Ibis Rouge Editions

  • Dans un jeu de questions-réponses, Alexis Tiouka raconte les luttes qui animent les peuples amérindiens de Guyane depuis les années 1980, et dont il a été lui-même acteur.
    Il retrace le parcours de la première génération de leaders du mouvement autochtone guyanais, passée par les « homes indiens » et l'école française. Du grand rassemblement des Amérindiens de Guyane en 1984 aux revendications pour la terre et aux négociations internationales : quatre décennies de luttes ont façonné le mouvement autochtone guyanais.
    Pourtant, 10 ans après l'adoption par les Nations Unis de la Déclaration des droits des peuples autochtones, la France a toujours tendance à oublier qu'en faisant des Amérindiens des citoyens français, elle inscrivait de fait la question de la diversité au sein de la République.

  • Ajay a réalisé l'inimaginable : défier et vaincre par la ruse les terribles conquistadors.
    Christophe Colomb et ses marins ont été battus lors de leur deuxième voyage. Ajay et ses frères ont pris la mer pour partir à la découverte de l'ancien monde.
    Ce choc des civilisations peut-il basculer en faveur des Indiens taïno ? Les valeurs et le respect de la nature ont-ils une chance face à la cupidité de ces monstres espagnols ? De nombreux défis attendent les Indiens taïno : seront-ils capables de les relever ?
    Tapi dans la pénombre d'une cathédrale, le plus redoutable des prédateurs guette la venue de ces innocents. La religion catholique a trop à perdre, elle combattra avec rage ce vent nouveau qui s'est abattu sur le royaume d'Espagne.
    Ajay et ses hommes seront-ils assez forts pour déjouer les plans machiavéliques du terrible Inquisiteur Tomas de Torquemada ?
    Ce livre relate ce voyage vers l'inconnu, il conduira le lecteur aux côtés d'Ajay dans une épopée dans l'ombre de l'inquisition.
    Bruno Bulot est directeur loisirs et culture pour le CE lignes d'Air France. Il nous revient avec le deuxième volume de son roman Ajay. Un plaisir pour ses nombreux lecteurs !

  • ?Dans cette ouvrage, l'auteur propose l'étude de diverses périodes d'Haïti qui n'avaient pas encore attiré suffisamment la curiosité des historiens, telles que l'action du commissaire de la République, Etienne de Polverel, pour l'organisation de l'abolition de l'esclavage, les relations avec Saint-Domingue, la voisine de culture espagnole, et le lancinant problème de la négociation du tracé de la frontière entre les deux pays. Il révise également les a priori concernant la période de l'occupation américaine grâce à un fond d'archives de famille et tente enfin, de démontrer d'où provient la ­misère du peuple haïtien qui ne mérite pas le sort qui lui est infligé... L'ensemble des travaux, accompagné des études de nombreux, et souvent excellents historiens haïtiens, français et américains, constitue le fondement de cette histoire de Saint-Domingue-Haïti.

  • ?Qui est ce Jean-Mohamed Galmot qui débarque en Guyane quelques jours avant le centième anniversaire des événements de 1928 ? Serait-il la réincarnation de Jean Galmot ? Étrange, oui, vraiment, ce qui arrive à Jean-Mohamed en cette année terrible de 2028 où il devra tout simplement sauver le monde... Mais est-ce encore possible ? Et d'ailleurs, de quel monde s'agit-il ? André Paradis a écrit ici le roman que personne n'attendait. Une nouvelle vérité (et définitive !) sur l'Eldorado ?

  • ?Comment une portion de l'Amazonie est-elle devenue française ? Comment l'arrière-pays de la Guyane, historiquement constitué en résistance à l'intrusion de la colonisation, fut-il intégré à un ­espace national ? Quel rôle jouèrent les tribus ­d'Indiens, de descendants d'esclaves marrons ou encore les orpailleurs et évadés du Bagne qui peuplaient ces confins ? L'histoire de l'Inini, colonie d'administration directe créée en 1930, maintenue en dérogation au principe d'assimilation et normalisée en 1969 seulement, explicite les étapes d'une expansion étatique menée par la France dans l'hinterland de la Guyane. Après une synthèse de la genèse autochtone de l'Inini, cet ouvrage décrit son système politique qui suscita l'opposition vive des élus locaux. Le projet initial, conçu sur le modèle des colonies africaines, fut infléchi par le Front populaire, par l'agitation anticolonialiste des déportés indochinois chargés des grands travaux et par la rencontre avec les populations sylvicoles. Après-guerre, les mesures de développement social et de protection des populations tribales renforcèrent la vison d'un sanctuaire dont le parc amazonien serait une ultime expression. Enfin, l'Inini renouvela la situation de contact colonial sur cette marge amazonienne avec la rencontre entre les fonctionnaires de terrain - administrateurs coloniaux, médecins militaires, gendarmes - et les populations de l'arrière-pays - tribus de frontières, migrants travaillant l'or et aventuriers de la jungle -, contact décrit ici avec précision et pittoresque. L'Inini offre une nouvelle lecture du processus historique de la région de la Guyane, à la fois connecté à l'échelle impériale et pleinement inséré dans son histoire continentale sud-américaine.

  • ?Adrien est le propriétaire d'un tableau qu'il a récemment acheté lors d'une exposition de peinture haïtienne : le portrait d'une femme nue allongée sur un canapé rouge. Il le place aussitôt dans sa chambre. Ce qu'il ne sait pas, c'est que la femme nue a une histoire. Elle est Rialta, fille de Saint-Domingue, belle femme toujours amoureuse et aimée, qu'un peintre haïtien un peu sorcier a enfermée dans un tableau en faisant son portrait en 1928. Depuis, elle vit dans le tableau. Elle raconte ses amours d'autrefois et aussi celles qu'elle a regardées au gré de ses changements de propriétaire Santo-Domingo, Port-au-Prince, Salvador de Bahia, Londres, l'Italie, Paris... Mais quand elle découvre Adrien, elle sait que c'est lui sa nostalgie de l'amour. Simple image d'aquarelle certes mais jalouse, elle chasse une à une les femmes qu'il rencontre, jusqu'à la venue de Génie... Ce roman à l'écriture à la fois agréable et sensuelle nous fait redécouvrir la beauté du désir, de l'amour et nous propose, à travers l'équilibre tendre des personnages hommes et femmes, de nous laisser porter bien volontiers par la nostalgie de l'amour...

  • ?L'origine de la lignée de Jean-Paul Irta le condamne bien avant sa naissance. À Fort-de-France, où elle vivait pauvrement, Rosemaine sa tante, séduite par la promesse du bumidom, avait besoin, comme vous et des milliers d'autres Antillo-Guyanais, de rêves. Un jour, elle partit s'installer dans une ville provinciale où avec son ami, ils résidaient modestement dans un des nombreux immeubles taillés les uns aux pieds des autres comme d'immenses pans de roches. La possibilité d'obtenir un logement décent lui parvint rapidement grâce à un contrat sur le foetus que portait sa soeur Théodora. Par ce truchement, Rosemaine réussit à programmer un rapprochement familial et retourna récupérer Jean-Paul à peine sortie des entrailles de sa mère pour le ramener en France hexagonale. Dans un univers de tentations et d'engrenages néfastes, Jean-Paul lui, en grandissant, tentera d'éviter la spirale infernale : problèmes d'argent et avec la justice, secrets autour de sa propre ­identité mais aussi et par dessus tout de ne plus être la cible des opportunistes du système défaillant...

  • ?Un roman. Pas une histoire mais des histoires : une rencontre amoureuse, à Cayenne, de nos jours, écrite par une femme, Hélène. En fait, une histoire à quatre mains, cocasse, surprenante mais harmonieuse, un peu comme une partition de piano. L'écrivain, Claude, écrivant l'histoire d'Hélène qui écrit celle de Marie et de Julien. Chaque écrivain, le réel et le créé vit l'histoire de ses propres désirs... Jusqu'à ce que les récits s'enchevêtrent et que Claude rencontre - ou croit rencontrer - l'un de ses personnages... Vous l'aurez compris, tout cela orchestré par la plume d'un auteur joueur voire taquin qui entraîne ses lecteurs à la découverte d'un tableau à plusieurs lectures pour faire apprécier la notion de désir.
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  • ?L'histoire de l'exceptionnel Ouanilo est transatlantique... Voilà un homme né prince au royaume du Dahomey, exilé en Martinique où il noue des amitiés lycéennes, il devient notable naturalisé à Bordeaux en 1916. Africain ayant fait le choix de la France, il tourne le dos à son passé mais reste fidèle au roi son père. Deux notions de civilisation en un seul être, sa vie sera consacrée à faire revenir Béhanzin au continent natal. N'ayant pas réussi à le faire de son vivant, il ramènera son ­cercueil. Patrice Louis a commencé à écrire le roman du fabuleux destin du prince Ouanilo en Martinique et l'a achevé au Bénin, l'ancien Dahomey, avant de se réinstaller dans l'Hexagone - auteur transat­lantique.

  • ?Laurence, jeune femme active, quitte le foyer familial pour s'installer dans son propre appartement. Au cours d'une soirée chic, elle fait la connaissance de Mike, jeune responsable commercial au charme dévastateur, qui la séduit immédiatement grâce à sa joie de vivre et sa galanterie. Elle partage avec insouciance sa vie de fêtes et de prestige. Mais, jour après jour, le portrait de Prince Charmant moderne de Mike s'écaille laissant deviner un être manipulateur, spectre d'une vie pleine de paillettes, qu'elle n'aurait jamais imaginé. Aveuglée par son amour pour lui, elle le laisse l'entraîner sur la pente d'une dangereuse addiction à la cocaïne. C'est alors pour cette jeune femme, une inexorable descente aux enfers. Quand les voies de l'amour et de l'ambition vous mènent sur les ­chemins de la dépendance, être fort c'est parfois savoir demander de l'aide...

  • ?Antoine descend d'une grande famille de guerriers boni, ces Marrons du Surinam qui ont fui les plantations et ont ensuite résisté aux troupes coloniales hollandaises pour s'établir définitivement en Guyane française durant la deuxième moitié du xviiie siècle. Le petit garçon grandit dans un environnement où prédominent la culture et l'imaginaire marrons et s'efforce de résister aux tentations diverses des ghettos amazoniens de Soholang, Saint-Laurent-du-Maroni en bushinenguetongo. Cette quête de soi, de connaissances et de réussite, dont il a soif, le transporte de son ghetto de Soholang à la capitale française Paris quand il intègre Sciences Po, la célèbre école de la rue Saint-Guillaume. Il sera également, durant ce parcours initiatique, confronté à la belle et terrible réalité des rues de Colombie, avant de revenir au point de départ... changé.

  • ?ROSE - Plantation Desrosières, juillet 1848, Guadeloupe - Fais la fière, fais l'arrogante, mais tu ne vaux pas mieux que moi, chienne ! Le temps va te le montrer ! Je jure sur la tête de ma mère, la prêtresse de son village, que tes filles seront toutes des chiennes, flattées puis rouées de coups, comme toi, négresse ! SARAH - Tour Mermoz, Aubervilliers, Ile de France, Réveillon de Noël 2008 - Son ancêtre esclave a été maudite par une sorcière africaine, mec ! Mais attention ! Pas une malédiction genre « Tu vas mourir ». Non ! Une malédiction qui dit « Tu seras malheureuse en amour. Toi et toutes tes filles, vous allez galérer ! » Pour Rose, Sarah et les autres, aimer ou être aimée appelle larmes, cris et sang. Toutes ces femmes semblent partager un même destin mais tentent désespérément de connaître le bonheur par delà ce qui semble être une fatalité. Parce qu'être heureux ça se décide et qu'aimer ne tient qu'à sa propre volonté, les unes après les autres, souvent dans la douleur, devront vivre malgré tout et malgré le poids des mots...

  • ?Sommes-nous vraiment qui nous sommes ? Ce roman, empreint de tendresse et de nostalgie, est l'histoire d'une petite fille qui grandit à la cour Monbruno, dans une Guadeloupe d'antan, entre souvenirs et questionnements. Dans ce milieu défavorisé mais pourtant loin d'être miséreux, l'enfant questionne sa place dans cet univers de ­lakou ou « quartiers pauvres » dans lequel elle évolue. Progressivement, elle intériorisera les différents éléments qui peut-être constitueront la personne qu'elle deviendra dans le futur...

  • ?Dernier refuge du mythe de l'Eldorado, territoire ouvert aux ambitions des aventuriers, aux visions des illuminés, proie des trafiquants de toute espèce, l'espace compris entre l'Oyapock et l'Amazone n'a cessé d'enflammer les imaginations. Un faisceau de circonstances diverses mais convergentes devait faire de ces étendues apparemment sans maître, le lieu de naissance d'un état rêvé, la République de Counani. Entre Paris, Cayenne et Rio elle devait faire couler beaucoup d'encre et engendrer bien des déceptions avant de sombrer dans l'oubli. Que fut Counani ? Un vaudeville ? La vanité manifeste d'Européens en mal de reconnaissance sociale ? Le dernier avatar de la France équinoxiale ? Ou le commencement de l'émergence brésilienne dans la région ? Comme souvent à l'époque, l'intrigue s'est jouée sans que l'avis des autochtones fût sollicité.

  • ?Cet ouvrage que nous vous présentons tente d'analyser les rapports que les jeunes créoles entretiennent avec le tambour, à l'aube du xxie siècle. Il aborde la question du tambour sous trois aspects majeurs : le premier porte sur la nature même du tambour en tant qu'instrument musical (les différents tambours et rythmes créoles y sont répertoriés). Le second concerne son usage comme pratique sociale et musicale. Le troisième aspect traite du tambour en tant qu'élément identitaire et culturel en établissant le lien avec la jeunesse guyanaise. Quoique centrée sur la question du tambour dans la culture des jeunes Créoles guyanais, cette étude examine, d'une façon générale, le lien possible entre pratique musicale et constructions identiaires, en Guyane. Elle porte diverses lectures : musicologique, anthropologique et historique pour l'essentiel.

  • ?La Guyane française demeure jusqu'en 1946 une marge coloniale marquée par les échecs successifs des projets de développement. La départementalisation qui est alors mise en place, permet à l'État d'engager un aménagement territorial de la Guyane qui, au début des années 1980, a eu pour corollaire la capture sociospatiale des communautés locales côtières. Les communautés amérindiennes du sud, épargnées en partie par cette évolution, parviennent à maintenir leur patrimoine adossé culturellement au milieu amazonien. Alors que les limites du projet assimilationniste engendrent une crise sociale et structurelle, la conquête de l'intérieur est relancée et devient un enjeu de pouvoir entre les collectivités décentralisées et l'État. L'avènement du développement durable au début des années 1990 permet au pouvoir central de reprendre la main, en proposant la création d'un vaste parc national dans l'intérieur. L'État, en recourant à cet outil d'aménagement, trouve une nouvelle légitimité en recrutant les acteurs communautaires sur le thème de la protection de la biodiversité. Le maillage territorial du Parc amazonien de Guyane, créé le 28 février 2007, s'il met en place les conditions d'une protection de la biodiversité amazonienne, fait pourtant basculer les espaces de vie des communautés amérindiennes dans le régime ordinaire de la matrice foncière privative nationale. Ce nouveau dispositif territorial, en tant que tel, participe ainsi à la disparition d'un patrimoine sociospatial communautaire qui porte une relation remarquable avec l'environnement amazonien.

  • Située au coeur des vastes savanes qui caractérisent ce seuil de l'Ouest guyanais, la ville de Sinnamary est dotée d'un passé historique très riche, qui remonte aux premières occupations amérindiennes de l'ère pré-coloniale.
    En 1914, commune essentiellement agricole, vouée à l'élevage du gros bétail et aux cultures vivrières, sa situation sur le fleuve en fait aussi le lieu privilégié pour le commerce des comptoirs, qui sont nombreux à alimenter en vivres, outils et matériaux les sites de production aurifère du Haut-Sinnamary, dans la zone de Saint-Elie.
    Si ce n'était la présence symbolique d'un monument aux morts au centre de la commune, que resterait-il du souvenir même de la Grande Guerre ? La participation des Sinnamariens au premier conflit mondial, sur un grand nombre de théâtres d'opération, a disparu de la mémoire collective. Et pourtant, si l'on considère la modeste population d'alors, ils furent assez nombreux à être appelés à partager le sort de leurs frères d'armes de la « Mère patrie ».
    A travers le parcours de ces jeunes soldats dans la guerre 1914-1918, c'est une séquence aujourd'hui méconnue voire oubliée de l'his­toire de la ville qui est évoquée.

  • Au milieu des années 1960, l'ancienne colonie de la Guyane devenue l'un des départements de l'outre-mer français compte moins de 40 000 habitants. C'est le moment où s'engage le réagencement des rapports entre Amérindiens, Créoles et Bushinenge, au bout duquel la définition du peuple guyanais est modifiée. C'est dans ce contexte politique et culturel que surviennent des migrations de grandes ampleurs, qui en quelques décennies (1965-2015) portent la population de la Guyane à plus de 250 000 habitants. Au point que les « nés en Guyane » se retrouvent en nombre inférieur aux migrants. « Et ça n'a pas explosé ! », font remarquer nombre de témoins de ce bouleversement démographique et culturel.

  • Dans le huis clos d'une maison de campagne, un petit collégien est maltraité par sa mère. À quelques mètres de chez eux, vit un vieil homme taciturne et énigmatique, Monsieur Zouti. Son refuge : une case minuscule délabrée et à moitié engloutie par la forêt.

  • À travers diverses sources, notamment sources orales recueillies auprès de militants communistes, sources imprimées puisées dans le journal communiste Justice et aux archives nationales et au pcf, cet ouvrage tend à éclairer sur la ferveur militante d'hommes et de femmes de la Martinique d'une famille politique essentielle dans le courant du xxe siècle.

  • Ce livre constitue un ouvrage de référence, une base d'informations et un outil de travail pour celles et ceux qui s'intéressent à Haïti et qui ont pour champ d'étude ou d'action l'espace haïtien. Plus d'une vingtaine de chercheurs de spécialités différentes et d'horizons variés y ont participé et nous livrent ici leurs analyses, loin des images stéréotypées et sans concession par rapport aux réalités locales.

  • Te yu koko yu futu, san di meki yu kaï no de na fesi, a de na yu baka
    En marchant, l'homme qui bute sur un obstacle et trébuche ignore la raison de sa chute s'il ne se retourne pas pour en connaître la cause. Elle peut s'expliquer par la présence d'une motte de terre, d'une pierre, d'une souche d'arbre sur le chemin ou provenir de l'individu lui-même.
    Cet adage bushinengue appelle à la vigilance sur le passé pour construire le présent.
    Le colloque Marronnages et leurs productions sociales et culturelles dans les Guyanes et le bassin caribéen du XVIIe-XXe siècles : bilan et perspectives - Mémoires, patrimoines, identités et histoire, organisé par des descendants de Marrons dont les actes sont publiés ici, s'inscrit dans cette démarche.
    Jusqu'à une époque récente (1960-1970), l'histoire du marronnage n'avait pas droit de cité dans le contexte surinamien, guyanais, antillais (Martinique, Guadeloupe) car elle rappelait le souvenir d'individus qui s'étaient dressés contre l'ordre établi, qui avaient refusé la « civilisation » pour s'enfuir dans la forêt.
    Les plus grands spécialistes de ces rété sizé (ceux qui sont restés assis et muets), c'est-à-dire les groupes socio-culturels en marge de l'histoire officielle ou globale, nationale ou régionale sont ici réunis pour déloger le passé esclavagiste et marronniste de son enveloppe émotionnelle, catégorielle, clanique, familiale, individuelle ou collective afin de favoriser un dialogue des cultures et de redonner au terme « marron » sa dimension historique, culturelle et géographique en mettant en lumière la personnalité et les pratiques de ces esclaves qui avaient décidé de prendre leur destin en main.
    Ils sont issus des Amériques, de l'Afrique et de l'Europe et se sont retrouvés en territoire marron pour présenter les travaux les plus récents.

  • La Guyane française vit une révolution : sa population augmente à un taux annuel de 3,6% par an et dépassera 600 000 habitants en 2050.

  • « Je te parle ainsi à coeur ouvert... »
    A. Jorset, Lettre à son père, 19 août 1915.
    Appelés à connaître le service militaire très tardivement, avec l'application de la loi du 7 août 1913, qui organise pour la première fois la conscription des citoyens français dans les « vieilles colonies » de la France, les jeunes Guyanais ne connaissent pas, dans leur pays d'origine, de tradition militaire « historique » avant la guerre de 1914-1918.
    La Grande Guerre est le premier conflit armé dans lequel des soldats guyanais sont mobilisés. Ils se retrouvent en Flandres, en Champagne, en Lorraine, aux Dardanelles, en Macédoine, également en Afrique.
    Le contingent guyanais, reflet de la faible population de la colonie, fut peu nombreux, moins de deux mille soldats tout au plus. Aucun ancien combattant guyanais n'a publié de souvenirs de guerre après le conflit. Peu de poilus guyanais ont tenu la plume, ou plutôt peu d'écrits de soldats, rédigés pendant la guerre, nous sont connus ou nous sont parvenus : des témoignages, quelques lettres, et surtout un « Carnet d'impressions... », journal manuscrit tenu par un soldat de Cayenne, marié, jeune père de trois enfants en bas-âge, fauché par la mitraille dans l'Aisne en 1918.
    Les Paroles de poilus guyanais, quoique peu nombreuses, n'en sont que plus précieuses pour mieux appréhender, même partiellement, ce que fut la réalité humaine - psychologique et matérielle - du premier conflit mondial pour ces jeunes hommes, dont la plupart foulaient pour la première fois le sol de France, la « mère patrie », ou allaient combattre dans des pays dont le nom-même leur était jusque-là inconnu.

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