Gallimard

  • Le clan des otori - vol02 - le silence du rossignol Nouv.

    Au coeur d'un Japon féodal cruel et magnifique, le jeune Takeo a été sauvé du massacre des siens et adopté par le chef du clan des Otori. Les luttes sanglantes font rage entre les seigneurs de la guerre,
    les alliances se resserrent, les trahisons se profilent...
    Animé par son désir de vengeance et son devoir de loyauté, transporté par l'intensité de son amour pour la belle Kaede, Takeo doit accomplir son destin. Une quête épique dans un monde où se côtoient poésie
    délicate et terrible violence.

  • Contes du chat noir Nouv.

    Paris est encore imprégné du sang de la Commune quand le cabaret du Chat noir ouvre ses portes, devenant un haut lieu de la bohème artistique. ' Organe des intérêts de Montmartre ', l'hebdomadaire qui lui est associé, publié de 1882 à 1895, est un précieux témoignage de l'effervescence intellectuelle qui règne alors au sommet de la Butte. Il contribue à révéler le talent littéraire d'Alphonse Allais, Léon Bloy, Charles Cros, Verlaine, Mallarmé ou Lautréamont. Le Chat noir met à l'honneur l'esprit fin-de-siècle : humour noir, blagues de potaches, libertinage, goût de la subversion et fascination pour la mort. Nouvelles tragi-comiques, poèmes en prose oniriques, monologues absurdes ou gouailleurs, contes fantastiques, faits divers macabres : le journal favorise le mélange des genres. C'est aussi une exceptionnelle mosaïque d'images, au graphisme étonnamment moderne, qui préfigure la bande dessinée. À rebours de tous les conformismes, Le Chat noir est un magnifique hymne à la liberté.

  • Simone Weil, une juive antisémite ? éteindre les polémiques Nouv.

    Une polémique insistante poursuit la mémoire de Simone Weil à propos de l'« antisémitisme » présumé dont témoignerait sa pensée. Il est de fait que, dans le cadre de l'évolution spirituelle qui a conduit Simone Weil à se rapprocher du christianisme, elle a tenu des propos très durs sur la religion des Hébreux, puisque son projet était de purger la religion chrétienne de son empreinte juive au profit de sa composante grecque. Pareil antihébraïsme est-il assimilable à un quelconque antisémitisme ? La question continue régulièrement de faire couler de l'encre. Robert Chenavier, qui a dirigé l'édition des derniers volumes parus des OEuvres de Simone Weil, reprend méthodiquement le dossier, sur la base de sa connaissance intime de la pensée de l'auteure, afin de dissiper une bonne fois les sophismes et les interprétations biaisées qui alimentent cette accusation. Il examine en particulier, dans cette perspective, le texte de Simone Weil considéré comme le plus « antisémite », qu'elle rédigea à Londres, dans le cadre de son travail au sein des services de la France libre.
    La mise au point qui fera durablement autorité sur le sujet.

  • La toute petite reine Nouv.

    Un matin, Adrien, maître-chien, est appelé pour un colis suspect en gare de Strasbourg. Bloom, son chien hypersensible, va sentir le premier que les larmes de Capucine, venue récupérer sa valise oubliée, cachent en réalité une bombe prête à exploser dans son coeur. Hasard ou coup de pouce du destin, ils se retrouvent quelques jours plus tard dans la salle d'attente d'un couple de psychiatres. Dès lors, Adrien n'a de cesse de découvrir l'histoire que porte cette jeune femme.
    Dénouant les fils de leur existence, cette rencontre pourrait bien prendre une tournure inattendue et leur permettre de faire la paix avec leur passé afin d'imaginer à nouveau l'avenir.

  • Retour à Berlin Nouv.

    À Berlin, Deniz Salvère dirige une unité européenne antiterroriste qui a récemment mis hors d'état de nuire un groupe de pirates informatiques liés à l'extrême droite slovaque. Quelques mois plus tard, trois individus impliqués dans cette affaire trouvent la mort. Un cahier découvert chez l'une des victimes lance son équipe aux quatre coins de l'Europe pour déterrer d'autres indices et remonter jusqu'aux commanditaires, car les identifier, c'est aussi mettre au jour les méthodes utilisées par l'ultra-droite pour déployer ses tentacules sur le Vieux Continent : soutien financier aux candidats, achats de votes dans des cités paupérisées, phishing, rançonnage numérique, et, quand il le faut, meurtre des témoins gênants.

  • Les aventures d'un sous-locataire Nouv.

    Quand Stalen Igrouïev arrive à Moscou dans les années quatre-vingt-dix, il rêve comme tant d'autres de devenir écrivain. Mais il est plus enclin à passer du temps auprès des femmes et à s'adonner à la boisson qu'à se mettre véritablement à écrire.
    Puis il rencontre celle qui l'inspirera : Phryné. Femme-monde, initiatrice de trente ans son aînée et miracle de la nature, elle devient une compagne idéale et sa muse, et va bouleverser le cours de son existence.
    Rythmé par mille rebondissements et mené par une voix irrésistible pleine d'humour, ce roman picaresque se lit tout à la fois comme la déclaration d'un amour éternel et une réflexion sur ce qu'est la vie d'un écrivain. Mais il brosse également un formidable tableau de la Russie de la seconde moitié du XXe siècle, dans sa violence et ses excès, qui résonne particulièrement aujourd'hui.

  • Accueillir ou exclure ? les réfugiés en Europe, de la fin du XVIIIe siècle à nos jours Nouv.

    À l'heure où la « crise migratoire », parfois qualifiée de « crise de l'asile », n'en finit pas de diviser les États et les sociétés en Europe, cet ouvrage entend redonner une profondeur historique à une question d'actualité. Il interroge les multiples dénominations et représentations relatives aux « migrants » partis sous la contrainte, en allant de l'« exilé », du « proscrit », au « demandeur d'asile » et au « réfugié ». On y entend résonner les discours prononcés par des proscrits qui ont marqué leur temps, les échos des oeuvres littéraires que les exilés nous ont laissées en héritage, depuis Les Châtiments de Victor Hugo jusqu'à Persépolis de Marjane Satrapi, mais on distingue aussi le murmure anonyme des « sans-État », souvent dénigrés et rejetés. Le livre donne enfin la part belle aux oubliés de la migration - femmes, enfants et vieillards -, pourtant largement impliqués dans cette histoire en mouvement. Grâce à un parcours chronologique qui commence avec les insurrections et révolutions de la fin du XVIIIe siècle et s'achève avec le temps présent de la migration contrainte, ce récit transnational de l'histoire des réfugiés donne vie et corps aux exilés d'hier et d'aujourd'hui : il restitue leur expérience collective mais aussi la singularité de leurs parcours européens.

  • Une sorcellerie Nouv.

    Une sorcellerie

    Valentin Retz

    « Témoigner d'une expérience surnaturelle, dans une époque si meurtrie par l'esprit de calcul et d'analyse, comporte forcément un revers d'ombre et de folie. »

    C'est sur le terrain des grandes prophéties qu'on s'achemine avec ce conte halluciné, où résonnent des échos de Milton et de Dante.
    Nous sommes en 2015, juste avant les attentats du Bataclan et du Stade de France. À l'issue d'un après-midi étrangement lumineux, le narrateur va tout à coup faire l'expérience d'une sortie hors de son corps. Contre toute vraisemblance, le voilà projeté dans la tête d'un scientifique nommé Daxull, magnat des nouvelles technologies et terrible mage noir. Pendant deux jours, comme un présage du pire, il vit au rythme de son hôte, découvrant l'étendue de ses menées obscures.
    Démence ? Cauchemar ? Sorcellerie ? Après avoir réintégré son enveloppe corporelle, le narrateur prend conscience d'être engagé dans une quête spirituelle qui le mènera de Paris à Jérusalem.
    Des récits bibliques aux vertiges de l'histoire en passant par les archétypes de l'imaginaire, Valentin Retz nous invite, comme dirait Cervantès, à vivre en rêvant et rêver en vivant.

  • Les cahiers de la NRF ; jouer Dantzig sur un match de football : carnets intimes 1909-1942 Nouv.

    Ce volume met en lumière l'apprentissage intellectuel du jeune Drieu, puis retrace en filigrane son parcours et ses fonctions jusqu'à sa mort. Les carnets de l'étudiant, à Sciences Po et en voyage en Angleterre, apportent un éclairage nouveau sur Pierre Drieu la Rochelle : d'une étonnante maturité à 16 ans, réfléchissant à l'art, la littérature, la politique et la civilisation européenne. Il semble avoir déjà tout lu. Drieu évoque entre autres Barrès, Rousseau, Nietzsche, Disraeli, Schopenhauer, Amiel. Il médite dans des autoportraits à la troisième personne (« Il se rêvait nouveau B. Constant ») et, fasciné par les hommes d'action, se confie sur son caractère jugé trop timoré (il se surnomme « Coeur-de-lièvre »). Puis ce sont les carnets de caserne et de guerre aux Dardanelles, avec ses missions de sergent (défense d'un tirailleur sénégalais) mêlées aux réflexions sur la littérature. Plus tard, dans un carnet d'Argentine (1932), l'on suit ses déplacements et sa découverte des paysages, puis un carnet « Gilles » (38-39) nous plonge dans les coulisses de son grand roman. Enfin, les carnets de la guerre de 40 nous renseignent sur ses préoccupations quotidiennes (la gestion de La NRF, des noms de prisonniers à libérer, ses rendez-vous, etc.).

  • La saga des Cazalet (Tome 4) - Nouveau départ Nouv.

    La paix est enfin signée, Rupert est de retour après cinq ans d'absence et la famille décide de quitter Home Place pour retourner vivre à Londres. Mais l'Angleterre est ébranlée, tout comme les certitudes et les moeurs des Cazalet. La mort du Brig et le divorce d'Edward et de Villy apportent leur lot de tensions. Les plus âgés des enfants Cazalet sont désormais adultes. Louise s'ingénue à trouver des échappatoires à son mariage, et tente de revenir à sa première passion, le théâtre. Clary est devenue secrétaire d'un agent littéraire tyrannique, tandis que Polly est assistante dans une entreprise de décoration d'intérieur. Ami et proche confident, le personnage d'Archie se révèle plus que jamais le dépositaire des secrets de la famille. La difficile reconstruction, dans un Londres profondément éprouvé par six années de guerre, est le théâtre de ce « nouveau départ », où chaque Cazalet prend conscience que l'heure est venue de surmonter les épreuves passées.

  • Le livre de Promethea Nouv.

    «J'ai un peu peur pour ce livre. Parce que c'est un livre d'amour. C'est un buisson de feu. Mieux vaut s'y jeter, une fois dans le feu, on est inondé de douceur. J'y suis : je vous le jure.»
    Voilà ce que dit «l'auteur» de ce livre ; mais qui est l'auteur, Hélène Cixous? H? ou Promethea?
    «D'ailleurs c'est le livre de Promethea. C'est le livre que Promethea a allumé comme un incendie dans l'âme de H.»
    Il s'agit du journal immédiat, urgent, brûlant, d'une passion en train de prendre élan, éternité. Cette «chronique» n'a aucune autre technique que la plus ardente fidélité : elle a un rythme, musical, inégal, celui du coeur.
    À travers ces cahiers, ces chapitres, inscrits sur le vif, se dessinent les portraits de deux créatures qui se vouent à aimer comme au temps des légendes ou des quêtes épiques. Tout véritable amour n'est-il pas épique?
    Ce livre est simple et compliqué comme l'amour, douloureux comme la peur de la mort, joyeux comme la confidence absolue. Parfois on verse les larmes brûlantes de la jalousie, parfois on pleure de rire. Ce livre a un goût de sel et de miel.

  • Agence pertinax : filatures en tout genre Nouv.

    Répondre à une petite annonce et devenir détective le temps d'un été ? Apprivoiser une mystérieuse jeune fille aux yeux d'or ? Jouer les gardes du corps pour une très vieille dame persécutée par des appels anonymes ? Poursuivre un dangereux rôdeur sur un chantier désert ?... Pas si facile quand on s'appelle Matt et qu'on a seize ans ! Une solution cependant : l'Agence Pertinax, embrouillés en tous genres, à votre service...

  • La force des femmes Nouv.

    Prix Nobel de la paix en 2018, surnommé "l'homme qui répare les femmes", le gynécologue et chirurgien Denis Mukwege a consacré sa vie aux femmes victimes de sévices sexuels en République démocratique du Congo. Dans une région où le viol collectif est considéré comme une arme de guerre, le docteur Denis Mukwege est chaque jour confronté aux monstruosités des violences sexuelles, contre lesquelles il se bat sans relâche, parfois au péril de sa vie.
    Dès 1999, il fonde l'hôpital de Panzi dans lequel il promeut une approche "holistique" de la prise en charge : médicale, psychologique, socio-économique et légale.
    Écrit à la première personne, La force des femmes retrace le combat de toute une vie en dépassant le genre autobiographique.
    L'héroïne du roman, c'est la femme composée de toutes ces femmes. L'auteur rend un véritable hommage à leur courage, leur lutte. Pour lui, il s'agit d'une lutte mondiale : "C'est vous, les femmes, qui portez l'humanité."
    Ainsi, à travers le récit d'une vie consacrée à la médecine et dans un vrai cri de mobilisation, Denis Mukwege nous met face au fléau qui ravage son pays et nous invite à repenser le monde. La force des femmes clame haut et fort que guérison et espoir sont possibles pour toutes les survivantes.

  • Commissaire kouame tome 2 (tp) Nouv.

    Abidjan. La fille d'un grand patron de l'industrie française disparaît en plein jour. Le commissaire Kouamé est mis sur le coup, avec un ultimatum :
    s'il ne parvient pas à la retrouver au plus vite, la police hexagonale prendra la relève. L'adolescente est albinos... Y aurait-il un lien avec de sordides affaires de sorcellerie ? Une enquête trépidante dans une Afrique
    authentique et excentrique, un polar déjanté relevé par la verve ivoirienne de Marguerite Abouet.

  • Des livres et des femmes Nouv.

    Dans ce voyage autour de sa bibliothèque, celui qui se nomme lui-même l'homme aux livres expose une maladie étrange. Porté par un même désir vers les femmes et les livres, longtemps il s'était couché tard, prenant les unes pour les autres. Et l'inverse. Devenu vieux, marchant dans sa chambre-bibliothèque parmi et parfois sur les livres, il croise des amis écrivains perdus et retrouvés : Montaigne, Pascal, Flaubert, Sartre, Proust... L'homme aux livres est l'autoportrait d'un écrivain qui se regarde au miroir de ses livres. Non tant ceux qu'il a écrits que ceux qui l'ont écrit. On ne trouvera pas ici un éloge béat de la lecture, ni un réquisitoire contre les livres, accusés d'atteinte à la vie bonne et simple des corps. Non plus un Requiem sur la disparition du lecteur assassiné par les images numérisées. Ni un adieu aux livres, marotte d'un auteur à la recherche de son moi perdu. Se traitant lui-même comme un cas pathologique (le titre évoque les cas célèbres de Freud : L'homme aux loups, L'Homme aux rats), l'auteur raconte avec mélancolie et humour la vie d'un bibliomane.

  • Chevreuse Nouv.

    Chevreuse

    Patrick Modiano

    « Pour la première fois depuis quinze ans, le nom de cette femme lui occupait l'esprit, et ce nom entraînerait à sa suite, certainement, le souvenir d'autres personnes qu'il avait vues autour d'elle, dans la maison de la rue du Docteur-Kurzenne. Jusque-là, sa mémoire concernant ces personnes avait traversé une longue période d'hibernation, mais voilà, c'était fini, les fantômes ne craignaient pas de réapparaître au grand jour. Qui sait ? Dans les années suivantes, ils se rappelleraient encore à son bon souvenir, à la manière des maîtres chanteurs. Et, ne pouvant revivre le passé pour le corriger, le meilleur moyen de les rendre définitivement inoffensifs et de les tenir à distance, ce serait de les
    métamorphoser en personnages de roman. »

  • Choses qui rendent heureux et autres notes de chevet Nouv.

    Haruha akebono : « Au printemps, l'aurore. » Tous les Japonais connaissent par coeur l'ouverture du Makura no sôshi (les Notes de chevet), fleuron de la littérature ancienne dû à une dame de cour de l'an mille. Ses premières phrases évoquent un paysage en mouvement : cycle des saisons, parcours du soleil, traînées de nuages, vol de lucioles ou d'oies sauvages. La toile de fond de montagnes à la lumière changeante place d'emblée les fastes du palais de Heian-kyô (l'actuelle Kyôto), que le lecteur s'apprête à découvrir, sous le signe de la fugacité des phénomènes et de sa conséquence immédiate, le mono no aware, « la poignante mélancolie des choses ».
    Corinne Atlan

    « Choses qui rendent heureux », « Choses qui égayent le coeur », « Choses qui ont une grâce raffinée », « Choses impatientantes », « Choses qui ne font que passer »... Par listes délicates et perçantes, Sei Shônagon saisit, attentive à leur impermanence, l'essence poétique des êtres et des choses.

  • Le quadrille français Nouv.

    An 1976 à Vienne. Dans une Autriche en pleine métamorphose, à un moment clé de son histoire, un jeune Français désireux de trouver sa place dans le monde est accueilli dans une famille de scientifiques et d'inventeurs, les Rollett. Lui qui pense n'être personne est fasciné par l'homo austriacus ; son seul désir sera désormais de devenir un « homme autrichien ». Entre des études théâtrales, la découverte des sentiments amoureux, l'écriture et la rencontre de figures étonnantes - écrivains, musiciens, scientifiques et psychanalystes -, le narrateur pénètre à l'intérieur d'un monde où les destins se croisent, où valsent des personnages dignes de Thomas Mann ou de Robert Musil.
    Entre la valse et le quadrille, qui prennent l'allure d'une nouvelle mythologie, l'auteur offre à voir le théâtre d'une initiation. Ce roman total aux pages ensorcelantes confirme que seul Dominique Pagnier, avec une subtilité schubertienne, est l'écrivain français capable de mener cette introspection européenne.

  • Rêvoir Nouv.

    Rêvoir

    Hélène Cixous

    « Comment font les gens qui ne disposent pas d'un Rêvoir de rêves, les malheureux, je n'arrive pas à imaginer une existence maintenue sous la coupe implacable du Cauchemar. J'ai connu un temps la liberté. Quand une liberté est pure et libre on ne s'en aperçoit même pas. On va, on vient, se couche, se lève, immortellement pendant des années, on ne les compte pas, on n'est ni savant, ni ignorant, on est distrait, on respire, on entre dans des magasins, puis dans d'autres, il y a des calendriers pour tout un chacun. Je fais appel à toutes mes forces mentales, pour deviner l'état du cerveau de ceux qui n'ont jamais connu, jamais aspiré l'air de la liberté, un air légèrement sucré, légèrement salé, discret, agréable, ceux qui à peine nés ont été déposés dans une cage, voués du premier au dernier souffle au cachot de l'esclavage, toutes ces créatures qui n'ont connu de la liberté que le regret greffé dans tout le corps par le mystère de l'héritage. »

  • Les voyages de Feininger Nouv.

    Né à New York en 1871 de parents d'origine allemande, Lyonel Feininger franchit pour la première fois l'Atlantique à seize ans pour aller étudier la peinture et la musique à Hambourg et à Berlin. Cinq années plus tard, il séjourne à Paris où il découvrira ensuite le cubisme, puis à Londres, retourne à Berlin l'effervescente : il peint, compose, fabrique des jouets, livre caricatures et bandes dessinées. Membre du Bauhaus à Weimar puis à Dessau de 1919 à 1933, où il fut un enseignant aimé et admiré, il est classé ' peintre dégénéré ' par le régime nazi, et retourne en 1937 aux États-Unis, où il finira ses jours.
    Feininger a vécu constamment partagé entre deux continents et deux cultures, américaine et européenne. Une singularité qui lui fit créer une oeuvre entre figuration et abstraction, peinture et gravure, qui lui vaut aujourd'hui d'être exposé dans les plus grands musées du monde. Un portrait kaléidoscope aux couleurs vives, contrastées comme celles des tableaux expressionnistes.

  • L'enfant qui se taisait Nouv.

    La sonnerie du téléphone a retenti dans le salon à moitié vide. L'annonce de l'enlèvement a résonné dans la pièce. Je me souviens avoir prononcé à voix haute cette unique phrase : "Papa est mort." Puis je me suis tue.
    Il aura fallu soixante ans pour que je brise enfin le silence familial et celui de la grande Histoire. L'enfant qui se taisait est le récit des longues recherches entreprises à la suite de ma mère sur la disparition d'un homme, mon père, enlevé dans son village aux portes du désert des Hauts plateaux quelques jours avant l'indépendance de l'Algérie. L'écriture confronte les époques, les lâchetés, les peurs, dans une quête obstinée et impossible de vérité. Elle permet aussi de faire revivre les témoins de la fin d'un monde que tout annonçait mais que personne n'avait vue venir, et les reviviscences de l'enfance.
    M.-C. A. E.

  • La droite et la gauche : histoire et destin Nouv.

    Le clivage droite-gauche est une de ces créations françaises qui ont fait le tour du monde. Il est le produit d'une histoire marquée depuis la Révolution française par une conflictualité aussi intense que complexe. Mais le parcours qui a conduit à la mise en place de cette division canonique des opinions et des identités politiques est loin d'être linéaire. En reconstituer les étapes, comme le fait Marcel Gauchet, est l'occasion de revisiter d'un oeil neuf la singularité de notre histoire politique, en même temps que d'éclairer la signifi cation de ce couple devenu peu à peu constitutif de la vie démocratique. La grande question d'aujourd'hui étant de savoir s'il conserve sa raison d'être au milieu des bouleversements que connaissent nos sociétés, ou s'il appartient à une époque en train de se clore.

  • Le pays du passé Nouv.

    Et s'il devenait possible de retrouver son passé ? C'est ce qu'imagine le mystérieux Gaustine en fondant une clinique où chaque patient peut replonger dans l'époque favorite de sa vie grâce au décor de sa chambre.
    L'artifice paraît simple et sans danger, mais la tentation d'échapper au présent peut se révéler périlleuse : qu'adviendrait-il de l'Europe si ses États membres étaient gagnés par cette envie ?
    Dans un roman éclatant d'inventivité, le grand écrivain bulgare Guéorgui Gospodinov interroge notre rapport individuel comme politique à la nostalgie et nous invite à nous pencher sur le séduisant miroir des souvenirs.

  • Où sont-ils maintenant : anthologie personnelle Nouv.

    Laura Kasischke commence à écrire de la poésie bien avant d'entamer son oeuvre de fiction. Lorsqu'elle publie son premier roman, À Suspicious River, elle a déjà fait paraître deux recueils de poèmes aux États-Unis. Depuis, elle mène ces deux activités en parallèle. Où sont-ils maintenant, son anthologie personnelle, offre un parcours rétrospectif dans ses neuf recueils déjà publiés, révélant la force du souffle poétique traversant cette oeuvre.
    Laura Kasischke parvient, par son écriture déployant des images inattendues où s'entrechoquent le cosmique et le quotidien, l'univers familier et sa face cachée, à mettre la conscience à nu en montrant des éclats de vie traversés par le désir, l'angoisse, la maladie, la mort, les regrets. Dans ces pages se côtoient des mères berçant leurs bébés ou s'affolant de voir leur bambin disparaître dans un supermarché, des jeunes filles en quête d'avenir, des souvenirs de parents disparus et une multitude de visages sortis de l'oubli, tous à la recherche d'un lien proprement humain que le poème même de Kasischke vient recréer, de son premier à son dernier vers.
    Cette poésie, infl uencée par les surréalistes français et par l'oeuvre de Sylvia Plath, que la forme ne vient jamais emprisonner, mais dont les variations de rythme épousent savamment les mouvements de la vie, la sienne comme celle de tant de destins entraperçus, est aussi bouillonnante de vitalité et d'humour.

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