Indigène éditions

  • S.o.s. culture Nouv.

    C'est l'ouvrage d'un homme qui, en théoricien, en praticien, en activiste, dédie sa vie à la défense de l'exception culturelle française qui a longtemps su échapper aux règles du marché et de la libre concurrence. L'auteur dénonce « les dogmes mortifères de la concurrence sans rivage et de la performance managériale ». La culture peut-elle changer la vie ? Oui, répond l'auteur car « elle donne un sens profond à des gestes ordinaires ». Un texte vraiment nécessaire alors que « les souverainistes », sous prétexte de s'opposer à la mondialisation, veulent occuper le haut du pavé et rassembler les foules tout en détruisant, eux aussi, la diversité.

    Serge Regourd, docteur en Droit public, est l'auteur de plus de deux cent cinquante publications qui portent sur la culture, la télévision, le cinéma, notamment L'Exception culturelle (PUF, 2004) et Éloge des seconds rôles (Séguier, 2005). En 2015, il s'engage en politique. Élu conseiller régional, il devient président de la Commission Culture de la Région Occitanie. En 2016, Serge Regourd, parfois surnommé le "professeur citoyen" devient professeur émérite à l'université Toulouse-1-Capitole.

  • Le maire d'une petite commune peut-il agir quand l'État renonce à exercer ses responsabilités ? Peut-il empêcher les agriculteurs de mettre en danger leur santé et celle des riverains de parcelles aspergées de pesticides ? Daniel Cueff, disciple indigné de Stéphane Hessel à la tête de Langouët - 602 âmes, à 25 km de Rennes - a rédigé un arrêté interdisant l'utilisation de pesticides de synthèse à moins de 150 m des habitations. Voici le récit ferme et non sans humour de ce lanceur d'alerte. Pourquoi une telle carence de la loi ? Daniel Cueff met en cause l'agriculture low cost de proximité ou d'importation et dégage la voie pour une ruralité apaisée et plus de démocratie dans des territoires nourriciers.

    Daniel Cueff est maire de Langouët en Bretagne, commune engagée depuis vingt ans dans la transition écologique. Il a également été conseiller régional de Bretagne, délégué au foncier et à l'écologie urbaine.

  • Pour l'auteur, jeune avocat, « la révolution est faite dans les esprits » depuis le samedi 17 novembre 2018 quand des individus isolés, figés jusqu'ici dans un « coma politique » ont émergé comme force politique. L'ouvrage revient sur ce réveil d'autant plus inaugural, assure l'avocat, qu'une fois gagné le combat des idées, tout peut suivre : la remise en cause des dispositifs fiscaux accordés aux 1 %, voire aux 0, 1% qui détiennent 99 % des richesses du pays ; de l'évasion fiscale (80 à 100 milliards par an) ; des intérêts de la dette publique (40 milliards par an) au profit du système financier. Et surtout le retour du peuple dans la démocratie. Il sera bien sûr aussi question de la violence, des divisions et des courants internes au mouvement qui ont pu l'affaiblir.

    François Boulo, 32 ans, est un avocat de Rouen spécialisé dans le droit du travail et de la famille. Porte-parole devant les médias des gilets jaunes de Normandie, il a récemment été plébiscité pour devenir le porte-parole national du mouvement, ce qu'il a refusé, par respect pour l'horizontalité et la diversité du mouvement. Quatre-vingt mille personnes suivent son actualité sur sa page Facebook.

  • "Être ou ne pas être indigné : et si c'était la question que pose Hamlet, que tout être au monde doit se poser ?" Hamlet revient sur scène, introduit par un vieil homme, ancien résistant, un des derniers survivants. Roman, son petit-fils, jeune comédien, se joint à eux, apportant le courrier adressé au vieil homme de toute la planète. Les messages tombent : « Vous êtes un artiste des droits de l'homme »; « Une gazelle et un lion »... Mais le vieil homme refuse de se voir en héros même devant son éditeur espagnol ou la journaliste venue l'interroger. Toutefois, la lettre d'une lycéenne de quatorze ans, Ophélie - c'est le troisième personnage - l'interpelle: « Merci d'avoir réussi à me redonner l'espoir que j'avais perdu. » Elle circule à vélo, porte, pour ne pas se faire écraser, un gilet jaune. Elle ressemble à Ophélia, la fiancée perdue d'Hamlet. C'est la fin ? Non, le début alors que le spectre entre en scène, comme dans la célèbre pièce.

    Jean-Pierre Barou est l'auteur de deux pièces de théâtre, Après la Violence et Qu'est-ce qu'elle dit la comète ? Sylvie Crossman est plus particulièrement l'éditrice d'Indignez-vous ! Tous deux sont les fondateurs d'Indigène éditions..

  • « Il est important de (re)donner la finance aux citoyens. » C'est bien Véronique Fayet, présidente du Secours catholique, qui parle ici, riche des témoignages des 70 000 bénévoles de l'association en contact quotidiennement avec cet univers de la pauvreté (13% des Français). Mais qui sont-ils vraiment ? Comment le devient-on dans la cinquième puissance économique mondiale ? Un quart des ménages redoutent de vivre ainsi. C'est à une « révolution fraternelle » qu'appelle l'auteure.

    Véronique Fayet, née en 1953 à Toulouse, est présidente du Secours catholique français depuis juin 2014. Militante au sein de Quart-Monde, conseillère municipale à Bordeaux, elle a été successivement chargée de l'Action sociale et de la lutte contre l'exclusion, puis des Solidarités, de la Santé et des Seniors. Elle est chevalier de l'Ordre national du Mérite et officier de la Légion d'honneur. Aujourd'hui, elle fait la synthèse entre son engagement humaniste et son engagement chrétien.

  • Dérèglement climatique, chômage et précarité, crise financière, crise de l'Europe... Sommes-nous condamnés au chaos ?
    La bonne nouvelle, c'est qu'il n'y a aucune fatalité. Rien à voir avec l'extinction des dinosaures. Cette fois, la météorite, c'est nous. C'est nous, les responsables : nos bâtiments mal isolés, nos transports trop polluants, notre alimentation, notre agriculture... Il est temps de déclarer la guerre au dérèglement climatique, de saisir cette « chance » pour enfin mettre au monde un nouveau modèle de développement, au service de l'humanité. Et ce livre prouve qu'il est possible de financer ce chantier colossal grâce à un Pacte européen climat-emploi.
    Pour vaincre l'inertie des pouvoirs et le poids des lobbies, il est temps de nous rassembler et de pousser nos dirigeants à l'audace : réveillez-vous ! Et passons à l'action.

    Anne Hessel est docteur en médecine et docteur en chimie. Fille de Stéphane Hessel, elle est engagée dans plusieurs mouvements citoyens.
    Jean Jouzel est climatologue, membre de l'Académie des sciences. Il était vice-président du groupe scientifique du GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat) quand celui-ci a reçu le prix Nobel de la paix.
    Pierre Larrouturou est ingénieur agronome et diplômé de Sciences-po. En 2008, Marianne le présentait comme « l'un des cinq économistes qui avaient annoncé la crise financière ».

  • Mariel Primois, surgie de la contre-culture des années soixante-dix, dernière compagne de Jean-François Bizot - le fondateur d'Actuel et de Radio Nova - adhère en 2016, comme beaucoup de Français, à l'imprévisible mouvement En Marche. Son journal de campagne n'est pas sans rappeler L'Ingénu, ce conte philosophique de Voltaire où un Huron découvre la France de 1767. En découvrant ces ovnis, ces "digital natives" dont l'absence de culture politique est sidérante, elle s'interroge : sont-ils bidon ou au contraire l'avant-garde d'une "post-post vérité" dont Macron est le signe ? Autre charme de l'ouvrage : les adresses délicates à Mai 68, dont on célébrera le cinquantenaire en 2018, comme un miroir qui lui-même s'efface...

    Directrice artistique de plusieurs magazines, Mariel Primois a surtout travaillé aux côtés de Jean-François Bizot à Actuel, Nova mag et sur différents beaux-livres consacrés à la contre-culture et à sa presse : Underground l'histoire (Denoël, 2001), Free press (Panama/Actuel, 2006), Une bonne correction (Panama, 2005), New Wave (Panama/Actuel, 2007). Elle a aussi publié la compil Actuel, les belles histoires (La Martinière, 2011).

  • Un accusé de génocide a-t-il droit à une défense ? Pour François Roux, qui fut l'avocat de Douch, le tortionnaire khmer rouge, la réponse est « oui ». Dans ce récit humble et passionné, il raconte le combat d'une vie pour rendre sa pleine fonction à une justice issue du tribunal de Nuremberg de 1945 et conçue, d'abord, pour combattre l'impunité des criminels nazis. Tout accusé, même d'un crime contre l'humanité, doit avoir droit à une vraie défense et à un procès équitable, ce qui inclut tout autant le droit à la présomption d'innocence que celui de plaider coupable. C'est la condition, à ses yeux, pour construire sur des principes intangibles une véritable justice pénale internationale, enrichie de la diversité culturelle dont sont porteurs tous ses acteurs, quelle que soit la région du monde dont ils proviennent.François Roux a exercé pendant trente-huit ans la profession d'avocat. Longtemps engagé aux côtés des désobéissants civils non-violents dans les pas de Gandhi, il s'implique ensuite dans la justice pénale internationale et dirige aujourd'hui le bureau de la défense, au sein du Tribunal spécial pour le Liban, à La Haye, aux Pays-Bas. Il est l'auteur, chez Indigène, du livre En état de légitime révolte.

  • « Absentes de la scène publique d'où elles étaient exclues, les femmes ont fabriqué d'autres comportements, épelé un alphabet d'une autre histoire secrète, circulant souterrainement comme dans un relief calcaire où les pertes resurgissent en sources surprenantes », écrit dans sa préface l'éminente historienne des femmes, Michelle Perrot. Manuela Carmena a 71 ans quand elle est élue maire de Madrid, poussée à la fois par les indignés de la Puerta del Sol, les réseaux sociaux et les partis traditionnels de gauche. Et par sa légende : elle a échappé au dernier attentat mortel de la période post-franquiste.
    Vaillante, originale, provocatrice, Manuela aura tissé au fil du temps une « culture non-violente féminine-féministe » qui se trouve rencontrer les attentes d'une société fatiguée des valeurs machistes, verticales, d'autorité, de rigidité. Elle leur substitue des valeurs horizontales, souples, de persuasion, de conviction et d'habileté qu'une majorité sociale aujourd'hui, bien au-delà des fractures idéologiques, réclame.
    La vie s'inventerait-elle à Madrid ?

  • La valeur particulière de ce dialogue tient à ce que ses deux auteurs ont, l'un, Erri de Luca, récemment risqué la prison pour défendre le droit à l'usage d'un mot : « sabotage », et l'autre, José Bové, fait de la prison en 2002 parce que la justice lui refusait le terme « démontage festif » au profit de « saccage » dans son action contre le McDonald's de Millau, temple de la malbouffe. Rétablir la vérité des mots, relier une parole juste à des actes justes : voilà bien le sens de cette élégante leçon dispensée par le très grand écrivain italien et le fameux député européen. Non pas donc un enième discours « sur » la justice et la désobéissance, mais bien une incarnation, par le langage, de ces deux grands thèmes éternels, auxquels s'ajoute évidemment l'écologie.

  • « Nous étions fatigués d'être fatigués. Alors, nous nous sommes mis en marche. » Avec la cohorte des invisibles et des repères historiques allant de Gandhi aux expériences innovantes de l'Amérique latine, rompant avec la réconciliation honteuse instaurée par le régime de 1978 après la mort de Franco. En 2010, ils créent La Tuerka, leur propre émission de débat politique, à la télé. Alors que déferle sur Madrid la marée des Indignés, ils se raccordent au sens commun avec des mots comme « caste », « vendeurs de patrie », « souveraineté » et, pour objectif, le pouvoir citoyen. En janvier 2014, ils fondent Podemos, leur « mouvement-parti ». En mai, ils obtiennent cinq sièges au Parlement européen. Une autre Europe est possible, disent-ils, du Sud, « des citronniers », émancipée du « IVe Reich financier ». Dans ce livre, ils racontent comment leur jeune bande a pu bouleverser le paysage politique. À notre tour, nous le pouvons...

  • "C'est à nous, les éditeurs d'Indignez-vous !, qu'Abd al Malik a confié sa supplique à la République et nous la publions fièrement avec en tête les mots de Stéphane Hessel appelant, à la veille de sa disparition, à ce que « la démocratie se fasse spirituelle »." Sylvie Crossman et Jean-Pierre Barou  AVERTISSEMENT  « Ma démarche est apolitique, au sens de partisane ou de politique politicienne. Je ne recherche pas le pouvoir et ne briguerai jamais aucun mandat. Voici simplement ma parole, celle d'un citoyen concerné, comme des millions d'autres, par le présent et l'avenir de son pays. Celle d'un artiste qui ne vit pas en périphérie, mais en plein milieu d'une douleur que seule la fraternité véritable pourra guérir. » Abd al Malik  Abd al Malik naît le 14 mars 1975 à Paris et grandit dans la cité du Neuhof à Strasbourg. Rappeur, slameur, il est aussi réalisateur et auteur de plusieurs livres dont Qu'Allah bénisse la France (2004) ; La guerre des banlieues n'aura pas lieu (2009) ; Le Dernier Français (2012) et L'Islam au secours de la République (2013).

  • Gaël Derive, 40 ans, docteur ès sciences, est aujourd'hui l'un des experts les plus actifs et les plus engagés sur les questions de dérèglement climatique. Après avoir travaillé dans les laboratoires de recherche (CNRS, IRD, INRA), il s'implique dans l'un des premiers Plans Climat français des collectivités. Il est l'auteur de deux films remarqués pour leur vision à la fois pragmatique et humaniste du sujet : L'Odyssée du climat (2009) et Une planète et une civilisation (2012).
    "La planète se moque de posséder une banquise et de grands espaces vierges totalement englacés. La planète se moque d'être recouverte d'un océan plus haut de un ou dix mètres..." Mais pour l'espèce humaine, la terre représente tout, une ressource, une protection. L'auteur a osé sortir des rapports scientifiques pour aller éprouver les effets déjà bien réels du dérèglement climatique auprès de Satu, éleveur en Ethiopie ; Nipa, rizicultrice au Bangladesh ; Donildo, chasseur en Amazonie ; Jeannie, l'Inuite de l'Arctique ; Tsering, cultivatrice au Népal et Karakaua, pêcheur aux îles Kiribati. De ces rencontres, le scientifique revient bouleversé, avec cette certitude : si l'on veut éviter à l'humanité de demain la précarité alimentaire, l'absence d'eau potable, l'errance climatique et l'extension des violences, il faut se saisir de cette crise comme d'une chance pour construire des modèles économiques et sociaux qui nous permettront de "prospérer sans croissance". Faute de quoi, peut-être eût-il mieux valu rester des singes...

  • Peter Trawny, l'un des plus brillants philosophes de sa génération, engage ici, à travers le cas Heidegger, une réflexion sur le processus de l'errance dans une pensée, errance que Heidegger tenait pour « inévitable ». En décidant de publier en l'état, avec leurs passages antijuifs, ses Cahiers noirs dont les deux premiers tomes sont parus en mars en Allemagne sous sa direction Heidegger n'a t-il pas voulu montrer en effet combien un philosophe, même de son envergure, peut se fourvoyer ? Liberté de se tromper, de se laisser effrayer en particulier lorsqu'elle s'applique à une époque aussi trouble, aussi noire que le XXe siècle. Au-delà du seul cas Heidegger, ce thème nous a semblé d'une... effrayante actualité.

  • Ce texte se lit comme on fait l'école buissonnière, en galopin heureux d'échapper aux dogmes de notre temps : la compétition de tous contre tous, l'esclavage salarial, les distinctions sociales et « promotions de tous ordres qui supposent un compromis avec soi-même et une compromission avec autrui ». L'auteure y relate les débats menés avec ses camarades pendant l'année 2013 sur le thème du « refus de parvenir », formulé au début du XXe siècle par l'enseignant libertaire Albert Thierry comme le refus « de vivre et d'agir pour soi et aux fins de soi ». Une exigeante éthique de vie dont les héros et héroïnes inlassables, d'hier et d'aujourd'hui, sont moins rares et plus déterminés qu'on ne pense.

  • Marc de Miramon dans l'Humanité Dimanche : « Le plus social des réalisateurs britanniques, Ken Loach, revient avec un livre, Défier le récit des puissants. Ce court essai livre sa vision du cinéma, son regard sur les acteurs. Il signe aussi un argumentaire de choc qui s'oppose à l'idéologie libérale et défend le rôle de la culture. » Ken Loach (Propos recueillis par Thomas Destouches pour Allocine) : « Les puissants de ce monde souhaitent cacher certaines choses. On essaie toujours d'écarter les dissidents, d'éteindre les voix dissonantes. » « Les films doivent poser des questions, défier l'autorité, être subversifs ». Mais « n'oublions pas que tout dépend au final des spectateurs. S'ils décident de parler des thèmes après une projection, alors oui les films peuvent avoir cette influence, celle de provoquer la discussion. » C'est vrai aussi pour ce livre, tout dépend au final des lecteurs !

  • « Voici un livre dense et tragique », écrit dans sa préface Robert Badinter. Il poursuit : « Ce que les flammes qui les brûlent proclament, c'est qu'ils ne peuvent plus supporter l'agression commise contre leur peuple, l'éradication de ses coutumes et de sa langue, le génocide culturel auxquels, dans le lâche silence des États, les autorités chinoises se livrent au Tibet. »  Ce texte, où la rigueur glaçante des « détails » tient souvent lieu d'émotion, rappelle La Question d'Henri Alleg, rédigée en 1958, en pleine guerre d'Algérie, pour dénoncer la torture perpétrée par l'armée française. Depuis 1959, le Tibet, annexé par la Chine au mépris du droit international, a vu une répression féroce s'abattre sur lui, sa capitale Lhassa devenant « un ghetto sous occupation nazie ». Entravés dans toutes leurs manifestations collectives, ces résistants de l'esprit n'ont plus que ce moyen de protestation : l'auto-immolation, la seule violence qui leur paraisse concevable, celle dirigée contre soi-même. Ni attentats ni terrorisme, mais en vérité la non-violence portée à son paroxysme, son incandescence.

  • La non-violence n'a jamais été de la résistance passive. Cet essai ressuscite le cheminement de Gandhi, de la « non-violence des faibles » à la « non-violence des forts » qui fut capable d'ébranler l'Empire britannique. Face à la « civilisation moderne », dont Gandhi nous avertissait qu'elle était gangrenée par la violence dans ses fondements juridiques, éducatifs, technologiques et même dans sa médecine, cette arme reste d'une actualité totale. La non-violence exige toujours intrépidité et courage, elle aiguise l'autonomie ou « gouvernance de soi » et force l'attention à « cette petite voix intérieure qui ne se trompe jamais » : la conscience.

  • « Cours, cours, camarade, le vieux monde politique est derrière toi ! »L'homme qui participa, en Mai 68, à la réinvention de la société, propose ici de fonder une forme d'action collective qui ne passe pas forcément par un parti politique.« Un parti, écrit-il, c'est un blindage, une structure fermée, presque génétiquement hermétique à la société. » Mais comment résoudre cette exigence d'ouverture quand notre imaginaire baigne dans une conception figée, contraignante, des rapports de force, quand il est vampirisé par « l'imaginaire capitaliste-libéral » ? Pour construire ce sujet pensant autonome capable d'engendrer un collectif lui-même pensant et autonome, « Dany » exhume une chaîne de penseurs comme le Français André Gorz, premier théoricien de l'écologie politique ; le psychanalyste grec, Cornelius Castoriadis, adepte de « l'utopie plausible » ; l'universitaire de Rabat, Fatima Mernissi, et son « miracle de la boîte noire où tu mets ton bulletin de vote » ; le sociologue allemand Ulrich Beck qui réinvente un contrat social fondé sur le risque. Une nouvelle fois, Cohn-Bendit agrandit le champ des possibles, tout en restant fidèle à ce qu'il appelle « ma ligne libertaire ».

  • « Le féminin est un entraînement radical à la liberté. » Dans cet essai subversif écrit d'une plume joyeuse, fiévreuse, Isabelle Sorente prend le contrepied de l'axiome qui fait de la femme le « sexe faible », pour révéler la puissance acquise au fil des siècles et au cour des contraintes : le conditionnement du féminin se renverse pour devenir une force, un exercice spirituel d'un genre nouveau qui ouvre sur des perspectives d'action inédites.

  • Ce livre est le deuxième d'une nouvelle collection que lance Indigène : « Femmes, Où en êtes-vous ? » qui rassemblera toutes les voix - et elles sont nombreuses aujourd'hui - convaincues que les femmes portent sur leurs épaules la condition d'une refondation éthique de la société.
    A travers cinq textes, courts mais denses, rédigés par ces intellectuelles qui ont toutes, à leur manière, contribué à l'émancipation des femmes dans les sociétés indigènes, il s'agira d'évoquer des féminismes inattendus tels qu'ils s'expriment dans les sociétés aborigènes, amérindiennes, inuit, berbères et tziganes.

  • Non, le féminisme n'est pas ringard, rien n'est acquis malgré les conquêtes de la parité. Si la complexité des enjeux d'un monde globalisé peut brouiller les cartes, l'exigence de justice et de liberté n'admet aucune démission. « Il n'y a pas de liberté vraie, là où une situation d'inégalité ou de dépendance ne donne d'autre alternative que de se soumettre », écrit Françoise Picq. Elle rappelle, aux femmes d'aujourd'hui, les grands débats d'hier et les alerte, avec bienveillance mais sans concession, sur les écueils qui guettent le renouveau féministe.

  • De l'aveu même de Stéphane Hessel, ce texte tranche sur tous les autres parce qu'il s'y adresse pour la première fois à l'esprit.
    Inversement, ce qui frappe dans les interventions du dalaï-lama, c'est son souci de rendre compte d'une « éthique séculière », seule en capacité d'être universelle et sur laquelle ces représentants des deux pans du monde - l'Est et l'Ouest - convergent. Mais le grand charme de ce dialogue tient aussi à la manière dont ces deux figures désormais planétaires ancrent toutes leurs réflexions dans un vécu d'une épaisseur sans égale.

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