Sciences humaines & sociales

  • La lecture de cet essai peut nous fournir au moins une sorte de consolation, à une époque où les passions identitaires et religieuses menacent de plonger une nouvelle fois l'humanité dans le désastre. Russell passe au scalpel de son ironie les préjugés religieux, philosophiques, nationalistes et politiques du passé et du présent.

  • Ce volume souhaite proposer, au travers d'une mosaïque de points de vue, la complexité de la pensée de Françoise Héritier, dont nous n'avons de cesse de mesurer l'importance et l'ampleur.
    Les travaux de Françoise Héritier ont apporté un éclairage tout particulier sur la pensée féministe et le champ de la domination masculine, mais aussi sur les systèmes de parenté, les fluides corporels, le sida et beaucoup d'autres sujets qui ont fait d'elle l' « anthropologue dans la cité ». En creusant au plus profond de nos cultures communes Françoise Héritier est parvenue à éviter la réduction de ces cultures à une pensée abstraite et théorique. Elle a su avant tout, prendre la mesure de l'être humain constitué de sens, d'émotions et de subjectivité. Elle a partagé dans ses derniers livres cette « légèreté », cette « grâce dans le simple fait d'exister » qu'elle revendiquait sans honte. Ce « sel de la vie », « trésor caché en nous » où l'amour des mots devenait aussi l'amour de l'autre.

  • Le débat de l'identité culturelle traverse l'Europe entière ; il concerne, plus généralement, le rapport des cultures entre elles en régime de mondialisation. Or on se trompe ici de concepts : il ne peut être question de « différences », isolant les cultures, mais d'écarts maintenant en regard et promouvant entre eux du commun ; ni non plus d'« identité », puisque le propre de la culture est de muter et de se transformer, mais de fécondités ou ce que j'appellerai des ressources. L'auteur ne défend donc pas une identité culturelle française impossible à identifier, mais des ressources culturelles françaises (européennes) - « défendre » signifiant alors non pas tant les protéger que les exploiter. Car s'il est entendu que de telles ressources naissent en un milieu et dans un paysage, elles sont ensuite disponibles à tous et n'appartiennent pas. Elles ne sont pas exclusives, comme le sont des « valeurs » ; elles ne se prônent pas, ne se « prêchent » pas, mais on les déploie ou l'on ne les déploie pas, et de cela chacun est responsable. Un tel déplacement conceptuel obligeait, en amont, à redéfinir ces trois termes rivaux : l'universel, l'uniforme, le commun, pour les sortir de leur équivoque. En aval, à repenser le « dialogue » des cultures : dia de l'écart et du cheminement ; logos du commun de l'intelligible.
    À se tromper de concepts, on s'enlisera dans un faux débat, donc qui d'avance est sans issue.

  • Pour une crisologie

    Edgar Morin

    • L'herne
    • 13 Avril 2016

    Une crisologie - étymologiquement : une science de la crise.Non point envisager la crise à partir d'une situation supposée normale, dont elle serait le dérèglement. Ce à quoi se sont attachés, peu ou prou, la plupart des économistes et autres sociologues. Mais, la penser dans une perspective anthropologique, à partir de l'homme lui-même, conçu comme « animal crisique » ; c'est-à-dire, comme un tissu de contradictions qui est la source, à la fois, de ses échecs, de ses réussites, de ses inventions et aussi de sa névrose fondamentale (qui est une réponse à une angoisse, une menace, un conflit).
    La crise n'est pas une faille, elle n'est pas davantage un symptôme, elle est un accroissement du désordre et de l'incertitude, qui peut se résoudre soit par le retour à une situation antérieure, soit ce qui est le plus courant, par la recherche de situations nouvelles, qui peuvent être tantôt imaginaires ou mythologiques, tantôt pratiques et créatrices.
    Un texte novateur qui a une portée à la fois philosophique et politique.

  • La liberte de la pensée

    Benjamin Constant

    • L'herne
    • 23 Septembre 2015

    De la liberté de la pensée réunit plusieurs extraits des Principes de politique applicables à tous les gouvernements représentatifs, essai de Constant paru en 1815.Le philosophe s'interroge ici sur la liberté de la pensée, dans différents domaines : la problématique se pose-t-elle de la même manière dans le cas de la presse, de la religion, de l'individu ?
    « Il en est de la religion comme des grandes routes : j'aime que l'État les entretienne, pourvu qu'il laisse à chacun le droit de préférer les sentiers. » « Jamais la liberté ou plutôt la licence de la presse ne fut plus illimitée : jamais les libelles ne furent plus multipliés sous toutes les formes, et mis avec plus de recherche à la portée de tous les curieux. Jamais en même temps l'on n'accorda moins d'attention à ces productions méprisables. Je crois sérieusement qu'il y a aujourd'hui plus de libellistes que de lecteurs. »

  • Ce Cahier de l'Herne consacré à Joseph Roth, l'écrivain autrichien en exil qui mourait à Paris en mai 1939 des suites de son alcoolisme et du désespoir, rassemble des contributions originales dues à des spécialistes reconnus de l'oeuvre de Roth, des littératures d'expression allemande et de littérature comparée, des textes critiques fondamentaux déjà parus précédemment et repris pour l'occasion, et des inédits de l'écrivain lui-même, l'idée étant de créer un dialogue et une dynamique entre tous ces éclairages.
    Ce livre s'articule en huit grands volets : « Situations de Joseph Roth », « Journalisme, voyages, vision européenne », « Modernités de Joseph Roth », « Tournant classique : fresque et totalité », « Les oeuvres de l'exil français », « L'homme de lettres en dialogue », « Adaptations cinématographiques » et « Résonances ».
    Le volume est complété par toute une partie d'inédits de Joseph Roth : des chroniques et des nouvelles traduites par Alexis Tautou. La moitié de l'oeuvre de Joseph Roth est constituée d'articles, de reportages, de chroniques, de Feuilletons (pour reprendre le terme usité alors en Allemagne et en Autriche) dont la qualité littéraire n'a souvent rien à envier aux oeuvres de fiction, et il était essentiel que cet aspect de l'écrivain - qui le rattache à la tradition viennoise, mais qui par certains côtés le place aussi dans le sillage du grand journalisme européen (Guy de Maupassant, Émile Zola ou Matilde Serao, brillants chroniqueurs dont l'oeuvre journalistique est aujourd'hui mieux connue) - soit représenté de manière forte et visible dans le Cahier.

  • Pourquoi ce Cahier ? À cette question, deux réponses majeures : la première naît précisément du vacarme : dès ses origines et toujours ensuite, la psychanalyse a été attaquée, et souvent avec une passion qui suscite chez ses défenseurs une réaction tout aussi passionnée. La seconde est qu´il s´agit aujourd´hui d´une longue histoire, qu´il vaut la peine de réexaminer.
    Consacré à Sigmund Freud, ce Cahier présente un ensemble de textes rassemblés sur la base d´une idée simple et forte, énoncée en un « argument » préalablement soumis aux auteurs sollicités, et dont voici l´essentiel : La visée est de situer les déterminants et la portée de l´oeuvre de Freud dans la culture occidentale, compte tenu du recul dont nous disposons aujourd´hui. La psychanalyse y est apparue comme un produit du 19ème siècle, née à la confluence d´influences culturelles, de mouvements scientifiques, de traditions philosophiques, de mouvements sociaux, etc., qui lui ont donné, via l´homme Freud, sa figure particulière. Cette oeuvre aura fortement contribué à modeler le siècle suivant. On se propose donc d´organiser ce volume sur le thème « Freud résonateur », par analogie avec le « résonateur » dispositif physique qui vibre en réponse à des actions du milieu, choisit et transforme ces vibrations selon des lois qui lui sont propres, et qui en retour fait vibrer son entourage selon de nouvelles fréquences. Cette métaphore est utile pour évaluer la vie et l´oeuvre d´un Sigmund Freud né en 1856 et à bien des égards produit du 19ème siècle, mort en 1939 au coeur d´un 20ème siècle qu´il aura puissamment contribué à modifier.
    À l´aube du 21ème siècle, quel regard pouvons-nous porter sur la vie et l´oeuvre d´un homme si lointain et si proche ? Il est bien entendu que ce volume se situera à l´écart de toute polémique. Les textes recueillis dans cette optique sont ici présentés après regroupement sous cinq rubriques :
    - personalia : l´homme Freud // - les racines de Freud, c´est-à-dire les influences formatrices // - quelques aspects des bases épistémologiques de sa pensée // - quelques uns des principaux thèmes qui en ont jalonné le développement // - après Freud : aspects de la pensée contemporaine qui portent à l´évidence sa marque.

  • Violence dans la raison ?

    Marcel Hénaff

    • L'herne
    • 26 Novembre 2014

    Deux textes composent ce petit ensemble cohérent et séduisant ; l'un est intitulé « Sade et le projet des Lumières » ; l'autre « Sade, la Terreur nue ». Ce sont des textes très écrits, très travaillés qui articulent la vision à la fois folle et rationnelle de Sade avec la Terreur révolutionnaire et la violence libertine. Cet essai vient tenir compagnie à notre Carnet de Sade paru en 2009 « Français, encore un effort...»

  • Contre le climat général de dénonciations, la "République des censeurs" passe en revue, en les critiquant, les arguments justifiant la censure. Aucun critère ne peut être appliqué de façon impartiale (il est facile de donner des exemples de propos « scandaleux » proférés par de grands penseurs et qui sont en pratique non censurables). On tombe inévitablement dans le « deux poids, deux mesures », ce qui ne fait que renforcer la frustration de ceux qui estiment ne pas pouvoir d'exprimer.

  • Champion du monde d'échecs de 1985 à 2000, Garry Kasparov est également un célèbre dissident. Violemment opposé au système russe, il publie régulièrement des textes contre Vladimir Poutine, chef du gouvernement. Aujourd'hui, il risque cinq ans d'internement en camp pour avoir manifesté et s'être défendu contre le policier qui le menaçait.
    Parce que L'Herne souhaite, à travers sa collection Cave Canem, défendre la liberté d'opinion et d'expression, les textes de Garry Kasparov sont aujourd'hui réunis dans ce recueil. Les sujets sont divers, mais les thèmes demeurent immuables : pour la justice et la liberté, contre la tyrannie de Poutine.

  • Les routes de l'Inde est un roman d'aventures au quotidien. Les aventures de l'esprit et de la chair survenues de 1928 à 1931, à Calcutta, à un jeune Roumain venu y étudier le sanskrit et la philosophie indienne. S'il ne néglige pas son travail, il ne dédaigne pas non plus les plaisirs. Il raconte ses amours et celles de ses amis, expose des pensées contradictoires avec une sincérité qui exclut la pudeur.
    Des notes de journal telles qu'elles se présentaient alors sous sa plume. Fruit d'un contact avec l'Inde (1928-1931) et de ses séjours dans les monastères himalayens, Les routes de l'Inde est un précieux témoignage sur cet extraordinaire berceau de la civilisation et de la spiritualité orientales. Peu d'écrivains européens ont connu comme Eliade la pensée et la poésie indiennes.
    Ce livre retrace son initiation à la civilisation indienne dans son sens le plus profond. L'évocation de la femme indienne et ses entretiens avec Tagore transmettent ses sensations les plus personnelles.

  • Stéphane Hessel, Leïla Shahid, Noam Chomsky, John Dugard, Breyten Breytenbach, Jean Ziegler, Ken Loach, Angela Davis, Roger Waters, Desmond Tutu... une même conviction les réunit : la paix au Proche Orient par l'application du droit international. C'est là tout le sens de la création du Tribunal Russell sur la Palestine. Ce tribunal agit en tant que Tribunal du peuple pour dresser un tableau des violations des résolutions de l'ONU qui condamne Israël sans aucun résultat, ainsi que des crimes perpétrés en Palestine, dans l'indifférence internationale.
    En mars 2013, le Tribunal Russell sur la Palestine va publier les conclusions de ses différentes sessions. L'enjeu médiatique est important. Il est crucial même, à l'heure où l'État Palestinien a été accepté comme observateur à l'ONU par la majorité des nations, à l'exception des États-Unis et d'Israël. Aujourd'hui même, les troubles ont repris dans la bande de Gaza. « La paix est inéluctable. Autant pour les Palestiniens que pour les Israéliens» répète Stéphane Hessel.

  • La mode ne donne pas simplement du bonheur aux uns et des soucis aux autres, du travail à beaucoup, des obsessions à certains ; elle peut également être matière à pensée. La chose pouvait-elle surprendre ? Probablement pas, car, à bien y songer la mode se situe au carrefour des obsessions du contemporain. La mode c'est à la fois le corps et l'argent, la matière et le rapport à l'autre. Le développement de la mode accompagne celui de l'Occident et l'épanouissement de la modernité. Réfléchir sur la mode nous oblige à revenir sur ce qui nous a fait moderne. Un parti pris a présidé à la confection de cet ouvrage: accueillir la plus grande diversité possible de discours relatifs à la mode. Il s'agit donc d'un « mélange ». On y trouvera un panorama très large de textes inédits ou d'articles difficiles à trouver, consacrés à la mode ; des contributions et des commentaires de sociologues, d'historiens tels que Nietzsche, Montesquieu, Jean Baudrillard, Gilles Lipovetsky, Anne Gotman, Patrick Pharo, etc. ; des entretiens avec des couturiers (S. Rykiel, G. Yurkievich...) ; des textes d'écrivains (Proust, Pérec, Leopardi).
    La plupart de ces textes retiennent de la mode sa traduction vestimentaire, car le vêtement incarne parfaitement la mode, « il lui colle à la peau ». On pourra se demander si la mode est une chose frivole. Il se pourrait que la mode ne soit pas aussi légère qu'on le dit. Cocteau la disait grave, puisqu'elle mourrait jeune.

  • Occupy

    Noam Chomsky

    • L'herne
    • 16 Janvier 2013

    L'énergie d'Occupy provient de l'indignation que ressentent tous les gens ignorés confrontés à une injustice sans cesse accrue. La contrainte économique est la face visible du problème, la crise politique de la démocratie représentative la soustend. Chomsky aborde ces questions à travers un plaidoyer du contrôle par le travailleur, et la discussion sur l'importance de redéfinir des idées telles que la croissance.

  • Le refoulement est la façon dont l'individu assume sa propre histoire depuis l'enfance, parce que le refoulement est en réalité une manière d'exprimer l'historicité, celle de l'individu, comme chez Freud, mais aussi des discours, des arts, des sciences, comme l'avait bien vu Michel Foucault.
    Articuler tous ces modes de refoulement, en montrer les mécanismes et les effets, dans l'histoire des arts comme dans celle des sciences, est l'intérêt de ce livre, qui ne se limite pas à la seule application psychanalytique du refoulement.

  • Andromaque ; veuve noire

    Michel Serres

    • L'herne
    • 19 Septembre 2012

    Chaque mois, pendant presque 5 ans, Michel Serres a observé et analysé, sous forme de chroniques relativement brèves (parues dans « Le Monde de l'éducation », de 1995 à 2000), toutes sortes de faits ou traits saillants de notre société : la publicité (souvent hideuse) ; l'ordinateur (qui nous oblige à être intelligents) ; la société pédagogique (dans laquelle les citoyens ont été, sont ou seront enseignés ou enseignants) ; Wikipédia (encyclopédie interactive et multimédia) ; l'éloge (paradoxal) du « prof de gym » ; l'identité (qui n'est pas l'appartenance) ; la force du récit ; le serment du scientifique, etc.
    Autant de questions dites « de société », examinées sous l'angle général de l'éducation ou de la transmission des savoirs...
    Le propos cherche chaque fois à concilier une exigence humaniste, sur laquelle l'auteur ne transige jamais, et les implications culturelles et sociales du progrès des sciences et des techniques. Confiant dans l'avenir de l'humanité, Michel Serres replace l'aventure humaine dans la perspective du «grand récit», ce qui en même temps la relativise et lui donne sa véritable mesure.

  • Les cocus

    Charles Fourier

    • L'herne
    • 16 Mai 2012

    Les vices qui affectent la société civilisée, en particulier concernant la sexualité, sont la conséquence d'une ignorance de l'attraction naturelle des passions, de l'impulsion de la nature en l'homme, « antérieurement à toute réflexion », qui persistent malgré les préjugés, la raison, etc... Cette analyse, à la fois originale et fine, le conduit à exposer la bonne manière de concevoir les relations entre les sexes au sein d'une société « revitalisée ». Le phalanstère (composé de 1620 individus sur la base de 1620 caractères ou phalanges) sera la communauté à bonne échelle pour réaliser l'harmonie des passions.

  • Les crises sanitaires liées aux maladies animales transmissibles aux humains (zoonoses) se sont multipliées au cours des dernières années : « vache folle », « grippe aviaire », « grippe porcine ». Ces crises révèlent des transformations à la fois de nos rapports aux animaux (de rente et de compagnie) et des dispositifs sanitaires qui leur sont appliqués (abattage, vaccination, surveillance, etc.).
    L'anthropologie sociale doit se combiner avec l'histoire des savoirs médicaux pour analyser la signification de ces crises dans leurs variations temporelles et géographiques.
    Contributeurs : Claude Lévi-Strauss, Anne-Marie Brisebarre, Barbara Dufour, Matthieu Fintz, Tamara Giles-Vernick, Steve Hinchliffe, Frédéric Keck, Vanessa Manceron, Jean Segata, Charles Stépanoff.

  • Cet essai sur les courses de taureaux entend "penser" tout à la fois la corrida et notre comportement vis-à-vis du monde animal à la lumière de la pensée philosophique et de l'éthique. Démontant les arguments des écologistes et des animalistes, il démontre qu'on ne saurait, sans tomber dans un anthropomorphisme dépassé, mettre sur le même plan la conscience humaine et la condition animale.
    Le prétexte à cette réflexion est le débat parlementaire au sein du gouvernement autonome de Catalogne sur les corridas, qui a abouti à leur interdiction sur tout le territoire catalan.
    Il dénonce, à ce sujet, la collusion entre le politique et l'animalisme, et pose, en philosophe, le problème de notre attitude morale envers les animaux.
    Avec science et aussi beaucoup de verve et d'humour, Fernando Savater nous livre ici un essai à la fois savant et savoureux qui, dans une époque de fluctuation, voire de confusion des valeurs, ne manquera pas d'avoir un sérieux impact, sans nuire à notre plaisir de lire.

  • In vino veritas

    SoRen Kierkegaard

    • L'herne
    • 20 Avril 2011

    In vino veritas fut écrit en 1844. Il s'agit d'un récit qui rapporte dans la tradition du banquet platonicien les discours de cinq convives sur l'amour, exprimant les obsessions de Kierkegaard lui-même. Dans une langue animée d'un souffle poétique profond, In vino veritas symbolise la première étape que l'homme parcourt sur le chemin de la vie intérieure. Chaque partie de l'oeuvre dépeint l'attitude singulière de l'homme en face de la vie et des ses problèmes, le degré d'intériorité et de sérieux. Si le texte est présenté comme étant écrit par plusieurs, c'est pour insister sur la complexité de la vie, son infinie richesse et la variété des réponses humaines aux questions qu'elle suscite. Selon Kierkegaard, le stade religieux ne sera atteint qu'après avoir parcouru les étapes de l'esthétique, et c'est cela que propose In vino veritas par l'intermédiaire de ses cinq esthéticiens insatisfaits de leur vie.

  • Ce Cahier de l´Herne dynamique, transdisciplinaire et créatif recueille des entretiens : ceux d´amis, de proches, qui dressent un portrait plus intime, offrant un visage différent de l´auteur ; des textes inédits de Foucault, et même inconnus à ce jour, sur l´art, la folie, Nietzsche, etc. ; des témoignages qui révèlent l´atmosphère intellectuelle de l´époque et la place controversée mais néanmoins centrale qu´y occupa Foucault. Toute la variété de l´oeuvre de Michel Foucault est prise en considération dans l´éventail des contributions. Une iconographie inédite et abondante vient enrichir ce Cahier.

  • Le Cahier de l´Herne qui lui est consacré, qui réunit une trentaine de collaborateurs internationaux et une dizaine de textes inédits de l´auteur, vise à mettre en évidence l´originalité et l´importance d´une pensée qui fait toute sa place aux singularités, à tout ce qui semble faire «exception».

    Ainsi, son goût pour les flux et les turbulences... Ainsi encore, ce dont témoigne son épistémologie, une volonté de décloisonner les savoirs, de rendre féconds les liens complexes qui unissent les lettres et les sciences, les sciences dites « molles » et les sciences dites « dures » (de Leibniz à Hergé, en passant par Jules Verne ou Auguste Comte). Il y a chez Michel Serres une sorte d´encyclopédisme dynamique et poétique. Il s´agit toujours de construire des ponts, de frayer des passages, d´interférer, de traduire et de distribuer, sans perdre de vue l´homme, cette « merveille » dont parlait Sophocle.

    Avec Michel Serres, la pensée se fait voyageuse.

  • Balzac accordait aux choses de la bouche la part essentielle qui leur revient dans l'étude des moeurs individuelles et collectives. Son approche est toujours analytique et les comportements sociaux sont rapportés à ce qui les motive : de sa nourriture et de ses régimes peuvent dépendre les destinées d'un peuple... Il examine, dans ce traité, qui préface La Physiologie du goût de Brillat-Savarin (1838), cinq substances : l'eau-de-vie, le café, le thé, le sucre, le tabac, leur impact sur nos sens et celui sur l'organisme. Les risques encourus par le « désir de satisfaire tel ou tel plaisir », et par la consommation de ces excitants : « maladies, et abréviation de la vie ».

  • Scholem

    Collectif

    Auteur d´une oeuvre immense où le travail savant fait toujours écho aux "questions contemporaines", Scholem est reconnu comme l´un des penseurs les plus importants du XXe siècle, au double sens du terme : penseur dans le siècle, penseur du siècle.


    Une première partie regroupe de grands entretiens : Scholem éclaire son parcours, explique ses choix politiques, évoque ses amitiés (Walter Benjamin, S.Y. Agnon), suggère quelles interrogations ont constitué le soubassement de son oeuvre et revient tout au long sur la question, pour lui centrale, de la dialectique entre continuité, ou inscription dans la tradition, et dépassement de la tradition, ou rupture. Les textes de Scholem réunis dans la seconde partie se répartissent en trois catégories. Ceux du jeune Scholem font apercevoir comment ont cristallisé le programme de recherche et la table d´interrogations à partir desquels Scholem bâtira toute son oeuvre. Des essais du Scholem de la maturité proposent une appréciation critique sur la Wissenschaft des Judentums (les études juives). Enfin, au soir de sa vie, Scholem réfléchit sur son propre itinéraire. Une troisième partie rassemble des essais consacrés à Scholem.

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