Grasset

  • Arrière-pays Nouv.

    Tout commence par un meurtre.
    Sur une aire d'autoroute, à la lisière des villes et des forêts où se vend cruellement le corps des femmes, dans l'Est autrefois blessé par la guerre, on découvre un routier polonais. Au volant de son camion. Assassiné.
    C'est une région qui fut prospère mais qui ne l'est plus. Son nom est lumineux, l'Aube, ses villes autrefois glorieuses, de Troyes à Bar le Duc, pays de foires, de marchés, de fabliaux et de haute sagesse romane. Mais les forges et les verreries ont fermé. L'abbaye de Clairvaux, fondée par Saint-Bernard, devenue une prison célèbre, une «  centrale  », est en déshérence. Et une société chinoise rachète les industries verrières et convoite nos forêts. Le rayonnement spirituel d'autrefois n'est plus qu'un souvenir.
    C'est dans cette France, abandonnée de la capitale, légendaire, blessée, balzacienne, si peu racontée, que ce meurtre, ce fait-divers, va provoquer un véritable séisme et prendre dans une même toile des êtres que tout oppose.
    Ils se nomment Alicja, jeune journaliste solaire et libre qui aime raconter la vie des gens sans histoire; Smyrn producteur de musique fatigué de Paris qui, à 40 ans, veut prendre un nouveau départ, entre forêt et désirs ; Gassien, un ancien légionnaire solitaire et dangereux, croit-on, ou bien est-ce un ermite médiéval échappé là... Il y a aussi Inge, passionnée par Clairvaux  ; son ami et amant le médecin de campagne, seul héritier de Saint-Bernard peut-être  ; il y a Amandine, pauvre mais riche d'envies.
    Tous cherchent un horizon, une échappatoire, un peu de sens et de pureté dans un monde sali, chiffré, abaissé... 
    Avec grâce, talent, et une infinie connaissance du coeur humain, Daniel Rondeau nous offre cette France dont on ne parle pas- rond-point ou cul-de-sac, aux paysages inoubliables et aux strates d'Histoire portées par la terre. A la suite de Mécaniques du chaos où il avait raconté les friches urbaines d'une France déboussolée, Arrière-pays est le grand roman d'une France oubliée.

  • Elles disent Nouv.

    Elles disent

    Léonora Miano

    « Des femmes d'horizons différents parlent, se parlent. Parfois  de manière frontale, parfois en se tournant le dos ou en se  prenant par la main.
    Celles dont les mots composent cette mélopée sont spirituelles,  politiques, cérébrales, sensuelles, visionnaires, enragées,  mystiques, torturées, espiègles.
    Leurs citations s'organisent en une manière de conversation  qui emprunte au jazz avec ses harmonies et dissonances, à  l'emphase d'antiques prêtresses, à diverses modalités du chant.
    Ce n'est pas le testament des femmes qui est ici proposé,  mais une déambulation rythmée dans leurs paroles. »L.M.

  • L'autre langue des femmes Nouv.

    « L' "autre" langue des femmes, c'est la parole qui émerge lorsqu'elles se définissent pour ce qu'elles sont, pas en fonction de ce qui leur est infligé.
    Ce langage fut toujours parlé en Afrique, continent qui enfanta des  dynasties de "grandes royales", contredisant ainsi la posture victimaire d'un  certain activisme occidental.
    S'appuyant sur l'histoire, les mythes, spiritualités et pratiques sociales des Subsahariennes, l'auteur nous initie à un riche matrimoine qui révèle  la variété des potentialités féminines.
    Les femmes impressionnantes dont elle nous conte les aventures  régnèrent sur des sociétés patriarcales, donnèrent une terre à leur peuple  en exil, firent du plaisir sexuel un droit, s'engagèrent dans les luttes  anticoloniales qu'elles financèrent souvent grâce à leur fortune personnelle,  furent conscientes de leur valeur en tant qu'individus souverains.
    Pourtant, la riche expérience des Africaines subsahariennes reste  méconnue. Sans s'identifier à ces femmes ni voir en elles des références, on  entend leur prescrire un modèle d'émancipation.
    La "sororité" reste une vue de l'esprit, compte tenu des rapports de  domination existant entre femmes. L'histoire a doté les unes d'un pouvoir  symbolique, politique et économique dont les autres ne jouissent pas.  Cette dissymétrie fondamentale est occultée par la centralité conférée à la  question de l'hégémonie masculine, censée définir et fédérer les femmes.
    Des rapports entre elles, reproduisant l'association de la cavalière et de  la jument, permettent-ils de faire cause commune ? »L.M.

  • Ou peut-être une nuit ; inceste : la guerre du silence Nouv.

    Charlotte Pudlowski avait 26 ans quand sa mère lui a appris qu'elle-même, enfant, avait subi un inceste. Sous le choc, la jeune journaliste s'est alors interrogée  : Pourquoi un si long silence ? Pourquoi sa mère, dont elle est si proche, n'a-t-elle pas pu lui parler plus tôt ? Et comment peut-on si mal connaître une violence qui concerne 7 à 10% de la population, soit 2 à 3 enfants par classe de CM2 en moyenne  ?
    Alors Charlotte Pudlowski a décidé de comprendre. Pendant deux ans, elle a rencontré des victimes, lu, cherché des explications auprès d'experts, sollicité ses proches. Ce travail à la fois intime et sociétal a donné lieu à un podcast diffusé à l'automne 2020 et au retentissement considérable  : près d'un million d'écoutes, des milliers de victimes sorties de la honte, comprenant les mécanismes du silence autour de l'inceste. Puis la publication du livre événement de Camille Kouchner, La Familia Grande, a déclenché un débat qui secoue désormais toute la société. Le mouvement metooinceste va-t-il enfin donner lieu à des lois, ou la chape de silence va-t-elle retomber sur ce fléau si tabou  ?
    Dans cette enquête choc, l'autrice montre à quel point les mots peuvent être l'arme et le rempart face à la violence, et tisse le fil de son histoire intime pour explorer la nouvelle frontière du féminisme : celle de l'abus des enfants par les pères, frères, oncles, cousins, un abus systémique, noyau structurant du patriarcat. Si l'on accepte de voir la nature de l'inceste et son ampleur, c'est tout l'ordre social dans lequel nous vivons qui doit être renversé.
    Finesse littéraire, rigueur, profondeur de l'analyse  : un ouvrage nécessaire et magistral.

  • L'enfant réparé Nouv.

    «  J'ai compris depuis ce qui motiverait mon chemin d'écrivain. Présenter à l'adulte que je suis devenu l'enfant que je fus.  »
     
    Dans Mon père, publié en 2019, Grégoire Delacourt peignait un père venu demander des comptes à un prêtre coupable d'abus envers son jeune fils. Catalyseur d'émotions enfouies, le livre allait faire ressurgir des souffrances muettes et conduire son auteur a une enquête introspective profonde. Remontant enfin à la source de son enfance saccagée, Grégoire Delacourt la fait revivre dans Son fils, poignant récit autobiographique où il se livre pour la première fois.
     
    Son fils raconte un corps abîmé et les livres qui l'ont réparé, ce corps qui très jeune a subi l'étourdissement dans le Valium ou autres médicaments et se perçoit comme un déchet. L'écriture lui permet d'abord de subsister, de fuir sa famille et ses souvenirs, avant de devenir une démarche créatrice jalonnée des traces cachées de ses douleurs enfantines.
     
    Pourquoi le petit garçon qu'il était rêvait-il au soulagement de sauter par la fenêtre  ? Qui était ce père, absent et bourreau  ? Cette mère adorée fuyait-elle son propre enfant, ou bien faisait-elle tout pour le protéger  ?
     
    Son fils est l'histoire d'une enfance abusée, d'une famille où l'on porte le déni comme une armure, et un éclairage unique sur le parcours d'un écrivain. «  Le jour où j'ai appris que j'étais une victime, je me suis senti vivant.  » Dans un style acéré, précis, un regard sur soi d'une rare lucidité. Bouleversant.

  • L'opium des élites : comment on a défait la France sans faire l'Europe Nouv.

    Raymond Aron avait analysé en son temps l'emprise du communisme sur les esprits dans L'opium des intellectuels.
    Et si l'opium des élites était aujourd'hui l'européisme  ?
    On nous endort tous les cinq ans en nous promettant des lendemains qui chantent, alors que les vrais choix politiques ont été opérés il y a plus de trente ans. Et n'ont jamais été expliqués aux Français, auxquels on a au contraire raconté des fables lénifiantes.
    « La gauche devrait-elle opter pour l'Europe contre le socialisme, ou pour le socialisme contre l'Europe ? » s'interrogeait François Mitterrand dans une longue tribune publiée dans Le Monde en 1968. Eh bien, c'est précisément François Mitterrand une fois Président qui, avec le tournant de mars 1983 puis l'Acte Unique européen de 1986, a fait prendre à la France puis à l'Europe entière le chemin du fédéralisme. De sorte que loin d'être un bouclier contre la dérégulation, comme il nous a été répété à l'envi, l'Europe fut la matrice, puis le vecteur de la mondialisation libérale.
    Mieux (ou pire) : ce sont les Français qui ont été les chevilles ouvrières du néo-capitalisme financier, les anglo-saxons ne faisant que s'engouffrer dans la brèche que nous avons nous-mêmes ouverte, avec Fabius et Beregovoy au pouvoir en France, Delors et Lamy à la tête de la commission européenne, Chavranski à l'OCDE, Trichet à la Banque centrale européenne (BCE), Camdessus au FMI et Lamy à l'OMC (Organisation Mondiale du Commerce).
    La civilisation européenne était supposée reposer sur l'État, plus l'État-Nation, plus l'État de droit, plus l'État-Providence. Or, l'État perd son pouvoir, l'État-Nation est voué aux gémonies au profit d'un fédéralisme hors-sol qui s'apparente à une religion politique, et l'État-Providence fut sacrifié, jusqu'au «  quoi qu'il en coûte  » de Macron, sur l'autel de la rigueur Maastrichienne.
    Cela s'appelle l'abdication d'une démocratie, selon la belle mise en garde de Pierre Mendès France: « L'abdication d'une démocratie: la délégation de tous les pouvoirs à une autorité extérieure, laquelle, au nom de la technique, exercera en réalité la puissance politique ».
    Résultat : aucune majorité présidentielle ou parlementaire n'a été reconduite en France depuis 1983, le FN est passé de 0,8% des voix à plus de 25%, le pouvoir régalien parait illégitime ou impuissant, et ce que les élites appellent le « populisme » gronde.
    On connait la formule de Georges Bidault (ministre des Affaires étrangères) en 1953: « Faire l'Europe sans défaire la France ». Nous avons défait la France en catimini au nom de l'Europe, sans pour autant parvenir à faire l'Europe démocratique qu'attendent les peuples et pour laquelle plaide l'auteur. Nous avons en somme perdu sur les deux tableaux.
    Un sursaut est possible : après une analyse au scalpel de la décomposition française (première partie) et une déconstruction non moins rigoureuse de l'idéologie européenne (deuxième partie), c'est à quoi se consacre la troisième partie de cet ouvrage.
    Un essai politique de fond, puisant aux meilleures sources françaises et internationales, puissant et argumenté, qui fera date tant il remet en cause les opinions convenues.

  • On l'appelait Maïco : Marie-Claude Vaillant-Couturier, la révoltée Nouv.

    Marie-Claude Vaillant-Couturier, dite Maïco, est la fille gâtée de Lucien Vogel, éditeur d'avant-garde, et Cosette de Brunhoff, soeur du créateur de Babar. Adolescente à l'aube des années 30, Maïco danse aux bals russes, pose pour Vogue, croise Aragon, Picasso, Gide, Malraux, bien d'autres Apprentie peintre à Berlin en pleine montée du nazisme, elle en revient métamorphosée et se tourne vers la photo. Elle fréquente alors les jeunes Capa, Cartier-Bresson, Gerda Taro, qui, comme elle, voient en l'URSS le seul rempart contre le nazisme. En 1933, son reportage clandestin au camp de Dachau est un scoop mondial.
    Elle rencontre alors Paul-Vaillant Couturier, rédacteur en chef de L'Humanité, leader communiste et prophète vénéré des «  lendemains qui chantent  ». Coup de foudre absolu. L'amour et la politique ne feront désormais qu'un. A la mort de Paul, en 1937, la jeune veuve de 25 ans incarne les espoirs du héros du Front Populaire. Résistante de la première heure, déportée à Auschwitz puis à Ravensbrück, son courage est inébranlable. Libérée par l'Armée Rouge, elle choisit de rester auprès des mourants et afin que «  le monde sache l'horreur concentrationnaire  ».
    Seule femme à témoigner au procès de Nuremberg, Maïco avance sans faillir vers Gring et les accusés nazis, devant une assistance saisie par un «  effroi sacré  », selon Joseph Kessel. Les images de sa déposition implacable font le tour du monde. «  Regardez-moi, car à travers mes yeux, ce sont des centaines de milliers de morts qui vous regardent, par ma voix ce sont des centaines de milliers de voix qui vous accusent  ». Devenue député, elle fera voter à l'Assemblée Nationale l'imprescriptibilité des crimes contre l'humanité, sans jamais renier son dévouement à l'URSS et sa foi communiste.

  • Et toi, qu'est-ce que tu manges ? Nouv.

    Embarquez pour un voyage culinaire sous le signe de la découverte et de l'émotion !
    Continuant la phrase "Dans le pays de mes ancêtres"... des enfants nous parlent de leur recette familiale préférée. 13 recettes, 13 récits, où l'on découvre pays et cultures, au fil de souvenirs, de liens, de couleurs, de traditions.
    Le poulet DG du Cameroun, les kannelbullars de Suède, les naans indiens ou les gnocchis italiens... On peut ensuite réaliser des recettes simples, entrées, plats et desserts : parcourir les continents en préparant des repas riches de saveurs du monde entier.
    À la fin du livre, on découvre que ces enfants composent une même classe, et s'apprêtent à partager ces mets délicieux autour d'une table conviviale et colorée.
    Essentiel pour toutes les bibliothèques et cuisines familiales !

  • Le droit d'emmerder Dieu Nouv.

    «  C'est à nous, et à nous seuls, qu'il revient de réfléchir, d'analyser et parfois de prendre des risques pour rester libres. Libres de nous engager et d'être ce que nous voulons. C'est à nous, et à personne d'autre, qu'il revient de trouver les mots, de les prononcer, de les écrire avec force, pour couvrir le son des couteaux sous nos gorges.
    A nous de rire, de dessiner, d'aimer, de jouir de nos libertés, de vivre la tête haute, face à des fanatiques qui voudraient nous imposer leur monde de névroses et de frustration - en coproduction avec des universitaires gavés de communautarisme anglo-saxon, des militants aveuglés, et des intellectuels qui sont les héritiers de ceux qui ont soutenu parmi les pires dictateurs du XXème siècle, de Staline à Pol Pot.  »
    Ainsi plaide Richard Malka, avocat de Charlie Hebdo, lors du procès des attentats de janvier 2015. Procès historique, procès intellectuel, au cours duquel l'auteur retrace, avec puissance et talent, le cheminement souterrain et idéologique du Mal. Chaque mot pèse. Chaque mot frappe. Ou apporte la douceur. Evoquant les noms des disparus, des amis, leurs plumes, leurs pinceaux, leur distance ironique et tendre. Oui, la liberté d'expression est un combat, chaque jour vivifié par des gestes, des paroles, des échanges.
    Face à la mort, la littérature nous tient  : ce texte, bien plus qu'une plaidoirie, est un éloge de la vie libre, joyeuse et éclairée.

  • Théories de théories Nouv.

    «  Comme certains de mes livres, Théories de théories est une tentative de classement au moyen d'une forme. Son titre s'explique par le double sens du mot ``théorie'', c'est-à-dire une proposition générale sur un sujet donné et une succession d'êtres ou de choses à la file. (Quand on dit : il y avait une théorie de chats, cela signifie que plusieurs chats se suivaient les uns derrière les autres.) Il se passe en une journée, à partir du moment où, levé, on s'habille («  théorie des beaux vêtements  »), et s'achève à la fin du jour (« théorie du  coucher du soleil  »). Entre les deux, je propose des théories sur tout ce que l'on appelle la vie, ou du moins la vie comme je l'entends. 
    On y trouvera une théorie du désir, une théorie de l'amour, une théorie des ponts (si mal en point dans le monde de murs où nous vivons), une théorie des grandes vieilles actrices de théâtre, une théorie des mappemondes, une théorie du temps, une théorie de la couleur marron, une théorie du rire, une théorie du mot fin dans les livres, une théorie des odeurs, une théorie des fleurs coupées, une théorie de l'ombre et une théorie de la lumière, bien d'autres.
    Ces théories, pour moi, ressemblent aux bâtons de métal qu'on nous faisait frotter en classe de physique pour attirer la limaille de fer. Elles rassemblent ce qui est épars, à la merci des coutumes, des idées reçues, des superstitions, de l'ignorance, et proposent des interprétations plausibles. Elles ne cherchent pas à être ``vraies''. Théories de théories est, en quelque sorte, une boîte à outils.
    Je dois ajouter que ``théories'' ne veut pas dire abstrait. Mes théories, qui sont parfois longues, parfois courtes, le plus souvent des essais, quelquefois des fictions, se fondent sur des observations, des faits historiques, les remarques des auteurs les plus divers de tous les temps et de tous les pays.  Des expériences sensibles, aussi. C'est mon livre le plus intime. A la fin, j'espère qu'on en aura retiré une certaine conception du monde, suivant ce que l'on pourrait appeler une pensée moirée, à la façon de la moire du tissu, changeante et variée comme la vie.  »  Ch. D.

  • Maquillée : essai sur le monde et ses fards Nouv.

    Ceci n'est pas un livre sur le maquillage.
    C'est un voyage inédit, une plongée dans un univers peu connu, fait de paillettes et de gloss, mais dont les règles et les acteurs, les produits et les valeurs, en disent long sur notre société consumériste et numérique.
    Une enquête sur une industrie qui vaut des milliards de dollars et fait rêver des millions d'individus à travers la planète.
    Une méditation féministe sur l'un des symboles de ce qu'on dit être «  la femme  ».
    Une réflexion philosophique sur la beauté, le paraître, l'identité.
    Un récit personnel où Daphné B. pense en se livrant.
      Tout part d'elle, en effet, Daphné B., poète et  féministe. Le texte s'ouvre, elle est dans son lit et remplit online son panier Sephora. Elle se demande pourquoi elle dilapide son argent et son temps pour acheter des fards, rouges, poudres. Pourquoi elle se peint le visage  ? Pour se cacher ? S'écrire  ? Qu'est-ce que le maquillage représente, symboliquement, économiquement, socialement  ? Pourquoi le dit-on frivole alors qu'il fait désirer, dépenser ? A mesure qu'elle s'enfonce dans ses recherches Internet et passe d'une fenêtre à une autre (un tutoriel où une influenceuse livre ses secrets de beauté en même temps que ses hontes  ; le lancement d'une palette déchainant les passions de milliers de clients  ; un reportage sur le Mica, matière première des fards, que des enfants extraient de mines en Inde ; la mise à mort d'une Youtubeuse ; le récit de prisonnières pour qui se maquiller, c'était survivre ) elle s'interroge et mêle aux images qu'elle voit ses références - Ovide, Platon, Derrida, Foucault, Anne Carson ou bell hooks -  pour penser le maquillage absolument : comme un objet de consommation dont la production détruit la planète et creuse les inégalités. Un paradoxe, artéfact louant la perfection, promu par des êtres se disant authentiques. Le signe d'une soumission aux diktats de la beauté et aux logiques capitalistes. Mais aussi une arme de libération, de résistance, de révolte.
      Virtuose, Daphné B. nous emporte dans une Odyssée numérique et poétique pour nous parler de nous, nos fards, nos failles, nos manières de briller. La porte d'entrée, c'est le maquillage, mais le monde derrière, c'est le nôtre.
    LE LIVRE A ÉTÉ COURONNÉ PAR LE PRESTIGIEUX PRIX DES LIBRAIRES DU QUÉBÉC 2021
     

  • Maman Nouv.

    Une nuit, une femme ferme son magasin de vêtements pour femmes enceintes.
    Elle porte un manteau de fourrure, attend un taxi.
    Un jeune homme l'aborde, la prenant pour ce qu'elle n'est pas.
    Elle va le prendre pour ce qu'il est...

  • Toutes petites histoires Nouv.

    Les longs mois de confinement que nous venons de vivre ont parfois été l'occasion, pour se changer les idées, de développer des projets personnels, dont ce temps étiré permettait davantage l'éclosion. C'est ainsi que sont nées ces Toutes petites histoires de Miguel Tanco : des histoires en images qui se répondent, publiées à l'origine sur son compte Instagram, autour du foisonnant thème l'enfance. Puis l'évidence s'imposa : il ne fallait pas laisser se perdre sur la toile ces trésors de délicatesse et d'humour, mais en faire un livre ! Voici donc ici réunies, enrichies, complétées, développées, ces histoires nées en résistance au chaos, qui nous rappellent avec un charme fou l'importance et la magie des univers enfantins.

  • Les prophètes Nouv.

    Sur la plantation de Paul et Ruth Halifax dans le Mississippi, des centaines d'esclaves travaillent dans les champs de coton. Les sévices corporels sont quotidiens, et la misère, la règle. Seuls Isaiah et Samuel, deux jeunes esclaves, bénéficient d'un peu d'intimité, car autorisés à dormir dans la grange avec les chevaux dont ils ont la charge. Maggie, qui travaille à la cuisine pour les Halifax, veille sur eux. Comme beaucoup d'autres, elle sait que les deux hommes sont amants.
    Ce fragile équilibre est mis à mal quand Amos, un autre esclave, demande à Paul Halifax de lui enseigner les Évangiles, avant de convertir petit à petit les esclaves à sa nouvelle foi. Isaiah et Samuel se retrouvent alors de plus en plus isolés. Le jour où Ruth les accuse de l'avoir provoquée, les deux sont châtiés publiquement. Sous l'autorité de Maggie, un groupe de femmes les soigne en pratiquant des rituels ancestraux, mais leur répit sera de courte durée. Car peu après, leur calvaire prend une tournure inattendue lorsque le jeune Timothy Halifax, de retour du Nord, s'intéresse à eux. Rien ni personne ne semble pouvoir arrêter la tragédie qui s'annonce.
    Porté par un souffle lyrique d'une puissance rare, Les Prophètes nous offre une grande fresque historique sur l'esclavage et un grand roman d'amour. Robert Jones, Jr. a incontestablement réussi son entrée en littérature avec ce roman flamboyant et profondément personnel sur la condition noire et la sexualité ; le livre s'est immédiatement classé dans la liste des best-sellers du New York Times à sa sortie aux États-Unis.
    Traduit de l'anglais (États-Unis) par David Fauquemberg

  • Ricochets ; proches de victimes d'attentats : les grands oubliés Nouv.

    7 janvier 2015, après-midi. Camille Emmanuelle accompagne son mari, Luz, dessinateur de Charlie Hebdo et rescapé des attentats, pour un premier entretien psychologique à l'hôpital. La psychologue se tourne vers elle  : et vous, comment allez-vous  ? Elle ne comprend pas la question  : elle va bien, ce n'est pas elle qui est traumatisée  ! Pour la thérapeute, son lien avec une victime fait de Camille une «  victime par ricochet  ». Drôle d'expression... Pendant les mois qui suivent, Camille en reste convaincue  : elle accompagne son mari, c'est tout. Mais cinq ans plus tard, au fil d'un parcours douloureux et aujourd'hui encore difficile, le constat s'impose  : elle a effectivement développé des symptômes post-traumatiques. Et elle s'interroge.
    Aider au quotidien, psychologiquement, pragmatiquement, intimement, quelqu'un dont la vie a été bouleversée  du jour au lendemain par une tragédie, qu'est-ce que cela veut dire  ? Jusqu'où cette place de «  proche  » l'a-t-elle bouleversée dans sa psyché, dans son rapport aux autres, dans ses valeurs profondes  ? Ce vécu justifie-t-il la reconnaissance psychologique et juridique d'un statut à part  ? Voire une indemnisation  ?
    Sur un sujet méconnu, reconnu par la psychiatrie en 2013 seulement, Camille Emmanuelle mène alors une enquête intense, personnelle et journalistique. Elle raconte un chemin chaotique, les bons et les mauvais jours, les copains qui comprennent (ou pas), l'institution défaillante, les gueules de bois, les bonnes âmes qui critiquent la posture victimaire. Elle va à la rencontre d'autres proches de victimes, de psys, d'avocats, de sociologues et même d'un jardinier, pour tenter de comprendre ce qu'être un «  ricochet  » veut dire. Avec honnêteté, émotion et parfois même un regard amusé, elle décrypte cette expérience de vie, rarement évoquée et pourtant loin d'être unique.

  • La france goy Nouv.

    « Trente ans après L'Esprit de vengeance, qui évoquait mes sentiments envers mon grand-père, Jean Gosset, le temps était venu de chercher à savoir pourquoi cet homme s'était engagé dans la Résistance, qui le conduirait au camp de concentration de Neuengamme où il allait mourir. Les réponses, c'était son père qui allait me les fournir. »C.D. 
    L'enquête s'emballe quand un trésor est découvert dans les archives familiales : lettres, journaux intimes, articles de presse, manuel d'escrime, de la main d'Henri Gosset, le père de Jean. C'est l'étincelle qui fait exploser le réel, et le romanesque s'impose autour du personnage de Henri et de sa correspondance, qui nous font remonter à la fin du XIXème siècle, jusqu'aux racines de l'antisémitisme français et à son «  patient zéro  », Edouard Drumont. Si Henri Gosset, en arrivant à Paris, en 1892, à seize ans et demi, n'a pas rencontré l'auteur du best-seller haineux La France juive, il a en revanche très bien connu son disciple et successeur, Léon Daudet, le fils du célèbre écrivain. Léon initie Henri à l'antisémitisme et lui présente le professeur Bérillon, praticien réputé de l'hypnose, fondateur de l'Ecole de psychologie dont Henri devient un des professeurs et son trésorier.  Mais les mauvaises fréquentations d'Henri ne l'empêchent pas de tomber follement amoureux d'une jeune institutrice anarchiste, Marcelle Bernard. De l'union de ces extrêmes naîtra Jean Gosset...
     
    Léon Daudet, Edouard Drumont, Charles Maurras, les leaders anarchistes Gustave Hervé et Almeyreda, Clemenceau, Caillaux, le directeur du Figaro Calmette, Dreyfus, Zola, Jules Bonnot, Jean Jaurès et tant d'autres, c'est une humanité grouillante et furieusement vivante qui habite La France goy. La fresque couvre les deux décennies qui précédent la première guerre mondiale. L'époque est féroce, avec ses scandales (Panama), ses campagnes de diffamation contre les Juifs, les capitalistes dénoncés comme espions par L'Action Française, les procès, les grèves, les attentats anarchistes, et les duels au petit matin blême... Au carrefour de tous ces complots, la presse, corrompue par la politique et inversement, la littérature, le théâtre, et même du cinéma puisque c'est de cette tourbe que naîtra le cinéaste Jean Vigo. Avec ce roman, Christophe Donner suggère une histoire de France hantée par une « question juive  » qui déterminerait plus que ce qui a été dit. Il découvre à travers la saga familiale une haine des Juifs, ancestrale, qui se réinvente en antisémitisme, se déchaîne, et participe à l'inexorable montée des nationalismes qui entraîneront l'Europe dans la Grande Guerre.

  • Le rire des déesses Nouv.

    Au Nord de l'Inde, dans une ville pauvre de l'Uttar Pradesh, se trouve La Ruelle où travaillent les prostituées. Y vivent Gowri, Kavita, Bholi, ainsi que Veena, et Chinti, sa fille de dix ans. Si Veena ne parvient pas à l'aimer, les femmes du quartier l'ont prise sous leur aile, surtout  Sadhana. Elle ne se prostitue pas et habite à l'écart, dans une maison qu'occupent les hijras, ces femmes que la société craint et rejette parce qu'elles sont nées dans des corps d'hommes. Ayant changé de sexe et devenue Guru dans sa communauté, Sadhana veille sur Chinti.
    Leurs destins se renversent le jour où l'un des clients de Veena, Shivnath, un swami, un homme de Dieu qui dans son temple aime se faire aduler, tombe amoureux de Chinti et la kidnappe. Persuadé d'avoir trouvé la fille de Kali capable de le rendre divin, il l'emmène en pèlerinage à Bénarès. Comment se douterait-il que sur ses pas, deux représentantes des castes les plus basses, une pute et une hijra, Veena et Sadhana, sont parties pour retrouver Chinti, et le tuer ?
    Des bas-fonds de l'Inde où les couleurs des saris trempent dans la misère à sa capitale spirituelle, Ananda Devi nous entraîne dans un roman haletant et riche pour fouiller, à sa manière, les questions brûlantes de notre époque : la place des femmes et des transsexuels, le règne des hommes et la sororité  ; les folies de la foi, la pédophilie  ; la religion, la colère et l'amour. Avec son style incisif et poétique, elle brise le silence des dieux pour faire entendre et résonner le cri de guerre des femmes - le rire des déesses.

  • Le dernier tribun Nouv.

    Nous sommes à Rome, juste à l'heure où elle va dominer le monde, au septième siècle, au temps de César.
    C'est la capitale du monde, une ville immense et monstrueuse où s'observent et se haïssent Crassus, Cicéron, Catulle, Pompée, César ou Caton.
    Spartacus vient d'être tué, Cléopâtre est en ville, l'ambition et la violence sont en ménage, l'art et le sexe s'entendent comme la vis et l'écrou.
    Tous les vices qui rendent la vie irrésistible s'épanouissent quand les vertus qui la rendent pénible s'évanouissent.
    Cicéron a fait de la morale son fonds de commerce, se présentant comme la voix du peuple alors qu'il est un défenseur acharné du Sénat et des intérêts de l'aristocratie.
    Publius Claudius Pulcher, héritier de la famille la plus noble de Rome, se fait adopter par un esclave, change son nom en Clodius, se fait élire tribun de la plèbe et chasse Cicéron de Rome.
    Cicéron prend le parti de Pompée, Clodius celui de César. La guerre entre eux dura dix ans et la République n'y survécut pas.
    Leur lutte est racontée ici par un philosophe grec, Metaxas, l'ami le plus brillant et le plus sarcastique de Clodius qui le fait venir d'Athènes à Rome pour lui écrire les discours qui lui permettront d'affronter Cicéron à armes égales dans des joutes oratoires où il oppose la démocratie réelle de Clodius à la démocratie formelle de son adversaire.
    Metaxas tombe sous le charme de cette ville merveilleuse, accueillante, féminine et effrayante. Puis il va découvrir le sort des capitales qui règnent sur le monde  : quand elles n'ont plus d'ennemis étrangers à leur mesure, elles se suicident.
    Voici ses Mémoires, qui racontent la chute de la République romaine et la mort de Cicéron.

  • Anthologie des écrivains français racontés par les écrivains qui les ont connus Nouv.

    Publié pour la première fois en 1995, Les écrivains français racontés par les écrivains qui les ont connus est une passionnante anthologie réalisée et préfacée par Charles Dantzig. Elle rassemble, du XVIe siècle au XXe siècle, des témoignages de première main rarement sinon jamais reproduits jusque-là sur trente-sept des plus grands auteurs de notre littérature.
    Voici Claude Binet, ami de Ronsard, évoquant la séduction qu'exerçait l'auteur des Sonnets pour Hélène sur le roi Charles IX. Au XVIIe siècle, c'est Marie de Gournay, la «  fille d'alliance  » de Montaigne, qui est racontée par le mémorialiste le plus spirituel de son temps, Tallemant des Réaux, et Molière par La Grange, le secrétaire de sa troupe, tandis que Charles Perrault parle avec sagacité et affection de La Fontaine. Au XVIIIe siècle, Rousseau est évoqué de manière inattendue par Bernardin de Saint-Pierre, l'auteur de Paul et Virginie. Un siècle plus tard, Mérimée raconte son ami Stendhal avec sa vivacité habituelle ; Victor Hugo se remémore les derniers jours de Chateaubriand, à qui il avait tant voulu ressembler  ; les Goncourt, pourtant si méchants, font de Flaubert un portrait à la fois attendri et admiratif. Au XIXe siècle, c'est au tour de Maurice Sachs de se remémorer Jean Cocteau, sa séduction et son talent. Quant à Serge Doubrovsky, il met en scène sa rencontre avec un Jean-Paul Sartre épuisé et malade, mais à l'intelligence aussi vive que toujours  : «  Je m'arrête, j'attends. [...] La tremblote a disparu par enchantement. L'oeil terne se rallume, lance des éclairs.  » Qui connaît mieux les écrivains que les écrivains  ?
    Dans une longue préface, Charles dantzig propose une réflexion sur ce qu'est ou peut être la biographie d'un écrivain. Le complément indispensable à son  Dictionnaire égoïste de la littérature française.
     

  • Printemps 1932, dans le delta du Mississippi. Une chaleur suffocante écrase la campagne et menace les récoltes. Un assassin sans visage frappe la nuit, et une injustice sans nom règne le jour. Des croix brûlent sous la lune, les cavaliers fantômes du Ku Klux Klan font régner la terreur et le Mississippi prend les couleurs de l'enfer. Au milieu du désastre, deux amants  : Betty et Steve. Ils sont jeunes, Noirs et pauvres, mais persuadés que leur amour les sauvera...
    Vaste fresque historique et musicale, aux accents faulknériens, Delta Blues déploie une galerie de personnages  : Noirs, Blancs, Indiens et métis, planteurs et bluesmen errants, prêcheurs, sorcières, politiciens véreux, bagnards, trafiquants d'alcool et Legba, le dieu vaudou, «  Maître des carrefours  » qui, tel un détective d'outre-monde, veille sur le destin de chacun.
    Au fil des pages, un monde renaît : le Delta, la terre où naquit le blues, où des femmes et des hommes opprimés trouvèrent les voix qui firent écho à leur humanité.
    Inspiré par le réalisme magique, écrit dans une langue vibrante et poétique, Delta Blues est un chant universel, bouleversant.

  • L'ouvrage met principalement en scène trois personnages dont les vies vont être amenées à se croiser  : le narrateur, un écrivain, un criminel.
    Étudiant durant les années 1980, le narrateur vit dans un studio, que lui a acheté son père, situé passage de l'Union dans le VIIe arrondissement de Paris. Un soir, il se sent observé par quelqu'un dont on comprendra qu'il s'agit de Patrick Modiano. Il le croise à plusieurs reprises, lui parle et commence à lire ses livres. Sans se l'expliquer, il se reconnaît dans son imaginaire romanesque. Néanmoins les années passent, le narrateur devient avocat et les deux hommes se perdent de vue.
    Au cours d'un procès d'assises, le narrateur défend un homme dont le crime s'explique par un lointain passé  : une soeur ayant disparu durant la seconde guerre mondiale dans les mêmes circonstances que la Dora Bruder de Modiano. Il se trouve que l'écrivain assiste au procès et accepte d'aider le narrateur à retrouver la trace de cette mystérieuse soeur...
    Cette quête commune amène les deux hommes à basculer dans le Paris les années 40. Ils sont reçus par des individus douteux dans un appartement situé près du studio du passage de l'Union, dont l'écrivain apprend au narrateur qu'il fut, durant la guerre, le siège des sombres trafics d'un ferrailleur de sinistre mémoire, le fameux «  Monsieur Joseph  »...
    Ce roman met en abîme la dette que nous contractons à l'égard d'un passé trouble et tu. Il constitue aussi un hommage à la littérature.  Les écrivains ne sont-ils pas des passeurs dont les oeuvres nous permettent de répondre aux questions les plus intimes, et parfois les plus douloureuses, que nous nous posons  ?

  • L'héroïsme des bataillons de combattantes kurdes contre Daech attendait son grand roman. Le voici.
    Une journaliste occidentale croit pouvoir enquêter impunément sur le destin magnifique de deux figures légendaires, Tékochine et Gulistan, afin de raconter la pureté de leur cause, l'inflexibilité de leur lutte, les circonstances exceptionnelles de leur mort dans les décombres d'une ville assiégée de l'ancienne Mésopotamie.
    Mais accéder au premier cercle des dirigeants clandestins de cette guerre-là se mérite, et peut-être ne peut-on révéler la vérité qui se cache derrière tant de récits lacunaires et contradictoires qu'en se perdant à son tour  : son enquête devient peu à peu parcours initiatique, remontée du fleuve du souvenir, hymne à une liberté dont nous avons perdu le sens en cessant d'être prêts à en payer le prix.
    Dans un paysage de sable et de lumière, S'il n'en reste qu'une est l'histoire de ces femmes confrontées à ce qu'il peut y avoir d'incandescent dans la condition humaine.

  • «  La première fois que Sofiane est entré dans ma salle de classe, j'ai tout de suite compris qu'il était maître en son royaume.  »
     
    C'est l'hiver. Jeune enseignante mutée à Garges-lès-Gonesse, Norah Baume s'ennuie. Bien sûr, il y a Paul, le chat, le vin, Venise, la peinture et les songes, mais ça n'est pas assez. Alors, au fond de la classe, une perspective : Sofiane, première technologique. Survêtement, beau visage, insolence. Un lien se tisse. Jusqu'au jour où, hantée par le désir de transgression, Norah prend la fuite. C'est le printemps. Sur les quais du Vieux-Port de Marseille, elle croise Freddy, figure de son enfance, et découvre avec lui un univers interlope, des deals, des squats, une jeunesse masculine qui clope sur les plages. Le soleil brûle déjà. C'est bientôt l'été. Norah est seule, elle rêve : sur le pont du ferry pour Alger, la mer s'ouvre, la ville blanche apparaît, ultime ailleurs...
     
    La tentative d'évasion d'une femme en quête d'elle-même, libre et romantique, indécise et passionnée. Dans une langue d'une puissante tension charnelle, Lou Kanche dit l'incertitude de l'époque et de la jeunesse, le vertige de l'impossible, les contradictions entre confort et attrait des lointains. Norah Baume ou la puissance du désir, qui contient toutes les échappées possibles, tous les rêves et toutes les sensations nouvelles.

  • Depuis l'enfance, une question torture le narrateur :
    - Qu'as-tu fait sous l'occupation ?
    Mais il n'a jamais osé la poser à son père.
    Parce qu'il est imprévisible, ce père. Violent, fantasque. Certains même, le disent fou. Longtemps, il a bercé son fils de ses exploits de Résistant, jusqu'au jour où le grand-père de l'enfant s'est emporté  : «Ton père portait l'uniforme allemand. Tu es un enfant de salaud !  »
    En mai 1987, alors que s'ouvre à Lyon le procès du criminel nazi Klaus Barbie, le fils apprend que le dossier judiciaire de son père sommeille aux archives départementales du Nord. Trois ans de la vie d'un «  collabo  », racontée par les procès-verbaux de police, les interrogatoires de justice, son procès et sa condamnation.
    Le narrateur croyait tomber sur la piteuse histoire d'un «  Lacombe Lucien  » mais il se retrouve face à l'épopée d'un Zelig. L'aventure rocambolesque d'un gamin de 18 ans, sans instruction ni conviction, menteur, faussaire et manipulateur, qui a traversé la guerre comme on joue au petit soldat. Un sale gosse, inconscient du danger, qui a porté cinq uniformes en quatre ans. Quatre fois déserteur de quatre armées différentes. Traître un jour, portant le brassard à croix gammée, puis patriote le lendemain, arborant fièrement la croix de Lorraine.
    En décembre 1944, recherché par tous les camps, il a continué de berner la terre entière.
    Mais aussi son propre fils, devenu journaliste.
    Lorsque Klaus Barbie entre dans le box, ce fils est assis dans les rangs de la presse et son père, attentif au milieu du public.
    Ce n'est pas un procès qui vient de s'ouvrir, mais deux. Barbie va devoir répondre de ses crimes. Le père va devoir s'expliquer sur ses mensonges.
    Ce roman raconte ces guerres en parallèle.
    L'une rapportée par le journaliste, l'autre débusquée par l'enfant de salaud.

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