Editions Matériologiques

  • MANUEL D EPISTEMOLOGIE POUR INGENIEUR.E Nouv.

    Ce Manuel d'épistémologie pour l'ingénieur.e vient combler une lacune?: les étudiants en école d'ingénieurs, tout comme les ingénieurs en exercice, ne disposent d'aucun manuel dédié qui leur permettrait d'aborder cette discipline dont ils ont pourtant de plus en plus besoin.
    La nature du métier d'ingénieur a en effet beaucoup changé durant ces dernières décennies, mais aussi sa place dans la société?: l'ingénieur travaille ainsi de plus en plus en relation avec des acteurs venus de domaines multiples, scientifiques ou non. Mais il peut aussi être critiqué dans ses actions, sur la base de critères (politiques, sociaux, éthiques, écologiques, etc.) qui ne sont pas les siens. Dans ce contexte, une réflexion sur son activité tant scientifique que technique, et surtout intégrée à la société, est nécessaire.

    Organisé en neuf chapitres, cet ouvrage propose donc de fournir aux ingénieurs, actuels ou futurs, les repères conceptuels et les réflexions fondamentales en matière d'épistémologie, ainsi que les connaissances en histoire des sciences et des techniques afin de mieux comprendre leur évolution. Il apporte un éclairage à de nombreuses questions qu'un ingénieur peut se poser face à cette discipline?: qu'est-ce que l'épistémologie?? à quoi sert-elle?? Quels en sont les grands courants?? Quels sont les rapports qu'entretient l'épistémologie avec la science mais aussi avec la technique?? Existe-t-il une épistémologie spécifique à l'ingénierie?? Quelles sont enfin les implications éthiques et sociétales de l'activité de l'ingénieur??

    Ce manuel, que les auteurs - tous deux enseignants en école d'ingénieurs - ont voulu court et accessible, vise donc à accompagner les ingénieurs dans leur pratique et leur réflexion aussi bien pendant leurs études que durant leur carrière professionnelle.

  • Les ontologies computationnelles sont des représentations formelles des concepts d'un domaine et de leurs relations. Sorte de mémoire sémantique des ordinateurs, elles forment - entre autres - l'un des piliers des technologies du Web sémantique.

    Cet ouvrage s'articule autour de deux approches des ontologies computationnelles. Après avoir défini de manière approfondie la notion d'ontologie computationnelle et les techniques afférentes, il pose le problème des difficultés conceptuelles et terminologiques en psychologie et neurosciences cognitives. Il tente de montrer comment la modélisation ontologique peut aider à résoudre, au moins en partie, certaines de ces difficultés. Symétriquement, il décrit comment les ontologies peuvent bénéficier de l'apport de travaux issus de la psychologie cognitive et de la psychologie sociale. Il dresse donc un panorama original des influences réciproques qui se dessinent entre ces différents domaines de recherche.

    Ce livre est notamment destiné aux spécialistes de la psychologie et des neurosciences cognitives et à ceux de l'ingénierie ontologique, en rendant accessible, pour chacun de ces publics, le domaine avec lequel il se sent moins familier. Plus généralement, il intéressera toute personne curieuse du statut des concepts scientifiques - des concepts mentaux en particulier - et qui s'interrogent sur la possibilité de les formaliser et de les rendre ainsi manipulables par des machines. Il offrira aussi au public intéressé par l'ingénierie des connaissances un retour aux sources psychologiques de la discipline en proposant réflexions et éléments de méthodologie tant sur le développement que sur la construction d'ontologies.

  • Face à l'irruption de la Covid-19, ont surgi des demandes urgentes de prédire, d'expliquer et de faire comprendre sa diffusion aussi bien géographique que sociale, notamment lorsqu'il s'agissait de soutenir telle ou telle décision politique ou de santé publique (distanciations, confinement, etc.). Plusieurs modèles computationnels - en particulier à agents - ont été bien vite mis en avant. Mais dans quelle mesure sont-ils réellement à même de remplir de telles fonctions, en particulier dans un contexte aussi contraint et variable?? Ce livre propose un ensemble d'analyses précieuses et salutaires pour qui voudra former son jugement à ce sujet. Il s'appuie sur des exemples et des analyses de plusieurs modèles de diffusion de la Covid-19, dont certains ont été utilisés par les pouvoirs publics. Il propose aussi des modèles alternatifs, dont certains inédits. Il s'adresse à un large lectorat. Les analyses techniques y sont effectuées avec beaucoup de pédagogie, sans sacrifier à la précision. Elles peuvent donc intéresser les concepteurs et utilisateurs de modèles, les étudiants, les élus, les associations concernées et tout citoyen soucieux de comprendre ces outils omniprésents. Au-delà du cas de la Covid-19, on y trouve une mise en perspective et une discussion plus générale concernant l'usage des modèles formels en sciences sociales, en particulier dans le cadre de l'aide à la décision publique. Analysant le contexte de la crise que l'on traverse, les auteurs évitent de donner un point de vue personnel, mais au contraire tentent d'aider chacun à avancer dans sa propre réflexion, en mettant en avant les questionnements qui peuvent s'adosser aux modèles présentés.
    L'ouvrage comprend deux parties?: l'une qui propose une analyse critique de modèles existants, l'autre prenant la forme de trois propositions de modèles qui permettent de percevoir la richesse et la multiplicité des modèles agents de diffusion de maladie - à la fois dans leur conception et leur manipulation. Un glossaire et un intermède sur les «?apports des modèles agents en général et pour la Covid-19 en particulier?» replacent ces réflexions dans le cadre plus large de la simulation agents appliquée aux sciences sociales.

  • «?En France je n'ai pas entendu parler d'un seul zoologiste, à l'exception de M. Gaudry (encore ne le fait-il que partiellement) qui défende mes idées. » C'est ce qu'affirme Charles Darwin en 1870.
    Ce zoologiste-là est un paléontologue, aide-naturaliste au laboratoire de paléontologie du Muséum d'histoire naturelle. C'est à partir de sa lecture en 1863 de L'Origine des espèces et de la théorie de la descendance avec modification, qu'Albert Gaudry (1827-1908) oriente sa recherche en direction de la reconstitution des filiations. Il se justifie ainsi : avant l'élucidation des causes de la modification, la paléontologie a d'abord à reconstituer la descendance au travers de l'étude des modifications. Gaudry est le premier dans l'histoire à dessiner des arbres évolutifs reliant espèces éteintes et espèces actuelles en suivant le modèle darwinien.
    La science française en général et celle du Muséum en particulier ne sont alors pas darwiniennes et pourtant dans un contexte plutôt hostile, nommé en 1872 professeur de paléontologie au Muséum, Gaudry enseigne l'évolution et conçoit l'actuelle galerie de paléontologie du Muséum, la première à illustrer les transformations des êtres vivants. Si le Muséum, à l'inverse de la Sorbonne, du Collège de France, de l'Institut Pasteur, n'est pas passé à côté de Darwin il le doit entièrement au seul Albert Gaudry. Très isolé à ses débuts, celui-ci terminera sa carrière couvert d'honneurs et président de l'Académie des sciences. Sans doute en raison de son spiritualisme et de sa relative défiance vis-à-vis de l'omnipotence de la sélection naturelle, il restera dans les marges de l'histoire des sciences.
    Cependant, paradoxalement, il a mieux compris la notion de filiation que la plupart de ses contemporains et même, aussi étonnant que cela puisse paraître, des néodarwiniens du XXe siècle.

  • Théories, expériences, modélisations et controverses sont constitutives du développement des sciences de la nature, telles que la physique, la chimie, la biologie, ou la géologie. Cet ouvrage de philosophie défend le point de vue selon lequel l'étude de l'histoire des sciences est nécessaire pour les comprendre et pour reconnaître que les théories scientifiques sont à la fois toujours plus puissantes, mais aussi presque toutes éphémères. L'auteur soutient que des connaissances scientifiques nombreuses et de grande portée résultent de tels allers-retours, ce qui justifie pleinement la thèse du progrès scientifique.
    Une partie du livre est consacrée aux relations existantes entre les sciences de la nature et les mathématiques - celles-ci sont d'une autre essence que les premières?: leurs objets sont immatériels et intemporels. Pour cette raison, l'étroite association entre la physique et les mathématiques, mais aussi désormais entre la biologie et les mathématiques ne peut pas annihiler la distinction de nature entre elles. Le monde des mathématiques et celui des sciences naturelles demeurent à jamais distincts.
    Une idée centrale ici défendue est la suivante?: s'il y a bien progrès des connaissances scientifiques, il y a aussi et surtout accroissement de ce que les humains ignorent au sujet de la nature, de l'Univers et de la vie. Chaque découverte apporte plus de questions nouvelles que de réponses. En revanche l'intensité de notre dialogue avec la nature s'accroît spectaculairement grâce à l'activité scientifique.
    L'auteur présente enfin des arguments pour soutenir que les sciences et les techniques sont deux réalités et deux genres d'activités fondamentalement distinctes?; Albert Einstein n'est pas plus responsable de la bombe à hydrogène, que Galilée de l'artillerie, ou Darwin de l'eugénisme.

  • Dans ce dictionnaire hors normes, conçu dans une perspective humaniste et scientifique, ontologie, épistémologie, méthodologie sont les domaines privilégiés par Mario Bunge. Si des entrées proposent un jubilatoire tir aux pigeons conceptuel(s) - loin de l'austérité érigée en canon du savoir -, d'autres exposent certaines des idées les plus constantes et fructueuses que l'auteur a développées durant des décennies, au point qu'il n'est pas exagéré de voir cet ouvrage comme un pan majeur de l'édifice bungéen, à savoir le matérialisme émergentiste qu'il a systématisé dans les huit volumes de son Treatise on Basic Philosophy (1974-1989). Ce dictionnaire, souvent insolent et subversif, n'est donc pas un banal exercice standardisé de compilation de définitions usuelles et consensuelles? mais un exercice de référence plutôt que de déférence. La pléthorique philosophie que Bunge désigne par le terme d'«?industrie de la philosophie?» est ici bousculée avec un allant qui nous fait sortir de la torpeur du conformisme de ce magasin de porcelaine, où les concepts déposés sur des étagères sont délicatement époussetés depuis des lustres par des coupeurs de cheveux philosophiques en quatre. Alors quand un éléphant - dont on sait qu'il est doué d'une intelligence et d'une mémoire peu communes - pénètre ce cocon, les bris de mots sont à redouter si l'on est à la recherche d'un énième manuel de bachotage, au contraire à espérer si l'on demande à la philosophie d'autres fruits que ceux de la ratiocination stérile ou du psittacisme de concours. Dès lors, lectrices, lecteurs, ce dictionnaire roboratif est pour vous. Comment mieux résumer en si peu de place la perspective de Bunge ici, sinon en reprenant une partie de sa définition de la passion?: «?Le complément de la raison. Ce qui alimente la raison ou ce qui la fait vaciller. Il n'y a pas de grande entreprise sans la passion et rien de bien ne se fait avec la passion seule.?»

  • Biological Warfare : Another French Connection, is the first book to summarize the history of France's biological warfare programs. Highlighting the complex and always secret conceptual genesis of the notion of biological warfare in France, Etienne Aucouturier shows that the contemporary institutional separation between chemical and biological weapons converges in reality on the same project, that of providing armies with the capability to selectively target living organisms or physiology by means of surgical strikes that use poisons or pathogens.

    From the invention of microbial aerosols before the First World War, to the last chemical weapons tests in the Algerian desert in the 1970s, the book documents the scientific and technical research conducted to achieve this military capability. It reports on the constant interaction between the military and civil biomedical research spheres in France during the 20th century, while at the same time retracing the history of the debates between politicians, soldiers and scientists on the subject of biological warfare, and reveals how this important aspect of the military strategy of the last three French Republics was discussed at the highest levels of state, scientific and military hierarchies. Drawing on a large number of archival documents that have subsequently become difficult to consult, Aucouturier demonstrates the way in which these secret interactions gave rise to a sort of covert agreement between France's biomedical institutions and its military strategists.
    By reversing the order of current analysis - which dissociates, in principle, chemical and biological weapons - and focusing on the military's goal of selectively targeting the living, the book also provides a dynamic and historically justified conceptual framework that permits the reader to consider, and to fear, the possible future forms that biological warfare may take.

  • La référence aux représentations mentales joue un rôle central dans notre vision du monde. Non seulement leur existence semble indéniable, mais elles permettent d'expliquer un grand nombre de phénomènes?: la conscience, la perception, les opérations cognitives, le langage, les réalités symboliques, les conduites individuelles et collectives. Aussi sont-elles étudiées par les psychologues, les sociologues, les anthropologues, les linguistes, les neuroscientifiques, etc. Cette puissance explicative paraît résulter du fait que le caractère représentionnel des représentations incarnées, corporelles, observables, dériverait d'une capacité représentationnelle primordiale de l'esprit.
    Il est pourtant notoirement difficile de concevoir comment les représentations mentales pourraient jouer ce rôle, et cela pour plusieurs raisons.
    1° Leur caractère mental rend plus mystérieuse encore la relation représentationnelle, puisque, celle-ci devant relier des esprits d'un côté, et des corps de l'autre, cette relation serait ontologiquement hétérogène.
    2° Si la relation de représentation s'explique par des représentations mentales, le caractère représentationnel d'une représentation mentale devrait également s'expliquer par une autre représentation mentale, et ainsi de suite, si bien qu'on voit mal comment une relation quelconque pourrait être instaurée.
    3° Les représentations mentales ne sont directement accessibles que par introspection?: admettre dans les explications scientifiques des faits directement connus par une seule personne, ne serait-ce pas ouvrir la voie à toutes les dérives??
    4° Tous les scientifiques ne s'accordent pas sur la nature ou le format des représentations mentales?: sont-elles des images?? Des propositions?? Des intentionnalités sui generis??...
    Le constat nous met devant une alternative?: soit nous parvenons à concevoir les représentations mentales, soit nous devons apprendre à nous en passer. Ce sont chacune de ces deux voies qu'explore cet ouvrage.
    Parution spéciale pour l'agrégation de philosophie 2020.

  • Comment nous est venue la notion de l'univers infini?? Quelle place ce concept et le combat qu'il déclencha tiennent-ils dans la formation de notre modernité, dans l'avènement du mouvement des Lumières, entendu comme la dissolution des obscurantismes religieux?? Ces questions conduisent à Giordano Bruno, le philosophe voyageur qui refusa d'abjurer et défendit, jusqu'au bûcher, à Rome en 1600, l'idée d'un ciel peuplé d'innombrables soleils entourés de planètes, brisant dans une même démarche pugnace les sphères de Ptolémée, les carcans dogmatiques des religions et la morgue des pédanteries régnantes. Ce citoyen du monde mit en question tout ce qui paraissait acquis et combattit les superstitions, les affabulations chrétiennes, les bigots, les pouvoirs de droit divin et leurs sbires en s'attirant les foudres inquisitoriales de trois cultes.
    Cet essai rend hommage à celui qui, avant Galilée, fut l'un des premiers «?cosmologues?» modernes. Il retrace sa vie errante et mouvementée à travers l'Europe pour la défense de ses pensées complexes et considérables. Il rend évidente l'influence de celles-ci durant le XVIIe?siècle, dans les recherches de Kepler, Galilée, Newton, mais aussi dans les débats philosophiques avec Descartes, Pascal, Spinoza et les libertins érudits qui annoncent les Lumières. Son oeuvre ne concerne pas seulement la matière, le ciel et ses infinis, elle interroge l'existence humaine, l'expression poétique, la religion, la philosophie, le langage, l'esprit de tolérance...
    Écrit comme un roman et un grand reportage, ce panorama permet de saisir l'origine des idées de notre système du monde et de notre place en son sein, que de nouveaux obscurantistes veulent mettre en pièces. Cette fresque aux élans philosophiques, empreinte d'un humanisme intense, écrite avec l'encre fastueuse de cette époque au verbe coruscant, est marquée du sceau de l'admiration de Jean Rocchi pour le Nolain et de la tristesse que son sort funeste lui inspire. Une leçon pour les temps présents...

  • L'idée cruciale de démarche scientifique n'est pas univoque. Il devient alors nécessaire de parler des démarches scientifiques, de leur pluralité, de la versatilité des aspects jugés majeurs. Faire appel à l'histoire des sciences pour en dégager les caractéristiques, les fluctuations et les permanences s'impose?; c'est l'objectif de ce livre. La découverte décisive ou le génie surréel du savant sont souvent mis en avant dans les récits des avancées des sciences?: «?ils éblouissent, on croit qu'ils éclairent?», pour reprendre une formule de Condillac. Le point d'arrivée masque fréquemment la voie suivie, dont on arase les sinuosités. La démarche scientifique semble dès lors relever d'une méthode linéaire et stabilisée. Ce livre explore les arcanes et les réticulations de ces conceptions.
    Depuis l'Antiquité, de multiples «?discours de la méthode?» ont été élaborés par des scientifiques et philosophes soucieux de définir et baliser les trajectoires du savoir jugées fructueuses?: Aristote, Bachelard, Bacon, Bernard, Comte, Descartes-, Hume, Kant, Kuhn, Mill, Newton, Popper, Whewell, sans oublier les réflexions méthodologiques remarquables d'auteurs antiques, médiévaux et plus contemporains moins connus, tels quel al-Farabi, Bunge, Carnéade, Faraday, Grosseteste... Cet ouvrage, abondamment documenté, les présente, les analyse et les compare, montre des filiations, des traditions, des revirements. Il permet de discerner les processus intellectuels à l'oeuvre dans l'accès à la connaissance au cours de l'histoire de l'humanité ainsi que dans la recherche contemporaine, et quelles parts peuvent y prendre la déduction, l'induction, l'analogie, l'abduction, mais aussi les doutes, les errements, les révisions.
    Cette traversée de l'histoire des démarches scientifiques se conclut par un bilan épistémologique interrogeant l'unité et la diversité de ces démarches, pour finalement en proposer une synthèse s'appuyant sur le concept de démarche hypothético-abductive.
    S'adressant aux enseignants qui forment leurs élèves à la pensée scientifique, aux formateurs d'enseignants, aux étudiants en sciences, en histoire et en philosophie et plus largement à tous ceux qui s'intéressent à l'élaboration des connaissances scientifiques, ce livre, mêlant la fresque et le détail, est un précieux outil de compréhension.

  • La singularité et l'universalité du vivant procèdent d'un double constat?: tout vivant est taillé dans la même étoffe que les autres systèmes matériels?; les systèmes vivants sont des entités matérielles différentes des autres systèmes avec lesquels elles partagent cette communauté matérielle. Voici donc le cadre général du questionnement auquel nous convie le livre de Gilbert Lechermeier.
    Le vivant, singulier car il exhibe une organisation et des propriétés matériellement inédites, mais universel parce qu'il les déploie dans toutes ses instanciations, semblent se dérober à nos analyses les plus perspicaces tout en étant l'un des sujets de recherche scientifique et philosophique les plus opiniâtrement explorés. Phénomène éminemment multiple, la vie est nécessairement redevable d'approches multi et transdisciplinaires, nécessairement enchevêtrées?: la question des (non-)frontières est cruciale. C'est également le lieu épistémique d'une tension entre un réductionnisme analytique et une profusion empirique. Les définitions, pléthoriques et jamais complètes, brouillent l'idée spontanée qu'on se fait généralement de ce qui caractérise le vivant?; toutefois, elles sont des jalons utiles et ce livre nous aide à nous repérer afin d'éviter les risques permanents d'une essentialisation de la vie ou, à l'opposé, d'un nominalisme incontrôlable. Difficile de s'y retrouver tant le chemin de la compréhension du vivant est tortueux.
    C'est pourquoi ce livre est utile car il présente et organise la cartographie profuse, fût-ce dans ses arcanes les plus subtils ou les plus opaques de ses définitions, des théories, des modélisations, des épistémologies, voire des soubassements ontologiques, qui ont été pensés depuis des centaines d'années au sujet du vivant. Là encore, Gilbert Lechermeier nous permet de mieux comprendre ce que nous sommes?: vivants parmi les vivants à s'interroger sur le vivant...
    Préface de Michel Morange

    Postface de Thomas Heams

  • Voir une tache rouge, éprouver une douleur soudaine à l'épaule, sentir l'odeur du café, entendre le son d'une trompette?: voilà des exemples typiques de ce qu'on appelle des « expériences conscientes ». Ces expériences conscientes intéressent les philosophes de l'esprit depuis longtemps, notamment car elles semblent poser un problème fondamental à la conception matérialiste du monde. Il semble en effet extrêmement difficile de comprendre comment une expérience consciente - un vécu subjectif, qualitatif, éprouvé en première personne - peut provenir du fonctionnement du cerveau - un système certes complexe, mais purement matériel. Les expériences conscientes semblent tout simplement distinctes des processus purement matériels, et mettent donc en péril le matérialisme. Face à cette difficulté, de nombreux philosophes matérialistes optent pour une stratégie épistémique?: ils affirment qu'il n'existe rien d'autre que de la matière et que, si le matérialisme concernant l'esprit nous semble faux, nos intuitions antimatérialistes peuvent être elles-mêmes entièrement expliquées dans un cadre purement matérialiste.
    Cet ouvrage poursuit un triple projet. Premièrement, il entreprend d'exposer le problème de l'expérience consciente pour le matérialisme, tel qu'il se pose dans la philosophie contemporaine depuis une quarantaine d'années. Deuxièmement, il présente et critique diverses tentatives philosophiques récentes pour défendre le matérialisme en poursuivant la stratégie épistémique. Troisièmement, il avance une théorie originale visant à l'explication de nos intuitions antimatérialistes dans un cadre matérialiste, poursuivant ainsi la stratégie épistémique de défense du matérialisme.
    La conclusion de cet ouvrage est radicale?: la manière la plus satisfaisante de défendre le matérialisme, et d'expliquer nos intuitions antimatérialistes dans un cadre matérialiste, conduit à l'illusionnisme concernant la conscience. Dans cette conception, les expériences conscientes, en un certain sens, n'existent pas, mais semblent simplement exister. Nous n'avons jamais d'expériences visuelles de taches rouges, ou d'expériences de douleur soudaine à l'épaule, même s'il nous semble parfois les avoir. La conscience n'est qu'une illusion introspective. Cette illusion de conscience, ainsi que le fait crucial que cette dernière soit si difficile à nous représenter comme telle (de sorte qu'à proprement parler l'idée que la conscience soit illusoire nous frappe inévitablement comme incohérente et « absurde »), sont expliqués dans un cadre purement matérialiste.

  • Cet ouvrage est un choix de textes sur l'histoire de la biogéographie historique et sur ses développements récents, découlant d'une part des progrès apportés à la systématique par la méthode phylogénétique de Willi Hennig, d'autre part des vues controversées de Léon Croizat sur la «?panbiogéographie?». Il comprend sept articles de Gareth Nelson, Norman Platnick, Colin Patterson et Robin Craw, qui comptent parmi les meilleurs théoriciens de la discipline.
    La biogéographie, de Linné à de Candolle et à Darwin jusqu'aux auteurs les plus modernes?; les périls de la plésiomorphie et des taxa largement répandus?; le modèle de la vicariance?; les buts et méthodes actuelles de la discipline?; le problème du rôle des fossiles?; la panbiogéographie et enfin l'avenir possible de la biogéographie historique sont successivement traités. Une bibliographie de près de 200 références offre au lecteur l'accès aux monographies et ouvrages fondamentaux d'une branche entièrement renouvelée de la biologie comparée.

  • L'homéopathie trône dans les vitrines des pharmacies et côtoie dans nos foyers les vrais médicaments, des publicités en vantent les bienfaits, des politiciens, des sportifs, des célébrités la défendent avec ardeur. Des médecins la célèbrent. Présente depuis plus de deux cents ans, utilisée par des millions de gens, elle semble aller de soi. Mais la connaissez-vous vraiment?? Comment a-t-elle été inventée?? Sur quels principes théoriques repose-t-elle?? Comment les célèbres granules sont-ils fabriqués?? Comment mesure-t-on leur efficacité?? Que dit la science de ses effets revendiqués?? Comment les homéopathes répondent-ils aux critiques?? Comment les médias traitent-ils le sujet?? Que disent les autorités de santé de cette pratique aux relents idéologiques des plus détestables qui pourtant se veut une panacée parée de toutes les vertus?? Ne pas savoir répondre à ces questions, c'est ne rien savoir sur l'homéopathie. Thomas C. Durand explore dans ce livre les arcanes nébuleux d'une industrie prospère et d'un mode de pensée inquiétant.
    Thomas C. Durand est docteur en biologie. Après un passage dans le monde de la recherche, il co-fonde l'Association pour la science et la transmission de l'esprit critique, dédiée à faire connaître les défaillances du raisonnement humain qui rendent nécessaire l'acquisition d'une méthode d'exploration du monde : la science. Il est l'auteur de la chaîne YouTube La Tronche en Biais, suivie par plus de 130 000 abonnés.
    Préface de Edzard Ernst.

  • OEuvre inachevée, les Éléments de physiologie peuvent être considérés comme le testament philosophique de Diderot. Le philosophe y construit une philosophie matérialiste du vivant et de l'homme dont la force et la richesse n'ont cessé de frapper les lecteurs.
    Moment essentiel du matérialisme des Lumières, les Éléments de physiologie sont aussi un texte complexe. La présente édition critique offre les outils nécessaires à sa compréhension et à son étude. Le texte, soigneusement établi, est complété d'un riche apparat critique. De précieuses notes de sources permettent de mieux voir comment Diderot construit sa propre réflexion à partir des textes des savants de son temps. L'introduction fait le point sur la genèse du texte et sa place dans l'oeuvre du philosophe, tout en éclairant les principales questions philosophiques et scientifiques soulevées par Diderot.
    Avec cette édition, un nouveau regard sur une oeuvre majeure des Lumières est ainsi proposé au lecteur.
    Texte établi, présenté et annoté par Motoichi Terada

  • Ces dernières années, les débats à propos des notions de sexe et de genre entre biologie et sciences humaines et sociales connaissent une intensité accrue, tant pour des raisons scientifiques que pour l'effet que ces positions ont sur les usages sociétaux de ces notions. Beaucoup de biologistes rejettent la mise en cause par une partie des sciences humaines et sociales de ce que la biologie tient pour fondamental, telles la binarité des sexes ou les différences entre les sexes. Les spécialistes en sciences humaines et sociales, quant à eux, voient souvent la biologie comme une source académique et institutionnelle d'arguments naturalistes qui visent à s'opposer au genre. Ils dénoncent des biais d'interprétation des biologistes comme résultant, justement, de parti-pris liés au dispositif de genre. Pourtant, les échanges scientifiques à l'interface entre biologie et sciences humaines et sociales sont sans aucun doute nécessaires pour évacuer ces antagonismes.
    L'objectif de cet ouvrage, basé sur l'École thématique interdisciplinaire d'échanges et de formation en biologie du CNRS (dite «?École de Berder?») de 2015, est de mettre en oeuvre un dialogue entre des deux domaines, en tentant de passer outre des malentendus et des impensés qui n'ont que trop duré.
    Ce livre s'ouvre sur une présentation des définitions considérées comme consensuelles par les deux domaines, puis des contributions analysent l'idée selon laquelle certaines études sur les différences des sexes, en neurosciences ou en éthologie, publiée dans la presse de vulgarisation ou spécialisée, présentent des biais d'interprétation attribuables à des biais de genre. Des exemples d'études fortement interdisciplinaires illustrent cependant la possibilité de mêler sciences de la vie et sciences humaines au lieu de les opposer, en ce qui concerne le plaisir sexuel animal, la détermination du sexe ou la place des transidentités et de l'intersexuation dans les rapports entre sexe et genre.
    Mêlant études de cas, questionnements sociologiques, anthropologiques et épistémologiques, pour aboutir à la délinéation des si labiles notions de sexe et de genre, ce livre se veut un jalon pédagogique dans l'abord de ce champ de réflexion crucial.

  • François Dagognet (1924-2015) nous a laissé une oeuvre immense et foisonnante?: près de soixante-dix ouvrages, sur les thèmes les plus divers, de l'épistémologie à l'art contemporain, de la politique au droit, de l'argent à la morale, de la peau au trouble, sans oublier le paysage, ou l'agronomie, les déchets ou les musées, parmi bien d'autres sujets. Sa curiosité universelle et inassouvie égalait, voire dépassait, celle de son maître Bachelard.
    Montrer comment Dagognet a illustré l'épistémologie «?à la française?», et l'a radicalement transformée en la faisant sortir de ses cadres traditionnels, tel est l'enjeu de ce recueil, issu d'un colloque en hommage à François Dagognet qui s'est tenu à l'Institut d'histoire et philosophie des sciences et des techniques de Paris 1, qu'il a un temps dirigé.
    Vingt-quatre auteurs, français et étrangers, de diverses générations et spécialités, font découvrir et discutent les positions de ce philosophe infatigable sur un large éventail de champs scientifiques et techniques?: philosophie des sciences, biologie, médecine, neurologie, pharmacie, sciences de la terre, chimie, écologie, théorie des formes, informatique, art, droit et philosophie sociale.
    Sous la direction de Bernadette Bensaude-Vincent, Jean-François Braunstein, Jean Gayon (1949-2018), professeurs de philosophie à l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.
    Avec des contributions de Christian Bange, Bernadette Bensaude-Vincent, Jean-François Braunstein, Georges Chapouthier, Gérard Chazal, Cristina Chimisso, Jean-Marc Drouin, Sébastien Dutreuil, Anne Fagot-Largeault, Jean Gayon, Xavier Guchet, Jeanne Guien, Quentin Hardy, Cyrille Harpet, Evan Hepler-Smith, Pierre de Jouvancourt, Laurent Loison, Kieran Lyons, Daniel Parocchia, Annie Petit, Philippe Petit, Emmanuel Picavet, Bertrand Saint-Sernin, Jonathan Simon, Dominique Thouvenin.

  • Serait-il raisonnable de ne plus entendre, de ne plus voir ce qui nous a fait, de refuser les étincelles du passé, d'avancer sans rétrovision?? Jean Rocchi, journaliste et écrivain, veut comprendre l'évolution au long cours de notre monde à partir de ses errances, erreurs et succès?; relire le passé?: «?J'ai ratissé des feuilles de ma vie pour en faire un tas, mêlés à mon bouillon de culture, espérant que mon histoire vagabonde présente simplement, peut-être à la manière des pointillistes, une approche de ces années 1930-2000 et des poussières, vécues ou perçues par un fils d'ouvrier.?» Une vie ajustée à des convictions. Il relie les événements (les guerres, la Libération, la fin de l'empire, les heurts de la République...) à la mise en scène de l'intime, sans exhibition d'ego?: l'enfance, l'amour, les voyages, le métier de journalisme, l'interrogation politique, l'oiseau Phoenix du communisme, etc., grande affaire du roman contemporain.
    Ce kaléidoscope-aventure de l'histoire du XXe?siècle fait exister des hommes et des femmes le plus souvent inconnus, héros, déjà oubliés, les donne à entendre, dit leur générosité et leur volonté de justice, leur respect des peuples. On comprend mieux leur courage en notre temps de crainte.
    Grappillant les menus faits du quotidien, ne laissant pas s'enliser dans l'oubli les figures parentales, candide sachant saisir sans jamais se lamenter la tragédie du communisme, Jean Rocchi redécouvre aussi le bonheur lors des voyages à travers le monde, savourant les conversations, la libido sciendi, heureux d'apprendre et de transmettre, séducteur paisible, happé délicieusement par les femmes, leur marivaudage et le charme de leurs corps. Cette histoire se partage dans les plis de l'Histoire.
    Indignation devant la misère et volonté de justice, souci de mieux partager les richesses ne faisant pas de la propriété et de l'agréable la fin ultime de l'existence, vivant avec ce peuple de Gennevilliers - son épicentre -, prompt à penser à des solutions, tels sont, entre mille, les réflexions et les constats qui émaillent ce récit coruscant et virevoltant d'un globe-trotter nous livrant le journal intime de ses tribulations dans un monde à la fois abasourdi par sa propre déraison et capable, somme toute, de se donner une nouvelle voie...

  • L'oeuvre du médecin et historien d'origine croate Mirko Grmek (1924-2000) représente un moment incontournable de l'histoire des sciences et de la médecine de la seconde moitié du XXe?siècle.
    S'installant à Paris au début des années 1960, Grmek travaille aux côtés de Fernand Braudel, Pierre Huard, René Taton, Georges Canguilhem et Alexandre Koyré, puis devient professeur-chercheur aux États-Unis et directeur d'études à la Sorbonne. Personnage imposant par son savoir scientifique et sa connaissance des principales langues européennes, il participe à l'essor de l'histoire de la médecine et des sciences grâce à ses nombreux travaux sur la nature du vieillissement, le rôle de la quantification dans les sciences biologiques, l'histoire des maladies, l'oeuvre de Claude Bernard, dont il reste l'un des plus grands spécialistes. Annonçant le «?tournant pratique?» en philosophie des sciences, Grmek renouvelle l'épistémologie de la découverte scientifique et les méthodes d'investigation en histoire des sciences. Éditeur fondateur de la revue History and Philosophy of the Life Sciences, son héritage se prolonge dans le cadre de l'école internationale en histoire de la biologie à Ischia, en Italie.
    Que retenir aujourd'hui de cette oeuvre couvrant l'histoire des concepts scientifiques de l'Antiquité à la période contemporaine?? Comment décrire cette méthode historique qu'il a préconisée?? À quel courant de pensée la rattacher?? Quelles voies nouvelles Grmek a-t-il tracées dans l'histoire des sciences biologiques?? Quelle est la singularité de son regard sur la science, la médecine, les techniques et leur historiographie?? Rassemblant des études récentes en français sur Mirko Grmek, cet ouvrage collectif se propose de dessiner les contours de son legs d'historien et de philosophe de la médecine et des sciences.

  • Traduction française par Pierre Deleporte de Medical Philosophy. Conceptual Issues in Medicine, World Scientific Publishing Co Pte Ltd, 2013.
    Ce livre entremêle plusieurs registres : manifeste, diatribe et analyse philosophique. Grâce à une analyse rigoureuse des idées qui sous-tendent la théorie et la pratique médicales, une dissection conceptuelle pourrait-on dire, Mario Bunge expose les intuitions philosophiques généralement tacites qui fondent la médecine scientifique, pour mieux en extraire le noyau rationnel et fructueux, ainsi que celles, frelatés et fallacieuses, qui servent de béquilles aux médecines dites parallèles. Dès lors, cette analytique du sens et des conceptions de la science médicale devient sous sa plume ironique et sans hypocrisie bienséante un manifeste en défense de la médecine scientifiquement fondée autant qu'une charge contre les pseudo-médecines qui encombrent les étagères vermoulues d'apothicaires et de Diafoirus pourtant toujours en vogue.
    Dans ce livre, Mario Bunge parcourt le champ médical en le balisant ainsi : la nature de la maladie, la logique du diagnostic, la découverte et la conception de médicaments, les essais en laboratoire et les essais cliniques, l'élaboration de thérapeutiques et la conception de protocoles, les devoirs moraux et les droits des médecins et des patients, la différence entre la médecine scientifique et le charlatanisme médical, la combinaison de la recherche fondamentale et de la médecine appliquée, la place des soignants dans la société, la tâche de la sociologie médicale et la nécessité d'une couverture médicale universelle.
    « Avec son mélange brillant et créatif de matérialisme systémique, de réalisme épistémologique, de technologie et d'éthique humaniste, le professeur Bunge aborde de manière innovante les fondements philosophiques de la médecine moderne. [...] Vous ne penserez plus jamais la médecine de la même manière » (Carles Muntaner, Public Health and Psychiatry, University of Toronto, Canada).
    « Le professeur Bunge affirme magistralement que les médecins, qu'ils en soient conscients ou non, agissent dans le contexte d'un cadre philosophique [...]. Je recommande largement ce livre enrichissant et provocateur » (Bradley L Schlaggar, Developmental Neurology, Washington University in St. Louis).

  • Les arbres évolutifs, ou phylogénies, racontent une histoire, l'histoire des êtres vivants, de leur morphologie et de leurs gènes, mais aussi, l'histoire des langues, des textes, des faits culturels ou même des idées. Ces arbres sont avant tout des hypothèses sur les liens de parentés qui exigent réflexions à la fois sur les faits et sur les méthodes. Ce livre définit les concepts fondamentaux de la reconstruction phylogénétique. Il explique la nature et la diversité des approches pratiquées depuis leurs balbutiements au XIXe siècle jusqu'à nos jours. Il insiste, de manière pédagogique et aussi objectivement que possible, sur leurs performances et leurs limites, en fonction de la nature des données étudiées.
    Cet ouvrage constitue une version largement augmentée de La Reconstruction phylogénétique. Concepts et méthodes publié en 1993 dans la collection « Biologique théorique » des éditions Masson. Il tient donc compte des méthodes et débats qui ont marqué l'évolution rapide de la discipline ces vingt-cinq dernières années.
    Il s'adresse aux étudiants des 1er, 2e et 3e cycles et aux chercheurs non spécialistes de phylogénie mais désireux de connaître l'état actuel de la question.

  • Qu'est-ce que la complexité?? Et n'y en a-t-il qu'une sorte?? Ces rencontres pluridisciplinaires sur le thème complexité désordre vous invitent à un voyage entre art, philosophie, histoire, sciences dures et sciences humaines sous la conduite de spécialistes qui s'efforcent d'ouvrir leur message aux lecteurs?: non seulement leurs collègues directs, mais aussi et surtout les spécialistes d'autres disciplines, comme bien sûr les étudiants, les élèves et tout lecteur curieux. À travers la diversité des styles et des thèmes personnels, des questions majeures émergent, interconnectent les rapports et suggèrent de nouvelles applications. S'y révèle notamment la complexité de l'espace qui nous entoure, cet espace dans lequel la pesanteur déséquilibre l'isotropie et la régularité. S'y manifestent aussi le besoin et la nécessité d'observer la nature, sa complexité à différentes échelles, de différents points de vue, pour mieux l'appréhender dans sa globalité, dans sa diversité.
    La complexité de la nature (physis) pose, depuis l'Antiquité au moins, les deux questions de savoir si et pourquoi elle nous est compréhensible. Les sciences naturelles et les mathématiques tentent de répondre principalement à la première question, la philosophie et les sciences humaines à la seconde. Chercher à aborder ces deux questions de concert nécessite donc une approche globale où se rejoignent des disciplines très différentes. C'est dans ce cadre que se situe cet ouvrage dont l'objectif, au travers de la diversité des analyses et des auteurs, est de fournir quelques éléments de réponse ou de réflexion sur la nature de la complexité.
    Jean-Claude Serge Lévy est professeur émérite à l'Université Paris Diderot. Physicien du magnétisme, il s'est aussi intéressé à la structure des matériaux, aux réseaux de neurones, etc.
    Salomon Ofman a une double formation de mathématicien et de philosophe. Chercheur au CNRS (Université Paris 7), membre du groupe Histoire des sciences mathématiques de l'Institut mathématique de Jussieu-Paris Rive gauche.
    Contributeurs?: Kamel Boukheddaden, Nicolas Décamp, Philippe Depondt, Hung T. Diep, Kitsou Dubois, Pierre Ghewy, Laurent Goffart, Marc Jaillot, Victor Lefèvre, Vincent Legeay, Julien Léopoldès, Jean-Claude Serge Lévy, Fabrizio Li Vigni, Slawomir Mamica, Salomon Ofman, Hassan Peerhossaini, Raymond Pictet, Nicolas Piqué, Mouhamadou Sy, Anthony Tchekemian, Anne Tanguy, Gaston Tolila, Laurence Viennot, Thomas Vourc'h, Hervé Zwirn.

  • Peut-on voir le vivant microscopique autrement qu'à travers le prisme de la lutte perpétuelle contre un monde principalement hostile qu'il faut vaincre pour assurer sa survie?? Telle est la question que la science soulève à la lumière des nouvelles connaissances.
    Les recherches les plus récentes montrent en effet que les virus, bactéries, archées, protozoaires, micro-algues ou champignons sont essentiels pour comprendre comment s'est construit le vivant et prendre la mesure de sa complexité, comment il s'est propagé sur Terre, comment il fonctionne, de l'organisme à l'écosystème. Ces recherches révèlent également le potentiel que les micro-organismes représentent en termes d'utilisations bio-inspirées pour le futur de l'humanité et de la biosphère.
    Cette partie de la biodiversité, si loin de nous mais si présente, est une solution et non un problème. C'est ce nouveau regard que le livre invite à porter sur ce qu'il convient d'appeler la microbiodiversité...
    Ouvrage dirigé par Laurent Palka, enseignant-chercheur au Muséum national d'histoire naturelle, et préfacé par Bruno David, président du Muséum national d'histoire naturelle.
    Avec les contributions de?: Sina Adl, Frédéric Barrière, Nathalie Becker, Lucie Bittner, Bernard Bodo, Alyssa Carré-Mlouka, Samuel Chaffron, Claire Cherbuy, Unai Escribano-Vazquez, Damien Eveillard, Thomas Flinois, Patrick Forterre, Morgan Gaïa, Muriel Gugger, Lionel Guidi, Philippe Langella, Enrique Lara, Jacques Livage, Josselin Lupette, Éric Maréchal, Lionel Ranjard, Bruno de Reviers, Marc-André Selosse, Muriel Thomas.

  • Face aux conséquences désastreuses des changements climatiques, des milliers de scientifiques travaillent à comprendre l'état actuel du climat et prédire son évolution future. Pourtant, il y a quelques décennies, la complexité de la « machine climatique terrestre » semblait dépasser largement les capacités humaines. La dynamique des fluides semblait trop imprévisible, les phénomènes à prendre en compte, trop nombreux, la Terre, trop vaste pour être étudiée et comprise.
    Depuis, la science et la technologie ont fait des progrès immenses. Des programmes internationaux de grande ampleur les ont motivés et guidé en organisant des expéditions scientifiques sans précédents. Ces dernières ont impliqué une multitude de navires, d'avions et de satellites bardés d'appareils de mesure d'une variété et précision inaccessibles trente ans auparavant. Si l'étude du climat - ses dynamiques, ses bouleversements, sa « chaoticité » - requiert des théories d'une grande profondeur ainsi que des moyens de calcul puissants pour le modéliser numériquement, ce serait donc se méprendre que de passer sous silence le travail considérable des récentes décennies visant à recueillir une pléthore d'observations sans lesquelles aucune modélisation, aussi raffinée soit-elle, ne « tiendrait debout »...
    C'est une brève histoire de cette épopée scientifique et technologique que ce livre vous propose de découvrir.
    En collaboration avec Pierre Morel.

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