Grasset

  • Piraterie Nouv.

    Piraterie

    Tancrède Voituriez

    • Grasset
    • 30 Juin 2021

    «  Il y a une phrase sur l'écran  », dit Grace. Elle chuchotait. Elle s'approcha plus encore. L'intensité de la lumière, répandue par les diodes jaunes et bleues, se mit à baisser, comme si la machine voulait l'accueillir et la dérober. «  Elle invente des citations d'hommes célèbres  », dit la voix de Camille derrière elle. « C'est son nouveau jeu.  » A son tour, Camille s'avança et murmura « Grace  ». Avec quelques hésitations, il effleura ses doigts, puis il lui prit la main, lui disant «  Viens  »... 
    En pénétrant dans les ordinateurs de la NASA, Camille, pirate et prodige informatique, amoureux et fantaisiste, fait une découverte  : non seulement la sonde Voyager partie explorer les confins de l'univers n'a pas disparu depuis vingt ans  ; mais elle revient vers la Terre, portée par une force inconnue. Grace, l'astronome au destin familial hors norme, est choisie pour partir à la rencontre de la sonde, via la station spatiale internationale.
    Avec Camille, Grace saura-t-elle résoudre l'énigme qui terrifie le monde? Et établir un premier contact avec cette intelligence venue d'ailleurs  ?
    De Paris à Rio, de Houston à Baïkonour, Piraterie mêle génialement roman d'aventure et roman d'amour. L'homme lançant dans l'univers un disque portant ses grandes réalisations (des compositions de Bach, Beethoven, du raga indien, des théorèmes mathématiques...) va-t-il enfin obtenir une réponse ? Ou bien Piraterie est-il une épopée de l'amour et des mots, une ode à l'intelligence humaine  ?

  • Pardon si je dérange Nouv.

    Helen a 32 ans, elle habite New York. Célibataire sans enfant, elle travaille à temps partiel comme surveillante dans un centre périscolaire pour jeunes en difficulté. Helen a une vie plutôt banale, jusqu'à ce 30 septembre lorsqu'elle réceptionne le canapé IKEA de sa colocataire tout en apprenant, quelques instants après, le suicide de son petit frère. D'origine coréenne comme elle, il a été adopté par une famille installée dans le Milwaukee et est resté au domicile familial alors que sa grande soeur a rompu tout lien avec leurs parents adoptifs il y a plusieurs années déjà. Helen a fui un père pingre et une mère sans courage, ainsi que de rares amis. Mais la nouvelle de la mort de son frère la pousse à quitter provisoirement son emploi et Manhattan afin de retourner dans la maison de son enfance.
    À son arrivée, ses parents adoptifs, surpris, doivent cohabiter avec cette fille qui ne fait absolument aucun effort pour apaiser les tensions. Helen n'est pas venue pour réconforter son père et sa mère, ni pour les aider à préparer les funérailles, elle veut en réalité enquêter pour tenter de comprendre les causes du suicide de son frère. Interrogatoire de ses amis, inspection de la chambre du défunt, examen des derniers lieux qu'il a fréquentés, Helen se transforme en détective à la recherche d'indices mais aussi de sens. Un détective aussi envahissant qu'agressif, dont l'ironie dévastatrice ne connaît aucune décence.
    Pardon si je dérange est un livre hilarant et sombre à la fois. Patty Yumi Cottrell, elle-même d'origine coréenne, fait coexister avec beaucoup de naturel la comédie et la tragédie en les imbriquant dans l'esprit loufoque de sa narratrice. Une performance impressionnante pour un premier roman qui a conquis la critique et raflé de nombreux prix à sa sortie.
    Traduit de l'anglais (États-Unis) par Héloïse Esquié

  • Les victorieuses ou le palais de blanche Nouv.

    "La première fois qu'elle est entrée au Palais, Sumeya s'est sentie toute petite. Il est grand comme une forteresse ! Il y a le foyer avec son piano à queue, la bibliothèque, la salle de gymnastique, la buanderie qui sent bon le propre et le frais, les cuisines aménagées pour préparer à manger, une immense salle de réception où se tient chaque année le repas de Noël... Et des centaines de chambres pour les femmes qui vivent là."
    Du haut de ses cinq ans, Sumeya, arrivée depuis peu avec sa maman au Palais de la Femme, découvre l'histoire de Blanche, grâce à qui cet immense refuge pour les femmes a vu le jour, au siècle dernier. Au portrait de cette femme de convictions et de combats, libre et rebelle, se mêlent l'émotion et les envies de cette petite fille d'aujourd'hui. Sumeya aussi, un jour, aimerait faire quelque chose pour les autres...

  • Le recensement des intellos de gauche Nouv.

    Le professeur Prospero se trouve dans une de ces émissions de télévision qui mêlent écrivains, chanteurs, politiciens, sportifs et public. Répondant à une question, il mentionne naïvement Spinoza. Scandale  ! Du ton le plus grave, le présentateur lui répond  : «  Ceci est un programme qui s'adresse aux familles, et les gens qui ont trimé toute la journée ont le droit de se détendre sans se sentir inférieurs.  » L'assistance hue, tape des pieds. Le ministre de l'Intérieur, invité lui aussi, ajoute que le Pr. Prospero devrait avoir honte de son élitisme. Twitter se déchaîne. «  On t'aura, enfoiré d'intello de mes couilles  ! @giolia 71  » Rentrant chez lui, il est tué à coups de batte de base-ball.
    De cet argument de départ s'ensuit l'aventure la plus tristement comique qui soit, celle du populisme contemporain. Cela se passe en Italie, cela pourrait se passer en France, aux Etats-Unis, en Hongrie, en Pologne, c'est-à-dire partout. Le ministre de l'Intérieur, devenu Premier ministre de l'Intérieur (car nous sommes dans une réalité augmentée) comprend tout de suite l'avantage électoral qu'il y a à honnir les écrivains, les intellectuels, les penseurs. Et il décide, face au danger évidemment terrible qu'ils représentent, du recensement national des intellos de gauche - puisque le mot «  gauche  » est devenu synonyme de «  vice  ». La première victime sera ce ministre même, filmé à son insu sortant d'un cinéma d'art et d'essai. Le populisme dévore ses enfants. Parallèlement à cet orage politique, on cherche qui a tué le professeur. La fille du professeur, Olivia, enquête.
    Avec un brio et un humour qui le situent dans la lignée des romans d'Italo Calvino, Giacomo Papi radiographie les passions tristes de la politique contemporaine. Le livre a été un grand succès en Italie.

  • La règle du jeu N.73 ; complots et complotistes Nouv.

    DOSSIER : COMPLOTS ET COMPLOTISTES 
     
    A l'heure où le phénomène du conspirationnisme semble s'être installé durablement dans nos démocraties, à l'heure où les fake news se répandent massivement sur les réseaux sociaux, à l'heure où des mouvances complotistes (à l'instar de Qanon aux Etats-Unis) ont montré qu'elles avaient un poids important sur la vie politique, à l'heure où 79% des Français adhèrent au moins à une théorie du complot, à l'heure où le complotisme survit à toutes les tentatives de le réfuter, il importe, avant de le «  combattre  », de l'identifier précisément. De retracer sa généalogie, d'interroger son rapport à la «  vérité historique  » et aux «  secrets d'histoire  » - et donc, de proposer une «  théorie  » des théories du complot.  
    Quelles sont les origines du conspirationnisme ? Quelles sont ses causes immédiates et profondes ? Quelles sont les idéologies les plus poreuses à ce type de discours ? 
    Etant donné que l'histoire a été jalonnée, depuis l'Antiquité jusqu'à nos jours, de mille conspirations réelles, quelle est la différence entre la démystification des «  versions officielles  » et la démarche complotiste  ?
    De quel mal le conspirationnisme est-il le symptôme ? Que dit-il du rapport que la modernité, que le numérique, que les réseaux sociaux entretiennent avec l'idéal de vérité ?  Arrive-t-il qu'une théorie du complot dise vrai ? En ce cas, comment faut-il se positionner par rapport à elle ? 
    Pourquoi Rousseau est-il l'un des inventeurs de l'imaginaire complotistes  ? Quel essor ce dernier a-t-il connu à travers la littérature, du cardinal de Retz à Philip Roth en passant par Nizan  ?
    Comment répondre au conspirationnisme ? Le fact-checking, dont le modèle s'impose de plus en plus à travers les rédactions et les médias, constitue-t-il un remède efficace ? 
    Dans le numéro 72 de La Règle du jeu, nous avons posé ces questions à des écrivains, à des intellectuels, à des philosophes - avec, en ligne de mire, une interrogation directrice : et si les complots étaient les points aveugles des complotistes ?
     
    Mais aussi  : Un article de Haim Korsia, grand rabbin de France, sur Rothko.   Un article de Joseph Cohen sur Hans Jonas   Un entretien de Nathan Devers sur l'art du roman.«  Proust et l'autofiction  », par Avery Colobert

  • La tres grande aventure Nouv.

    "Le soleil se lève à peine. Marcello, le petit pois et Nanni, le haricot sont fatigués de leur longue marche et entrent dans la cour d'une ferme pour se reposer.  Mais dans cette ferme, il y a un poulailler. Et qui dit poulailler, dit coqs et poules. Et ces bêtes à plumes adorent les légumes verts ! (Surtout les petits pois et les haricots.) Marcello et Nanni n'ont même pas le temps de dire ouf qu'ils sont déjà dans le ventre d'un coq... Zut alors !"
    Ainsi commencent les aventures délirantes de deux amis, Marcello et Nanni, respectivement donc petit pois et haricot de leur état. Quand on est tout petit et que le monde semble plein de dangers, autant se serrer les coudes, et avoir de l'imagination ! Et la route débouche parfois sur le lieu  que l'on cherchait sans le savoir depuis toujours...

  • Reims Nouv.

    Reims

    Yann Moix

    • Grasset
    • 19 Mai 2021

    Reims constitue le deuxième volume de la tétralogie, ou du quatuor, que l'auteur a intitulé « Au pays de l'enfance immobile », dont Orléans paru en aout 2019 était le premier opus, et dont Verdun et Paris seront les troisième et quatrième.
    Le narrateur s'est enfin échappé du cauchemar familial d'Orléans, il aspire aux plus grandes écoles pour « monter à Paris » mais ses résultats médiocres aux examens de mathématiques le font atterrir à l'Ecole supérieure de commerce de Reims, vécue par lui comme une relégation en troisième division.
    Ici tout n'est qu'ennui, impuissance, obsession sexuelle jamais assouvie, dérive alcoolisée, débâcle progressive avec une petite bande de paumés masturbateurs et suicidaires qui tournent le dos à la compétition scolaire pour mieux affirmer leur différence.
    Dans cette course à la vanité paradoxale de l'échec, avec les mots brandis contre les chiffres, la littérature contre les mathématiques, le déclassement contre le classement, la révolte contre le conformisme, la provocation contre la convocation, il va s'agir, à défaut de briller par le succès, de se distinguer par l'ignominie.
    Sur cette bande de pieds nickelés travaillés par la chose littéraire qu'ils ne travaillent pas, plane l'ombre des « Simplistes » qui étaient parvenus à produire des oeuvres belles et profondes à partir de Reims  : René Daumal, Roger Gilbert-Lecomte, Roger Vailland et d'autres qui ont illuminé la revue littéraire Le Grand Jeu, là où leurs pâles successeurs   ne sont plus capables que d'un tout petit jeu grinçant et misérable.
    Reims, ou la prolongation de la haine de soi quand la haine des vôtres vous a définitivement incarcéré au « pays de l'enfance immobile »...

  • Omissions Nouv.

    Omissions

    Emiliano Monge

    • Grasset
    • 19 Mai 2021

    Peut-on échapper à son histoire familiale lorsqu'elle s'est construite au fil des mensonges et des trahisons  ? Le grand-père d'Emiliano Monge, lui-même petit-fils d'un Irlandais ayant fui l'Europe, sa femme et ses enfants pour s'installer en Amérique, a mis en scène sa propre mort. Carlos Monge McKey a placé un cadavre dans sa voiture, mis les mains de celui-ci sur le volant, desserré le frein et laissé le véhicule dévaler une carrière, puis exploser. Pendant plusieurs années, il a laissé croire à sa famille qu'il était décédé, jusqu'au jour de sa réapparition. Le père d'Emiliano, Carlos Monge Sánchez, traumatisé par la disparition puis par le retour de ce fantôme paternel, va pourtant lui aussi reproduire le schéma familial une fois devenu adulte. Jamais présent pour les siens, il est trop occupé par ses combats dans la guérilla aux côtés de Genaro Vázquez pour prévenir qu'il ne rentrera pas à la maison ou qu'il n'a pas embarqué dans l'avion du retour - alors que les siens l'attendent déjà à l'aéroport.
    Et puis il y a Emiliano, qui au début de ce livre pense s'être lancé dans une enquête familiale mais qui se retrouve finalement plongé dans ses contradictions les plus intimes. Alors qu'il essaie de faire parler son père pour qu'il lui raconte ce qu'on lui a trop longtemps caché, il découvre que la tentation de la fuite à tout prix, cette aspiration à tout abandonner pour retrouver sa liberté, à chaque instant, est ancrée en lui comme chez tous les hommes de la famille. En imaginant se construire contre ces figures paternelles, il réalise qu'il n'échappera pas à la tradition héréditaire, chez les Monge on vit par omissions pour mieux fuir ceux que l'on aime.
    En entrelaçant le journal de son grand-père, les entretiens menés avec son père et le roman de sa famille en train de s'écrire, Emiliano Monge nous embarque ainsi dans le récit à peine croyable de sa généalogie. Omissions progresse de rebondissement en rebondissement jusqu'au coeur de l'histoire familiale  et de la quête probablement la plus difficile pour l'auteur : celle de sa véritable identité.
    Traduit de l'espagnol (Mexique) par Juliette Barbara 

  • Bermudes Nouv.

    Bermudes

    Claire Legendre

    • Grasset
    • 19 Mai 2021

    Quitter sa vie pour tout recommencer à zéro dans un autre pays, sur un continent où personne ne vous attend, est-ce un fantasme ou un cauchemar ? 
    C'est ce qu'a fait l'écrivaine Nicole Franzl, avant de disparaître sur les rives du fleuve Saint-Laurent. Sa biographe part sur ses traces en suivant son exemple, laissant derrière elle des amours, des douleurs, des romans. A travers l'énigme d'une autre, c'est la sienne que déchiffre la narratrice de Bermudes, au long d'un exil qui la conduit de la Méditerranée à l'Europe centrale et jusqu'au nord d'un fleuve gelé au Canada. Dans ce voyage sensuel et mélancolique, les êtres croisés en chemin sont des révélateurs ou des compagnons de résilience : un homme politique attachant et insaisissable ; un chanteur de rock à la célébrité encombrante ; mais aussi les habitants d'une île presque déserte où la vie semble possible. 
     

  • Un trésor lourd à porter... Nouv.

    À travers l'histoire d'un dragon pas tout à fait ordinaire et d'une petite princesse en cavale, ce conte moderne et initiatique interroge, non sans humour, la notion de richesse. Ce nouveau titre de la collection du Yark et de La Boulangerie des dimanches est aussi lumineux que l'amour !

  • Les douces Nouv.

    Les douces

    Judith Da Costa Rosa

    • Grasset
    • 12 Mai 2021

      Ils étaient quatre, trois filles et un garçon  : Dolorès, Zineb, Bianca et Hannibal. Quatre meilleurs amis devenus comme frère et soeurs, ayant grandi ensemble, connu les joies de l'enfance et les tourments des premiers sentiments, se jurant de ne jamais se séparer. La vie s'ouvrait à eux  ; le lycée terminé, ils quitteraient leur village du Sud, découvriraient Paris. Mais le soir du bal de fin d'année, Hannibal disparaît et laisse celles qu'il appelait mes douces, seules et interdites.  
      Huit ans plus tard, son corps est retrouvé, enterré dans la propriété d'Auguste Meyer, sculpteur célèbre de la région et professeur de poterie des quatre enfants qui, jusqu'à sa mort, a nourri pour Dolorès, sa beauté, une étrange fascination. L'Officier Casez est chargé d'enquêter, il convoque les trois jeunes femmes  ; l'une est devenue célèbre sur les réseaux sociaux, l'autre étudiante, la dernière travaille dans un cinéma. Elles ne se parlent plus mais continuent de recevoir d'énigmatiques emails signés Hannibal. L'une le croit vivant, les autres pas.
      A mesure qu'il essaie de percer le mystère de leur amitié, Léo Casez bute sur les interrogations  : quel pacte les liait  ? Qui était vraiment Auguste Meyer et pourquoi la mère de Dolorès le protégeait-elle ? En rouvrant les archives du passé, il force les secrets et nous entraîne dans les souvenirs de cet été brûlant, les joies et les tourments de quatre adolescents devenus si tôt adultes.
      Un premier roman haletant, envoûtant comme un tour de magie.

  • Vice Nouv.

    Vice

    Laurent Chalumeau

    • Grasset
    • 12 Mai 2021

      Une femme libre, ça ne paraît pas grand-chose. Mais pour certains, c'est déjà trop. Comme un vice à corriger.
      C'est ce que va découvrir Esperanza Running-Wolf, 45 ans, directrice de musée vivant sur la côte Ouest des Etats-Unis, femme indépendante, fraîchement séparée du père de sa fille, lequel s'apprête à devenir procureur général de son Etat. Quand le roman s'ouvre, elle profite de sa liberté retrouvée, sort et couche avec qui elle veut, notamment ce chanteur aux airs de bad boy dont le physique compense le manque de subtilité. Elle vient aussi de rencontrer Nick, un photographe avec qui elle entretient une relation épistolaire et numérique a priori sans ambiguïtés (il est marié et vit à l'autre bout du pays) mais pas moins intense. Seulement les choses vont s'emballer et celle qui pensait tout contrôler va se retrouver en danger  : le flirt virtuel devient une histoire d'amour impossible et Nick une obsession pénible ; le bad boy tombe amoureux et se fait menaçant. Et si ce type sympa qui la courtise était finalement le meilleur choix ? L'un d'eux finira par vouloir la faire payer. Mais lequel  ? Et pourquoi déjà ?
      Comme toujours, Laurent Chalumeau vise juste et tape fort en s'emparant d'un sujet brûlant dans notre société, la place de la femme, sa liberté, pour l'incarner dans un roman mené tambour battant. On y retrouve ce qui fait son succès  : un récit à plusieurs fils, une intrigue tendue nette, une langue jubilatoire, des personnages tranchants, du rythme, et une bonne dose de country music, B.O unique de ce roman explosif, tout à la fois thriller psychologique, polar féministe, comédie romantique réaliste et vice ô combien jouissif.

  • Maritimes Nouv.

    Maritimes

    Sylvie Tanette

    • Grasset
    • 12 Mai 2021

    Une île perdue en Méditerranée. Des collines, des oliveraies et, au fond d'une crique rocheuse, un village paisible avec son port minuscule. Depuis toujours, sa poignée d'habitants se tient à distance du continent... Ils racontent que de mystérieuses créatures marines veillent sur eux.
    Assis sur un banc face à la mer, un vieillard se souvient. C'était l'époque de la dictature. Un jour, un jeune inconnu à l'allure de dieu grec, Benjamin, avait débarqué sur l'île.  Il était en fuite, tous s'en doutaient mais nul, jamais, ne lui a demandé de comptes. Benjamin s'est installé dans une maison en ruine, sur un promontoire isolé où bientôt le rejoint Michaëla, fille de l'île et de la mer. Mais la haine qui ravage un continent peut frapper un bout de terre qui se croit à l'abri du monde.
    Une puissante histoire de résistance et d'indocilité qui est aussi un appel à l'attention envers la nature et à la force de la fraternité. L'évocation poétique et solaire d'une mythologie méditerranéenne éternelle et celle d'une mémoire chargée de chagrin. On n'oubliera pas la vision de Michaëla et Benjamin, de leur amour éperdu, fracassé par l'horreur de la dictature. 

  • Democraties en declin - reflexions sur la tentation autoritaire Nouv.

    L'historienne américaine Anne Applebaum n'est pas la seule à faire le constat alarmant que nos démocraties sont en danger. Mais son expérience - les années qu'elle a passées en Pologne après avoir travaillé à Londres - donne à son regard une acuité que peu d'observateurs possèdent. Son livre nous propose un voyage en Pologne, en Hongrie, au Royaume-Uni puis aux Etats-Unis qui nous conduit de l'intérieur de la droite modérée vers cette nouvelle droite flirtant avec l'illibéralisme et la tentation autoritaire. Son analyse est précise et s'appuie sur une connaissance approfondie des politiques mises en place par Droit et Justice en Pologne ou par le gouvernement Orban en Hongrie, en décrivant notamment les purges dans les administrations, institutions culturelles et médias. Applebaum examine  ensuite les raisons qui ont poussé des hommes comme Boris Johnson à soutenir l'idée du Brexit et comment le mensonge assumé est devenu une arme politique d'une efficacité redoutable. L'hypocrisie, le cynisme, la soif de pouvoir d'une droite prête à tout prend des formes légèrement différentes dans ces pays, mais la tentation de gouverner de manière autoritaire est la même partout, et le trumpisme en fut l'illustration la plus spectaculaire pour Anne Applebaum. Son livre est un cri d'alarme à la fois rigoureusement argumenté et infiniment personnel.
    Traduit de l'anglais (États-Unis) par Aude de Saint-Loup et Pierre-Emmanuel Dauzat 

  • Sur la route des hommes sans nom Nouv.

    Au début de l'année dernière, janvier 2020, Paris-Match, associé à d'autres grands journaux étrangers, a commandé à Bernard-Henri Lévy une série de 8 reportages dans la tradition de Joseph Kessel, Graham Greene, Ernest Hemingway ou Romain Gary.
    Ce livre rassemble ces reportages qui conduisent le lecteur dans le Nigeria de Boko-Haram, aux Kurdistan d'Irak et de Syrie, sur la ligne de front où s'affrontent Russes et Ukrainiens, dans la Somalie livrée à l'illégalisme et aux bandes islamistes, au coeur du Bangladesh martyr, dans les camps de la misère de Lesbos, dans l'Afghanistan en train de retomber sous la coupe des Talibans et, encore, en Libye.  
    Mais le livre s'ouvre sur un autre texte, de longueur équivalente, intitulé « Ce que je crois » et où il explique ce qui conduit un philosophe à aller, au bout du monde, témoigner pour des guerres oubliées  ou ignorées ; ce qui, des rêves internationalistes de ses aînés, lui semble encore valable et digne d'être prolongé  ; et comment le goût de l'aventure, dans la tradition - pêle-mêle - de Cendrars, Byron à Missolonghi ou, bien sûr, Malraux, l'anime depuis sa jeunesse.
    Qu'est-ce que le genre humain  ? Son unité est-elle menacée  par la montée des souverainismes et des égoïsmes ? Qu'en est-il de l'idéal de fraternité  ? Pourquoi aller si loin pour illustrer cet idéal quand il y a de la misère au coin de votre rue  ? La guerre est-elle aimable  ? Pourquoi Don Quichotte est-il ridicule  ? Que dit Achille  ? Hector  ? Qu'est-ce que la grandeur  ? L'héroïsme  ? Et pourquoi prend-on, quand on est un écrivain nanti, le risque de mort  ? Telles sont quelques-unes des autres questions que pose ce nouvel essai.

  • Les morts ne nous aiment plus Nouv.

     
    Paul, psychologue et écrivain, donne régulièrement des conférences au sujet du deuil dont il s'est fait une spécialité, jusqu'à ce que la mort se manifeste à lui sous la forme d'un arrêt cardiaque. Rien de grave  : une pile viendra suppléer à l'organe déficient, mais ce bref séjour au royaume des ombres ne lui épargne pas le vrai drame, celui qui guette en réalité sa femme Irène  :
    «  Est-il écrit que nous devons tous mourir d'une blessure d'enfance dont nous n'avons pas su guérir et qui, sans cesse prête à se réveiller, dort d'un sommeil de chat au plus profond de nos souvenirs  »  ?
    Tentée plusieurs fois par l'abîme, Irène, après avoir par son amour ramené Paul à la vie, se tue en voiture sur le lieu même qu'avaient choisi ses parents pour précipiter leur véhicule contre un parapet.
    Paul s'enfonce alors dans un deuil pathologique dont rien ne semble pouvoir le soigner. Rien, vraiment  ? Un an après la disparition d'Irène, il finit par céder aux sirènes d'un énigmatique inventeur qui prétend avoir trouvé le moyen de permettre aux inconsolables de dialoguer avec leurs chers disparus.
    Et voilà cet esprit rationnel saisi par le vertige de ce que peut offrir la technologie de pointe  : le coeur artificiel de Paul se remet à battre pour une femme virtuelle, dotée d'une intelligence elle aussi artificielle...

  • Les jours heureux Nouv.

    «  Edouard Vian et Laure Brankovic ont formé puis déformé pendant trente ans le couple le plus terrible et le plus célèbre du cinéma européen. Ils se sont mariés trois mois avant ma naissance. Ils ont divorcé quand j'avais un an. Se sont remariés quand j'en avais cinq et se sont à nouveau séparés pour mes quinze ans. Ils ont signé leur dernier divorce la veille de mes vingt-cinq ans. Entre temps ils ont fait une trentaine de film ensemble et un seul enfant  : moi. A eux deux ils ont créé une sorte de légende, lui à la réalisation, elle au scénario. Moi... c'est une autre histoire.  »
    Oscar, un jeune homme talentueux tente d'échapper à l'amour écrasant de ses parents, couple infernal et merveilleux qui ne sait vivre que dans l'urgence et la passion. Les tenir à distance est pour lui la meilleure manière de les aimer, jusqu'à ce matin de février où, dans le bureau glacial d'un hôpital, il apprend que sa mère est condamnée. Un secret qu'elle tient farouchement à garder. Naît alors en Oscar une idée absurde et obsédante  : inciter ses parents à se retrouver une dernière fois, avec l'espoir secret que sa mère en sera sauvée.
    La difficulté  ? Edouard Vian s'affiche depuis deux ans avec Natalya, une jeune franco-russe, influenceuse dans le milieu de la mode. Si, au départ, Oscar a le plus grand mal à supporter cette évaporée, Natalya va se révéler beaucoup plus complexe qu'il ne l'imaginait...
    Ainsi commence une ronde, entre Fitzgerald et Schnitzler, où ces héros fantasques et attachants jouent, se cachent, s'aiment, des marches de Cannes aux studios hollywoodiens, de Paris à New York et de la Grèce au Mexique, avant d'être percutés par les secousses de la grande histoire qui font peu à peu basculer le monde dans une ère nouvelle. A leur côté, dans les rues de Paris, sur un plateau de tournage, ou au sommet des Alpes, des amis, des amants, des femmes venues du passé.   Mais aussi des disparus, des êtres de cruauté, et bien des énigmes. Tout mot est réplique. Tout personnage porte un masque. Connaître est impossible sans se départir d'un secret. Et tous aiment la vie, imparfaite mais follement vécue.
    Un talent romanesque magnifique et tendre, qui voit Oscar grandir, se débattre, oser, écrire, dissimuler avant de comprendre enfin ce qui l'affranchira de ses démons.

  • La petite fille du passage Ronce Nouv.

    « Promets-moi de dire au monde ce que des hommes ont été capables de faire à d'autres  ». Telle a été l'espérance formulée par Fanny quelques heures avant son assassinat dans les chambres à gaz d'Auschwitz-Birkenau. Aujourd'hui, sa jeune soeur Esther tient sa promesse.
    Dans les années 1930, sa famille fuyant l'antisémitisme polonais, migre vers la France et s'installe passage Ronce, quartier de Belleville. C'est là qu'Esther grandit avec ses cinq frères et sa soeur, dans ce quartier populaire, avec ses marchés, ses rues poussiéreuses, ses échoppes de cordonniers et de tailleurs. Une existence modeste mais heureuse qui bascule en mai 1940. Il y a d'abord l'arrestation de son frère Marcel puis celle de Samuel, envoyé à Drancy. La rafle du Vel d'Hiv les 16 et 17 juillet 1942 est un coup de hache. Esther ne reverra jamais ses parents. Elle se réfugie chez une gardienne, réussit à gagner la zone libre, revient à Paris où elle est finalement arrêtée lors d'un contrôle d'identité puis internée au camp de Drancy. Birkenau  : Esther est rasée, tatouée, on lui assigne une baraque, un kommando. L'enfer commence  : le travail forcé, le froid, la promiscuité, les coups, la maladie, la faim. Et la mort, partout.
    Soixante-quinze ans après la libération des camps, Esther continue de faire vivre la mémoire des siens et d'honorer la promesse faite à sa soeur. La Petite fille du passage ronce est ce récit, mais aussi un projet historique et littéraire différent. Avec la complicité d'Isabelle Ernot, il s'ouvre comme un diptyque : le témoignage est suivi par un dialogue avec les disparus, par des lettres, à sa soeur Fanny et à sa mère Gela, ou encore lors d'une déambulation sur son chemin d'écolière entre Ménilmontant et Belleville. Le récit revient sans cesse vers ce passage Ronce, disparu, qui n'existe plus qu'ici  : en cette stèle de mots, vivace et émouvante.

  • La baignade Nouv.

    Oie se fait une joie d'aller se baigner avec ses amies. La journée promet d'être magnifique ! Mais une fois au bord de l'eau, ses amies préfèrent se reposer sur l'herbe plutôt que profiter de la baignade... Oie, déçue, songe à rentrer. Mais elle aperçoit soudain une Chose affreuse, terrifiante, monstrueuse... sûrement une terrible bête sous-marine !
    Les trois amies vont se réunir pour braver leur peur... et une fois le mystère résolu, il est enfin temps de profiter ensemble et sans nuage des joies d'une belle baignade partagée, des rires et des plongeons.

  • Les héritiers : 22 histoires inattendues de succession d'artistes Nouv.

    Que devient le chant d'un artiste après qu'il a disparu et n'est plus là pour s'occuper de son oeuvre ? Les héritiers décrit et analyse la succession de vingt-deux grands artistes et écrivains célèbres de génération en génération, qu'il y en ait huit (comme pour Montaigne et Diderot) ou dix (Mme de Staël). 
    Fierté ou indifférence, défense ou dénigrement, affection ou haine: tous les comportements se rencontrent et s'expliquent. Charles de La Fontaine égare la correspondance de son père, Pauline de Simiane détruit volontairement celle de sa grand-mère Mme de Sévigné, Carl-Philip Emmanuel Bach publie les partitions de son père qui lui sont échues tandis que son frère Wilhelm Friedmann vend les siennes au premier venu. Michel Monet et Paul Cézanne junior alimentent des vies de nababs en vendant les toiles de leurs pères alors que Jean Renoir trouve le temps, entre deux grands films, d'écrire une magistrale biographie de son père. Le frère et héritier universel de Maurice Ravel se laisse dépouiller de l'héritage par un couple de domestiques machiavéliques, les  fils de Chagall et de Simenon consacrent des livres à leurs relations chaotiques avec leurs géniteurs, à l'opposé d'Anne Wiazemsky qui a consacré plusieurs livres où apparaît, de manière tendre, son grand-père François Mauriac. 
    Premier livre sur ce sujet, Les héritiers, fondé sur une recherche rigoureuse et précise, livre une passionnante galerie de portraits parmi les plus grands artistes, et, bien au-delà, une réflexion sur notre rapport à l'art.
    Les artistes, par ordre chronologique : Michel de Montaigne, Françoise de Sévigné, Jean de La Fontaine, Jean-Sébastien Bach, Denis Diderot, Germaine de Staël, Alexandre Dumas, George Sand, Gustave Flaubert, Alphonse Daudet, Paul Cézanne, Claude Monet, Auguste Renoir, Henri Matisse, Maurice Ravel, Francis Picabia, Fernand Léger, Amedeo Modigliani, Marc Chagall, François Mauriac, André Malraux, Georges Simenon.

  • De la laïcité en France Nouv.

    «  Après les attentats de 2015, la laïcité fut invoquée et convoquée. Dans les collèges et lycées du pays, le élèves furent rassemblés et des leçons de laïcité leur furent administrées. Après l'horrible assassinat de Samuel Paty, les enseignants ont de nouveau été instruits d'informer leurs élèves sur la laïcité. Le drame est qu'ils se sentent tout autant démunis qu'il y a cinq ans, car la laïcité souffre d'une double ignorance. D'abord ceux qui lui sont attachés et sonnent parfois l'alarme, rendent sa défense impossible, faute d'arriver à la définir simplement et clairement. Du coup, elle est perçue par d'autres comme un catéchisme répétitif, un corset vide de sens, voire comme un régime de discriminations, c'est-à-dire rien de ce qu'elle est... La laïcité, qui permet aux croyants et non croyants d'être libres et égaux en droit, est au coeur de l'identité française. Mais la majorité des Français ne sont pas à même de la définir. Ils ne sont pas capables d'expliquer à leurs enfants, à leurs amis, à leurs collègues, comment elle vit en droit et en pratique. De la Laïcité offre pour la première fois et pour tous publics, une définition et une explication fondées sur le droit et sur l'histoire. Son appropriation par le plus grand nombre des citoyens est le premier instrument de sa défense efficace et légitime.  »Patrick Weil

  • Le corps d'origine Nouv.

    Le corps d'origine

    Jean-Luc Barré

    • Grasset
    • 14 Avril 2021

    Depuis le début de sa carrière politique, Guillaume Roussel a triché sur presque tout  : l'argent, le sexe, les idées. Tout est usurpé dans son image publique, à commencer par la rigueur des principes et la fidélité aux valeurs dont il se réclame. Leader d'une droite qui se veut dure et sans concession, Guillaume Roussel s'est doté, au fil du temps, du profil adéquat  : défenseur de l'ordre et de la tradition, gestionnaire sourcilleux, époux vertueux, chef de famille exemplaire, catholique de stricte obédience. C'est ainsi qu'il a réussi, porté par une ambition débridée, à accéder aux plus hautes charges de l'Etat. Elu député à trente cinq ans, devenu ministre de l'Intérieur à cinquante ans, avant de s'emparer de Matignon quatre ans plus tard. Ce qu'on appelle un parcours sans faute...
    A cinquante-huit ans, tout destine Guillaume Roussel à remporter la prochaine élection présidentielle quand il est mis en cause dans l'assassinat d'un prostitué marocain. Son nom est cité, parmi d'autres familiers du jeune homme, dans une lettre révélée après sa mort par un site d'investigation réputé pour ses enquêtes sulfureuses. Toute une partie de sa vie éclate au grand jour. On découvre, outre une bisexualité dont sa femme a toujours feint de ne pas s'apercevoir, sa connivence avec un des pourvoyeurs de fonds des milieux politiques et ses véritables origines idéologiques qu'il a reniées par opportunisme, pour prendre la tête d'un parti de droite, bien qu'issu de la gauche.
    Piégé par son cynisme, ses mensonges et ses contradictions, Roussel devient l'homme à abattre pour tous ceux, le président sortant en tête, qui avaient détecté son double jeu. Convaincu de la protection que lui confèrent son «  corps d'origine  », l'ENA, et le fait de détenir sur les autres des secrets équivalents, il est cerné peu à peu par les révélations sur ses moeurs et ses mauvaises fréquentations. Il crie au coup monté, soupçonne très vite l'Elysée d'en être l'instigateur, mais sans parvenir à conjurer le scandale qui en résulte. Il perd une partie de ses soutiens, sa cote de popularité s'effondre. Impuissant à se défendre contre la calomnie, discrédité par les révélations qui s'accumulent, pris dans un engrenage apparemment sans issue, il se trouve de plus en plus isolé et à la merci de menaces judiciaires qui achèveraient de ruiner sa réputation et ses chances d'accéder à la fonction suprême. Seul un coup de théâtre pourrait lui permettre de se sortir d'affaire...

  • Et la baleine l'engloutit Nouv.

    Après la mort de ses parents, Yunus Turabi est devenu chauffeur de bus à Téhéran où il mène une vie solitaire. Il aime la routine de son métier, ces longs trajets dans une ville tentaculaire, chaotique et embouteillée, mais il demeure à bonne distance de tous les débats politiques qui agitent ses collègues. Quand le syndicat des conducteurs déclenche une grève dure, il se retrouve pris malgré lui dans un engrenage de violence et de répression policière. Arrêté et emprisonné, il subit les incessants interrogatoires de Haij Saeed.
    Ce dernier, qui s'occupe exclusivement de Yunus, va devenir son seul repère dans un univers étrangement silencieux, régi par des règles immuables que le jeune chauffeur de bus subit sans comprendre. Le prisonnier et son geôlier entament alors un jeu dangereux où chacun essaie de prendre l'ascendant sur l'autre. Mais Haij Saeed dispose d'un outil redoutable pour briser la résistance de Yunus : l'isolement. Petit à petit, Yunus devra apprendre à se battre contre lui-même plutôt que contre son bourreau, afin de préserver son fragile équilibre mental ...
    Et la baleine l'engloutit est le récit de la descente aux enfers d'un innocent broyé par un régime autoritaire. Dans une langue implacable de précision, le romancier d'origine iranienne décrit non seulement les mécanismes à l'oeuvre dans une société marquée par la tentation totalitaire et le mensonge, mais parvient également à nous faire vivre de l'intérieur le combat d'un homme pour sa survie et sa dignité.
    Un premier roman fascinant et puissant.
    Traduit de l'anglais (États-Unis) par Marc Amfreville

  • Vigneronne Nouv.

    Vigneronne

    Laure Gasparotto

    • Grasset
    • 7 Avril 2021

    «  Je reviens d'un rêve, comme on tombe de son lit, le visage marqué par le pli des événements....  » Ce rêve de toujours, pour Laure Gasparotto, c'est la vigne. Ne plus seulement goûter et analyser les crus, légendaires, oubliés, novateurs, ni même les raconter  dans ses livres  mais tenter l'aventure, à son tour, les mains dans la terre  : devenir vigneronne.
    Mère de deux enfants et récemment séparée de leur père, la narratrice décide de tout changer. Epaulée par quelques amis, elle quitte Paris et achète un terrain dans les terrasses du Larzac. Ainsi naît son domaine, Les Gentillières.  Au coeur de  ces vallées pierreuses et secrètes, où la terre et le ciel luttent et échangent, l'enthousiasme l'emporte. La nature se donne, les jeunes enfants courent et arrachent le raisin rougissant, c'est déjà l'excitation des premières vendanges... Le monde de la vigne, pétri de légendes et de savoir-faire ancestral, est aussi un commerce, où il faut «  faire son vin  », le nommer, dessiner l'étiquette, le laisser prendre, le faire découvrir. Une aventure totale, entre chais, tracteurs, sécateurs et grêles....
    Car le métier est rude, obsédant et dangereux. La vigneronne est seule dans ses champs, isolée face aux raideurs de l'administration et dans un univers  masculin. La vigne réclame, la vigne vampirise. Ce n'est pas un métier mais une vie...
    Dans ce récit de métamorphoses, Laure Gasparotto se raconte au fil des jours. Elle a changé de vie, et chaque instant fut le laboratoire de recherche et développement personnel, coûteux, passionné. Et si finalement, ce n'est pas notre vie, mais nous-mêmes que nous devions réinventer ?

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