sous-entendus. Qu'on cite son histoire de l'absinthe, sa visite des creux, qu'il parle de son ami le peintre Bichet, dont une oeuvre illustre la couverture du livre, qu'il s'amuse des chercheurs de champignons et de leurs mystères, on retrouve l'âme de ce pays rude, resté simple et confronté à une modernisation qui n'est pas sans risques." - Juliette David, Le Messager suisse
    A PROPOS DE L'AUTEUR
    Michel Bühler est l'un des chanteurs suisses les plus connus. Auteur de plus de deux cents chansons, il a également publié trois romans, La Parole volée (traduit en allemand chez Limmat Verlag), Un notable et La Plaine à l'Eau Belle, trois récits, Cabarete, Lettre à Menétrey et Un si beau printemps, et de nombreuses pièces de théâtre. Michel Bühler, qui demeure l'un des rares auteurs romands à rendre compte des problèmes politiques et sociaux de son pays, n'hésite pas à prendre part à des actions de solidarité et de défense des opprimés. Partageant son temps entre carrière littéraire et musicale, il vit actuellement à L'Auberson (Vaud) et à Paris.

  • Un professeur confronté au suicide d'un de ses élèves va voir sa perception du monde changer
    ...Au nombre de ses dons, Jacques-Étienne Bovard possède celui du monologue intérieur. Huis clos de la conscience dans lequel le personnage démarque ses lâchetés intimes, avec une sorte de joie féroce à piétiner sa propre image. Nausée de l'âme qui le fait descendre dans ses ténèbres, mais qui lui donne aussi une chance de reprendre possession de lui-même.
    Dans ses nouvelles, Bovard décrit des existences clouées au sol, retenues par la peur, la convention, la prudence helvétique qui est une variété de nanisme moral (lire Nains de jardin, Campiche, 1996).
    Dans ses romans, il montre en revanche une métamorphose possible : un chemin pour s'élever un peu au-dessus de soi-même, à hauteur d'homme, rien de plus. Demi-sang suisse (Campiche, 1994) faisait passer cette initiation par la médiation du cheval. Dans Les Beaux Sentiments, elle s'opère au contact des élèves, personnage collectif, avec ses voix multiples, qui donne au jeune Aubort la volonté de « ne plus jamais se rasseoir dans sa médiocrité ».
    Un roman qui montre l'impact d'un choc émotionnel, l'importance d'un déclic qui peut changer un homme du tout au tout
    EXTRAIT
    Il a eu beau s'y attendre, respirer aussi calmement que possible en montant l'escalier, dès les premières marches son estomac s'est crispé, et sa bouche, au moment de pousser la porte, manque de salive.
    Angoisse de remplaçant, de stagiaire au matin de sa première journée, par trop ridicule après cinq ans de métier, enfin comme si la Salle des maîtres pouvait avoir quelque chose de menaçant, comme si tout n'allait pas se passer aussi bien, aussi naturellement qu'à l'ordinaire...
    Demi-heure d'avance, mais beaucoup de collègues déjà, pressés autour des armoires, des ordinateurs, de la photocopieuse qui tourne sans discontinuer... Facile, dans cette effervescence, d'aller inaperçu jusqu'aux tables du fond poser sa serviette, et de vérifier que rien n'y manque : agenda, bloc-notes, Tartuffe, Le Horla, En attendant Godot, relus et annotés encore pendant les vacances, sur lesquels il pourrait sur-le-champ repasser sa licence...
    CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE
    "Avec Les Beaux Sentiments, Jacques-Étienne Bovard a écrit son meilleur roman." - Michel Audétat, L'Hebdo
    "On retrouve ici les qualités de Jacques-Étienne Bovard. La netteté du style. L'observation clinique (la salle des maîtres, la société des « collègues »...). La faculté d'émouvoir sans jamais mettre le pied dans la mélasse. [... ] Ce n'est pas un roman sur le blues professoral. Ni sur la jeunesse désabusée. Encore moins sur les « beaux sentiments » : mais sur un homme qui se bat avec cette idée, et par là même s'élève." - Michel Audétat, L'Hebdo
    A PROPOS DE L'AUTEUR
    Jacques-Étienne Bovard est né à Morges en 1961. Parallèlement à son métier de maître de français, il bâtit une oeuvre composée essentiellement de romans et de nouvelles, la plupart ancrés dans les paysages et les mentalités de Suisse romande, qu'il considère comme un terreau hautement romanesque à maints points de vue.
    Couronné de nombreux prix, Jacques-Étienne Bovard fait partie des auteurs suisses romands les plus réguliers et les plus largement reconnus par le public.

  • Moins de sang, plus de sperme... À peine remis des tueries du Dernier Échangeur, Michel Rod s'offre son Cadeau de Noël.
    À la veille du réveillon, le journaliste barbote au fond de son verre, le père Noël fait jouer les enfants sur ses genoux et une jeune pompiste est abattue dans une station d'essence. Sur les traces de son meurtrier, le flic Serge Mariani va s'enfoncer dans le marigot lausannois. Au fil de l'enquête, on croise une mère de famille nymphomane, une maquerelle sans coeur, un pizzaiolo obèse et un tueur aux nerfs fragiles. En filigrane de l'intrigue, l'auteur nous emmène en balade dans les arrière-boutiques des petits commerçants du sexe.
    Pour son deuxième roman, Daniel Abimi nous offre un vrai Noël noir.
    EXTRAIT
    Un homme d'une stature imposante lui tendait une main amicale. Le crâne chauve, le torse, le ventre et les membres épilés, il était presque nu. Il portait juste une culotte de cycliste en cuir noir. Des petits boutons rouges constellaient ses épaules. Deux dauphins étaient tatoués sur la peau lisse de sa poitrine. À ses côtés, une dame d'une quarantaine d'années s'avança pour lui coller une bise sur les deux joues. Rod était embarrassé et ne savait pas quoi faire de ses mains et de ses yeux. Posée sur des talons stiletto de douze centimètres, la dame était vêtue d'un simple filet aux mailles distendues hors desquelles pointaient des seins abondants. Si Rod ne comprit pas qu'elle se prénommait Nicole, il ne put s'empêcher d'observer que son sexe était rasé.
    - Joyeux Noël ! dit-elle en guise de bienvenue.
    CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE
    "Avec ce deuxième roman, Daniel Abimi entre dans la petite liste de ces auteurs romands qui ont la bonne idée de nous raconter une histoire qui reflète les aspects peu reluisant d'une société dont on ne soupçonne pas toujours les travers. Des auteurs comme Daniel Abimi sont bien trop rares pour être passé sous silence. Il vous faut les découvrir sans tarder !" - Cédric Segapelli, Tribune de Genève
    "Dans un style parfaitement intégré au sujet, l'auteur nous fait visiter Lausanne avec des descriptions d'une précision absolue sans jamais oublier le petit détail qui démolit." - Juliette David, Suisse Magazine
    "La manière dont l'auteur arpente la géographie humaine d'une Lausanne par nuit noire, ou au petit matin - ce qui n'est guère plus douillet - se révèle convaincante. Elle peut capter les lecteurs indigènes, comme les amateurs de polars d'ailleurs, qui ignoreraient les replis de la capitale vaudoise. À présent, Lausanne possède son chantre, sur le versant glauque." - Nicolas Dufour, Le Temps
    A PROPOS DE L'AUTEUR
    Daniel Abimi est né à Lausanne en 1965. Tour à tour veilleur de nuit, chauffeur de taxi, journaliste, délégué du CICR et fonctionnaire, il a lâché le pinard pour le polar. Le Cadeau de Noël est son deuxième roman.

  • Il y a des injustices que l'on n'oublie pas et la vengeance est un plat qui se mange froid
    Après un silence volontaire de cinq années et plus, l'écrivain vaudois C.-F. Landry revient au roman. « Mais pas un simple roman », comme il le disait lui-même: un roman qui se passe dans nos pays, quelque part entre Genève, Neuchâtel, Berne et Martigny. Un roman qui touche à d'immenses choses: l'Injustice, la Fatalité, le Mystère du Bonheur, la Destinée. Il y a des gens à qui tout réussit. D'autres pour qui tout rate... Et pourtant, le monde immédiat renferme des bonheurs humbles, à la portée du plus déshérité.
    Quelque part entre Diégo et La Devinaize, L'Affaire Henri Froment rejoint Garcia. Seulement cette fois si ce sont nos paysages, ce sont aussi nos affaires, notre terrible pouvoir de silence, notre prodigieux pouvoir de déguiser la Réalité.
    L'écrivain ne se contente plus de nous raconter - et très bien - une histoire ; comme le prophète parlant du roi David, brusquement il déclare à chacun: « Tu es cet homme. » Poignante histoire racontée tout uniment, pouvant être mise entre les mains, et qui, certainement, touchera ce qu'il y a de généreux dans la jeunesse confrontée à une injustice.
    Aussi passionnant à lire qu'un roman policier, L'Affaire Henri Froment n'a rien du roman policier, mais toute la poésie secrète de nos horizons familiers. Ça pourrait être ici, ça pourrait être là : Moudon ou Orbe ? Vevey ou Yverdon ? Rolle ou Estavayer ?
    Le Grand Prix Ramuz est venu récompenser C.-F. Landry au moment où il se préparait à accomplir un nouveau bond en avant. L'Affaire Henri Froment nous promet encore de belles récoltes.
    Un roman qui met en avant un personnage fascinant dont on ne peut détacher le regard tant on est curieux de savoir jusqu'où il peut aller
    EXTRAIT
    L'odeur amère du laurier dominait les autres parfums de la nuit. Froment devinait cependant la fine senteur d'huile de son fusil. Huile et acier. Car l'acier sent. Un bon fusil aura toujours un petit parfum matinal, de train qui a freiné, une odeur d'étoiles ; un rien qui vous donnerait envie de siffler, ou de fredonner. Il fait bon marcher dans les matins du monde. L'air tout mêlé d'eau traîne sur le visage ; c'est comme tous les feuillages de mai qu'on écarterait. Sacrés corbeaux de l'aube ! et leur bâillement nasal !
    CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE
    "Roman peu connu d'un auteur un peu oublié, L'Affaire Henri Froment se révèle pourtant à la hauteur d'un Ramuz mâtiné de Giono, la révolte en plus: à redécouvrir d'urgence !" - Emilie de Clercq, Marie-Claire
    "Le Nouveau Roman prônait le passage de l'écriture d'une aventure à l'aventure d'une écriture. Ici, on a les deux en même temps. Du grand art !" - André Normand, La Distinction
    A PROPOS DE L'AUTEUR
    Charles-François Landry (1909-1973) est un écrivain suisse. Il passe une partie de sa jeunesse dans le sud de la France avant de s'établir sur les rives du Léman. Amoureux de la nature et solitaire, son goût pour l'écriture se manifeste dès les années de collège. A vingt ans, il publie son premier recueil poétique Imagerie.
    Il se fixe définitivement en Suisse et réussit à vivre de la plume, même si ce choix lui fait souvent côtoyer la misère. Après avoir écrit de la poésie, Charles-François Landry passe au roman et à des récits historiques et lyriques consacrés notamment à Davel ainsi qu'à Charles le Téméraire. Ses publications lui valent la reconnaissance du monde littéraire romand et français et lui font remporter de nombreux prix.

  • Le portrait d'un homme solitaire qui voulait appliquer ce qu'il pensait être juste
    "Patriote sans patrie. Terme violent. Toutes les lettres du temps désavouent Davel, avec une rare unanimité. On croyait avoir cité les plus terribles. Il en est encore, écrite par les Quatre Paroisses de La Vaux. Ici, la dernière excuse tombe : Davel a travaillé là, fait le bien là, aidé chrétiennement les humbles là, servi là cette petite société. On lui a demandé plusieurs fois d'être parrain. On a eu recours à sa bourse. On a fait appel à sa bienveillance.
    Davel, seul. - On regarde, on cherche, on en revient toujours là. Davel était seul. Il était venu seul, à cette évolution spirituelle qui l'engagea dans cette entreprise bien vaine, il a vécu seul, il est mort seul. Un signe, peut-être : cette tête qui disparaît, la nuit même, et que remplace le quatrain bien connu:
    Passant, qui que tu sois! voici l'illustre place
    Où le brave Davel, d'une héroïque audace
    Pour avoir chatouillé notre ours un peu trop fort
    Par un coup de sa patte a terminé son sort.
    Mais c'est encore un trait de ce peuple, de donner à une juste protestation la forme d'une raillerie, et d'oser de nuit, ce geste, voler une tête qu'on n'a pas su maintenir sur les épaules." - Charles-François Landry
    Un roman qui nous montre une réalité parfois laide du monde dans lequel on vit...
    EXTRAIT
    Le 31 mars, au matin, un peu avant cinq heures, un homme franchit le seuil et se trouva dans la rue. Il se retourna, saisit l'anneau de fer à usage de heurtoir et, s'étant un peu arc-bouté, il fit venir à lui la lourde porte. On entendit la péclette glisser sur le fer, et tomber dans l'encoche.
    Ainsi, les chiens n'entreraient pas dans le long corridor. Mais pour les humains, la maison n'était pas fermée. Il aurait fallu deux tours de clef... Seulement, dans cette petite ville, de qui se méfier ? Rien ne passait inaperçu dans ces rues étroites...
    CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE
    "C.-F. Landry nous fait le superbe portrait d'un homme solitaire, nommé major au Pays de Vaud après des années au service de puissances étrangères." - Juliette David, Le Messager suisse
    A PROPOS DE L'AUTEUR
    Charles-François Landry (1909-1973) est un écrivain suisse. Il passe une partie de sa jeunesse dans le sud de la France avant de s'établir sur les rives du Léman. Amoureux de la nature et solitaire, son goût pour l'écriture se manifeste dès les années de collège. A vingt ans, il publie son premier recueil poétique Imagerie.
    Il se fixe définitivement en Suisse et réussit à vivre de la plume, même si ce choix lui fait souvent côtoyer la misère. Après avoir écrit de la poésie, Charles-François Landry passe au roman et à des récits historiques et lyriques consacrés notamment à Davel ainsi qu'à Charles le Téméraire. Ses publications lui valent la reconnaissance du monde littéraire romand et français et lui font remporter de nombreux prix.

  • Il n'y a pas de repères pour s'accrocher, le lecteur est propulsé dans un voyage de mots et de sensations
    Bonjour, désires-tu boire quelque chose? L'air est agréable il flotte une odeur d'été de fin d'après-midi de lumière bientôt rasante, oui volontiers excuse-moi je me permets de te redemander ton prénom il y a beaucoup de monde ici.
    Je me réveille à peine
    Un petit homme gras
    Dans un costume trois pièces
    Bleu marine rayé blanc
    Déboule dans ma chambre
    « Vous avez été très ridicule la nuit dernière,
    on vous le fera sentir »
    Je n'ai pas le temps de répondre
    Il s'en va
    Un « roman difforme » où l'on avance comme dans un rêve
    CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE
    "Sous le chahut des formules, longueurs et confidences perce une folle liberté. Une manière de se moquer du monde entier, et de sa propre personne, s'esquisse, sans que le cynisme ne vienne pervertir un état des lieux poétique. À expérimenter." - 24 Heures, Notre sélection
    "Même décousu, même minimaliste et absurde, il se dégage de ce volume assez de fougue pour que seule sa fulgurance poétique, acide et mélancolique, laisse sa trace." - Isabelles Falconnier, L'Hebdo
    A PROPOS DE L'AUTEUR
    Stéphane Blok est né le 10 juillet 1971 à Lausanne. Tout d'abord autodidacte et musicien de rue, il suit durant quatre ans des études à l'École de jazz et musiques actuelles de Lausanne. Il écrit plusieurs albums de chansons et signe en 1997 un contrat d'artiste auprès du label parisien Boucherie Productions. Poète et musicien, il écrit et compose pour le théâtre, la danse et le cinéma, réalise des installations multimédia et est également auteur de textes pour les choeurs traditionnels et folkloriques de sa région. Les Illusions est sa première publication chez Bernard Campiche Éditeur.
    A PROPOS DE L'EDITEUR
    J'ai voulu créer une maison indépendante, et je m'efforce depuis le début de trouver un ton et un style personnels, que ce soit sur le plan du choix des textes, des relations avec les auteurs, des rapports avec le public, ou celui de la présentation générale de mon travail. Je désire exercer mon métier de manière artisanale, en assumant seul la plupart des tâches liées au livre: décision de publication, saisie des textes et mise en pages de ceux-ci, discussion de la présentation des ouvrages, diffusion en librairie, la presse et le public. Je n'édite donc qu'un nombre restreint d'ouvrages, avec comme objectif principal la diffusion la plus large possible du travail des auteurs suisses français. Car la Suisse est le pays dans lequel je vis, et je pense que c'est la littérature dont je comprends le mieux les racines et que j'ai envie, au travers d'oeuvres les plus variées, de défendre. - Bernard Campiche

  • Avec ces sept nouvelles, l'auteur revisite l'art de la mesquinerie...
    Recueil de sept nouvelles, Nains de jardin nous emmène au coeur de la Suisse romande et nous fait rencontrer des personnages drôles et attachants.
    Dans ce recueil, vous trouverez les nouvelles suivantes :
    - La fondue crée la bonne humeur
    - L'art de la paix
    - Les oisillons
    - Une pinte de bon sang
    - Jardin secret
    - Un moment de honte est vite passé
    - Le nombril et la loupe
    Un recueil délicieusement satirique dans lequel on se plonge avec délectation.
    EXTRAIT
    Le premier leur était pour ainsi dire tombé du ciel, le lendemain de la « pendaison de crémaillère ».
    Bien qu'il se fût couché fort tard, Jean-Baptiste Blochard s'était réveillé avec le jour et n'avait pu se rendormir au côté de sa femme. Descendu dans sa cuisine, tandis que le café se mettait à couler dans la tasse, il était allé à la fenêtre pour observer, comme il faisait depuis douze jours, la croissance du gazon neuf sur l'étendue de sa propriété, dont les six cent cinquante mètres carrés s'étalaient vides jusqu'à l'embryon de haie livrée avec la villa.
    Et comme du bord de la terrasse son regard se haussait vers les tiges de noisetier, il y avait eu, plantée à quelques mètres, cette espèce de petite bombe hilare tombée du ciel, stupéfiante, semblant prête à exploser de joie rouge et bleue dans le vert timide.
    CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE
    Exemplaire. C'est sans doute le qualificatif qui correspond le mieux au recueil de nouvelles que vient de publier l'auteur de La Griffe et de Demi-sang suisse. Exemplaire, parce qu'il nous montre avec brio ce que devrait être le rôle de l'écrivain romand d'aujourd'hui: quelqu'un qui observe, dissèque, montre la société dans laquelle il vit, en en faisant ressortir les signes les plus distinctifs. L'écriture doit s'impliquer et s'engager. Exemplaire encore par le choix du genre littéraire. Démonstration est faite ici que la nouvelle n'est pas un genre mineur. Prenons celle qui inaugure le livre. Intitulée « La fondue crée la bonne humeur », elle justifie à elle seule l'achat du livre. - Henri-Charles Dahlem, Coopération
    Avec Jacques-Étienne Bovard, le jeune romancier vaudois qui a notamment signé La Griffe et Demi-sang suisse, voici revenu l'air de la satire. Elle court, venimeuse, dans ces Nains de jardin : sept récits rigoureusement fielleux, où l'on mord dans les vies troublées d'une petite troupe de personnages que l'on suit dans leurs exemplaires aventures... - Jean-Dominique Humbert, La Liberté
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Jacques-Étienne Bovard est né à Morges en 1961. Parallèlement à son métier de maître de français, il bâtit une oeuvre composée essentiellement de romans et de nouvelles, la plupart ancrés dans les paysages et les mentalités de Suisse romande, qu'il considère comme un terreau hautement romanesque à maints points de vue.
    Couronné de nombreux prix, Jacques-Étienne Bovard fait partie des auteurs suisses romands les plus réguliers et les plus largement reconnus par le public.

  • Le parcours d'une femme à la ténacité étonnante
    "Marie-Rose : Je savais que cette femme qui montait les escaliers de la boutique avec son chapeau cloche allait compter dans ma vie.
    Sylviane : Je lui ai donné ma carte, mon téléphone, alors que je ne le fais jamais.
    Marie-Rose: Sylviane représentait la femme que j'aurais voulu être.
    Sylviane : « Marie-Rose m'a donné l'occasion de me racheter de la chance que j'ai dans la vie.
    Elles disent parce que c'était elle, parce que c'était moi. Deux soeurs.
    On rêve qu'on a pleuré avec elles, qu'on a pleuré de rire dans leurs bras lorsqu'elles se sont raconté leurs vies l'hiver passé dans l'appartement lausannois de Marie-Rose. On envie la confiance qu'elles ont placée l'une dans l'autre, immédiatement, aux premières paroles dites. Instinctivement, en sachant d'avance qu'elles auraient une histoire commune.
    Deux femmes. Une écrivaine, Sylviane Roche, professeur de français à Nyon, et une Italienne du Sud, vendeuse de mode dans une boutique lausannoise, qui lui ressemble, Marie-Rose De Donno. Mères et femmes, brunes et fortes. Lumineuses. Mères, mamans comme une évidence : c'est par Sandro que tout a commencé, que ça ne finira jamais. Sandro, ce fils éblouissant, retrouvé mort il y a trois ans au bas de l'esplanade de Montbenon à Lausanne, écrasé sur la station-service. (...) Elle veut savoir, cette mort ne la laissera pas en paix tant qu'il y aura encore quelque chose à comprendre, à expliquer..." - Isabelle Falconnier, L'Hebdo
    Un roman biographique porté par la merveilleuse harmonie qui unit deux femmes exceptionnelles
    EXTRAIT
    Je m'appelle Marie-Rose, mais quand j'étais petite, tout le monde me disait Rosetta. Je suis née le 19 août 1950, en Italie du Sud dans une petite ville qui s'appelle Maglie. Nous étions cinq enfants. Je suis la dernière. Évidemment ma mère ne me voulait pas ! Elle a tout essayé pour avorter : les aiguilles à tricoter, des bains avec de l'eau salée, tous les vieux trucs de bonne femme. Elle a tout fait pour que je ne naisse pas. Rien à faire. Je m'accrochais déjà, tu vois. Obstinée. Après, elle s'en voulait, elle avait très peur que je ne sois pas normale avec tous ces trucs ! Elle culpabilisait, la pauvre. Eh bien non. Je suis venue au monde malgré tout et tout à fait normale. Enfin j'espère !
    Alors voilà, ça c'est l'histoire de ma naissance. Tu vois, ça commence bien.
    A PROPOS DES AUTEURES
    Sylviane Roche, d'origine française, est née à Paris, dans le quartier du Marais. Elle est venue en Suisse à l'âge de vingt ans et s'est installée à Lausanne. Elle s'y est mariée et a eu deux enfants, Emmanuel et Élodie. Elle a aussi obtenu une licence de lettres à l'Université de Lausanne. Bien qu'elle ait été très bien accueillie et intégrée en Suisse, elle s'est toujours sentie dépaysée, exilée à Lausanne, et reste très attachée à Paris et à la France où vit toute sa famille et où elle rentre souvent.
    D'origine italienne, Marie-Rose De Donno vit et travaille en Suisse depuis de très nombreuses années. Elle a raconté son parcours dans L'Italienne, écrit avec Sylviane Roche.

  • Plongez dans une aventure à la fois poétique et exotique
    "Malgré le renouveau des veillées et le foisonnement réjouissant des conteurs et des conteuses, bien peu d'écrivains osent se risquer dans l'écriture d'un conte, tant l'exercice peut se révéler périlleux pour l'auteur, acculé à composer un air original sur une partition archi-connue.
    À l'inverse, la réussite d'un tel défi signe l'état de grâce d'un écrivain au faîte de son art.
    C'est justement l'impression que procure la lecture des Contes du tapis Béchir de Jean-François Sonnay. Béchir le bien nommé, son nom signifiant: porteur de bonnes nouvelles, est un tapis qui a vécu bien des aventures avant de servir de nid douillet à une petite souris très coquette. " - Pascal Helle, 24 Heures
    Des contes qui vous feront voyager !
    EXTRAIT
    Comme tous les tapis, raconta Béchir, j'ai connu beaucoup de pieds dans ma vie, des pieds de pauvres, des pieds de riches, des pieds nus et des pieds chaussés. J'ai réchauffé des petons d'enfants à la peau crémeuse, j'ai caressé des pieds de femmes tout parfumés ; j'ai vu défiler des pieds d'athlètes musclés, des pieds tordus de vieillards, des pieds nerveux, des pieds tendres, des gros, des maigres, des jolis, des chatouilleux. Je les ai tous supportés généreusement, avec une égale humeur, même ceux qui sentaient mauvais, même ceux qui me blessaient avec des talons aiguilles, mais les pieds les plus beaux que j'aie connus demeurent ceux de Fatima, la jeune femme qui m'a fabriqué et que j'ai accompagnée à son mariage.
    CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE
    "C'est joli, gentil, exotique, poétique. Si bien qu'on dirait un livre pour enfants. On imagine sans peine un parent s'asseoir sur le lit de son enfant et raconter la suite..." Magalie Goumaz, La Liberté
    "Jean-François Sonnay continue à élargir son champ d'écriture, s'adaptant avec justesse au genre choisi. Et de réussir à faire avec son héros tissé de laines colorées un conteur, moralisateur juste comme il se doit, mais surtout un poète." - F.L., La Gruyère
    A PROPOS DE L'AUTEUR
    Romancier, formé à l'histoire de l'art à Lausanne et à Rome, auteur de théâtre, enseignant, engagé à plusieurs reprises dans l'action humanitaire, Jean-François Sonnay a publié son premier livre en 1974 avant de s'af?rmer comme un spécialiste de l'intermittence. Partageant son temps entre la littérature, l'enseignement et des missions en qualité de délégué du Comité international de la Croix-Rouge dans des pays comme l'Afghanistan, la Colombie ou le Soudan, ce Suisse itinérant a choisi Paris pour port d'attache. Manifeste dans le roman La seconde mort de Juan de Jesus (Prix Schiller et Prix Rambert 1998) ou dans le picaresque Yvan, le bazooka, les dingues et moi (Prix Alpes-Jura 2007 de l'Association des écrivains de langue française), son talent de conteur fait aussi mouche dans Les Contes du tapis Béchir et les Contes de la petite Rose.

  • Une ode à la musique pleine d'humour et de sensibilité
    "La chanson, c'est le PPPC, le Plus Petit Produit Culturel !
    En trois minutes, en quelques couplets, quelques refrains, vous avez une histoire, un roman, un ?lm entier !
    Que l'on pense à La Mère à Titi de Renaud : tout est là, le décor, la vie quotidienne, la banlieue, les rapports entre les personnages!
    Que Jacques Brel chante son Plat pays, vous voyez dé?ler devant vous mieux que tous les documentaires sur la Belgique! Avec la poésie et les frissons en plus.
    Écoutez La Pinte vaudoise ou La Partie de Cave de Jean Villard-Gilles, c'est tout le canton de Vaud, c'est toute l'âme vaudoise qui est là, ce sont les vignes pentues du Lavaux, et la lune qui se re?ète au profond de l'eau qui dort...
    Contrairement à tous les autres produits culturels, la chanson peut vivre sans support. Pour remplir son rôle, le cinéma a besoin d'un écran et d'un projecteur, ou au moins d'un DVD et d'un lecteur. La littérature n'existe pas sans papier, sans ordinateur; la peinture nécessite une toile, la sculpture, un morceau de pierre ou de ferraille...
    La chanson ? In?niment portable et pratique, elle se moque de ces béquilles. Vous pouvez la mettre au fond de votre mémoire, l'emmener partout, et la faire renaître au moment que vous choisirez ! Elle n'encombrera pas vos bagages, elle ne fera sonner aucun portillon de sécurité, et vous pourrez, sans risquer la moindre question, passer tranquillement avec elle devant les douaniers les plus suspicieux !
    C'est l'objet d'art idéal. On ne le répétera jamais assez." - Michel Bühler
    Un texte revendicatif étonnant qui vous fera voyager dans l'histoire de la musique de ses origines à aujourd'hui
    EXTRAIT
    Tout est parti de l'oncle Gustave.
    Tout : je veux dire ma passion pour la chanson, mon métier, les voyages, les connaissances et les amis que je me suis faits sur quelques continents... tout ce qui est ma vie.
    Tiens, peut-être même la rencontre avec mon amoureuse...
    Que les choses soient claires : pour lui, qui était mécanicien de précision, chanteur n'était pas un métier. N'étaient dignes, à son avis, de porter ce noble nom que les besognes dans lesquelles on se salissait les mains. Noircir des feuilles vierges, gratouiller une guitare en donnant de la voix, cela ne pouvait être qu'un passe-temps, qu'un vague violon d'Ingres.
    CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE
    "Plein d'ironie, sur un ton qui souvent fait sourire et même rire aux éclats, Michel Bühler tire la sonnette d'alarme face à un état des choses qui menace la culture régionale. Un livre qui touche, qui pique au vif, qui fait réfléchir, et qui donne envie d'écouter du Brassens, du Ferrat, du Bühler. Un régal qui se lit d'une traite, non sans laisser un goût amer sur nos habitudes musicales de consommation de masse." - Janaïne Corboz, Revue musicale suisse
    "On ne peut que se sentir personnellement interpellés à la lecture du livre de Michel Bühler. D'une part, il fait un constat plutôt évident concernant la proéminence de la musique anglo-saxonne dans notre paysage culturel, mais il présente également des raisons à cet état de choses et des éventuels changements qui pourraient sauver la chanson francophone." - Janaïne Corboz, Revue musicale suisse
    A PROPOS DE L'AUTEUR
    Michel Bühler est l'un des chanteurs suisses les plus connus. Auteur de plus de deux cents chansons, il a également publié trois romans, La Parole volée (traduit en allemand chez Limmat Verlag), Un notable et La Plaine à l'Eau Belle, trois récits, Cabarete, Lettre à Menétrey et Un si beau printemps, et de nombreuses pièces de théâtre.

  • Le pouvoir de la musique pour un peu plus d'humanité
    "Marc-Gaston Favrod a un don : il donne une âme aux violons qu'il fabrique. Par contre, il n'a aucun talent pour les relations humaines. Sa femme Isabelle et sa fille Luce en font les frais. Les années passent et Luce va tenter de comprendre ce père absent et taciturne.
    Dans La Corde de mi, Anne-Lise Grobéty écrit, en parallèle, l'histoire de ce père et de cette fille qui ne se retrouvent pas. Avec une plume créative, elle décortique les relations humaines, sans juger. Elle avance dans son récit, le développe, le tient du début à la fin, comme elle maîtrise le verbe et le sens de la formule. Elle donne écho aux thèmes du rejet, de l'abandon, du vide et de l'absence. Un roman envoûtant." - Contessa Piñon, La Côte
    Un roman captivant et lyrique qui nous plonge dans un univers musical qui ne laisse pas de marbre
    EXTRAIT
    Et dire que j'ai cru gagner du temps !
    En passant par la vallée du bas, ç'aurait dû être plus court, sûrement, mais sans ces nasses de brouillard, sans le ciel descendu à mi-côte des sapins, sans tous ces trous dans le paysage... C'est déjà si peu de mémoire ce qui me reste du coin, normal que dans ces conditions je me sois flanquée dans un sacré bourbier, j'ai dû rater l'embranchement, avec l'effondrement des repères, forêt, évasement de la vallée, tout dans le même sac... Le comble, je me retrouve au bord d'une muraille de briques noires, le pare-brise ravagé par les bourrasques...
    CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE
    "Anne-Lise Grobéty donne ici son meilleur livre - et lorsque l'on sait la qualité des précédents, on réalise ce que cela signifie. Plus que romancière, elle se fait musicienne, virtuose en violoniste des mots, chef d'orchestre à l'oreille plus fine et au sens romanesque plus développé que jamais." - Bruno Pellegrino, Le Passe-Muraille
    "Le roman d'Anne-Lise Grobéty est beau, émouvant et remarquablement construit." - Estelle Pralong, A tire d'elles
    "Une superbe histoire de filiation servie par un style unique, vaste comme un oratorio entre tragédie familiale et distance salvatrice." - Isabelle Falconnier, L'Hebdo
    A PROPOS DE L'AUTEUR
    Anne-Lise Grobéty (1949-2010) étudie à la Faculté des lettres de l'Université de Neuchâtel et effectue un stage de journalisme. Elle commence à écrire très tôt, et elle a dix-neuf ans lorsque paraît son premier roman. Après un deuxième roman, elle ralentit son activité littéraire pour s'occuper de ses enfants. Dans le même temps, elle s'engage politiquement et siège pendant neuf ans comme députée socialiste au Grand Conseil neuchâtelois. Son mandat achevé et ses filles devenant plus autonomes, elle renoue avec l'écriture dès 1984.
    Anne-Lise Grobéty se fait connaître du grand public dès son premier roman, Pour mourir en février, couronné par le Prix Georges-Nicole. La suite de son oeuvre remporte le même succès. Ses narratrices cherchent à affirmer leur identité féminine, à une époque où la présence des femmes en littérature commence à s'affirmer. Anne-Lise Grobéty est donc aussi fortement concernée par la condition de la femme écrivain, par les aspects historiques, formels et politiques de l'écriture féminine, mais elle poursuit surtout une exploration de la langue dans une tonalité bien à elle.

  • La biographie fictive et émouvante d'un grand acteur de la lutte ouvrière et de la solidarité
    José Fontana est né le 28 octobre 1840 au Tessin, il est mort à Lisbonne le 2 septembre 1876.
    Une vie relativement brève, remplie à ras bords: après avoir quitté le Tessin pour le Jura où il a appris le métier d'horloger, il est allé vivre à Lisbonne, la ville de sa mère où il est vraisemblablement arrivé après 1855. Selon un certain nombre d'historiens, on le retrouve à Londres en 1864, où il est membre du comité central de la Première Internationale de novembre 1864 à avril 1865; il y exerce les fonctions de Premier secrétaire pour l'Italie. Revenu à Lisbonne en 1870, désormais typographe et libraire, il est un des premiers organisateurs du mouvement ouvrier portugais : membre de la section locale de l'Internationale, il fonde plusieurs coopératives, est le cofondateur, en 1872, puis le secrétaire, de l'Associação Fraternidade Operária; il est le rédacteur de l'organe O Pensamento Social (1872-1873); il est également un des fondateurs, en 1875, du parti socialiste, et il collabore à la revue O Protesto (1876). Il meurt tuberculeux à 36 ans.
    En partant de ces faits historiques, Alberto Nessi réussit à nous faire revivre de l'intérieur l'itinéraire d'un petit Tessinois; de constatation naïve en prise de conscience généreuse, le jeune montagnard comprend peu à peu que la solidarité active est un des facteurs du progrès humain, et s'engage corps et âme dans un combat acharné et scrupuleusement non violent en faveur des humbles. Sa prise de conscience interpelle Alberto Nessi, qui à son tour interpelle le lecteur: sans jamais forcer le ton, il démontre que la solidarité active est tout aussi nécessaire aujourd'hui qu'il y a un siècle et demi.
    L'auteur nous offre une fresque à la fois politique et poétique de l'éveil social européen du XIXe siècle.
    EXTRAIT
    Je m'appelle José, j'ai trente et un ans, je suis libraire à Lisbonne. Je suis tuberculeux et je veux changer le monde.
    Pendant longtemps, j'ai cru être le saint représenté dans l'abside de l'église du Saint-Sauveur, dans le village qui m'a vu naître. Je galopais sur mon cheval blanc et je transperçais de ma lance la gueule du dragon. C'était une gueule qui béait à côté de l'autel majeur et elle appartenait à un lézard géant à crête qui, dans les sermons du dimanche, représentait le mal. La foi, c'était le bien, le lézard géant le mal. Et moi, j'étais saint Georges sur son cheval blanc. Maintenant, je veux raconter ce rêve.
    CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE
    "Sauvant de l'oubli public un personnage emblématique qui a beaucoup à nous dire en ces temps d'incertitudes sociales, Nessi livre un magnifique roman à la prose empreinte de poésie." - Sandrine Fabbri, Le Phare
    A PROPOS DE L'AUTEUR
    Alberto Nessi est né à Mendrisio (TI) en 1940. Il a grandi à Chiasso et étudié à la Scuola Magistrale de Locarno et à l'Université de Fribourg. Il a été enseignant de littérature italienne à Chiasso et a publié des recueils de poésie et des romans, dont certains en français : Le Pays oublié, un portrait de la Suisse italienne (1986, Zoé) ; Terra Matta. Trois récits du Mendrisiotto (1988, Zoé) ; Le Train du soir (1992, Zoé coll. CH) ; La Couleur de la mauve (1996, Empreintes, Poche Poe´sie) et Fleurs d'ombre (2001, La Dogana), Prix Lipp 2003.

  • Une compétition littéraire s'organise et malgré son élitisme des auteurs de romans de gare comptent bien y participer
    Xavier le jeune judoka, Charlène la belle voyageuse, Borloz le motard pornographe. Points communs : auteurs de romans de gare, apparemment aussi contents de leur vie que sans arrière-pensées.
    Or, les voici précipités dans « L'Escapade » de Francophones sans frontières, qui cette année-ci invite la fine fleur des écrivains de Suisse romande, parmi lesquels le fameux Pierre Montavon, apôtre de l'écriture « sacrée » et papable sérieux pour le Prix Nobel. Ce qui devait être une villégiature se transforme en poudrière. Les « pitres » n'ont pas leur place dans cette cour-là. Ils s'incrustent, pourtant. « Après tout, écrire, lire, pourquoi faudrait-il que ce soit réservé ? » Ce n'est peut-être pas réservé, mais certes jamais innocent...
    Strasbourg, Verdun, Reims, Château-Thierry, Paris jalonnent les péripéties de cette initiation à la fois farcesque et grave, entre vanités et vérités. Personne ne sortira indemne de l'affrontement, avec les autres ou avec soi-même.
    Un roman enthousiasmant et dynamique qui nous prouve la force de l'adage "Quand on veut on peut !"
    EXTRAIT
    Cela faisait un moment que cette histoire me mijotait dans le fond de la tête, et que d'autre part j'épluchais les tourniquets à bouquins du supermarché voisin. Une maison d'édition nommée Weekend, en particulier, présentait une ribambelle de petits volumes souples, aux couvertures pimpantes, deux cents pages aérées, qu'un public divers jetait souvent par deux ou trois dans son caddie, parmi les légumes et les boîtes. Les titres se renouvelaient sans cesse. Il fallait bien des gens pour les écrire, qui évidemment n'étaient pas des écrivains : des amateurs, des débutants, des refusés, des modestes, enfin des gens, quoi, pareils à mes Aînés qui mouillaient vaillamment leur kimono pour obtenir la ceinture jaune.
    Nom de Dieu, alors pourquoi pas moi ?
    CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE
    "Cette Cour des grands est un chant merveilleux à la gloire du travail pénible, assidu et toujours recommencé de celui qui veut, avec courage et honnêteté, trouver les mots pour s'exprimer. On sent que l'auteur parle de choses qu'il connaît bien et avec un art tel qu'il vous laisse de quoi réfléchir même après avoir fermé le livre." - Juliette David, Suisse Magazine
    "Jacques-Étienne Bovard a le sens de la scène. Il organise avec une belle férocité le choc entre la littérature de bas étage et les règles de la comédie littéraire. Il possède un savoir-faire remarquable, travaillant à la fois dans la vigueur de la farce et la nuance psychologique: il arrive que les plus risibles de ses personnages, à la faveur d'un détail qui déchire le voile, se révèlent tout à coup étrangement touchants." - Michel Audétat, Passage du Livre
    "Sa langue est sensuelle, la bouffe dans ses romans souvent gargantuesque et il excelle dans l'art de la scène. Lorsque Bovard donne à voir, c'est souvent vertigineux, parfois carrément cinématographique." - Catherine Riva, Femina
    A PROPOS DE L'AUTEUR
    Jacques-Étienne Bovard est né à Morges en 1961. Parallèlement à son métier de maître de français, il bâtit une oeuvre composée essentiellement de romans et de nouvelles, la plupart ancrés dans les paysages et les mentalités de Suisse romande, qu'il considère comme un terreau hautement romanesque à maints points de vue.
    Couronné de nombreux prix, Jacques-Étienne Bovard fait partie des auteurs suisses romands les plus réguliers et les plus largement reconnus par le public.

  • Laissez-vous entraîner dans un voyage lyrique au cours de chacun de ces huit monologues
    "Voici une voix singulière, charpentée et fragile.
    Voici un coup de poing de tendresse première.
    Voici une parole de galets et de ronces, polie par le torrent, sanguine sous l'épine.
    Chaque monologue de Probst est une musique particulière, une partition construite sur le souffle, dans le matériau langagier le plus juste, et certainement le moins complaisant.
    Il faut du coffre pour faire résonner ces solitudes.
    Il faut que ça swingue, que ça jazze, que ça balance, que ça mâche et ça décape !
    Il faut se laisser prendre par cette scansion si personnelle et si fascinante.
    C'est un hoquet fondateur, aux récurrences jubilatoires.
    Il y a du Ramuz et du Cendrars dans cette langue.
    Prendre le pouls de cette écriture, c'est accepter de s'abandonner à l'arythmie du poète.
    Le théâtre en a tellement besoin !" - Philippe Morand, directeur de la collection Théâtre en camPoche
    Un ensemble audacieux et captivant où chaque voix a son caractère et une âme à part entière
    EXTRAIT
    Elle lâche le sac, essuie d'un revers de main son front, tombe assise sur la pierre.
    De quelle mort ne suis-je pas revenue, pour vivre ainsi d'un équilibre si menacé ?
    Quelle route, quelle interminable route, je ne bouge plus jusqu'au soir, plantée en pleine route, jalon, un de plus fiché dans cette vie baisée de toutes les manières, douces et sournoises et violentes et fermes, par-devant et par-derrière et de tous les côtés, et taillée, cette vie, par les pierres du chemin, et par le soleil traître comme une chèvre efflanquée, vie suée, remplie de soif, c'est-à-dire vide, vide, vide, quelle soif, quelle route, quelle interminable soif, une pastèque, trouverais-je quelque part une pastèque ?
    A PROPOS DE L'AUTEUR
    Auteur dramatique et comédien, Jacques Probst est né à Genève le 1er août 1951. Comédien, a joué dans plus de soixante spectacles, avec une prédilection pour les pièces de Shakespeare, Webster, Beckett, Pinter, H. Muller, Behan, Bond.
    Il est l'auteur depuis 1969 d'une vingtaine de pièces pour le théâtre, allant du monologue à des pièces de dix, quinze, voire plus de vingt ou encore des pièces de trois, cinq, sept personnages.
    Ces pièces furent représentées en Suisse, France, Belgique. Il a souvent, et particulièrement pour les monologues, travaillé avec des musiciens. Plusieurs des pièces ont fait l'objet d'enregistrements pour la Radio Suisse Romande. Il a aussi écrit trois scénarios de films.

  • Les Anciens appelaient Indes toute terre lointaine et inconnue...
    Sur l'île de Chios, en mer Égée, Vasco laisse sa fille à ses amours. Elle reste, il part :
    J'irai vers toutes mes Indes, je mettrai mon pas dans ceux de ma jeunesse. Je retourne, Otilia, même si la terre que je cherche m'est désormais inconnue. J'irai à Castelo Branco, vers mon enfance. La route est ce lieu de mon âme où elle obtient le repos, je la ferai en paix...
    Quelqu'un l'attend parfois ou n'est pas au rendez-vous. Il est accueilli ou rejeté, selon la fortune du jour. Puis la maladie l'envahit.
    On le voit en contre-soir, solitaire et curieux, cultivé, mécréant, ingénieux quand il le faut, sans cesse renaissant - et qui marche un peu de guingois.
    Éric Masserey nous entraine dans un fabuleux voyage, de ville en ville, d'aventures en aventures, jusqu'à la fin du périple d'une vie.
    EXTRAIT
    À la bibliothèque municipale de Castelo Branco, dans la Beira Baixa portugaise non loin de la frontière espagnole, je faisais des recherches sur Amatus Lusitanus, le grand médecin du XVIe siècle originaire de cette ville, alias João Rodrigues pour la naissance, Joannes Rodericus à Rome, puis Haviv à Salonique. Sur une vaste place récemment aménagée, je m'arrêtais chaque jour un instant devant sa statue qui regarde vers l'est.
    Dans les rayonnages dédiés au siècle d'or, je trouvai de nombreux documents consacrés à Amatus en différentes langues, du latin au croate, le plus souvent en portugais. Un secteur « Divers » rassemblait quantité de papiers et de lettres non classées. Des heures durant, je passai en revue ces documents, et découvris une lettre, écrite en judéo-espagnol mêlé de grec, sans ponctuation, que je traduisis avec peine. Déchiffrée enfin, à la lumière d'une lanterne au cours d'une nuit trop chaude pour dormir, elle m'apparut dans son entier.
    CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE
    "Ravages de la peste et fanatisme religieux, pillages, chasses aux juifs, progrès de la médecine, savants et poètes: les faits et personnages historiques s'entrelacent à la fiction romanesque pour tisser un récit fluide et retenu, à la langue précise et imagée." - Anne Pitteloud, Viceversa Littérature
    "Un bel hommage venant d'une plume qui a su rendre avec fidélité une époque riche et passionnante..." - Daniel Bujard, La Côte
    A PROPOS DE L'AUTEUR
    Éric Masserey est né en Valais. Après des études de médecine, il vit et travaille aujourd'hui dans le canton de Vaud.

  • Michel Bühler, en écrivant à ses neveux, pose un regard à la fois critique et poétique sur le conflit générationnel entre les enfants d'hier et d'aujourd'hui
    Que nous est-il arrivé ?
    Je compare l'aujourd'hui avec ce que nous espérions - les gens de ma génération, ou une partie d'entre eux. Si l'on nous avait dit, quand nous avions votre âge: «Voilà ce que sera le monde, dans quarante ans», en décrivant ce début de millénaire tel qu'il est sous nos yeux, nous aurions éclaté de rire, nous aurions crié au fou! Avec les promesses que nous avions dans les mains, avec notre énergie, notre ardeur, nous allions évidemment bâtir une Terre fraternelle, débarrassée de la pauvreté et de la faim, une Terre d'hommes et de femmes égaux! Et nous ne courions pas après une lointaine utopie, non : le meilleur était en marche, il naissait sans heurts, sous nos pas. Il n'y avait qu'à continuer dans la direction indiquée par les mouvements sociaux d'avant et d'après-guerre, il n'y avait qu'à approfondir le sillon que d'autres avaient ébauché avant nous!
    Au lieu de cela, le spectacle de maintenant.
    Une révolution a eu lieu. Pas celle que nous espérions.
    Nous avons échoué, nous nous sommes fait baiser, profond.
    Par qui ? Comment ?
    Un texte qui pousse à la réflexion et souligne l'importance de la révolte dans une société qui devient indifférente aux injustices
    EXTRAIT
    Quelques centimètres de petite neige mouillée ce matin, dans ma cour parisienne. Au café de la rue Raymond-Losserand, Angelo le garçon, qui vient depuis l'autre côté de la ville avec son scooter, a eu du mal à arriver jusqu'ici :
    - Il y a une légère côte, avenue du Maine. À cinq heures, tu penses, j'étais le premier à y passer : pas une trace devant moi. Ma machine s'est mise à déraper, à patiner. J'ai fini par la pousser, à la main : plus de deux cents kilos. Saloperie...
    Premier lundi de février, en cette année deux mille neuf. Dans le froid, Paris vit au ralenti.
    CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE
    "Un spectacle pour parcourir quarante ans d'un répertoire d'une remarquable cohérence. On y retrouvera une trentaine de chansons incontournables, des toutes premières aux plus récentes, ponctuées de textes: souvenirs, réflexions sur l'actualité et regards vers l'avenir. Michel Bühler demeure fidèle à ses engagements, à ses colères contre l'insupportable injustice. Curieux du monde, l'idéaliste rebelle continue à «rêver d'hommes frères» martelant sa confiance et son espoir en l'homme." - Sarah Turin, Théâtre de Vidy-Lausanne
    "Émouvant récit du poète gesticulant devant la folie blindée des hommes." - Jacques , La Liberté
    A PROPOS DE L'AUTEUR
    Michel Bühler est l'un des chanteurs suisses les plus connus. Auteur de plus de deux cents chansons, il a également publié trois romans, La Parole volée (traduit en allemand chez Limmat Verlag), Un notable et La Plaine à l'Eau Belle, trois récits, Cabarete, Lettre à Menétrey et Un si beau printemps, et de nombreuses pièces de théâtre. Michel Bühler, qui demeure l'un des rares auteurs romands à rendre compte des problèmes politiques et sociaux de son pays, n'hésite pas à prendre part à des actions de solidarité et de défense des opprimés. Partageant son temps entre carrière littéraire et musicale, il vit actuellement à L'Auberson (Vaud) et à Paris.

  • Une cure de désintoxication entre tragédie et comédie
    Durant tout le récit, l'humour et l'amour se mêlent, la difficulté de communiquer se fond à celle de vivre, alors que ce voyage semble en fin de compte dérisoire : une poignée de bonshommes qui s'agitent dans une nature joliment restituée. Roman de moeurs et de caractères, La Griffe prend aussi une dimension satirique, dont l'ironie vient égratigner jusqu'aux douces manies helvétiques.
    Un premier roman efficace pour cet auteur qui s'impose ainsi parmi les meilleurs romanciers de son temps
    EXTRAIT
    C'était mon tour. Les autres me regardaient avec l'intérêt poli de la première rencontre, et le Dr Schnieder se fendait d'un sourire engageant. J'ai commencé à transpirer. J'aurais voulu dire quelque chose de provocant ou d'humoristique, mais rien ne venait. Le malaise se répandait. J'ai tenu encore trois secondes, comme on garde la tête sous l'eau, puis je me suis dégonflé.
    - Grin... Michel Grin. J'ai vingt-cinq ans...
    - C'est bien de se décider assez tôt... Quelle est votre profession, monsieur Grin ?
    Toujours ce sourire, cet accent alémanique, cette voix chaleureuse, et les autres qui attendaient la suite... Ça n'aurait pourtant pas été difficile de les tenir à distance, au moins de plaisanter... Je n'ai pas osé. J'ai haussé les épaules.
    - Je fais du marketing pour une firme de produits pharmaceutiques.
    On a échangé quelques banalités à ce sujet, puis, comme j'étais célibataire, il a laissé les enfants pour passer tout de suite aux hobbies. J'ai répondu que je n'en avais pas. Il souriait de plus belle, avenant, sympathique à n'en plus pouvoir.
    - Vraiment ? Pas de tennis, pas de ski ?... Vous allez à la piscine, quand même ?
    CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE
    "Avec ce livre, Jacques-Étienne Bovard signe une réussite et affiche une maturité étonnante. Les personnages sont brossés avec talent, les ressorts et rebondissements romanesques sont distribués avec intuition. Quant à l'écriture, elle sonne juste de bout en bout : il n'y a aucune pose là-dedans, mais une santé et une solidité qui ravigotent." - René Zahnd, Le Passe-Muraille
    A PROPOS DE L'AUTEUR
    Jacques-Étienne Bovard est né à Morges en 1961. Parallèlement à son métier de maître de français, il bâtit une oeuvre composée essentiellement de romans et de nouvelles, la plupart ancrés dans les paysages et les mentalités de Suisse romande, qu'il considère comme un terreau hautement romanesque à maints points de vue.
    Couronné de nombreux prix, Jacques-Étienne Bovard fait partie des auteurs suisses romands les plus réguliers et les plus largement reconnus par le public.

  • Un ensemble d'histoires de femmes étonnantes, émouvantes et captivantes
    Un jour, sans crier gare, une fissure craquelle la surface polie de l'apparente sérénité. Quelle secousse sismique imperceptible initie la désagrégation de l'être intime ? On ne peut pas toujours la nommer mais elle est mortelle, souvent. Anne- Lise Grobéty appelle l'" Endouleur" cette expérience du malheur. Elle est commune à toutes les filles aux prénoms troublants qui font allégeance à cette Belle dame qui mord, la belladone mortifère. La souffrance n'attend pas le nombre des années : Paulia n'est qu'une toute petite fille oubliée dans la neige pendant que les adultes se déchirent. La blessure est parfois dérisoire, comme le désarroi de Liviane qui espère tant de reconnaissance de son professeur adoré quand il ne s'inquiète que de sa poitrine naissante. La douleur est assassine quand elle fait craquer les glaces intérieures de Myrthe et la précipite vers la folie et le crime. (Quatorze récits explorent ainsi les registres du malheur. Ils sont brefs, cinq ou six petites pages d'une - écriture travaillée à l'extrême, portée au bord de l'artifice, ciselée comme de la poésie. Anne- Lise Grobéty joue des rimes, de l'allitération. " Entêtant genêt autour de la tête ! ": c'est Liviane qui jubile au printemps, juste avant la fêlure. Les phrases s'évadent de la prose, s'organisent en vers le temps d'un quatrain, se répondent en jeux typographiques. A sujet grave, traitement ludique, ellipses énigmatiques qui suggèrent la cassure. La nouvelliste inaugure une écriture précieuse, raffinée à l'extrême, concentrée : quatorze variations brillantes sur basse continue.
    Un recueil qui ne vous laissera pas indifférent
    EXTRAIT
    Niva va et vient, depuis tant d'années, dans son hiver qu'elle ne sait plus bien... Elle va et vient dans un pays où tout se mérite - surtout le printemps. Un matin, le voilà comme un chat en rut, à rôder le museau transi, le poil humide, hirsute, il espère, attend, guette et quête pendant des jours, des nuits, en un long travail ingrat, laborieux, douloureux, en oublie de manger et de se laver obsédé par l'idée de couvrir la nature, chatte mutine enfin prête qui toujours, au dernier moment, s'est dérobée pendant si longtemps...
    CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE
    "Anne-Lise Grobéty, pur-sang de nos prairies littéraires. En doutez-vous? Ouvrez Belle dame qui mord, quatorze récits qui vous enlèvent à l'amble, au trot, au galop. Ce n'est pas tant la distance qu'elle parvient à couvrir qui impressionne ici, mais la libre frappe des mots, une aisance concentrée, l'ébrouement de rythmes, quelque chose de souverain dans l'émotion..." - Bertil Galland, Le Nouveau Quotidien
    "Il ne faut pas perdre un mot du dernier livre d'Anne-Lise Grobéty, dont chaque pièce miniaturisée s'inscrit dans une manière de constellation. Le noyau de chacun de ces petits astres est un prénom, qui tire son orient d'une heure du jour ou de telle couleur saisonnière, de telle année particulière..." - Jean-Louis Kuffer, Le Passe-Muraille
    A PROPOS DE L'AUTEUR
    Anne-Lise Grobéty se fait connaître du grand public dès son premier roman, Pour mourir en février, couronné par le Prix Georges-Nicole. La suite de son oeuvre remporte le même succès. Ses narratrices cherchent à affirmer leur identité féminine, à une époque où la présence des femmes en littérature commence à s'affirmer. Anne-Lise Grobéty est donc aussi fortement concernée par la condition de la femme écrivain, par les aspects historiques, formels et politiques de l'écriture féminine, mais elle poursuit surtout une exploration de la langue dans une tonalité bien à elle.

  • L'histoire d'une amitié insolite au son du violon
    Paru pour la première fois en 2000, Une leçon de flûte avant de mourir a obtenu un succès considérable auprès de la Critique et du public.
    Avec quatre romans et deux recueils de nouvelles, Jacques-Etienne Bovard est devenu, avant le cap de la quarantaine, l'un des auteurs romands les plus appréciés du public.
    "Les thèmes dominants d'Une leçon de flûte avant de mourir sont à la fois ceux de la filiation et de la reconnaissance réciproque entre générations. Le motif central est le partage d'un trésor qui relève à la fois du savoir et de l'expérience existentielle, de l'art de vivre et de l'art tout court. Rien là-dedans de la thèse, mais une façon de " jouer " des personnages, affectivement très vibrants, comme de véritables instruments de musique se révélant l'un l'autre. Cette manière concertante d'évoquer les relations humaines est d'autant plus émouvante et belle, ici, que l'atomisation et la solitude, le rejet des vieux ou l'éclatement de la communauté fondent le bruit du monde actuel. A celui-ci, Jacques-Etienne Bovard oppose la musique des êtres sans se perdre dans l'évanescence. Ainsi la pauvre Malamondieu fait-elle finalement partie du "concert" dont la résonance intime après lecture mêle le rire et la peine, la joie de vivre de la jeunesse et la mélancolie du grand âge, les humeurs quotidiennes et leur sublimation mélodieuse." - Jean-Louis Kuffer, 24 Heures
    Un roman qui dresse des portraits d'hommes et de femmes dans toute leur complexité et dont l'histoire nous happe jusqu'à la dernière ligne
    EXTRAIT
    - En tout cas, par les temps qui courent, on peut dire que c'est une sacrée chance, pour vous !
    C'est bien ce qu'elle a dit, ou plutôt crié dans le tintamarre du chantier voisin, les premiers mots qui ont salué mon arrivée. « Une sacrée chance », j'entends encore sa voix de clarinette glacée, l'accent gaillard, la nuance de dépit et de suspicion néanmoins qui trahissaient son impression de scandale...
    - Parce qu'avec les prix de fous qu'ils font pour des studios de rien du tout, à présent...
    J'étais bien d'accord avec elle : un deux-pièces cuisine pour trois cent quatre francs par mois, elle aurait pu aussi bien parler d'un miracle, j'ai même prononcé le mot, façon de glisser une réplique dans le flot de ses paroles, mais j'étais à cent lieues de penser sérieusement à la chance, à la chance de ma vie.
    Ni elle, malgré sa méfiance, au drame de la sienne.
    CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE
    "Cette amitié improbable, ces méchancetés quotidiennes, Jacques-Étienne Bovard les écrit tour à tour avec tendresse ou avec l'humour pince-sans-rire qui lui est propre. Surtout, il prouve qu'il n'est pas qu'un pourfendeur de la médiocrité suisse. Dans un style toujours sobre, il excelle dans l'art de dépeindre des personnages. Sa finesse d'observation lui permet de donner une réelle épaisseur psychologique. Au point que chacun peut se reconnaître - ou reconnaître son voisin - dans ces petites lâchetés, ces émois ou ces simples plaisir de la vie. - Eric Bulliard, La Gruyère
    "Un ouvrage qui incite avec finesse, humour et, parfois, dureté à la réflexion sur soi-même et sur les relations avec autrui, et ce indépendamment de l'âge." - Valérie Debieux, La Cause littéraire
    A PROPOS DE L'AUTEUR
    Jacques-Étienne Bovard est né à Morges en 1961. Parallèlement à son métier de maître de français, il bâtit une oeuvre composée essentiellement de romans et de nouvelles, la plupart ancrés dans les paysages et les mentalités de Suisse romande, qu'il considère comme un terreau hautement romanesque à maints points de vue.
    Couronné de nombreux prix, Jacques-Étienne Bovard fait partie des auteurs suisses romands les plus réguliers et les plus largement reconnus par le public.

  • Un policier sur le banc de touche est parachuté dans le milieu équestre pour résoudre une affaire criminelle.
    Le cadavre de Me Julien Chapart, avocat et polémiste virulent, est découvert dans un ravin de la Mentue.
    « Accident d'équitation », conclut le rapport de la Police vaudoise de sûreté, mais l'hypothèse d'un homicide, soutenue par la presse, demeure assez préoccupante pour qu'un second enquêteur soit envoyé au Centre équestre des Esserts. Au cas où... Et parce qu'il faut bien donner du travail à l'inspecteur Abt, que le scandale des fiches a chassé de son souterrain...
    Ainsi la taupe émerge éblouie au monde démesuré et panique du cheval. Enquête policière, reconquête existentielle, ce roman décrit aussi la rencontre avec l'animal fantastique qui ouvre au «petit Suisse» les portes d'un agrandissement salutaire.
    Plongez dans ce thriller initiatique surprenant, mené avec habileté par le style déterminé et entraînant de l'auteur !
    EXTRAIT
    La cravache claque sur le cuir de la botte.
    - Mais n'importe quoi ! Un fouet, des pétards, des cailloux, un engin à ultrasons, comme ça s'est vu en Amérique ! C'est déjà assez facile, d'effrayer un cheval sans faire exprès, alors quand on veut !...
    - Vous dites que n'importe quoi peut terroriser un cheval, et vous parlez déjà d'homicide...
    D'où lui vient cet instinct, cet art achevé de la sournoiserie ?... Les traits de Bocion se sont crispés d'impatience.
    - Je n'ai pas dit ça... Si on avait voulu le tuer à coup sûr, on aurait choisi un ravin encore plus haut et plus raide... Et surtout un autre moyen moins tordu. Non, on a voulu lui casser la figure, lui faire la peur de sa vie, un peu comme à ce jeune gars du WWF, en Valais... Jérôme aussi il n'avait pas que des amis, avec sa politique, son journal, ses histoires d'écologie... Mais voilà, ici l'intimidation a trop bien tourné. Pas si bête, Quinche, pour finir...
    - Vous avez une idée ?
    - Comment, une idée ?
    - Je veux dire sur la personne qui pourrait avoir fait ça...
    - Pas la moindre, mais ce n'est en tout cas pas quelqu'un de chez moi.
    Très maladroit, Abt. Les pupilles dilatées de Bocion ont reculé au fond de leur iris, l'expression comme en arrêt. Avoir l'air détaché, amusé de tant de naïveté.
    - Ah oui ? Et qu'est-ce qui vous fait croire ça ?
    - Un cavalier ne fera jamais une saloperie pareille.
    CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE
    Il y a le cheval, magnifique, que Jacques-Étienne Bovard décrit avec l'attention et l'amour d'un cavalier. Le cheval mystérieux, qui sait - sans savoir - ce qui s'est passé, qui porte en lui (dans sa mémoire, dans ses réflexes, dans ses sensations?) la trace des événements, de l'accident ou du meurtre. - Laurent Wolf, Le Nouveau Quotidien
    Il est rare que l'on tombe sur un roman aussi parfaitement charpenté. Un chef-d'oeuvre d'équilibre. Des dialogues menés avec un art de stratège, une intrigue toute en nerfs, bondissante, surprenante jusqu'à la dernière métamorphose du héros en quête de lui-même. - Michel Audétat, L'Hebdo
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Jacques-Étienne Bovard est né à Morges en 1961. Parallèlement à son métier de maître de français, il bâtit une oeuvre composée essentiellement de romans et de nouvelles, la plupart ancrés dans les paysages et les mentalités de Suisse romande, qu'il considère comme un terreau hautement romanesque à maints points de vue.
    Couronné de nombreux prix, Jacques-Étienne Bovard fait partie des auteurs suisses romands les plus réguliers et les plus largement reconnus par le public.

  • Plongez dans un voyage poétique hors normes et empli de sensualité
    "Enfin, le plus beau de ces textes, celui qui s'intitule La Fiancée d'hiver, donne toute la mesure d'un talent d'écrivain, sa liberté, sa mobilité, en une sorte d'incantation baroque et passionnée qui intègre à son élan les écarts de la syntaxe ou du vocabulaire. Passent les saisons, les visages, la fiancée d'été court plus vite que l'eau, celle d'automne est une bourrasque de rires et de frissons, celle de printemps s'enfuit gaiement sous la pluie, celle d'hiver... Il faudrait citer en entier ces pages haletantes et frondeuses. On songe parfois au Blason des fleurs et des fruits d'Éluard. Ou à la simplicité solennelle d'autres poèmes: Votre nom s'écrit dans la bulle de mon haleine chaque fois que je respire. Votre nom s'écrit dans l'empreinte de mes pas." - Georges Anex, Journal de Genève
    Un roman original qui personnifie magnifiquement les saisons et plaide en faveur de l'hiver
    EXTRAIT
    Votre fiancée d'été a les cheveux épais et pain d'épice. Les cuisses fermes et des seins au goût de myrtille au bout. Votre fiancée d'été a des robes de coton indien qui s'ouvrent sur des odeurs de fruit frais et ses yeux ont le vert des prairies à midi. Elle parle haut et crécelle quand elle rit. Et quand elle se tait, son silence encore frémit, frémit... Sa peau transpire la moisson si elle aime et vous la provoquez ; sur ses hanches, vous cueillez des épis à bout de bouche qui griffonnent vos lèvres. Avec elle, vous dansez. Avec elle, vous êtes ceux des courses de lièvres, vous arpentez les bosquets et humez l'écume de la rivière jusque sous ses seins et l'amour (l'amour !) entre dans vos narines, descend au ventre pour s'y nouer et s'y dénouer en bouquets...
    Moi, je suis votre fiancée d'hiver.
    A PROPOS DE L'AUTEUR
    Anne-Lise Grobéty (1949-2010) étudie à la Faculté des lettres de l'Université de Neuchâtel et effectue un stage de journalisme. Elle commence à écrire très tôt, et elle a dix-neuf ans lorsque paraît son premier roman. Après un deuxième roman, elle ralentit son activité littéraire pour s'occuper de ses enfants. Dans le même temps, elle s'engage politiquement et siège pendant neuf ans comme députée socialiste au Grand Conseil neuchâtelois. Son mandat achevé et ses filles devenant plus autonomes, elle renoue avec l'écriture dès 1984.
    Anne-Lise Grobéty se fait connaître du grand public dès son premier roman, Pour mourir en février, couronné par le Prix Georges-Nicole. La suite de son oeuvre remporte le même succès. Ses narratrices cherchent à affirmer leur identité féminine, à une époque où la présence des femmes en littérature commence à s'affirmer. Anne-Lise Grobéty est donc aussi fortement concernée par la condition de la femme écrivain, par les aspects historiques, formels et politiques de l'écriture féminine, mais elle poursuit surtout une exploration de la langue dans une tonalité bien à elle.

  • Quand on ne sait pas comment dire les choses, il est encore possible de les écrire
    "Je viens de lire votre livre et je dois vous dire que j'ai vraiment été très touché. Moi aussi plusieurs fois j'ai eu la gorge serrée... et ce n'est pas étonnant tant la vie de votre héros bien que très différente rejoint parfois la mienne. Il n'y a que cinq ou six ans de différence entre nous mais à cette époque (40-45) il s'agit presque d'une génération différente (la Résistance en particulier) et pourtant, moi aussi, il m'arrive parfois de me demander si je ne suis pas devenu vieux con devant la tournure des événements... Je me trompe peut-être mais j'ai du mal à croire que votre héros est de pure fiction et j'imagine que vous avez été inspirée par quelqu'un de proche. Peu importe puisque le résultat est là. Merci de m'avoir fait ce beau cadeau." - Jean Ferrat
    Un roman biographique émouvant avec une délicieuse pointe d'humour
    EXTRAIT
    J'ai eu soixante-quinze ans mardi dernier... Ce n'est pas particulièrement drôle, mais il paraît que c'est la vie. Hier dimanche mes enfants m'ont invité à déjeuner au restaurant et m'ont offert un appareil pour écouter les disques compacts et quelques disques pour aller avec. C'est une petite boîte plate, pas beaucoup plus grande qu'un camembert. Ça se branche sur un ampli, c'est extraordinaire. Je ne suis pas un grand écouteur de musique, mais il faut avouer que c'est tout de même de la belle mécanique ! Il y avait aussi un nouveau stylomine en argent avec mon nom et la date gravés dessus, avec lequel j'écris en ce moment. Ils étaient très contents de me faire ce plaisir. C'est ça, la famille, et ce n'est pas si mal, après tout. J'ai pensé beaucoup de mal de la famille, quand j'étais jeune (j'ai failli écrire quand j'étais plus jeune !). J'en ai même dit. Chacun réagit comme il peut, moi, je me défendais... Et puis j'y suis revenu, à la famille. Les enfants, les petits-enfants, les arrière-petits-enfants bientôt... Je ne suis pas mécontent, je suis même assez fier, comme si j'y étais pour quelque chose.
    CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE
    "La grande histoire se montre ici sans ostentation, Sylviane Roche restant à hauteur humaine pour évoquer Joseph à travers les méandres d'une vie frottée à son époque, et désormais rétrécie, promise à la tisane et aux gestes lents. Net, dépouillé, émouvant, avec de la gaieté dans ses eaux mélancoliques, c'est le roman d'un homme qui a chanté Le temps des cerises et qui médite Le temps des noyaux." - Michel Audétat, L'Hebdo
    "Du tourbillonnement enthousiaste des premiers chapitres à l'apaisement méditatif des dernières pages, Sylviane Roche excelle à inventer l'écriture à l'état naissant où son héros advient peu à peu à une existence langagière autonome." - Jean Kaempfer, Journal de Genève
    A PROPOS DE L'AUTEUR
    Sylviane Roche, d'origine française, est née à Paris, dans le quartier du Marais. Elle est venue en Suisse à l'âge de vingt ans et s'est installée à Lausanne.
    Elle fait partie du comité de direction de la revue littéraire lausannoise Écriture, et enseigne la littérature française, l'histoire et l'espagnol dans un gymnase cantonal. Elle écrit des articles de critique littéraire dans divers journaux et a publié un recueil de nouvelles (Les Passantes), trois romans (Le Salon Pompadour ; Septembre ; Le Temps des cerises), un récit (L'Italienne, en collaboration avec Marie-Rose De Donno) et un recueil de « contes psychologiques » (L'Amour et autres contes). Elle est également traductrice de l'espagnol (en particulier Puerto final de l'Argentin Daniel Mayer).

  • Lorsque l'on nous indique un chemin, il faut parfois savoir prendre des risques, avant qu'il ne soit trop tard
    Carole est sur le point de passer son ultime examen de spécialiste en gynécologie. Il va de soi qu'elle ouvrira ensuite un cabinet en province. Elle fera deux ou trois enfants, le gentil Paul s'en occupera, et assumera les travaux du « ménage ». On habitera dans la ferme des parents, au bon air de la campagne. Ainsi tout sera bien. Merveilleuse convergence des intérêts de tout le monde. Le nouveau couple exemplaire.
    C'est le plan, établi depuis des années, approuvé par tout le monde.
    Mais Carole ne veut plus de tout ça.
    Elle part.
    Reviendra-t-elle ? Est-ce qu'il la reprendra ?
    Éternelle histoire de l'homme qui voit son existence le fuir, par cassures subites, ou imperceptiblement, comme le sable entre les doigts : sa femme, sa famille, ses amis, ses projets, sa raison d'être.
    Et pourtant Paul Ch., photographe, 34 ans, prétend refuser toute rupture. À l'ère du vite pris vite jeté, du « lâcher prise », il s'entête, s'enracine, s'acharne, à l'image des paysans du coin accrochés à leurs terres sans avenir.
    Reviendra-t-elle ? La reprendra-t-il ?
    En attendant, Paul fait des centaines de photos contre la mort du pays de Carole, écrit des milliers de lignes dans son journal intime, pour transformer la solitude en royaume, et retenir, rassembler tout ce qui semble se disperser en lui-même.
    Ainsi ce roman de la dépossession et de la révolte, noué de tendresse et de violence amoureuses, devient-il, malgré la marche inexorable du temps, celui d'une vaste réconciliation, dans la coexistence de l'épars et de l'indéfectible ?
    Un roman poignant qui montre l'intensité d'une remise en question quand la routine est soudain brisée
    EXTRAIT
    Le premier leur était pour ainsi dire tombé du ciel, le lendemain de la « pendaison de crémaillère ».
    Bien qu'il se fût couché fort tard, Jean-Baptiste Blochard s'était réveillé avec le jour et n'avait pu se rendormir au côté de sa femme. Descendu dans sa cuisine, tandis que le café se mettait à couler dans la tasse, il était allé à la fenêtre pour observer, comme il faisait depuis douze jours, la croissance du gazon neuf sur l'étendue de sa propriété, dont les six cent cinquante mètres carrés s'étalaient vides jusqu'à l'embryon de haie livrée avec la villa.
    Et comme du bord de la terrasse son regard se haussait vers les tiges de noisetier, il y avait eu, plantée à quelques mètres, cette espèce de petite bombe hilare tombée du ciel, stupéfiante, semblant prête à exploser de joie rouge et bleue dans le vert timide.
    CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE
    "Bovard a trouvé le ton, relâché et impudique, le rythme, nerveux et intériorisé, qui collent à la voix intérieure de cet homme d'ici et d'aujourd'hui en rupture profonde, et qui peu à peu va renaître, avec ou sans elle. Dense, densément fort." - Isabelle Falconnier, L'Hebdo
    "Le Pays de Carole confirme ce qu'on savait déjà de l'auteur de La Griffe et des Nains de jardin. À savoir, qu'il écrit bien, qu'il est profondément attaché à son terroir et aux valeurs qui résistent à l'emprise du temps et à notre envie de facilité." - Dominique Happich, Le Courrier
    A PROPOS DE L'AUTEUR
    Jacques-Étienne Bovard est né à Morges en 1961. Parallèlement à son métier de maître de français, il bâtit une oeuvre composée essentiellement de romans et de nouvelles, la plupart ancrés dans les paysages et les mentalités de Suisse romande, qu'il considère comme un terreau hautement romanesque à maints points de vue.
    Couronné de nombreux prix, Jacques-Étienne Bovard fait partie des auteurs suisses romands les plus réguliers et les plus largement reconnus par le public.

  • Des pensées couchées sur papier comme un acte libérateur
    Dans la Lettre à Menétrey, Michel Bühler s'adresse à un ami, mort il y a deux ans. Bilan d'une vie et d'une amitié. Portrait aussi d'un « pays qui dort » (la Suisse) et, en pointillé tout au long du récit, un voyage dans les Territoires Occupés, en Palestine. Une fois de plus, Michel Bühler frappe par sa générosité, sa façon pudique, mais ferme, de dire les choses de la vie. Émergent aussi de ce livre le portrait attachant d'un homme hors du commun et l'histoire d'une grande amitié.
    Un récit émouvant qui nous donne à voir l'existence sous un autre jour
    EXTRAIT
    Fin d'après-midi. Nous venions de rentrer d'un périple dans le désert, une petite semaine avec des chameaux, guidés par Mokhtar, yeux bleus, visage fin. Je m'étais assis sur une pierre, le dos appuyé au mur ocre de ta maison. Au-dessus de ma tête, un volet vert, devant moi le talus qui descendait jusqu'aux foggaras - j'y avais remarqué quelques petits têtards, le matin, en allant remplir notre cruche. Ciel immensément bleu. Le soleil descendait derrière les montagnes rouges. Dans l'oued, des gamins ramenaient leurs troupeaux de petites chèvres noires. Il devait même y avoir, pour faire bonne mesure, quelques chameaux dans le décor, et le braiment d'un âne du côté du village.
    Et tout à coup, comme un souffle chaud, un sentiment de bonheur total m'avait envahi ! J'étais sur une planète qui était la mienne, libre, apaisé. Je grandissais jusqu'aux limites du paysage. Cela a duré jusqu'à ce que la nuit vienne.
    J'ai gardé ces instants en moi. Maintenant, quand il m'arrive d'être mal dans ma tête, quand une insomnie me hante, je pense « désert », m'envole pour le Hoggar, et me retrouve dans cette vallée bénie.
    CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE
    "Michel Bühler écrit en poste résistante. La Lettre à Menétrey est à la fois un livre d'amitié, de bourlingue, de nostalgie et de colère. Le meilleur de son auteur !" - Jean-Louis Kuffer, 24 Heures
    "L'amitié est au centre de ce livre pudique dédié à l'ami disparu un soir de juin à 68 ans. Pour l'auteur, poète et chanteur aussi, originaire du «pays qui dort» - la Suisse -, il fut le compagnon de tous les combats et des quatre cents coups. Michel Bühler déambule dans les sentiers de la mémoire, prenant l'ami à témoin." - Ruth Valentini, Le Nouvel Observateur
    A PROPOS DE L'AUTEUR
    Michel Bühler est l'un des chanteurs suisses les plus connus. Auteur de plus de deux cents chansons, il a également publié trois romans, La Parole volée (traduit en allemand chez Limmat Verlag), Un notable et La Plaine à l'Eau Belle, trois récits, Cabarete, Lettre à Menétrey et Un si beau printemps, et de nombreuses pièces de théâtre. Michel Bühler, qui demeure l'un des rares auteurs romands à rendre compte des problèmes politiques et sociaux de son pays, n'hésite pas à prendre part à des actions de solidarité et de défense des opprimés. Partageant son temps entre carrière littéraire et musicale, il vit actuellement à L'Auberson (Vaud) et à Paris.

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