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  • La démocratie confinée ; l'éthique quoiqu'il en coûte Nouv.

    Comment avons-nous vécu les expériences de cette année incertaine, inquiétante, qui a déstabilisé nos repères, dérouté nos chemins, appauvri nos quelques certitudes, ruiné des existences et qui nous confronte désormais à des décisions difficiles ? Comment penser un après alors que la crise est encore là pour un longtemps et qu'elle a éprouvé notre démocratie dans ses valeurs essentielles ? Dans cet ouvrage, l'auteur reprend ses analyses qui constituent un retour sur les temps forts de cette première année de pandémie, sur les modalités de gouvernance, le processus décisionnel avec ses conséquences à tous les niveaux de la vie sociale. Du fait de sa position d'observateur engagé au plus près du terrain, il a contribué à nombre de réflexions portant notamment sur les choix en réanimation, la vie en ehpad (et là où les vulnérabilités humaines et sociales sont les plus fortes), les arbitrages institutionnels et les initiatives de proximité. Emmanuel Hirsch explore les divers aspects des réalités de la pandémie, scrute le processus décisionnel souvent défaillant, permet de comprendre ce qu'a été l'intelligence pratique des « invisibles » de notre République, héros pour quelques semaines et oubliés depuis. Son livre interroge la gouvernance solitaire et entre experts d'une circonstance imprévisible qui aurait d'emblée justifié une concertation publique. En cette situation exceptionnelle, la vie démocratique a été confinée alors que lutter contre un phénomène de cette ampleur n'est possible qu'en mobilisant l'ensemble des composantes de la société. Au-delà d'un constat rigoureux, le propos est critique et engagé, car l'un des objectifs de ce livre est de donner à penser comment vivre le long terme d'une crise globale révélée par le choc d'une pandémie.

  • Lire l'entretien avec Anna Tardos et Geneviève Appell

    À travers de nombreuses descriptions, photos et séquences vidéo, Geneviève Appell nous invite à partager son regard sur le bébé et à nous émerveiller de voir chaque enfant développer à sa manière ses propres compétences pour peu qu'il soit accompagné par des adultes attentifs dans un environnement à la fois riche et sécurisant. 

    En s'appuyant sur les travaux originaux d'Emmi Pikler et sur leurs implications pratiques pour le bien-être quotidien de Bébé, elle nous livre ses propres observations et découvertes qu'elle accompagne de nombreuses propositions concrètes pour aider les parents et les professionnels à trouver leur chemin avec un tout-petit. 

    Cette approche réfléchie et empathique, qu'elle décrit minutieusement, n'a rien d'exotique. Proche de nos manières d'être et de faire habituelles, elle s'en différencie par des détails apparemment minimes mais porteurs d'effets importants. En effet, quand l'adulte a confiance en la force de développement de Bébé, il lui donne la possibilité d'être actif par lui-même dans une tout autre dynamique que « l'apprentissage classique ».  

  • Dans le domaine de la violence intrafamiliale où les expériences se situent au-delà du représentable de par la gravité des faits et la sévérité des traumatismes, rigueur et créativité sont indispensables pour pouvoir rester thérapeutiques tant pour les victimes que les agresseurs et leurs proches. Cette clinique de la transgression nécessite d'évaluer précisément la violence, son impact et la capacité des personnes impliquées d'en avoir conscience mais aussi d'instaurer un indispensable travail de réseau qui court toujours le risque d'être clivé.

    Après dix années de pratique clinique auprès d'enfants, d'adolescents, d'adultes, de personnes âgées, de couples et familles, mais aussi de collaborations en réseaux, les auteur.e.s  partagent les outils d'évaluation et d'analyse qu'ils/elles ont développés au sein du centre Les Boréales autour de la maltraitance et des violences conjugales avant et après séparation, de l'attachement, de la psycho-traumatologie et des neurosciences. Ils/elles décrivent le travail thérapeutique mené avec des patient.e.s polytraumatisé.e.s, où l'approche verbale est peu fructueuse, voire contre-productive. Des techniques analogiques mobilisant les ressources du cerveau droit sont illustrées avec de nombreux exemples cliniques et permettent de comprendre combien cette clinique nécessite de la créativité pour aider les patient.e.s à reprendre les rênes de leur vie.

  • Cet ouvrage est décisif pour comprendre l'impréparation dans laquelle s'est trouvé notre système hospitalier face à la pandémie due au coronavirus. Après l'effet de sidération provoqué par la crise sanitaire, comment reconstruire l'hôpital ?

    Des réorganisations permanentes, à partir des années 1980, ont imposé un modèle en rupture avec les valeurs traditionnelles présidant aux activités soignantes. Devant l'explosion des demandes de santé et l'augmentation des coûts, les responsables politiques ont proposé réforme sur réforme sans parvenir à une régulation d'ensemble. Entre logiques défendues par les soignants et celles incarnées par les gestionnaires, la norme s'est imposée comme la figure d'une action neutre, légitime parce que scientifique, mesurable et modélisante. Elle s'est généralisée au détriment de l'attention aux situations concrètes provoquant ainsi des décrochages entre la vision centrale abstraite et celle du terrain.

    A partir d'un véritable travail clinique mené dans la durée et dans l'épaisseur des fonctionnements hospitaliers, l'auteur dégage de nouvelles voies pour reconstruire l'hôpital en réconciliant les différentes logiques - médicale, soignante, gestionnaire - pour ne pas oublier que soigner, c'est d'abord de la présence, du soin humain et technique, des équipements, des lits, et pas seulement un processus optimisé.

  • Comment redonner un élan vital à des personnes en déshérence ? Comment rentrer chez soi quand on n'en a pas ? Martine Colignon montre que la médiation artistique, pratiquée dans un cadre sécurisant, peut être un réel soutien pour les personnes en exclusion et participer à leur mieux-être. Collages, peintures, écritures... qu'importe la médiation pourvu qu'elle crée du lien durable ! En amont des dispositifs classiques d'accompagnement, cette action médiatisée agit comme un souffle sur la braise presque éteinte pour ranimer le désir.

    À travers des vignettes cliniques qui évitent les pièges habituels - généralisation, caricatures, stigmatisation et autres travers -, l'auteure témoigne d'une approche originale et nouvelle de l'exclusion, de ses conséquences, et ouvre de nouvelles pistes pour travailler sur la refonte du lien social et sur la souffrance des sujets en errance.

  • La stimulation basale est une approche humaniste développée par Andreas Frhlich en Allemagne dans les années 1970. Elle s'appuie sur des fondements théoriques neuro-développementaux, psychologiques, corporels et sensoriels qui permettent de mieux comprendre les personnes en situation de handicap grave et favorisent un accompagnement centré sur les besoins et les ressources de celles-ci et de leurs proches.

    À partir de son expérience de praticienne et de formatrice, Concetta Pagano en présente les aspects théorique, pratique et éthique, de sa conception à aujourd'hui, illustrés par des témoignages de parents d'enfants polyhandicapés et de professionnels.

    La stimulation basale incite les accompagnants à une véritable réflexion introspective autour de la notion de savoir-être pour questionner le savoir-faire. En effet, cette approche bouscule les certitudes, invite à l'humilité, à la créativité, à sortir des sentiers « balisés ».

    Ses apports sont particulièrement utiles dans les institutions médico-sociales qui accueillent des personnes en situation de handicap sévère (du nouveau-né à la personne âgée) ainsi que les hôpitaux (réanimation et soins palliatifs).

     

  • Suite aux attentats de 2015/2016, le gouvernement français conçoit dans l'urgence une réponse inédite pour détourner les jeunes du djihad. Un projet emblématique est alors au coeur de toutes les attentions : le centre de prévention et d'insertion à la citoyenneté (CPIC), vite et mal nommé « centre de déradicalisation ».

    Mais comment « déradicaliser » ? A quels professionnels confier ces jeunes ? Comment les accompagner ?

    L'ouvrage revient sur cette histoire méconnue, sur la base d'une enquête de terrain auprès des équipes du centre. Dans un style narratif axé sur les récits d'expérience, il plonge le lecteur en immersion dans le quotidien des professionnels, et tout particulièrement dans les aspects les plus ambigus et complexes de leur mission.

    Les auteurs proposent une lecture sociologique des désaccords et des conflits qui ont rendu impossibles la conception et la réalisation de ce travail de « déradicalisation ». Car derrière les murs et les grilles, se sont posés les termes d'un débat qui n'est pas clos, et qui constitue peut-être l'une des questions les plus centrales, les plus piégées et les plus mal posées de notre époque : qu'est-ce que la radicalité politico-religieuse et que peut-on faire pour la contrecarrer ?

  • Ce livre témoigne de 20 ans de lectures individualisées auprès de tout-petits et de leurs familles, à travers les voix croisées de professionnels de la petite enfance et de la culture, de spécialistes du développement de l'enfant.

    Face à l'accroissement des inégalités, les actions précoces et continues d'éveil culturel constituent, en particulier dans les quartiers où les injustices sociales sont les plus fortes, un des leviers majeurs pour un partage plus équitable du bien commun. Oui, les lectures avec les jeunes enfants amènent d'autres relations, un autre accompagnement, avec une capacité redoublée d'observation, d'écoute, de bien-être et davantage d'humanité. C'est ce que ce livre montre avec la mise en dialogue des multiples acteurs de ce champ, sur le terrain, dans les institutions d'accueil de la petite enfance, en pmi ou bibliothèque, avec les familles, les universitaires et les politiques engagés, à partir de vingt ans d'expérience de l'équipe de lire. Sans statistiques mais avec des analyses qualitatives fines de pratiques, de dispositifs, d'albums, d'études, les éclairages apportés par les uns et les autres convergent sur ce constat. Ils en éclairent les acquis pour les enfants et les familles, non seulement dans l'ici et maintenant mais 5, 10, 15, 20 ans plus tard.

  • Connu pour son approche psychanalytique du vieillissement et son expérience de formateur dans de nombreuses structures publiques ou privées, l'auteur propose un concept original de fonctionnement d'un ehpad, adapté au XXIe siècle.

    Le coronavirus a révélé bien des défaillances dans les ehpad. Il est venu bouleverser des concepts dépassés et des méthodes d'accompagnement inadaptées. L'auteur décrit avec minutie la proposition d'un nouveau fonctionnement au quotidien, en ehpad, dans le respect de la dignité de chacun, et la mise en place d'un accompagnement thérapeutique des adultes âgés atteints d'une maladie de type Alzheimer. Au coeur de ses préoccupations se retrouve l'idée que soigner l'institution agit comme un moteur de la vitalité et de la continuité des liens, dans ces lieux de vie que sont les ehpad. Dans leur préface, Sophie de Heaulme, psychologue, et José Polard, psychanalyste, président de l'association « ehpad de côté - Les pas de côté », présentent les fondements de la psychothérapie institutionnelle, son actualité et sa pertinence pour penser une nouvelle organisation des établissements pour sujets âgés.

     

     

  • Longtemps considérées comme antagonistes, la psychanalyse et la théorie de l'attachement de John Bowlby sont convoquées dans leurs complémentarités pour penser la clinique auprès des enfants, des adolescents et de leur famille.

    John Bowlby s'est toujours revendiqué comme psychanalyste, même s'il a tenté d'intégrer à la théorie psychanalytique les notions les plus récentes tirées de l'éthologie, de la cybernétique et de la psychologie cognitive. Ses travaux, trop souvent réduits à la théorie de l'attachement, ont longtemps été frappés d'une sorte de « conspiration du silence » par l'ensemble de la communauté psychanalytique. Mais depuis au moins vingt ans, la plupart des psychanalystes, prenant en compte la fécondité de cette notion, ont intégré l'attachement dans leurs théorisations. Cet ouvrage a pour ambition d'approfondir ce dialogue, afin de saisir ce qu'il a encore à nous apprendre, non seulement à un niveau théorique mais aussi en prenant en compte ses implications sur les pratiques cliniques, qu'elles soient plus classiquement psychanalytiques et adaptées aux différents âges de la vie ou qu'elles s'étendent à des approches familiales ou institutionnelles.

  • Les auteurs témoignent d'une pratique clinique avec des travailleurs sociaux et tentent d'en tirer les leçons : il s'en dégage à quel point le management est en train de tuer dans l'oeuf ce qui fait la spécificité du travail social.

    Que dit-on à un patient alcoolique qui vient s'écrouler parce qu'il va perdre sa femme ? À une caissière de supermarché qui ne peut plus suivre la cadence ou ne parvient pas à retourner travailler sans « la boule au ventre » ? Aux parents qui viennent consulter avec un adolescent, le casque sur les oreilles, et qui décrivent une addiction aux écrans et des résultats scolaires en chute libre... ? À un éducateur qui doit faire face à un enfant autiste en crise ? Que dit-on à ces jeunes sujets qui se décrivent harcelés sur Facebook ou abandonnés par un copain et incapables de vivre ? ... Dans le séminaire « Pour une clinique du quotidien », un participant tiré au sort est invité à décrire son service et sa mission, à énoncer sa fonction et à parler d'une situation avec laquelle il/elle rencontre une difficulté, est traversé(e) par une question ou un doute. Le postulat de base est qu'il n'y a pas de « bonne réponse » mais qu'il y a néanmoins quelque chose à en dire, que ce quelque chose rend compte d'une rencontre unique entre un intervenant social et un patient et que, de cette rencontre seule, un soulagement, peut-être, surgirait.

     

  • « À la fois boîte à outils, manuel pédagogique et guide pratique, ce livre intéressera tant les professionnels aguerris que les novices, par la force de conviction qu'il véhicule et la riche expérience qu'il transmet : sonder les racines des comportements humains, donner du sens aux démarches administratives, transmettre un savoir-faire et un savoir-être.

    Patrick Tesson a eu cette fertile intuition d'articuler ces trois dimensions, offrant l'occasion au lecteur d'affronter le maquis de la réglementation, en donnant du sens à sa démarche ; de le nourrir de la richesse de la rencontre, en le convainquant d'être en situation autant de recevoir que de donner ; mais aussi de l'associer à cette réflexion conduite en permanence pour percer à jour les tenants et aboutissants de cette énigme qu'est et sera toujours l'être humain. Cette ambition, il l'a tout d'abord menée à bien en trempant sa propre plume dans l'encrier des vingt ans d'existence du "vivre avec" et du "vivre ensemble" de son lieu de vie et d'accueil : Les Alizés. Mais il a également voulu réaliser sa mission en installant sur l'écritoire ses compagnons d'aventure : salariés, stagiaires, bénévoles, ainsi que les jeunes accueillis qui livrent leurs souvenirs de leur passage chez le "père Tesson". [...] À l'heure où toute une génération passe la main, faisant de la place à du sang neuf, il est heureux que la transmission fasse son oeuvre.

    Ce livre m'a d'abord fait penser. Il m'a aussi fait rire. Et puis, il m'a ému. Mais, au crépuscule de ma propre carrière, ce qu'il m'a le plus apporté, c'est sans doute un coup de jeune. En refermant la dernière page, une envie m'a saisi : celle de créer un lieu de vie et d'accueil. Dans une autre existence, sûrement. » Jacques Trémintin, référent ase, journaliste à Lien social.

  • "Ce livre se penche particulièrement sur la question de l'excès d'amour, que ce soit l'amour fou de la mère pour son bébé ou l'amour fou de l'adolescent pour l'autre tant désiré.

    Comment se joue l'amour fou dans la rencontre entre le bébé et sa mère ? Se rejoue-t-il  à l'adolescence ? La dimension hallucinatoire de la première rencontre entre le bébé et sa mère jusqu'au drame triangulaire de la tragédie oedipienne de l'enfance est-elle réactivée dans l'après-coup du coup de foudre amoureux de l'adolescence et de la jalousie des pairs ? à partir de leur expérience clinique, les auteurs se penchent sur la nécessité de mieux différencier l'amour fou de la passion amoureuse. L'amour fou évoque une attraction irrépressible à la fois pulsionnelle et passionnelle : pulsionnelle où la source et l'objet se confondent ; passionnelle où le complémentaire et l'identique s'estompent. L'amour fou pose la question des modalités d'un travail analytique et en particulier des obstacles au transfert, tout autant avec le couple mère(père)-bébé qu'avec l'adolescent."

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • L'action sociale ayant ses finalités propres, elle doit modifier ses stratégies, réinterroger ses principes, aborder les questions de valeur, sous peine d'être dépassée par les problèmes nouveaux et récurrents. Une visée pratique et utilitaire. Des pistes de renouvellement et des perspectives d'avenir pour l'action sociale.

  • Qu'il s'agisse de l'anorexie sexuelle, de la dépendance affective, des addictions sexuelles, de l'amour de la haine, de la recherche de l'amour impossible ou encore de la dissociation du désir sexuel et du sentiment amoureux, nombreuses sont les configurations cliniques qui parlent de cette grande difficulté à aimer et à être aimé.

    Lorsque le lien amoureux est malmené ou blessé, certaines « défenses anti-amour » sont susceptibles de se mettre en place pour prévenir le risque de l'amour et de ses douloureuses séparations. Tandis que certaines stratégies sont délibérées, volontaires et conscientes, d'autres, plus inconscientes, sont beaucoup plus complexes à débusquer.

    À partir de ses recherches cliniques sur la vie amoureuse et les sexualités, Vincent Estellon explore la psychopathologie du lien, de ses formes les plus quotidiennes jusqu'aux plus extrêmes, en mettant en relief combien ces différentes figures prennent comme origine la terreur d'aimer et d'être aimé. Insistant sur l'importance d'un soin psychanalytique, il propose de se servir de la relation thérapeutique pour revitaliser la confiance dans le lien mise à mal par ces maladies d'amour.

  • Tomber amoureux, enceinte, malade ; être successivement embryon, foetus, bébé, enfant, adolescent, adulte, parent, grand-parent, vieillard ; se séparer, déménager, migrer, vieillir, traverser un deuil, une épreuve existentielle, être saisi par une révélation esthétique... Toutes ces crises successives, ces passages ponctuent et sculptent nos vies. Sylvain Missonnier envisage ces mutations à travers le prisme des métamorphoses qui mobilisent les virtualités les plus fécondes de notre être mais au prix d'une commémoration, parfois vertigineuse, de notre fragilité humaine. Entre errances labyrinthiques et purges cathartiques, la condition humaine trouve dans ces métamorphoses silencieuses souvent, bruyantes parfois, la véritable signature de sa créativité indissociable de sa précarité. A partir d'expériences personnelles, professionnelles et en écho avec la littérature et le cinéma,  l'auteur explore plusieurs figures de la métamorphose et tente d'en extraire les prémices d'une clinique des processus de mutation.

  • Depuis toujours les discours ont construits des mythes universels du féminin. Ils parlent de la femme qui n'existe pas, non de celles qui existent : nulle femme n'est comme Ève sortie d'un homme, nulle n'a conçu comme Marie sans
    semence. Ces figures universelles ont une fonction de symptômes, elles soutiennent le système symbolique en inscrivant ses points d'impossible, d'absurde, d'achoppement, elles ne disent rien des féminités. Le siècle dernier a objecté massivement à la description freudienne d'un féminin entièrement dépendant d'une grammaire phallique où il s'inscrit en défaut au regard d'un genre masculin en excès. Et il a objecté également à la loi sexuelle entre un genre qui a et l'autre qui est, dont Lacan a fait remarquer qu'il y avait là non pas un rapport sexuel mais un rapport de deux sexes. Les femmes ont intégré les discours, comme sujets de parole, ce qui est désormais le seul universel reconnu, les deux sexes sont maintenant assemblés dans les discours. Il reste qu'une féminité comme telle ne dépend pas du discours universel, elle se définit ailleurs, en plus, autrement, elle se déploie une par une, elle est unaire ou singulière. Que peut avoir de commun, par exemple, Thérèse d'Avila au xvie siècle, la sainte de la Contre-Réforme, livrant ses extases en Dieu, avec Lady Chatterley au début du siècle dernier, où s'écrit avec précision comment boîte ce qu'on appelle le rapport sexuel ? Comment saisir ce qui ne se manifeste que hors discours ? Pourtant ledit continent noir n'est pas l'Afrique mais se situe tout près des discours, où les féminités interviennent du dehors, une par une, pour tresser l'amour autrement, animer les causes du désir, les jouissances qu'ils distribuent.

     

  • Dans notre époque agitée, l'excitation, l'agitation, les troubles de l'attention et de la concentration sont des symptômes d'appel plus que fréquents, chez les enfants, mais également chez les adolescents et les adultes. Et les thérapeutes - les psychomotriciens entre autres - cherchent à répondre au mal être (voire aux désorganisations) des patients, mais aussi au malaise sociétal, par tous les moyens techniques : méditation, travail sensoriel, remédiation, hypnose, etc. La notion de détente ouvre le premier jalon de cette réflexion. Qu'est-ce que la détente ? Comment peut-elle s'installer dans le corps du bébé, de l'enfant, de l'adolescent, de l'adulte ? Quel est ce processus interne qui accompagne la construction psychocorporelle et qui permet la régulation tonico-émotionnelle ? Enfin, comment et pourquoi ce point d'appui important - ce régulateur interne qui permet de calmer l'angoisse et de contenir l'excitation - peut-il se perdre ou ne jamais se construire, entraînant troubles et symptômes somatiques et psychocorporels graves.

  • La réalité clinique et institutionnelle, et ses difficultés actuelles, ont conduit les auteurs à relire plusieurs séminaires de Jean Oury, mais aussi à revisiter la catégorie de l'imaginaire à partir de l'élaboration de Cornelius Castoriadis. Là où Lacan mettait le symbolique, puis le Réel, au coeur de la problématique du sujet, Castoriadis place l'imaginaire radical - à entendre dans ses deux acceptions : à la racine du sujet, mais aussi dans son inscription dans les « productions imaginaires du social-historique » -, une manière pour lui de se détacher très tôt du structuralisme, de tout déterminisme, et de ce qu'il appelle « la pensée héritée ».

    À partir de cet ancrage théorique et politique, les auteurs explorent les pistes offertes par leur clinique des psychoses et des états limites, attentive à la narrativité, aux productions plastiques des patients, à leur accès à l'espace imaginaire... Ils insistent sur la nécessité actuelle de repenser leur pratique clinique et institutionnelle en prise avec une « nouvelle raison du monde » néolibérale qui engendre une vision réifiée des sujets en souffrance, et promeut un imaginaire comptable, marchand, où chacun se trouve mis en concurrence avec tous.

  • Qu'ils vivent en famille d'accueil ou en foyer, la plupart des adolescents relevant de la protection de l'enfance, comme tous ceux de leur âge, possèdent aujourd'hui un smartphone. Alors que les mesures de placement cherchent à séparer les lieux de vie pour leur permettre de se reconstruire loin d'un milieu familial jugé inadapté, cet outil technologique constitue un cordon relationnel, qu'ils peuvent gérer de manière autonome. Quels usages en font-ils ? Peut-on les considérer comme bénéfiques ou au contraire comme dangereux ?

    En l'absence de consignes officielles précises, les professionnels de la protection de l'enfance (assistants familiaux, éducateurs, référents, coordinateurs, juges...) doivent trouver de nouveaux ajustements pour faire cohabiter pratiques juvéniles, communications familiales et mesures de protection. À partir d'une analyse des décisions de justice et de la réalité des pratiques, les auteurs montrent les marges de manoeuvre possibles entre le maintien d'un cadre formel et l'élaboration d'un accompagnement qui tient compte du parcours familial des enfants et des innovations socionumériques.

  • Olivier Real Del Sarte met en perspective les ressources de l'épistémologie génétique de Jean Piaget, la théorie de l'évolution, la cybernétique avec la pensée et la pratique systémique. Dans ce cadre théorique intégrateur, il entame un dialogue à la fois constructif et critique avec les neurosciences et les sciences cognitives. Comment s'en inspirer tout en évitant de réduire la phénoménologie tant mentale que sensori-motrice de la conduite du sujet à la seule activation des circuits de neurones du cerveau ? La complexité du fonctionnement du sujet humain nous oblige à ouvrir « l'homme neuronal » sur une articulation esprit-cerveau-corps-monde.

    À travers des vignettes cliniques, l'auteur présente le travail thérapeutique comme un art, une science et une éthique où s'exercent les ressources et les compétences créatrices des patients. Il montre l'intérêt de l'utilisation de ce que les systémiciens appellent « la sculpture » pour susciter l'expression somatique de leur problématique et construire des récits de vie ou de survie à partager.

    Le cadre théorique et pratique proposé entend répondre aux défis actuels des nouveaux champs de savoir et de pratiques posés aux thérapeutes et aux formateurs.

  • Au centre de la clinique de l'activité en psychologie du travail, il y a les valeurs du «travail bien fait ». Mais est-ce une question morale ? Ce livre, qui tire les enseignements de longues années d'actions et de recherches sur les conflits ordinaires du travail concret, fait plutôt le choix de l'éthique. Morale et éthique ne sont pas synonymes. Dans le travail collectif, l'éthique consiste à prendre des libertés avec les habitudes, celles de l'organisation officielle mais aussi celles de chacun. C'est un vrai travail de Culture, pour reprendre une idée de Freud. Mais, en s'appuyant sur Spinoza et Vygotski, Yves Clot montre que ce travail de culture « marche » à l'affect, pas contre lui.

    Ce livre est à la fois une réflexion poussée sur les méthodes d'intervention en milieu professionnel et, grâce aux controverses qu'il instruit, un dossier sur le problème des valeurs en clinique du travail.

  • A travers récits, dialogues, observations, références théoriques, cet ouvrage aborde les questions essentielles suivantes : quels sont les processus esthétiques à l'oeuvre dans les créations des comédiens en situation de handicap ou les méthodes de travail théâtral les plus appropriées ? Quels sont les traits communs et les différences entre ces démarches artistiques et l'art-thérapie ? Comment et par quels méandres la société a-t-elle progressivement construit la pos-sibilité d'un art fait par des personnes handicapées et reconnu comme tel ? Pourquoi l'art brut a-t-il devancé de plusieurs dizaines d'années la diffusion de spectacles intégrant des personnes en situation de handicap dans leur distribution ? La création du Théâtre du Cristal, parmi les toutes premières expériences dans le champ du handicap, et la trentaine d'années passées à faire du théâtre avec des personnes en situation de handicap ont constitué un observatoire privilégié pour décrire et analyser l'émergence d'un art brut au théâtre.

     

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