L'Herne

  • « Si la France a pu, à travers les siècles de son Histoire, parce qu'elle avait le nombre, la richesse et la puissance, traverser des crises beaucoup plus graves que celle d'à présent, en revanche - aujourd'hui que nos moyens ne sont plus de tout premier ordre - il apparaît que, pour la première fois peut-être de cette Histoire, la France pourrait cesser d'exister en tant que nation. Une certaine propagande délétère, sous couvert de l'atlantisme d'abord, de la petite Europe ensuite, c'est-à-dire de mythes à prétention idéologique et caractère aliénant, a tout fait pour persuader les Français que leur bonheur, leur prospérité, leur paix dépendait désormais d'un prétendu dépassement de ce qui, historiquement, les a faits ce qu'ils sont. Aliéner une nation millénaire, sous couvert de l'inviter à un généreux dépassement, masquer l'âpre ambition d'une hégémonie extrême-occidentale sous couvert de la pieuse idéologie des abandons de souveraineté, baptiser Europe une résurgence du Saint Empire germanique, et l'opposer à la France avec la bénédiction d'une Rome toujours en retard d'une révolution sinon de deux, voilà l'entreprise générale et permanente qui, depuis vingt-cinq ans, reproduit - dans notre plus dur moment - tous les avatars de notre histoire... Que vienne - une fois encore - le souffle des profondeurs et les médiocres mêmes auront du courage, et la France, une fois encore, sera portée au-delà d'elle-même. »

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Marx s'est voulu avant tout le défenseur du prolétariat, c'est-à-dire de la classe ouvrière. Cela signifie, entre autres choses, qu'il ne s'est intéressé à la philosophie, à l'économie politique et à l'histoire que dans la mesure où ces disciplines servaient la cause de cette classe. D'où les rigueurs et les limites du schéma de Marx : il se présente bien plus en effet comme une dialectique matérialiste-historique du prolétariat, que comme un matérialisme dialectique historique des sociétés. D'un autre côté, Marx l'a exposé, de manière fragmentaire et dispersée, dans une suite de travaux qui s'échelonnent de 1844 à 1868. Notre propos a donc été de coordonner et de généraliser ce schéma, de telle sorte qu'il puisse intégrer les travaux empiriques des historiens. En conséquence, ce livre se présente comme une introduction à une théorie d'ensemble du processus historique.

  • Les vrais secrets ne se dérobent pas. Ils veulent intensément cette clarté qui les donne sans les trahir et les confie sauvegardés, clarté de la lueur où la nuit se rassemble et se livre en un regard pour que nous puissions la prendre à coeur. La révélation de Dieu ne profane pas son mystère, elle est l'événement où ce mystère s'expose à nous et nous expose à lui, sans cesser d'être mystère, et nous blesse d'une blessure que rien, jamais, ne pourra guérir, celle de l'amour infini. Le mystère s'accomplit dans la révélation, la lueur est l'offrande même du secret. Comment la gloire de Dieu peut-elle nous être donnée sur l'ostensoir nocturne de la croix ? Quels sont les liens essentiels de la révélation et du secret ? Jusqu'où le verbe peut-il aller, chargeant d'un avenir irrémédiable le silence qui semble l'engloutir ? Comment le Dieu caché et le Dieu révélé sont-ils le même et unique Dieu ? Telles sont les questions de ce livre, qui tente d'y répondre par un dialogue philosophique avec plusieurs grands penseurs de la tradition chrétienne, Origène, Denys l'Aréopagite, Saint Jean de la Croix, Martin Luther.

  • Ce Cahier propose une approche de la pensée d'Onfray, devenue incontournable, à partir de contributions sur les engagements et les thèmes qui structurent son travail depuis maintenant trente ans et tente également d'apporter un nouvel éclairage sur la personnalité du philosophe ; par des textes inédits, des portraits réalisés par Jacques Pasquier, Gérard Fromanger ou Valerio Adami, des témoignages d'amis et de proches, ou encore des correspondances inédites avec Pascal Dusapin et Lucien Jerphagnon.

  • Ce volume souhaite proposer, au travers d'une mosaïque de points de vue, la complexité de la pensée de Françoise Héritier, dont nous n'avons de cesse de mesurer l'importance et l'ampleur.
    Les travaux de Françoise Héritier ont apporté un éclairage tout particulier sur la pensée féministe et le champ de la domination masculine, mais aussi sur les systèmes de parenté, les fluides corporels, le sida et beaucoup d'autres sujets qui ont fait d'elle l' « anthropologue dans la cité ». En creusant au plus profond de nos cultures communes Françoise Héritier est parvenue à éviter la réduction de ces cultures à une pensée abstraite et théorique. Elle a su avant tout, prendre la mesure de l'être humain constitué de sens, d'émotions et de subjectivité. Elle a partagé dans ses derniers livres cette « légèreté », cette « grâce dans le simple fait d'exister » qu'elle revendiquait sans honte. Ce « sel de la vie », « trésor caché en nous » où l'amour des mots devenait aussi l'amour de l'autre.

  • Si John le Carré est salué par tant d'écrivains comme l'un de leurs pairs, c'est bien parce qu'il ne se laisse pas enfermer dans un cadre univoque. Loin de se cantonner à une architecture binaire dans laquelle tout serait noir ou blanc, il aime explorer les zones d'ombre et la grisaille. L'entre-deux psychologique et métaphorique l'intéresse plus que le manichéisme idéologique.
    Sa production littéraire elle-même est bien plus protéiforme que ne pourrait le laisser croire sa réputation. Il ne se réduit pas à l'étiquette « romancier de la guerre froide » - et la fin de la guerre froide n'a pas sonné le glas de l'écrivain ; bien au contraire, elle lui a permis d'étendre son terrain de jeu thématique et géographique pour mieux se recentrer sur l'humain -, pas plus qu'à celle, plus englobante, de « romancier d'espionnage ». Mais la simple étiquette de « romancier », même, ne suffit pas à décrire son oeuvre foisonnante. John le Carré a publié vingt-quatre romans, certes, mais il a également écrit une pièce de théâtre et des mémoires. Et ce ne sont pas seulement des livres qu'il a signés de sa plume, mais plus d'une centaine de textes courts : contes, nouvelles, préfaces, articles journalistiques, tribunes, billets d'humeur, discours, et même textes autofictionnels bien avant que ce genre n'acquière ses lettres de noblesse. Premier ouvrage en français consacré à John le Carré, le présent volume rassemble nombre de ces textes, inédits en français à ce jour, qui permettent de constater que le Carré a plus d'une corde à son arc.

  • François Jullien est tout à la fois philosophe, helléniste et sinologue. Trois compétences qui ne témoignent pas seulement d'une intense curiosité et d'une vaste culture, mais plus essentiellement de l'originalité d'une démarche intellectuelle.
    La Chine est pour lui l'occasion d'un détour, l'occasion de se défaire des points de vue unilatéraux, d'opérer un décentrement. C'est le prix à payer pour se rendre disponible, pour donner toute sa mesure à la « croissance du divers », selon l'expression de Victor Segalen. Il faut faire l'épreuve du dépaysement de la pensée, créer du dissensus et donc faire dissidence. Cela conduit François Jullien à interroger nos propres catégories de pensée, celles qui nous viennent de l'Antiquité, principalement des Grecs, celles qui fondent notre tradition philosophique, qui nourrissent notre métaphysique. Il veut sonder, à la manière de Hegel préfaçant la Phénoménologie de l'esprit, ce qui bien qu'entrevu et parfois « bien connu » n'a pas été reconnu, ou poursuivi dans notre tradition venue de l'Antiquité. Il a donc voulu déclore d'autres voies, ranimer des possibles de la pensée, cultivés ailleurs et laissés chez nous en friche, ou tombés en déshérence. Cette relance de la philosophie exigeant un dehors, la Chine lui sert de point d'appui pour faire levier.
    Le Cahier de l'Herne qui lui est consacré cherche à rendre compte de toutes les facettes de cette pensée et de son influence aussi bien en France qu'à l'étranger (rappelons qu'il est le philosophe français actuellement le plus traduit dans le monde).

  • Les Cahiers de L'Herne entreprennent de saluer en Pierre Michon l'absolue singularité d'une voix et d'une écriture qui n'en finit pas de surprendre et d'enchanter un lectorat toujours plus vaste depuis l'apparition, en 1984, de son premier ouvrage, Vies minuscules. Les livres de Pierre Michon, denses et tendus dans leur beauté paradoxale, à la fois sauvage et classique, naturelle et travaillée, ont depuis longtemps conquis une place de premier plan auprès des écrivains, des lettrés et dans les milieux de la critique savante. Il est alors naturel de solliciter dans ce volume les plus grands noms de la critique universitaire - Jean-Pierre Richard, Henri Mitterrand ou Philippe Berthier - tout en s'ouvrant à d'autres disciplines de la pensée et de la création : l'Histoire (Patrick Boucheron, François Hartog), histoire de l'art et anthropologie, géographie (Jean-Louis Tissier), la musique et arts plastiques (Henri Cueco), l'art théâtral (Denis Podalydès), sans oublier la question de la traduction (Élizabeth Deshays).
    Ce Cahier est aussi l'occasion de convoquer autour de l'oeuvre de Michon, les textes et témoignages de grands critiques et écrivains comme Pietro Citati, Maurice Nadeau ou Jacques Réda, et d'autres contemporains (Goffette, Bergounioux, Echenoz ou Olivier Rolin) ou auteurs plus jeunes (Marie-Hélène Lafon, Maylis de Kerangal) qui disent ici le pouvoir fécondant de cette écriture éblouissante et rare. S'intéressant aussi à l'atelier littéraire, le présent Cahier donne à lire nombre d'inédits ou textes rares de Michon : premiers écrits mais aussi variantes, passages supprimés, chapitres retranchés, toutes « victimes » de l'exigence de l'auteur qui opte pour le fragment fulgurant et l'inachèvement.
    Ainsi ce Cahier de L'Herne participe-t-il puissamment du rayonnement de l'oeuvre dense, lumineuse et féconde de cet immense écrivain aussi rare et secret qu'exigeant - donnant toute sa véracité à cette remarque que l'entreprise vient de susciter chez Jean-Pierre Richard à propos de notre auteur : « Son silence si têtu, il faudrait alors l'entendre comme une sorte de paradoxale, et réversible, insémination... ».

  • Depuis la parution de son premier recueil de nouvelles, By the North Gate (1963), Joyce Carol Oates s'est imposée dans le paysage littéraire américain comme l'un des écrivains les plus prolifiques. À la fois classique (solidement ancrée dans le paysage littéraire américain depuis plusieurs décennies et régulièrement citée parmi les finalistes du prix Nobel de littérature, par exemple) et iconoclaste (sa présence volubile sur twitter, sa plume acerbe, ses connaissances pointues sur la boxe en font quelqu'un d'indéniablement à part), elle reste à ce jour fascinante. Ce volume des Cahiers de l'Herne constitue la première monographie française sur cette figure de la littérature américaine contemporaine devenue incontournable.
    Cet ouvrage, première étude critique de l'oeuvre de Oates en France, est donc nécessaire. Pour rendre hommage à son ambition balzacienne de faire entrer toute l'Amérique dans son oeuvre, pour rendre compte des chemins déjà tracés dans cette oeuvre labyrinthique par les spécialistes, et pour essayer de lever une part du mystère dont Joyce Carol Oates semble étonnamment toujours auréolée. Le Cahier est constitué d'un faisceau de regards français, britanniques et américains sur l'écrivain : regards universitaires sur son oeuvre protéiforme et ses ramifications à la scène ou à l'écran, regards plus intimes de son biographe, ses collègues, amis, anciens étudiants, regards croisés d'auteurs et de traducteurs, regards de chercheurs découvrant les coulisses de son travail et partageant avec nous ses manuscrits et pages de brouillon annotées.
    Des textes inédits de Oates, des extraits de correspondance avec sa grand-mère ou avec son collègue et ami Russell Banks, ainsi que des photos de l'écrivain entourée de sa famille et ses amis complètent ces portraits et permettront au lectorat français d'embrasser du regard l'impitoyable diagnostic porté par l'auteur sur l'homo americanus ainsi que l'incroyable générosité, drôlerie, et inventivité de cet écrivain inclassable.

  • Aucune réflexion d'ampleur n'a encore été menée en France autour de l'oeuvre d'Orhan Pamuk. C'est pourtant l'une des voix les plus singulières de Turquie, qui n'hésite pas à s'exprimer sur la situation politique de son pays, plus que jamais sous les feux de l'actualité.
    Pour autant, nous n'avons pas souhaité présenter Pamuk sous l'angle privilégié de l'engagement. Ses positions courageuses sont connues et reconnues. L'oeuvre si particulière de Pamuk, si ancrée dans son Istanbul natal, résonne de multiples échos. C'est pourquoi les textes qui composent ce Cahier émanent de cultures et d'horizons divers : écrivains, critiques littéraires, historiens de l'art, traducteurs, architectes, sociologues, philosophes, géographes... Écrivain hors norme, Orhan Pamuk est aussi exceptionnel par l'éventail de son audience.
    Un des buts de ce volume est d'établir la « cartographie sentimentale » de la réception du romancier, en fonction de l'attente très variée de ses lecteurs à travers le monde. On retrouve ainsi parmi les contributeurs, les grandes plumes de la presse et de la littérature mondiale tel Pietro Citati, Claudio Magris, John Updike ou Thomas Steinfeld, aux côtés desquels figurent des collaborateurs d'horizons géographiques moins représentés dans la critique comme le Japon (Ryô Miyashita), la Norvège (Bernt Brendemoen) ou la Grèce mais qui témoigne du rayonnement incontestable de l'oeuvre de Pamuk.
    Ce Cahier unique parce qu'il est sans équivalent en France et parce que sa composition diffère des hommages réalisés à l'étranger est en outre enrichi par des écrits de jeunesse et par des pages inédites d'Orhan Pamuk. Il révèle enfin en France l'oeuvre graphique de l'écrivain qui enrichit cette édition de nombreux dessins et croquis, publiés eux aussi pour la première fois.

  • LES CAHIERS DE L'HERNE ; Perec

    Collectif

    • L'herne
    • 2 Novembre 2016

    S'adressant à la fois aux amateurs et aux chercheurs, ce Cahier comporte des inédits de l'auteur et des textes rares, des études approfondies par des spécialistes, des articles critiques, des entretiens, des témoignages et de la correspondance. Il offre l'occasion de revenir sur les aspects marquants d'une oeuvre littéraire caractérisée par une remarquable diversité, dont il arpente les différents territoires : le ludique et le romanesque, l'interrogation du quotidien, l'exploration autobiographique - l'idée générale étant de donner une vue d'ensemble de l'oeuvre perecquienne sans répéter le discours critique qui lui est déjà consacré.

    Richement illustré d'un cahier iconographique et de nombreux fac-similés in texto, ce Cahier contient un grand nombre de documents, pour la plupart inédits. Il permettra de découvrir de nombreux textes de Georges Perec, dont certains éclairent la formation de l'écrivain : textes de jeunesse, mais aussi premiers écrits critiques qui ont forgé sa plume et sa conception de la littérature, et ne sont pas connus du grand public (recensions pour la Nouvelle NRF, pour la revue Partisans, etc.). Il contient des petits textes ludiques très drôles, qui préfigurent l'engagement oulipien de Perec, mais aussi des esquisses de projets témoignant de la prégnance chez lui de l'interrogation autobiographique (« L'Âge », « Lieux où j'ai dormi », etc.). Les contributions des critiques, écrivains et universitaires reviennent quant à elles sur ces thématiques centrales de l'oeuvre de Perec, mais aussi sur des aspects moins connus, tel le rapport de l'écrivain à la radio ou à l'art contemporain, la place chez lui de l'écriture poétique (qu'elle soit ou non contrainte, comme en témoigne la publication de poèmes rares ou inédits), ou sa proximité avec les recherches actuelles en sciences sociales. On y trouve également des comptes rendus critiques importants, parus au moment de la sortie de certaines de ses oeuvres (W ou le souvenir d'enfance, Espèces d'espaces,...) dans des revues comme Esprit, Les Temps modernes et La Quinzaine littéraire, et jamais réédités depuis. Dans son ensemble, ce Cahier contribue à penser la place décisive prise par Perec dans l'histoire littéraire du XXe siècle.

  • Né à Paris en 1906 dans une famille loufoque, non-conformiste et peu scrupuleuse, Maurice Sachs eut une vie sulfureuse, aujourd'hui encore entachée d'opprobre. C'est qu'il a mal fini : bien que juif et homosexuel, il achève sa « carrière » dans la Gestapo de Hambourg. Il n'avait pas 39 ans. À sa naissance, son père, Herbert Ettinghausen, s'éclipse rapidement et sa mère, Andrée Sachs, qui vit d'expédients, ne tarde pas à l'abandonner dans un internat de style anglais où Maurice découvre tout à la fois sa judéité, son homosexualité, son goût du vol et son amour de la littérature.

    Ce Cahier de l'Herne qui lui est consacré ne vise pas on ne sait quelle réhabilitation. On ne le sauve ni ne l'accable. Ce Cahier a la seule ambition de faire le point - sans rien omettre - sur cet écrivain qui fut un témoin essentiel de la vie artistique et littéraire du Paris de l'entre-deux guerres, l'ami entre autres de Cocteau, qui le fascine, de Jacques et Raïssa Maritain, de Max Jacob, de Gide, de Violette Leduc, et l'auteur d'au moins deux livres majeurs : Le Sabbat et La Chasse à courre, parus tous les deux après la guerre, de façon posthume. Maurice Sachs, personnage combien troublé, hante aussi toute l'oeuvre de Patrick Modiano. Il se fera abattre en avril 1945 sur une route d'Allemagne.

  • Cahier Henri Pierre Roché

    Collectif

    • L'herne
    • 28 Octobre 2015

    Henri Pierre Roché, s'il n'est pas complètement méconnu, c'est parce que, souvent, il est associé au nom d'un autre. Le silence autour d'Henri Pierre Roché est inqualifiable parce qu'il ne rend pas justice à son oeuvre et sa personnalité. Et aussi, parce que au coeur de la création artistique de la première moitié du xxe siècle, il éclaire d'une manière très particulière l'histoire culturelle de cette époque.
    Son oeuvre écrite : François Truffaut a sauvé une partie de cette oeuvre de l'oubli. Mais paradoxalement, ses films ont aussi étouffé l'oeuvre de Roché, qu'il est temps de reconnaître à sa juste valeur. Jules et Jim et Deux Anglaises et le Continent sont d'une modernité étonnante non seulement par les thèmes abordés mais surtout par la manière dont ils le sont : un style extrêmement tendu, où la parataxe l'emporte sur le développement complaisant, une pointe acérée pour faire vivre des personnages, le sens du détail concret qui évacue le long discours, la confrontation de points de vue, sans parler de l'utilisation d'une abondante matière autobiographique

  • Ce Cahier de l'Herne consacré à Joseph Roth, l'écrivain autrichien en exil qui mourait à Paris en mai 1939 des suites de son alcoolisme et du désespoir, rassemble des contributions originales dues à des spécialistes reconnus de l'oeuvre de Roth, des littératures d'expression allemande et de littérature comparée, des textes critiques fondamentaux déjà parus précédemment et repris pour l'occasion, et des inédits de l'écrivain lui-même, l'idée étant de créer un dialogue et une dynamique entre tous ces éclairages.
    Ce livre s'articule en huit grands volets : « Situations de Joseph Roth », « Journalisme, voyages, vision européenne », « Modernités de Joseph Roth », « Tournant classique : fresque et totalité », « Les oeuvres de l'exil français », « L'homme de lettres en dialogue », « Adaptations cinématographiques » et « Résonances ».
    Le volume est complété par toute une partie d'inédits de Joseph Roth : des chroniques et des nouvelles traduites par Alexis Tautou. La moitié de l'oeuvre de Joseph Roth est constituée d'articles, de reportages, de chroniques, de Feuilletons (pour reprendre le terme usité alors en Allemagne et en Autriche) dont la qualité littéraire n'a souvent rien à envier aux oeuvres de fiction, et il était essentiel que cet aspect de l'écrivain - qui le rattache à la tradition viennoise, mais qui par certains côtés le place aussi dans le sillage du grand journalisme européen (Guy de Maupassant, Émile Zola ou Matilde Serao, brillants chroniqueurs dont l'oeuvre journalistique est aujourd'hui mieux connue) - soit représenté de manière forte et visible dans le Cahier.

  • LES CAHIERS DE L'HERNE ; Conrad

    Collectif

    • L'herne
    • 18 Février 2015

    Ce Cahier dédié à Joseph Conrad se compose de textes d´origines et de longueur très diverses. Nous avons sollicité la plume d´une vingtaine de spécialistes internationaux parmi les plus reconnus, dont les contributions ont ensuite été traduites en français. Le cahier inclut également dix-neuf textes de Conrad, qui pour certains ont été traduits pour la première fois. Figurent également une dizaine de textes traduits de l´anglais (Chinua Achebe, John Berger, John Cowper Powys, Bob Dylan, Malcolm Lowry, Robert Penn Warren, J.L. Borgès, Virginia Woolf ) ainsi qu´un impressionnant florilège d´extraits. À ceci s´ajoute une importante moisson de contributions de spécialistes universitaires, de lecteurs, et d´écrivains francophones (une cinquantaine), qui témoignent de la présence vivante de Conrad dans la culture contemporaine.
    /> Le volume évoque d´abord les années de formation qui vont de l´enfance polonaise à l´émergence de l´homme de lettres anglais. Déjà se profilent la difficulté du choix de vivre de sa plume, et un rapport complexe à l´argent : l´écrivain, naturalisé anglais en 1884, avait tendance à vivre largement au-dessus de ses moyens et souffrait d´endettement chronique.
    Le succès commercial n´arriva qu´avec Fortune (1913). Dans un deuxième temps, l´ouvrage explore l´oeuvre en devenir. Le volume fait apparaître l´importance primordiale de la langue et de la culture françaises qui constituent tout l´arrière plan permettant de saisir les formes si multiples de l´univers conradien. Cet enracinement francophone apparaît autant dans la vie vécue de l´écrivain, que dans les influences (Flaubert, Maupassant, Loti, Anatole France, Rimbaud) et amitiés littéraires (André Gide, Saint John Perse, Valéry Larbaud). Enfin, nous avons pris à la lettre Marguerite Duras qui souhaitait que la présence de Conrad reste vivante dans les écritures de notre temps, et nous avons suivi sa trace littéraire jusqu´à nos jours, en recueillant des contributions d´auteurs contemporains, parmi lesquels Philippe Roth, Salman Rushdie, David Lodge, Joyce Carol Oates pour la langue anglaise, et Christian Bobin, Patrick Deville, Marie Darrieussecq, Michel Déon, Jacques Rancière pour la France. Nous avons accordé une place importante au cinéma qui s´est intéressé à Conrad pratiquement dès la parution de ses oeuvres jusqu´à nos jours (Julien Duvivier, Alfred Hitchcock, Francis Ford Coppola, Andrzej Wajda, Patrice Chéreau, Chantal Akerman) sans parler des innombrables adaptations pour les télévisions de tous les pays. La plasticité de son oeuvre se prête merveilleusement à ce nouvel art qu´est la bande dessinée, à la création musicale et chorégraphique (Bob Dylan, Philip Glass, Tarik O´Regan, Angelin Preljocaj).

  • Pourquoi ce Cahier ? À cette question, deux réponses majeures : la première naît précisément du vacarme : dès ses origines et toujours ensuite, la psychanalyse a été attaquée, et souvent avec une passion qui suscite chez ses défenseurs une réaction tout aussi passionnée. La seconde est qu´il s´agit aujourd´hui d´une longue histoire, qu´il vaut la peine de réexaminer.
    Consacré à Sigmund Freud, ce Cahier présente un ensemble de textes rassemblés sur la base d´une idée simple et forte, énoncée en un « argument » préalablement soumis aux auteurs sollicités, et dont voici l´essentiel : La visée est de situer les déterminants et la portée de l´oeuvre de Freud dans la culture occidentale, compte tenu du recul dont nous disposons aujourd´hui. La psychanalyse y est apparue comme un produit du 19ème siècle, née à la confluence d´influences culturelles, de mouvements scientifiques, de traditions philosophiques, de mouvements sociaux, etc., qui lui ont donné, via l´homme Freud, sa figure particulière. Cette oeuvre aura fortement contribué à modeler le siècle suivant. On se propose donc d´organiser ce volume sur le thème « Freud résonateur », par analogie avec le « résonateur » dispositif physique qui vibre en réponse à des actions du milieu, choisit et transforme ces vibrations selon des lois qui lui sont propres, et qui en retour fait vibrer son entourage selon de nouvelles fréquences. Cette métaphore est utile pour évaluer la vie et l´oeuvre d´un Sigmund Freud né en 1856 et à bien des égards produit du 19ème siècle, mort en 1939 au coeur d´un 20ème siècle qu´il aura puissamment contribué à modifier.
    À l´aube du 21ème siècle, quel regard pouvons-nous porter sur la vie et l´oeuvre d´un homme si lointain et si proche ? Il est bien entendu que ce volume se situera à l´écart de toute polémique. Les textes recueillis dans cette optique sont ici présentés après regroupement sous cinq rubriques :
    - personalia : l´homme Freud // - les racines de Freud, c´est-à-dire les influences formatrices // - quelques aspects des bases épistémologiques de sa pensée // - quelques uns des principaux thèmes qui en ont jalonné le développement // - après Freud : aspects de la pensée contemporaine qui portent à l´évidence sa marque.

  • À la lumière des travaux de recherche des 30 dernières années, ce Cahier de l´Herne consacré à Franz Kafka cherche à restituer avec le plus de précision possible l´histoire de l´écrivain et de l´homme et à donner un aperçu de la richesse et de la diversité de l´oeuvre, ainsi que de la variété des interprétations qu´elle continue de susciter même après la fin de ce XXe siècle dont Kafka représente la plus parfaite incarnation littéraire.
    Ce Cahier reconstitue la trajectoire de Kafka écrivain, à travers un choix de textes autobiographiques pris dans les Journaux, dans les Cahiers in-octavo ou dans les lettres. Ainsi, la partie conservée de la correspondance avec Felice Bauer (1912-1917) et Milena Jesenská (1920-1924), les deux principales destinataires des lettres d´amour de l´auteur, y est mise à contribution.
    L´Herne a sollicité Olivier Mannoni pour retraduire ces textes ; le résultat sera sans doute une découverte pour ceux qui ne connaissent pas Kafka épistolier ou diariste et une surprise pour ceux qui le connaissent par des traductions antérieures : la vigueur de la langue, l´audace des images, les constructions parfois déconcertantes donnent de l´homme privé et de l´écrivain Kafka une image différente de celle, plus discrète et plus policée, à laquelle on est accoutumé. Un florilège de textes écrits sur Kafka par d´autres écrivains et penseurs, allemands, français et d´autres nationalités, vient compléter une vingtaine de contributions dues aux participants français, mais aussi allemands, anglais, américains et canadiens, du colloque de Cerisy « Kafka après «son» siècle » (août 2010).
    Cet ensemble se clôt, comme il s´était ouvert, sur une rubrique « Interpréter Kafka », pour souligner qu´en définitive c´est le mouvement de l´interprétation, sans cesse relancé, qui porte la possibilité de survie de l´oeuvre : l´examen s´oriente cette fois vers quelques-uns des textes écrits par Kafka entre 1917 et 1924, et notamment Chacals et Arabes, lequel, dès son titre, fascine par la polyvalence des lectures idéologiques ou politiques auxquelles il peut prêter dans le monde de 2014.

  • Quarante ans après sa disparition, Pablo Picasso (1881-1973) est l'un des artistes les plus populaires du monde, peut-être le plus populaire.
    Son rôle dans l'histoire de l'art du XXe siècle, son influence sur l'évolution des formes et des styles, l'étendue fabuleuse de son oeuvre, sa conception profonde du rôle de l'art et de l'artiste, restent en même temps méconnus du grand public et l'objet de nombreux préjugés entretenus par le cinéma, les anecdotes biographiques et une réputation de barbe-bleue.

  • LES CAHIERS DE L'HERNE ; Blanchot

    Collectif

    • L'herne
    • 17 Septembre 2014

    Maurice Blanchot (1907-2003) est l´un des écrivains et des penseurs majeurs du XXe siècle, mais il reste peu connu du grand public du fait de sa radicale discrétion, par son refus de toute interview, toute photo ; sa vie ressemble - du moins en apparence - à une incarnation possible de l´effacement. Donner une certaine visibilité à ce retrait, en comprendre la nécessité : tel peut être le premier objectif de ce Cahier.
    Le Cahier présentera ainsi des documents exceptionnels, totalement inédits, à commencer par des photos de Blanchot. Il ne sera pas une étude universitaire de plus. Il est destiné à un large public qui connaît peu ou mal Blanchot et qui chercherait des repères, des incitations pour aller plus avant dans la lecture de l´ensemble de son oeuvre. S´il importe de lire l´oeuvre de Blanchot, c´est qu´elle nous appelle non seulement à questionner le temps présent, mais à entrer dans une représentation inédite et paradoxale de l´espace littéraire. Cette écriture, qui désarçonne son lecteur, tente de repousser les limites du langage et de la pensée, en nous invitant par des moyens qui lui sont propres à accueillir ce qui sans fin se dérobe.

  • Simone Weil

    Collectif

    • L'herne
    • 22 Janvier 2014

    Simone Weil, c'est d'abord un ton qui ne ment pas, qu'on ne peut guère comparer, en authenticité et en élévation, qu'aux derniers livres de l'Éthique de Spinoza.
    Témoin d'une époque détestable, elle a voulu la penser. Il se pourrait bien, pour cette raison, que le siècle qui s'engage soit weilien. Non pas deleuzien, mais weilien. Car elle a pressenti l'imminence de la catastrophe et surtout les conséquences catastrophiques de la catastrophe. À cet égard, elle joue le rôle irremplaçable de ceux qui annoncent le destin apocalyptique de l'humanité, pour tenter d'inverser le cours du temps. Ce Cahier sera placé sous le signe du passage. Passage aussi bien d'Athènes à Jérusalem, la rencontre des philosophes et des prophètes, que de l'Occident vers l'Orient (la lecture des textes sacrés d'Égypte, d'Inde et de Chine et la rencontre météorique avec René Daumal), que l'articulation, chez elle "évidente", de la théorie et de la pratique, de la sagesse et de la science (« la géométrie grecque est une prophétie » - dira-t-elle), de l'université et de l'usine... Une praxis qu'elle s'attachera, en bonne platonicienne, à exhausser.
    Elle a fait sienne la règle implacable de G.-K. Chesterton : toute pensée qui ne devient parole est une mauvaise pensée, toute parole qui ne devient acte est une mauvaise parole, tout acte qui ne devient fruit est une mauvaise action. Il s'agit assurément de l'une des plus grandes pensées de notre tradition philosophique.

  • Walter Benjamin

    Collectif

    • L'herne
    • 6 Novembre 2013

    Trente ans après la parution du premier volume collectif sur Benjamin en France, il est temps de revenir sur l´auteur en prenant en compte la distance historique qui nous sépare maintenant de son oeuvre.
    Le présent volume, qui s´organise autour de l´interrogation sur les matériaux biographiques et historiques avec lesquels il a façonné sa pensée, cherche à accomplir une reconstruction historique à laquelle viennent s´ajouter des lectures attentives aux formes de présentation qu´il a adoptées. Cette enquête collective s´intéresse aussi bien aux sources de Benjamin qu´à son style, qu'à la fécondité théorique de l´oeuvre.
    L´entrée en matière par les formes d´expression autobiographique qui permettent d´exploiter la tension entre ses dimensions philosophique et littéraire, est en cela stratégique : elle ouvre la voie à des réflexions très actuelles autour de la problématique de l´image.

  • Cahier Camus

    Collectif

    • L'herne
    • 1 Septembre 2013

    Ce Cahier offre au lecteur un parcours très éclectique autour d'Albert Camus : les six sections visent à proposer des éclairages originaux sur sa vie, sur ses oeuvres - roman et théâtre -, sur sa pensée et sur ses engagements. Aucune recherche d´exhaustivité dans notre démarche : d´amples synthèses voisinent avec des « petits faits » ; des témoignages directs avec des études très « pointues » ; des textes de Camus avec des textes sur Camus. Nous avons voulu varier le plus possible les points de vue, pour que chaque lecteur circule dans le Cahier en gardant sa liberté d´interprétation. Nous voulons le rendre proche, frayer des voies vers l´homme, vers l´artiste, vers le penseur engagé, vers le journaliste - de manière que le lecteur du Cahier ait envie de lire ou relire telle ou telle des oeuvres de Camus. Nous avons pensé notre tâche comme celle de passeurs.

  • Cahier 102 ; Simenon

    Collectif

    • L'herne
    • 9 Février 2013

    La vie et l´oeuvre de Simenon ont déjà fait couler beaucoup d´encre, tant de la part des critiques littéraires que des journalistes de la presse people. C´est dans ce contexte que les Cahiers de L´Herne consacre un numéro au père de Maigret qui se veut à la fois généraliste et particulier : sa diversité et sa richesse sont de nature à combler à la fois les spécialistes de l´oeuvre et ceux qui veulent la découvrir, les habitués et les nouveaux venus...

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