Editions Gunten

  • Regards

    Stéphane Perrot

    Titre évocateur d'observations, de vues, de points de vue, de positions, aussi, nonobstant de vigilance, et de voyage, intérieur et autres. Stéphane Perrot nous propose ce roman comme résultats (conséquences ou effets) d'une méditation, d'une mise en retrait du monde... Même s'il souligne la différence entre la solitude et le solitaire, ses « regards » sont inspirés par la liberté que permet cette distance prise.
    Stéphane Perrot dépeint ce monde ébranlé par le coronavirus, au temps du coronavirus... parlant du coronavirus, discourant sur ce virus mortel, un de plus... Il fustige d'autres atteintes (virales) qui détruisent et dévastent ! Le libéralisme, l'argent, le cynisme, et dit-il, l'avant-scène sociale bruyante et tapageuse dans ces pandémies qui creusent les inégalités comme les rivières.
    Stéphane Perrot ne signe pas ce roman sans s'être également interrogé sur cet instant privilégié que procure à un auteur, le rapport à l'écriture et sa capacité de mettre son soi à distance.
    « Regards » vifs, acérés, mais aussi pleins de tendresse et d'humour... malgré l'auteur... peut-être, ou peut-être que non ! Attachant texte qui se veut détaché, presque frivole d'un auteur en colère qui se voudrait peut-être indifférent mais ne peut l'être, un texte d'une grande force... donc.
    Lorsqu'il dit, les gens se vident, il n'y a plus que des personnes, Stéphane Perrot trahit sa présence pour notre grand plaisir !

  • Au coeur d'une nuit hivernale, Didier d'Orville s'interpose lors d'une agression dans les rues d'une tranquille ville de Suisse alémanique. Catherine Bucher, la mère de famille qui a échappé à ce qui s'avérera être une tentative d'enlèvement, travaille pour une compagnie helvétique à l'éthique professionnelle douteuse qui éveille des soupçons.

    Didier d'Orville, Français installé en Suisse centrale depuis huit mois, mène l'enquête en compagnie d'une marginale. Grâce à eux, le lecteur va découvrir Lucerne, l'autre Ville Lumière, sous un éclairage inhabituel. L'action pleine de rebondissements et de suspense de ce roman se situe en hiver sur une période de deux semaines dans une atmosphère pesante.
    Après Ah ! Si Isokelekel était resté sur son île... Serge Robert, en compagnie de Didier d'Orville, nous propose une nouvelle intrigue qui se déroule cette fois-ci dans sa ville d'adoption. Son parcours professionnel de chimiste dans des compagnies pharmaceutiques et cosmétiques lui a fourni le terreau de ce roman ancré dans les secrets et les arcanes de ces secteurs industriels.
    L'homme recroquevillé sur le sol, ligoté et poignets noués dans le dos, ne bougeait pas. Une cagoule noire empêchait de distinguer ses traits. Le silence était impressionnant, juste le bruit d'une goutte d'eau qui tombait au loin. Une lueur blafarde accentuait l'aspect sinistre de la scène. Dans cette pièce, Didier se tenait debout, face à un inconnu. Lorsqu'il voulut lui porter secours, il ne put avancer d'un seul millimètre.

  • Dans ce roman Après tout, on s'en bat les C..., drôle, très drôle, grave, cru, romantique, leste, attachant, pas sentimental, très sentimental, tragique, un peu trivial, intemporel, sensible, rustre, délicat, rêche, poétique... insolite, amusant, vraiment amusant, et amer, aussi, Laurent Ciccone raconte l'histoire de Luc, une tranche de sa vie durant laquelle, héros malgré lui, il chute et se relève. Durant cette tranche de vie découpée dans le vif, Luc souffre du coeur et du genou, part en vacances en Italie avec des potes, rit beaucoup de tout ou de rien, et pleure, pleure un ami qui meurt. La mort profite des phrases comme un train, des rails, pour coudoyer la vie, la croiser sans crier gare à moins que ce ne soit l'inverse. Avec cet auteur, on hésite, pas longtemps, et on fonce sur n'importe quel quai. Car on tient à savoir... ce que nous réserve Luc.

    Laquelle des deux d'ailleurs attend son heure ? Les clochers ont beau carillonner, beaux, comme en Italie, derrière leur musique, on entend bien que c'est le temps qui sonne, assourdissant, et file avec parfois une étoile... Le style direct de Laurent Ciccone désarme, démilitarise ces défilés qu'il envoie perpétuellement.

    On se laisse emporter un peu déroutés mais séduits. Force et faiblesse réunies, c'est très fort !

  • L'argent ne rachète rien, est le titre du nouveau roman de Jean-Jacques Cambrelin. Dans un genre inédit, en plus d'un dialogue cocasse et original entre D et d, le diable et Dieu, ces meilleurs ennemis du monde, Jean-Jacques Cambrelin nous livre une sorte de fable moraliste dans laquelle il oppose les pauvres et les riches.

    Avec son style bien à lui, caricatural, burlesque, quasiment Vaudevillesque, l'auteur se gargarise de cet affrontement commenté par D et d.
    Sous couvert du petit prêtre, qui, pour se venger de railleries quotidiennes, réunit le même jour, à la même heure, dans son église, deux familles, l'une fortunée pour célébrer le mariage de leur fille, Ségolène, l'autre modeste, pour rendre un dernier hommage à leur père, Léon, décédé.
    A l'insu de tous, le père Benoit a organisé cette une auguste rencontre, une belle farce dont l'issue réserve une sacrée surprise...

    Jean-Jacques Cambrelin met, de plus belle, sa fougue et sa passion au service des plus humbles, en décrivant, décriant et pastichant l'humanité. Un peu éperdument, il s'en donne à coeur joie. Dans ses mots, on n'entend jamais une résignation mais un amer comme elle le mérite !.
    Les drôleries et l'humour font écho à la sincérité et à l'indignation spontanée toujours plus exacerbées de son auteur, propageant un réel vacarme digne d'un grand tollé pour la Justice et l'Egalité à la vie, à la mort. A diablerie, hâblerie et demie.

  • Les abîmes

    Alain Richard

    Alain Richard ne peut s'empêcher de rudoyer l'humanité qui de toute évidence le mérite... mais cet « acharnement » n'est-il pas proportionnel à sa passion et à sa bienveillance pour elle ?
    Dans son nouveau roman Les abîmes, dans lesquels il n'hésite pas à nous faire plonger, Alain Richard nous fait toucher le fond, le fond où croupissent les âmes les plus noires.

    Ce roman policier haletant, tout en suspens, tient à rendre Justice et faire éclater des vérités, Alain Richard n'épargne personne, surtout pas le lecteur qui ira de découvertes sordides en découvertes macabres, toutes plus sinistres les unes que les autres.
    La nature de l'homme reste la principale énigme. Une fois de plus, Alain Richard brouille les pistes, dans tous les sens du terme, pour, peut-être, nous amener à nous demander comme lui, ce qui différencie l'homme de la bête.

    Pourtant l'auteur qu'il est, chérit l'être inhumain, en qui il veut encore malgré tout croire, nous faire croire et il continue à mettre une majuscule à Humanité, à Nature humaine, à Homme ! A la lecture de cet ouvrage, il est vrai que nos coeurs vibrent, palpitent, saignent...
    Elle appelle sa maman mais son cri ne résonne pas, jugulé par le tissu qu'on vient de plaquer sur son nez et sa bouche. Elle respire encore, mais une odeur nouvelle, asphyxiante, pénètre en elle. Eloïse ne veut pas mourir.

  • Plein feux

    Patrick Arquier-Colom

    Patrick Arquier-Colom nous invite à découvrir comment Virginie s'est retrouvée dans l'enfer de Blanche avec PLEIN FEUX, son nouveau roman noir animé de nouvelles voix tout aussi énergiques.
    Pour Virginie, ce PLEIN FEUX est un éclairage brûlant projeté sur les arcanes des crimes et escroqueries politico-industrielles autant que sur sa propre vie, entre le bûcher qui l'attend et son brasier intérieur.
    Cette psychothérapie de choc traitée dans un style allégorique, inventif et plein d'humour devient une mise en abîme qui ne la fera renoncer à rien.
    « - Faut que tu y aies passé du temps pour savoir tout ça...
    - Ouais... Un peu trop. J'en ai surtout déjà assez vu et entendu pour que ça risque de me couter cher. Alors je fuis cet univers un soir où je sens que c'est le moment. Dehors, il pleut. La nuit, toutes les chattes sont grises et c'est important quand on veut se tirer sans se faire remarquer ».

  • Ce roman de Jacques Barbery, La parure du frelon, nous invite à la lecture comme à un bal costumé. Invitation étrange où le masque de la mort, plus mystérieux qu'effroyable, est non seulement admis mais désirable.
    Le maître de cérémonie en est un dandy ténébreux mais courtois. Son métier et son allure inspirent confiance.

    Impression trompeuse : Alexandre d'Aigremont, ce manipulateur cynique, a plus d'une perversion dans son sac. Il a la passion des femmes, la passion des mots, notamment de la poésie, mais d'abord la passion coupable des corsets qui lui permettent sensations fortes et expérimentations originales. Jusqu'à l'extrême. Sa dernière conquête, Ode, saura-t-elle lui tenir tête ?

    Si l'intrigue enchaîne avec gourmandise les rebondissements, elle est nimbée d'une musique ensorcelante, lascive et sensuelle. Elle nous emporte dans son tempo romantique, aussi subtil, fatal et aiguisé qu'une lame d'épée.

    Ce roman cache son jeu : plus qu'un simple thriller c'est une palpitation, un hymne au corps, à son souffle et à son mystère.
    Né en 1951 Jacques Barbery a fait sa carrière dans le tourisme. Il trouve dorénavant une nouvelle évasion dans l'écriture et la photographie. La parure du frelon est son troisième roman.

  • « Le roman du grenier », nouveau titre d'Agnès Siegwart. A lui-seul, il donne le ton, exprime un univers, celui de l'auteur. Nous invite à y rentrer... comme par une petite porte dérobée et secrète. Une fois franchie, nous sommes encore entourés de mystères à pénétrer.
    Il faut alors suivre Lise et Adrien, un couple heureux qui vient d'emménager dans une magnifique demeure... découvrir avec Adrien, « Inachevé », Le roman du grenier. Et lire avec lui. Chaque nouvelle décrit les personnages d'une photo puis raconte leur histoire... où se mêle étrangement la vie d'Adrien et Lise...
    Qu'un de ses romans flirte un beau jour au fond d'un grenier avec un de Moravia, de Proust ou de Tourgueniev, voilà le plus joli rêve de l'auteur... !
    On existe toujours pour quelqu'un... la mort n'efface pas un sourire aimé, et n'arrache pas les feuilles d'un livre...

  • Christian Jelsch propose à ses lecteurs une nouvelle énigme policière se déroulant dans la ville de Dole qui lui est chère. Un professeur de français est violemment agressé au cours de la célèbre fête de la musique le 21 juin. Il se remet de sa blessure après de longs mois, mais le dénouement de l'enquête policière piétine...
    Qui lui en voulait au point de le tuer ? Car c'est de cela dont il s'agit. Plusieurs hypothèses sont avancées, plusieurs personnes sont suspectées, en passant par Edith, sa propre femme, une autre qu'il aurait rejetée ? Un élève, une inconnue, un(e) illuminé(e) ? Mais rien ne mène à une véritable conclusion.
    L'affaire sera-t-elle un jour élucidée ? Le professeur connaîtra-t-il le coupable ? Le nom de son agresseur ?
    Boussole innocente, plein de bon sens et de ses rêves d'enfant, cette phrase de l'auteur, Christian Jelsch, correspondant au personnage principal, reflète son empathie toujours intacte envers tous les héros de ses romans.
    Dans cette énigme originale, certains sentiments comme la tolérance, le pardon, ou simplement l'indulgence, ont la part belle, ce qui n'est pas toujours le cas... Lorsque la cruauté, la jalousie, l'indifférence ou l'arrogance sont de mise.


  • Daniel Destarac nous revient (de loin) après « cigarettes littéraires » pour nous soumettre ces quelques lignes qui sont bien de la même trempe et du même encrier. Décidément, Daniel Destarac ne peut s'empêcher (s'en amusant) de plonger sa plume dans le même que celui des plus grands auteurs. Au pire, juste pour qu'on se souvienne de leur nom, au mieux, qu'on se souvienne de notre affection pour eux.
    Voilà un excellent exercice que nous suggère Daniel Destarac qui se dit plus « voleur » qu'artiste, soit ! On retrouve cependant avec plaisir Martial, le fameux professeur. Ce roman, dans lequel il est question de voyage (scolaire), donc (encyclopédique), a des pouvoirs magiques. Entre autres de subjuguer ses élèves (et le lecteur), il fait entendre des voix, celle de Malraux, celle de Sacha Guitry, de Sade répondant à Michelet, il laisse deviner la silhouette du Général, Voltaire avoir des démêlés avec son singe, Balzac chercher 10.000 francs, Proust se pasticher. Flaubert de rester à l'écart... tandis que Montaigne a sa statue...

    Puis on se prend à appeler Destarac, Daniel, comme lui, appelle Jean-Jacques, Rousseau, Flaubert, Gustave... car il transmet cette étrange aptitude à se complaire comme lui, dans une sorte de mauvaise foi, de tromperie, de malhonnêteté, de plagiat qui au contraire de rebuter rend avide d'apprendre, de savoir et de lire, malgré tout !

  • « Le chant des chevaux », vient en écho à celui de « Joli coeur ». Dominique Meyer ne pourra démentir qu'elle est la compositrice de ces mélodies inspirées par sa passion pour eux. Mais cet ouvrage sous forme de nouvelles est plus que cela encore, il est un hymne à l'âme, aux âmes, celle abritée par tout être de chair et celle toujours présente des chers disparus comme « des oiseaux sur les branches des arbres généalogiques », écrit-elle. Chacune de ses nouvelles se fait leur interprète sous sa baguette. Le véritable talent de ce chef d'orchestre est l'énigmatique délicatesse d'en comprendre à la fois tout leur mystère et même leur secret sans jamais les trahir ni les dévoiler tout à fait.

    Avec elle, avec Dominique Meyer, nous avançons dans un sous-bois d'automne entre ombre et lumière, au-delà du temps, et pour notre plus grand plaisir, elle a rassemblé « les feuilles emportées par le vent comme les pages d'un livre déchiré ». Il est dédié à chaque être, à chaque âme, donc, avec ce qu'ils ont de plus humain à leurs côtés, l'animal et de plus beau autour d'eux, la nature.

  • Pour notre plus grand plaisir Chantal et Camille Raguin nous emmènent à nouveau sillonner les campagnes franc-comtoises et autres, mais ils signent leur retour d'un changement de style et nous proposent des nouvelles au titre enchanteur « Au creux de la nature ». Chacune d'elles y rend un vibrant hommage, qu'il s'agisse de son incontestable beauté, de sa toute-puissance ou de sa fragilité, de ses secrets ou même de sa cruauté. Avec Chantal et Camille nous pénétrons en son sein où se blottit l'humanité.
    Ce sont ses mille et un mystères qui donnent à ces anecdotes un ton original, à la fois insolite, délicat et sensible.

    Légendes et authenticité mêlées font de ces petites histoires comme des clins d'oeil, des sourires mais aussi des larmes, car Chantal et Camille Raguin nous rappellent combien la condition humaine indissociable à celle de la nature, est liée au temps qui passe sans jamais balayer le passé.
    Le lecteur se laissera convaincre par la spontanéité et tendresse du récit et ne pourra s'empêcher d'éprouver de l'affection pour ce couple d'auteurs comme pour leurs personnages.

  • Pierre, professeur de philosophie, part avec Anna, s'envole avec Anna, une ancienne élève. Dans les airs au-dessus de Rome ils croient se délester de leur différence d'âge.
    Dans ce très beau premier roman, Terminal de départ, Stéphane Haslé fait vivre à Pierre une histoire d'amour qui, malgré ou à cause de sa force vertigineuse, ne parvient pas à atténuer la pesanteur de la réalité ni même à alléger le poids de son existence. Avec, en toile de fond, cet amour impossible, l'ouvrage de Stéphane Haslé est aussi une critique sociale et politique.

    Il n'en est pas moins un roman dans lequel l'amour ne pactise jamais et conduit Pierre au désastre. Militant, marxiste, engagé jusqu'aux actes extrêmes, il n'aura plus d'autre prétention que de regarder sa vie se dérouler sans lui, de l'autre côté des nuages.
    Toutefois la poésie l'emporte jusqu'à « remplir la vacuité de bonheur », et à faire de Pierre, (ou, et), de Stéphane Haslé, deux grands romantiques, débarqués du XIXe siècle.

    Cette même poésie fait ronronner le chat Platon et parvient à faire redécouvrir au lecteur, pour mieux le goûter, un conseil de Marx, ne vous laissez pas noyer « dans les eaux glacées du calcul égoïste ».

    Dans ce bel ouvrage, les héros et les personnages sont d'abord des personnes que l'auteur aime..., quant à la philosophie, elle plie un peu, mais ne rompt pas.
    Stéphane Haslé, philosophe de formation, anime depuis longtemps les cafés-philo de la Vieille Loye, célèbre village du Jura.

  • Lou Malaval nous propose, « Entre chien et loup », la suite espérée du Livre 1 « Entre l'arbre et l'écorce ». L'histoire se déroule sous le règne de Philippe le Bel, en Franche-Comté. Pour notre grand plaisir, nous retrouvons les personnages romanesques mêlés aux figures historiques, telles la fière Héloïse de Joinville, sa prestigieuse famille des Faucogney.

    Dans ce volume 2 la prophétie d'Hersende, la prêtresse, poursuit son oeuvre, prend de l'ampleur et le pouvoir sur chacun des personnages pour s'accomplir.

    Qu'advient-il donc de Gontran, son disciple, de Roland agissant entre amour et haine, mais surtout à quel prix l'héritier de la prophétie, Loup-Enguerrand pourra-t-il grandir dans son ombre ? Quels sacrifices devra-t-il accepter pour devenir le dernier Burgonde ?

    L'auteur, Lou Malaval, forte de connaissance et d'inspiration répond aux questions que l'on se pose dès le début.

    Ce deuxième tome très attendu et bien mené réserve plein de surprises. Lou Malaval relève le défi de nous passionner et y parvient sans mal. Son écriture sensible à la fois poétique, romantique et réaliste ne manque pas non plus d'un certain piquant voire d'une certaine cruauté.

  • Dans ce nouvel ouvrage, Christian Jelsch relate l'histoire énigmatique d'un notaire dolois passionné de violon dès son plus jeune âge devenu vagabond.
    Après des années d'errance, clochard, il est retrouvé sans vie sur un banc du Cours Saint-Mauris, allée du plus grand parc de Dole.

    C'est avec brio et réelle empathie pour son héros que l'auteur raconte le cheminement chaotique de celui qu'on surnomme dans le milieu « le musicien », « l'homme au caddie » ou tout simplement « Édouard ».

  • Dans ces nouvelles d'Agnès Siegwart, les personnages sont nombreux à avoir l'audace du perce-neige, ce recours, cette bravade, ce coup de force du faible, ce cran désespéré du timide. En général geste maladroit qui les conduit soit au désastre, soit, chose plus rare, à l'héroïsme. Mais au final, tous sont des héros.
    Captivantes sont ces nouvelles. Poétiques, réalistes, idéalistes, tristes, elles ne sont pas de simples et vulgaires caricatures mais des peintures plus vraies que nature.
    Le lecteur peut s'y promener comme à une expo mais attention aux surprises lorsqu'il s'agit d'audace.

  • Mon nouvel horizon

    Christian Jelsch


    Christian Jelsch aime surprendre, c'est le moins que l'on puisse dire mais dans ce nouveau roman, « Mon nouvel horizon », il nous déroute, nous interpelle par un ton nouveau, un récit cru, sans complaisance pour son héroïne, Valentine qui nous raconte sa vie.
    De Nozeroy, à la grange rouge, un début bucolique de petite fille dans le Jura, elle glisse littéralement en enfer poussée par Patrick... qui lui fait connaître le démon.
    D'errance en errance, de subterfuges en subterfuges Valentine tombe d'abîme en abîme, se perd puis se cherche, se met et se remet en question. « S'ennuyant d'elle-même », se dévalorisant, toujours et encore, elle retrouvera malgré tout sur son chemin des petits cailloux, des pierres précieuses...
    Un voyage intérieur douloureux l'emmènera cependant sur de jolies routes...
    Dans ses précédents textes, l'auteur ne nous a pas habitués à une telle violence dans ses mots, une telle cruauté mais il le fallait, il le fallait pour nous faire comprendre le trajet et le questionnement sans repos, jamais, de Valentine. Et nous apaiser enfin car, dit-il, « une étincelle s'obstine à scintiller... »


  • Yéno ne semble pas être au bout de ses peines. La recherche du travail, véritable parcours du combattant, lui fait découvrir le visage jusque-là insoupçonné de Bilabaville. Le morceau de terre lui apparaît comme un monstre où l'hydre de tous les maux de l'humaine condition se niche dans des segments de lobbys, des empires opaques qui dictent la loi à la masse populaire réifiée. La tentation de la facilité et les dérives multiformes qui y ont cours mettent à rude épreuve sa culture des valeurs.
    A l'issue de ce duel épique qui consacre la victoire du bien sur le mal, Yéno, enfin récompensé par la Providence, décide de « cultiver son jardin » à la fois pour son bonheur et celui des autres.
    J. René Ovono Mendame Zogo (ROMEZ) est docteur ès Lettres de l'Université de Strasbourg. Enseignant Chercheur à l'Institut Supérieur de Technologie (IST) de l'Université Omar Bongo de Libreville, il a assuré cumulativement des cours de Littérature francophone au Centre de Linguistique Appliquée (CLA) de l'Université de Franche-Comté de Besançon.
    Romancier, dramaturge, essayiste et critique littéraire, il signe avec ce roman la suite du Savant inutile publié dans la Collection « Encres Noires »


  • Toujours au front contre le chômage et l'ostracisme, Yéno, infatigable et téméraire, affronte une des plus redoutables épreuves de son parcours surréaliste : l'audience avec Magombet, un des Parvenus Je m'en-fichistes de Bilabavillle, qui doit décider de son destin. Un interrogatoire cynique, une scène pathétique, une tragi-comédie, dans un décor ubuesque qui confond réalité et fiction.
    Le talent et la subtile écriture de l'auteur, Jean-René Ovono, luttent avec Yéno contre l'implacable fatalité qui ressemble à s'y méprendre à une forme de cruauté inexorable.
    - Oui, monsieur le ministre. Trop dure comme activité : le soleil, la pluie, les insectes, les reptiles qui se nichent dans des lacis de branches etc. [...] J'ai pris un coup de vieillesse anticipée à force de m'exposer au soleil. Mes congénères sont deux fois plus jeunes...
    - Bah, c'est comme ça la vie, mon petit ! Il y a des vieux qui paraissent jeunes, et des jeunes qui paraissent vieux. Des morts qui reviennent chez les vivants, et des vivants qui s'en vont chez les morts...
    J. René Ovono Mendame Zogo (ROMEZ) est docteur ès Lettres de l'Université de Strasbourg. Enseignant Chercheur à l'Institut Supérieur de Technologie (IST) de l'Université Omar Bongo de Libreville, il a assuré cumulativement des cours de Littérature francophone au Centre de Linguistique Appliquée (CLA) de l'Université de Franche-Comté de Besançon.
    Romancier, dramaturge, essayiste et critique littéraire, il signe avec ce roman la suite du Savant inutile publié dans la Collection « Encres Noires »


  • Yéno, le jeune héros, se confronte aux réalités locales surréalistes de Bilabaville au terme d'un parcours universitaire remarquable en Occident. Après un long chômage, il est recruté dans un service sans lien avec ses qualifications et affecté insidieusement dans une lointaine localité rurale. Là-bas, faute d'occupation professionnelle, le jumeau passe son temps à chasser, à pêcher, à casser des noix de palme pour en extraire l'huile rouge et d'amande. Enfant de pauvre, Yéno ne semble pas au bout de ses peines. Comment sortir de cet abîme sur un morceau de terre où le diplôme est perçu comme une tare ?
    Jean-René Ovono est l'auteur à la hauteur pour nous hisser au-dessus de notre « petit bas monde », soulever nos coeurs, agripper notre âme et y épingler notre conscience.
    Si grâce à lui, tous les Yéno pouvaient se donner la main...Et nous de la leur prendre !
    J. René Ovono Mendame Zogo (ROMEZ) est docteur ès Lettres de l'Université de Strasbourg. Enseignant Chercheur à l'Institut Supérieur de Technologie (IST) de l'Université Omar Bongo de Libreville, il a assuré cumulativement des cours de Littérature francophone au Centre de Linguistique Appliquée (CLA) de l'Université de Franche-Comté de Besançon.
    Romancier, dramaturge, essayiste et critique littéraire, il signe avec ce roman la suite du Savant inutile publié dans la Collection « Encres Noires »

  • Les natures humaines

    Alain Richard

    Après « Les estocades », Alain Richard nous propose « Les natures humaines ». Sa plume fine et enjouée aime virevolter, apparemment légère, avant de se poser comme le pinceau sur la toile, cocasse et caricatural. Elle dépeint, égratigne, chatouille, griffe, de connivence avec la sensibilité et le romantisme de l'auteur. « Les natures humaines », dont il s'agit dans ce recueil de nouvelles, prêtent volontiers le flanc à Alain Richard qui joue sérieusement à enchevêtrer leurs « trop », leurs « pas assez », leurs défauts, leurs qualités et leurs amours.
    Le temps qui passe, les saisons, les lieux sont ses vrais complices, et en réalité ses principaux acteurs. « Les natures humaines », personnages hauts en couleur de cet ouvrage, ne sauraient ignorer la Nature qui se révèle, c'est selon, une force ou une faiblesse...
    Alain Richard les décrit avec une telle acuité qu'il arrive à nous rendre ses héros familiers, et particularité d'Alain Richard, les rendre tous attachants. Même si certains pourtant... mais le talent de cet auteur, en plus de l'habileté et de la précision, ne serait-il pas de la générosité et de la bienveillance.

  • Joli coeur

    Dominique Meyer

    « Me pardonnerez-vous si, en racontant votre vie, j'en fais plus un roman qu'une biographie ? Du reste, comment puis-je savoir ce que fut votre vie ? »
    A partir d'une lettre écrite par sa grand-mère plus de cinquante ans avant, Françoise remonte le temps... Elle entreprend d'écrire Joli Coeur le roman d'une rencontre qui a bouleversé quatre femmes de sa famille. La guerre, entre temps, n'a pas réussi à reléguer les souvenirs... 17 ans d'amour, d'attente se sont écoulés dévalant le coeur d'Augustine comme un torrent plutôt qu'une douce rivière. Ils ont érodé son âme elle aussi en guerre, mais contre elle-même, une autre facette de sa cruauté.
    Dominique Meyer, enseignante, est l'auteur de cet ouvrage. Elle refusera qu'on l'encense, cependant on ne résiste pas à lui trouver des petits airs ou plutôt des grands airs de Maupassant pour sa verve réaliste parfois sans concession derrière laquelle elle et lui cachent un grand romantisme.

  • Le roseau

    Jean-Jacques Cambrelin


    Le nouveau Cambrelin est toujours un évènement voire une curiosité car cet auteur a en plus de son talent d'écrivain ceux de surprendre, d'interpeller, et de ne jamais laisser indifférent ! Avec lui, les aventures sont des anicroches, les destins, des traquenards, les paysages, de faux amis. Et avec lui aussi place au romantisme en embuscade qu'il croit indicible... bien caché mais partout dans ses romans.
    Cette histoire-là, « Le roseau », se déroule de nos jours à Marseille où se retrouvent deux Libyennes sorties d'un camp de réfugiés. Zohra et sa nièce Naïma emménagent dans une maison qui leur est allouée face à une décharge publique. Cette maison fut une demeure en un autre temps... mais est alors la leur...
    Jean-Jacques Cambrelin raconte fiévreusement... leur vie, leur survie, ça n'est pas un fait divers, il se fait leur porte-parole, leur soutien, leur soleil, leur miroir aussi. Mais il ne peut empêcher, retenir ses mots de partir en guerre. A sa façon et contre le monde entier, il les lance éperdument. Comme des cris !
    C'est cela, Jean-Jacques Cambrelin n'écrit pas seulement, il crie. Comment vivent ces deux femmes au milieu des ordures de notre pays ? Que vont-elles vivre ?
    « Le roseau » dans ce désert, Naïma, ou Zohra ? Ou...
    L'intensité du roman pour réponse.

  • Mars 2001, « L'Affaire Hamrouzi » secoue la ville de Dole. Le maire a disparu quelques heures à peine suivant son élection. Au fil des mois son cadavre est retrouvé morcelé et dispersé aux quatre coins de la Cité. Ces lieux choisis sont-ils des indices, des symboles ou de purs hasards ? Qui peut bien se cacher derrière cet ignoble meurtrier surnommé le tueur diabolique et qui raconte lui-même les faits ? Qui est donc ce « je » qui se prête impunément à un jeu macabre auquel il semble prendre un malin plaisir ?
    « Le tueur » donne délibérément le ton à ce roman, très original, une forme attractive et quasi participative. Il en fait son roman, et défie le lecteur à deviner son identité...Qu'il prend soin de « noyer » elle aussi parmi les vies en eaux troubles de multiples suspects !

    Dans la peau seulement, de celui-ci, mais avec lui, complice, l'auteur, Christian Jelsch, s'amuse à nous faire des pieds de nez, à nous faire mettre les doigts dans l'engrenage. L'humeur de ce polar fait planer un réel suspense et l'humour de l'auteur nous extirpe des sourires...

    Après la lecture de ces lignes, jamais plus à Dole et ailleurs, nous ne vivrons sereinement des élections municipales.

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