Les Éditions Noir sur Blanc

  • Miracle à la Combe aux Aspics Nouv.

    À sept kilomètres de Smiljevo, haut dans les montagnes, dans un hameau à l'abandon, vivent Jozo Aspic et ses quatre fils. Leur petite communauté aux habitudes sanitaires, alimentaires et sociologiques discutables n'admet ni l'État ni les fondements de la civilisation - jusqu'à ce que le fils aîné, Kresimir, en vienne à l'idée saugrenue de se trouver une femme.
    Bientôt, il devient clair que la recherche d'une épouse est encore plus difficile et hasardeuse que la lutte quotidienne des Aspic pour la sauvegarde de leur autarcie.
    La quête amoureuse du fils aîné des Aspic fait de ce road-movie littéraire une comédie hilarante, où les coups de théâtre s'associent pour accomplir un miracle à la Combe aux Aspics.
    Originaire d'un petit village de Croatie, Ante Tomi´c, né en 1970, a obtenu un diplôme en philosophie et sociologie de l'université de Zadar. Devenu journaliste pour le quotidien Slobodna Dalmacija, il démontre un rare talent littéraire qui se confirme en 2000 dans son premier roman Sto je muskarac bez brkova (Qu'est-ce qu'un homme sans moustache). Trois ans plus tard, il publie Nista nas ne smije iznenaditi (Rien ne doit nous surprendre) qui décrit la vie des recrues dans l'Armée populaire yougoslave. Ces deux romans ont été adaptés à l'écran. En 2009 sort son roman le plus connu, Miracle à la Combe aux Aspics. Il est actuellement chroniqueur pour le journal Slobodna Dalmacija.

  • Curiosity Nouv.

    Curiosity est seul sur Mars. Voilà des années que le robot de la Nasa travaille dans le froid, le rouge et la poussière. Mais Curiosity n'est pas un rover comme les autres. Il a besoin de se faire des amis et de parler à Dieu, cet être étrange qui vit sur Terre et qui, chaque matin, lui donne du travail.
    En proie à la solitude, Curiosity s'accroche à une conviction : une mission particulière l'attend. Un matin pourtant, il comprend que sa mort est programmée. Le doute l'envahit. À quoi bon avoir vécu, si on est privé de destin ? Désespéré, il commence à écrire son testament. Les trois nuits suivantes seront pleines de révélations.
    Dans ce testament tendre et extraterrestre, Sophie Divry interroge notre solitude, notre humanité et le désir de transcendance.
    Suivi d'une nouvelle inédite L'Agrandirox.
    Sophie Divry est née en 1979 à Montpellier et vit actuellement à Lyon. Son premier roman, La Cote 400 (Les Allusifs, 2010 ; 10/18, 2013) a été traduit en cinq langues. Chez Notabilia, elle publie Journal d'un recommencement en 2013, puis La Condition pavillonnaire en 2014, qui reçoit la mention spéciale du Prix Wepler. Il sera suivi de Quand le diable sortit de la salle de bain (2015 ; J'ai Lu, 2017) et d'un essai : Rouvrir le roman (2017 ; J'ai Lu, 2018). Trois fois la fin du monde est son cinquième roman. Sophie Divry est également chroniqueuse dans l'émission « Des papous dans la tête » sur France Culture.

  • L'affaire Ruffini ; enquête sur le plus grand mystère du marché de l'art Nouv.

    La saisie en 2016 d'une Vénus attribuée au maître de la Renaissance Lucas Cranach, de la collection du prince de Liechtenstein, révèle un scandale comme le monde de l'art n'en a jamais connu. L'un après l'autre, des tableaux passent sous le microscope de laboratoires américains et européens, dont plusieurs ont déjà été déclarés des faux modernes. Brillantes contrefaçons d'un maître faussaire ? authentiques chefs-d'oeuvre du passé ? ou tout simplement honorables copies d'époque ?
    Pendant cinq ans, à travers la France, l'Italie, le Royaume Uni et les Etats-Unis, Vincent Noce enquête pour retracer l'origine de ces tableaux et cela le conduit à la rencontre d'un homme retiré en Emilie, Giuliano Ruffini. Il proclame son innocence, mettant en cause marchands, experts, conservateurs et historiens d'art. Vrais ? Faux ? chacun des protagonistes livre sa part de vérité dans une affaire passionnante qui ébranle tous les fondements du marché et de l'histoire de l'art.
    Journaliste, écrivain, correspondant de The Art Newspaper à Paris et consultant éditorial de la Gazette de l'Hôtel Drouot, Vincent Noce a été pendant vingt ans critique d'art et journaliste d'investigation au service culture de Libération.

  • Faux poivre ; histoire d'une famille Nouv.

    Pendant des années, Monika Sznajderman a connu le poids du silence. Son père n'avait jamais voulu parler de sa famille, de son odyssée à travers les camps, de sa fuite et de son retour à Varsovie. Jusqu'à ce que des photos lui parviennent d'Australie, envoyées par des parents dont elle ne connaissait même pas l'existence.
    « Faux poivre est un livre extraordinaire qui montre l'enchevêtrement des histoires ayant fait la Pologne. L'auteure reconstitue le destin de ses aïeux juifs, trouvant des traces de leur existence dans les journaux, les archives d'infimes indices éparpillés entre le ghetto de Varsovie, Radom et jusqu'à l'Amérique et l'Australie.
    Elle présente avec le même soin les parents et ancêtres de sa mère, issus d'une pittoresque famille de la noblesse polono-saxonne. Leur histoire se déroule à Varsovie, à Moscou, en Volhynie, sur les domaines et les grandes villes que bouleversaient les Années folles.
    Monika Sznajderman évoque ces deux mondes avec une égale dévotion, nous faisant prendre conscience à la fois de la fugacité de l'existence et de la complexité des identités polonaises, ainsi que de la valeur et du sens de la mémoire. »
    (Barbara Engelking)
    Monika Sznajderman dirige la maison d'édition Czarne, qu'elle a fondée avec son mari, l'écrivain Andrzej Stasiuk. Née en 1959, elle a obtenu son doctorat en sciences humaines à l'Institut d'art de l'Académie polonaise des sciences à Varsovie. Elle s'intéresse à l'anthropologie de la modernité (en particulier aux problèmes de la culture audiovisuelle populaire) et aux formes de l'imaginaire religieux contemporain. Auteure de plusieurs essais, elle a également dirigé, avec l'éditrice allemande Katharina Raabe, deux ouvrages collectifs réunissant des auteurs de toute l'Europe et parus aux Éditions Noir sur Blanc : Last & Lost. Atlas d'une Europe fantôme (2007) et Odessa Transfer. Chroniques de la mer Noire (2011).

  • Modern love Nouv.

    Et si vous aussi vous découvriez MODERN LOVE ?
    Quel point commun entre l'attente savoureuse d'une jeune femme qui vient d'envoyer un sexto, la surprise d'une femme dont l'époux disparaît pendant qu'elle met le poulet au four, et l'émoi d'un amour de jeunesse retrouvé grâce aux réseaux sociaux ? MODERN LOVE !
    Tour à tour cocasses, poignantes, impertinentes ou romantiques, ces histoires dessinent un véritable kaléidoscope de l'amour contemporain. On devient vite addict à ces héros et héroïnes du quotidien témoignant de leur désir et de leur fragilité... Modern Love est le plus beau portrait de l'amour dans tous ses états, au coeur d'un New York enchanté, quelque part entre Love Actually et Woody Allen.
    Créateur et responsable de Modern Love, la rubrique culte du New York Times, Daniel Jones a également collaboré à la production de la série-phénomène qui en a été adaptée.
    Modern Love a été édité en anglais par Daniel Jones, rédacteur en chef de la rubrique éponyme du New York Times et auteur de plusieurs livres de non-fiction. Les histoires ont été rédigées par une série de contributeurs du journal, souvent eux-mêmes auteurs, dont Mindy Hung, Trey Ellis, Ann Hood, Deborah Copaken ou encore Terri Cheney.

  • Après avoir bourlingué dans les festivals de théâtre d'Europe avec sa femme junkie et leurs deux enfants, Mour décide de rentrer en Bohême. Nous sommes en 2015 et le rejet des étrangers grandit partout. Après de nombreuses péripéties, dont un détour par la guerre du Donbass où Mour récupère Gérard Depardieu, la famille s'installe sur les rives de la Sázava, au sud-est de Prague.
    Mour est alors accusé d'avoir assassiné son beau-père. Il échappe à la justice et s'embarque dans un road trip à travers la région avec ses deux fils. À pied, en voiture et en bateau, ils rencontrent toutes sortes de personnages : gitans, prostituées, prêteurs sur gages, ivrognes, voyous... Le voyage culminera dans un grand finale réunissant un mariage, un bordel, la police tchèque et un tank russe.
    Bienvenue dans le Far East ! Dans ce roman très contemporain, alternant scènes grotesques, descriptions poétiques, dialogues drôles et enlevés, chacun vit selon ses propres lois. Sur un rythme trépidant, transgressant les tabous, Topol aborde les grands thèmes d'aujourd'hui : la religion, la famille, la survie au quotidien, le populisme et la menace russe.
    Né à Prague en 1962, Jáchym Topol est l'un des animateurs de l'underground tchèque. Auteur de chansons pour les groupes rock « Les chiens soldats » et « Route nationale », il a été le cofondateur des éditions Congestion cérébrale et de l'importante revue clandestine Revolver. Après avoir publié plusieurs recueils de poèmes en samizdat, il obtient un succès considérable avec des romans nourris de références autobiographiques : Ange Exit (1999) et Missions nocturnes (2002), traduits chez Laffont, Zone cirque et L'Atelier du diable, chez Noir sur Blanc.

  • « J'ai écrit ce roman à Finchley, dans la banlieue de Londres, en 1946-1947. À une époque où ma femme et moi étions très proches du suicide. »
    Inspiré par la propre expérience de l'auteur, roman d'une modernité étourdissante et au lyrisme enivrant, Le Roman de Londres suit le destin d'un exilé russe et de sa femme à Londres après la Seconde Guerre mondiale. Le prince Repnine et son épouse Nadia errent dans une ville qui les ignore, ils s'efforcent d'exister dans le désespoir de l'inappartenance. Dès le début de leur histoire se dessine la terrible voie du prince pour échapper au désespoir. Cette fatalité déterminera le cours de ce roman épique, rappelant la difficulté de l'homme à vivre dans la confusion de l'époque contemporaine. Livre de toutes les personnes déplacées, portrait d'une ville tentaculaire, Le Roman de Londres est en même temps un roman d'amour poignant et une réflexion profonde sur le libéralisme effréné.
    Milos Tsernianski (1883-1977) fut l'un des plus importants poètes et romanciers serbes, chef de file de l'avant-garde yougoslave. Diplomate à Berlin et à Rome au début de la Seconde Guerre mondiale, il s'exila à Londres où li résida pendant plus de deux décennies. Il y écrivit ses oeuvres les plus marquantes (Migrations, Lamento pour Belgrade, Le Roman de Londres). Toute son oeuvre est marquée par une vision métaphysique de l'homme et de l'humanité.

  • Ce sont trois longues nouvelles encadrées par deux contes. Melancolia est un livre sur l'expérience de la séparation, sur ce trauma qui a marqué notre naissance et, par la suite, chacune de nos métamorphoses. L'immense écrivain Mircea Cartarescu en fait ici l'étude à travers trois étapes de la vie : la petite enfance, l'âge de raison, l'adolescence.
    Un enfant de cinq ans, dont la mère est sortie, se persuade qu'il a été abandonné : « C'est là le point de départ de la mélancolie, de ce sentiment que personne ne nous tient plus par la main. » Isabel et Marcel, frère et soeur, vivent au sein d'une famille ordinaire comme deux enfants perdus dans la forêt profonde. Lorsque la fillette tombe malade, son frère se jure d'obtenir sa guérison en partant affronter ce qui le terrifie le plus. Un adolescent se questionne sur la différence sexuelle. Il tombe amoureux. Son corps change : mois après mois, il range dans une armoire les peaux devenues trop petites...
    Magnifiques variations sur les grands thèmes de l'auteur : le passage du temps, la poésie, le réel et l'irréel, le masculin et le féminin.
    Mircea Cartarescu est né en Roumanie en 1956. Docteur en Lettres, il enseigne aujourd'hui la littérature roumaine à l'université de Bucarest. Poète, romancier, critique littéraire, journaliste, il est aussi membre de l'Union des écrivains roumains ainsi que du Parlement culturel européen.
    Il a publié près de 30 livres et de nombreux articles ; son travail a été traduit dans 20 langues. Lauréat de dizaines de distinctions littéraires parmi les plus importantes, il a été couronné en 2018 par les prestigieux prix Thomas-Mann (Allemagne) et Formentor de las Letras (Espagne).
    Parus en français, entre autres : Orbitor (Denoël, 1999, puis Folio Science-Fiction no 90) ; L'OEil en feu (Orbitor II, Denoël, 2005) ; Pourquoi nous aimons les femmes (Denoël, 2008) ; L'Aile tatouée (Orbitor III, Denoël, 2009) ; Le Levant (P.O.L, 2014) et La Nostalgie (P.O.L, 2017).

  • Un matin, tout lâche pour Clara, jeune femme compétente, efficace, investie dans la société de crédit qui l'emploie. Elle ne retournera pas travailler. Amis, amours, famille, collègues, tout se délite. Des semaines, des mois de solitude, de vide, s'ouvrent devant elle.
    Pour relancer le cours de sa vie, il lui faudra des ruptures, de l'amitié, et aussi remonter à la source vive de l'enfance.
    Ce matin-là, c'est une mosaïque qui se dévoile, l'histoire simple d'une vie qui a perdu son unité, son allant, son élan, et qui cherche comment être enfin à sa juste place.
    Qui ne s'est senti, un jour, tenté d'abandonner la course ?
    Une histoire minuscule et universelle, qui interroge chacun de nous sur nos choix, nos désirs, et sur la façon dont il nous faut parfois réinventer nos vies pour pouvoir continuer.
    Gaëlle Josse saisit ici avec la plus grande acuité de fragiles instants sur le fil de l'existence, au plus près des sensations et des émotions d'une vie qui pourrait aussi être la nôtre.
    Venue à l'écriture par la poésie, Gaëlle Josse publie ses trois premiers romans aux éditions Autrement. Récompensés par plusieurs prix littéraires, ils sont aujourd'hui étudiés dans de nombreux lycées. Chez Notabilia, Le Dernier Gardien d'Ellis Island (2014) est un grand succès public et critique : il remporte, entre autres, le prix de Littérature de l'Union européenne. Une longue impatience (Notabilia, 2018) est lauréat du prix du public du Salon de Genève ainsi que du prix Simenon et du prix Exbrayat. Une femme en contre-jour (Notabilia, 2019) reçoit le prix des lecteurs Terres de Paroles 2020. Plusieurs de ses romans sont traduits.

  • À Nove Mesto, une petite ville d'Europe centrale, quand Baba accouche d'Elena un premier avril, tout le monde croit à une farce. Baba est tellement grosse que personne n'avait vu qu'elle était enceinte de ce sixième enfant, arrivé vingt ans après les autres.
    La fillette grandit dans un monde de femmes, entourée par sa mère et ses soeurs. L'une d'elle, Magda, est partie vivre en France. Elle revient chaque mois d'août avec sa fille, Anna. Une amitié étrange, intense, unit les deux enfants ; Elena ne vit que pour ces étés de retrouvailles.
    Pendant que le pays se transforme avec Tchernobyl et la chute de l'URSS, insidieusement, une distance se creuse entre ces femmes.
    Il y a un présent d'éternité dans ce premier roman où les destins se dévoilent avec une vérité sèche, coupante comme une herbe en été.
    « Magnifique roman porté par un souffle évocateur admirable qui distille dans nos veines une nostalgie prenante. » Sylvain Trudel
    Ludmila Charles est née en 1967. Elle enseigne la littérature à l'université. Elle vit à Paris, dans le quartier de Barbes.
    La belle saison est son premier roman.

  • Józef Czapski (1896-1993) a vécu de nombreuses vies au cours de ses quatre-vingt-seize années d'existence. Il était étudiant à Saint-Pétersbourg pendant la Révolution russe et peintre à Paris durant les Années folles. En tant qu'officier de réserve polonais luttant contre l'envahisseur nazi aux premières semaines de la Seconde Guerre mondiale, il a été fait prisonnier par les Soviétiques. Au camp de Starobielsk, il fut l'un des très rares détenus à avoir échappé au massacre de Katyn, un meurtre de masse ordonné par Staline et mis sur le compte des Allemands. (Voir Proust contre la déchéance et Souvenirs de Starobielsk, chez Noir sur Blanc - et Libretto -, ainsi que Terre inhumaine, repris dans la « Bibliothèque de Dimitri »).
    Czapski n'est jamais retourné en Pologne après la guerre. Installé en région parisienne avec sa soeur et les intellectuels de la revue polonaise Kultura, il a travaillé sans relâche à faire connaître le sort de sa patrie soumise au totalitarisme.
    Czapski était une personnalité publique de tout premier plan, mais c'est la peinture a donné un sens à sa vie. Eric Karpeles, également peintre, révèle la complexité de Czapski, réunissant ici tous les fils de cette vie remarquable.
    Né en 1953 dans l'État de New York, Eric Karpeles est peintre, écrivain et traducteur. Il est diplômé de la New York Arts Students League et membre du Czeslaw Milosz Institute du Claremont McKenna College en Californie.
    Son précédent ouvrage, Le Musée imaginaire de Marcel Proust (Thames & Hudson), a connu un très grand succès tant en anglais qu'en français. C'est d'ailleurs en menant ses recherches sur Proust qu'il a découvert le nom, puis l'oeuvre de Joseph Czapski, pour lequel il s'est pris d'une passion singulière.
    Publié en 2018 aux États-Unis, Presque rien - L'art et la vie de Joseph Czapski fut magnifiquement reçu par la critique américaine, faisant naître un intérêt inédit pour la figure de Czapski à l'étranger. Fort de ce succès, Eric Karpeles vient de faire paraître en anglais, chez Thames & Hudson, une monographie des peintures et dessins de Joseph Czapski : Apprenticeship of Looking (L'apprentissage du regard), 2019.

  • En 1941, lorsque l'Allemagne se retourna contre l'URSS, des dizaines de milliers de Polonais - hommes, femmes et enfants - furent libérés des camps de prisonniers soviétiques et autorisés à rejoindre l'armée polonaise formée dans le sud du pays. Le peintre et officier de réserve Joseph Czapski fut l'un des survivants de ce périple meurtrier. Le général Anders, commandant en chef de l'armée, assigna à Czapski la tâche d'accueillir les Polonais qui s'engageaient et d'enquêter sur la disparition de milliers d'officiers disparus. Bloqué à tous les échelons par les autorités soviétiques, Czapski ignorait qu'en avril 1940, les officiers avaient été abattus dans la forêt de Katyn. Le récit de Czapski sur les années qui ont suivi sa libération du camp, la formation de l'armée polonaise et son périple en Asie centrale et au Moyen-Orient pour combattre sur le front italien est un témoignage capital sur les souffrances des Polonais en URSS. L'auteur y mêle des portraits de ses compagnons, des réflexions philosophiques ainsi que le récit de ses rencontres avec de grandes figures littéraires, dont Anna Akhmatova.
    Né à Prague en 1896 dans une famille aristocratique polonaise, Joseph Czapski passa son enfance en Biélorussie, puis fit des études de droit à Saint-Pétersbourg et de peinture à l'Académie des Beaux-arts de Cracovie. Czapski fut parmi les rares officiers de l'armée polonaise qui survécurent au massacre de Katyn en 1940. Son livre Souvenirs de Starobielsk retrace ses efforts pour faire connaître la vérité à propos de ce crime.
    Comme peintre, Czapski est connu notamment pour son appartenance au mouvement kapiste, qu'il contribua à fonder avec quelques amis, pendant son séjour à Paris (1924-1933). Après la Seconde Guerre mondiale, il vécut en exil en France, à Maisons-Laffitte, dans la banlieue de Paris. Il participa à la fondation du mensuel culturel polonais Kultura de Jerzy Giedroyc. Il y est mort en 1993.


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  • Lauréate l'année dernière du prix Nobel de littérature, Olga Tokarczuk nous offre un recueil de nouvelles qui vient confirmer l'étendue de son talent : qu'elle se penche sur les époques passées ou qu'elle s'amuse à imaginer celles du futur, elle a toujours le souci d'éclairer le temps présent et ne se défile devant aucune des questions qui se posent aujourd'hui à nous.
    L'esprit d'enfance, le désir d'immortalité, le délire religieux, mais aussi le transhumanisme, le rapport à la nature, la fragilité de la civilisation : sans surenchère dans la dystopie, sans jamais de complaisance dans la noirceur, Olga Tokarczuk nous fait mesurer les espaces infinis de ce qui échappe à notre connaissance. Mais pour cet écrivain qui excelle à découvrir des connexions et des correspondances, le salut réside à n'en pas douter dans les puissances de l'imaginaire et dans l'acceptation par chacun de sa propre étrangeté.
    Prix Nobel de littérature, Olga Tokarczuk a reçu le Man Booker International Prize 2018 pour Les Pérégrins. Traduit en français en 2010 chez Noir sur Blanc, ce roman avait été couronné par le prix Niké (équivalent polonais du Goncourt), un prix que, chose rarissime, l'auteure a une nouvelle fois reçu pour son monumental roman : Les Livres de Jakób.
    Née en Pologne en 1962, Olga Tokarczuk a étudié la psychologie à l'Université de Varsovie. Romancière polonaise la plus traduite à travers le monde, elle est reconnue à la fois par la critique et par le public. Sept de ses livres ont déjà été publiés en France : Dieu, le temps, les hommes et les anges ; Maison de jour, maison de nuit (Robert Laffont, 1998 et 2001) ; Récits ultimes, Les Pérégrins et Sur les ossements des morts (Noir sur Blanc, 2007, 2010, 2012) ; Les Enfants verts (La Contre-allée, 2016) ; et enfin Les Livres de Jakób (Noir sur Blanc, 2018).

  • Le discours du Nobel d'Olga Tokarczuk, dont la parole est à la fois lucide et porteuse d'espérance.
    La complexité grandissante du monde, l'interdépendance largement insoupçonnée de tous ses éléments, voilà qui exige, selon Olga Tokarczuk, « de nouvelles façons de raconter le monde ». Et si les deux premières décennies du siècle ont été le triomphe des séries télé, il est certain que la littérature n'a pas dit son dernier mot. Elle est la mieux à même de travailler à partir de fragments, de révéler un spectre plus large de la réalité, pour autant qu'elle se libère du vieux moi-narrateur.
    Le « tendre narrateur », c'est l'invention d'une quatrième personne du sujet, une voix à la fois impersonnelle et douée de tendresse, « la plus modeste forme de l'amour », celle qui permet de porter attention à tout ce qui n'est pas soi - les autres, les animaux, les éléments -, avec la conscience « un peu mélancolique » d'une communauté de destin.
    Suivi d'un texte intitulé Comment les traducteurs sauvent le monde, et d'un inédit sur la période du confinement, La Fenêtre, dans lequel l'auteure expose les craintes et les espoirs que lui inspire l'avenir.
    Prix Nobel de littérature, Olga Tokarczuk a reçu le Man Booker International Prize 2018 pour Les Pérégrins. Traduit en français en 2010 chez Noir sur Blanc, ce roman avait été couronné par le prix Niké (équivalent polonais du Goncourt), un prix que, chose rarissime, l'auteure a une nouvelle fois reçu pour son monumental roman : Les Livres de Jakób.
    Née en Pologne en 1962, Olga Tokarczuk a étudié la psychologie à l'Université de Varsovie. Romancière polonaise la plus traduite à travers le monde, elle est reconnue à la fois par la critique et par le public. Sept de ses livres ont déjà été publiés en France : Dieu, le temps, les hommes et les anges ; Maison de jour, maison de nuit (Robert Laffont, 1998 et 2001) ; Récits ultimes, Les Pérégrins et Sur les ossements des morts (Noir sur Blanc, 2007, 2010, 2012) ; Les Enfants verts (La Contre-allée, 2016) ; et enfin Les Livres de Jakób (Noir sur Blanc, 2018).

  • Le Châtiment de Prométhée et autres fariboles se compose de 29 récits, écrits entre 1920 et 1938, qui réinterprètent, avec beaucoup de malice et d'intelligence, les grandes thématiques bibliques et historiques.

  • Un tramway quitte la ville, dans l'obscurité de la nuit de Noël, pour s'enfoncer dans les périphéries. À chaque arrêt, des précaires de la vie montent à bord. Avec leur lot de misère, de tristesse et de déception, ils se dirigent, silencieux, vers un réveillon où la magie de Noël n'opère plus. Pourtant, dans cette nuit, le cri d'un nouveau-né, abandonné à l'arrière, va tresser un lien magique entre ces voyageurs, et éveiller quelque chose en eux...
    Après l'inoubliable Borgo Vecchio, Giosuè Calaciura offre une nouvelle fois une voix à ceux auxquels on ne donne jamais la parole. Ce conte de Noël, véritable hommage à Dickens, nous rend l'urgence, la profondeur et les contradictions de notre temps.
    Le Tram de Noël est illustré par Gérard Dubois. Primé depuis des années par American Illustration et Communication Arts, Gérard Dubois collabore avec The New York Times, Time Magazine, GQ, Rolling Stone, The New-Yorker, Le Monde. Postes Canada a émis un timbre pour célébrer son oeuvre. L'écrivain Stephen King ou encore le réalisateur Guillermo Del Toro collectionnent ses oeuvres.
    Giosuè Calaciura est né à Palerme en 1960. Il vit et travaille à Rome. Journaliste, il collabore régulièrement avec de nombreux quotidiens et diverses revues ; il écrit également pour le théâtre et la radio. Son premier roman, Malacarne (Les Allusifs), a été publié en 1998. Passes noires, publié en 2005, toujours aux Allusifs, a été finaliste de l'un des prix littéraires italiens les plus prestigieux, le Campiello, en 2002. En 2009, c'est Conte du Bidonville qui est traduit en français chez le même éditeur et publié en 10/18.

  • Je m'appelle Fatima Daas. Je suis la mazoziya, la petite dernière. Celle à laquelle on ne s'est pas préparé. Française d'origine algérienne. Musulmane pratiquante. Clichoise qui passe plus de trois heures par jour dans les transports. Une touriste. Une banlieusarde qui observe les comportements parisiens. Je suis une menteuse, une pécheresse. Adolescente, je suis une élève instable. Adulte, je suis hyper-inadaptée. J'écris des histoires pour éviter de vivre la mienne. J'ai fait quatre ans de thérapie. C'est ma plus longue relation. L'amour, c'était tabou à la maison, les marques de tendresse, la sexualité aussi. Je me croyais polyamoureuse. Lorsque Nina a débarqué dans ma vie, je ne savais plus du tout ce dont j'avais besoin et ce qu'il me manquait. Je m'appelle Fatima Daas. Je ne sais pas si je porte bien mon prénom.
    « Le monologue de Fatima Daas se construit par fragments, comme si elle updatait Barthes et Mauriac pour Clichy-sous-Bois. Elle creuse un portrait, tel un sculpteur patient et attentif... ou tel un démineur, conscient que chaque mot pourrait tout faire exploser, et qu'on doit les choisir avec un soin infini. Ici l'écriture cherche à inventer l'impossible : comment tout concilier, comment respirer dans la honte, comment danser dans une impasse jusqu'à ouvrir une porte là où se dressait un mur. Ici, l'écriture triomphe en faisant profil bas, sans chercher à faire trop de bruit, dans un élan de tendresse inouïe pour les siens, et c'est par la délicatesse de son style que Fatima Daas ouvre sa brèche. »
    Virginie Despentes
    Fatima Daas est née en 1995 à Saint-Germain-en-Laye. Ses parents, venus d'Algérie, se sont installés à Clichy-sous-Bois. Elle grandit dans la petite ville de Seine-Saint-Denis, entourée d'une famille nombreuse. Au collège, elle se rebelle, revendique le droit d'exprimer ses idées et écrit ses premiers textes. Elle se définit comme féministe intersectionnelle. La petite dernière est son premier roman.

  • « Ici repose pour l'éternité Joseph Bernstein, le rabbin des produits vintage. Si vous allez au Paradis, faites appel à lui pour une paire d'ailes bonnes et pas chères, story included. Si vous vous retrouvez en Enfer, des cornes et des sabots comme chez lui, vous n'en trouverez nulle part. »
    Voici une famille de Juifs américains, les Bernstein, qui a réussi à Washington DC dans les années 1990 grâce au commerce en gros de vêtements vintage. Persuadés que tout, désormais, des habits aux idées en passant par les sentiments, est plus ou moins de « seconde main », ils s'efforcent de ne voir dans le passé qu'une valeur ajoutée.
    Soixante ans plus tôt, de l'autre côté de l'Atlantique, les Oxenberg achèvent de se hisser parmi la bonne société de la ville de Iasi, dans l'étrange royaume de Roumanie. Jacques Oxenberg, dont on vante « les doigts beethovéniens », est le meilleur obstétricien de la région. Il vient d'offrir une auto à son épouse, laquelle lui a donné deux beaux enfants. Un gramophone égaye les soirées de leur jolie maison, mais dehors... les voix rauques de la haine commencent à gronder.
    Lorsque la riche Dora Bernstein et son fils Ben se rendront à Iasi, durant l'été de 2001, les deux histoires se rejoindront, entre secrets de famille et zones d'ombre de la mémoire collective.
    Catalin Mihuleac, né en 1960 à Iasi, dans le nord-est de la Roumanie, a travaillé une demi-douzaine d'années en tant que géologue. À la chute du régime communiste, il a entamé une carrière de journaliste, tout en publiant ses premiers textes satiriques. La parution de son roman Les Oxenberg & les Bernstein fut un événement en Roumanie, ainsi qu'en Allemagne où l'on a salué sa très grande originalité et sa force narrative imparable pour évoquer l'un des plus grands tabous de l'histoire roumaine contemporaine, le pogrom de Iasi.

  • Silhouette imposante, port de tête altier, elle fait résonner la voix d'une femme noire, fière et volontaire, qui va devoir survivre dans un monde d'une extrême dureté, dominé par les Blancs. Une voix riche et drôle, passionnée et douce qui, malgré les discriminations, porte l'espoir et la joie, l'accomplissement et la reconnaissance, et défend farouchement son droit à la liberté.
    Après l'inoubliablement beau Je sais pourquoi chante l'oiseau en cage, Maya Angelou poursuit ici son cycle autobiographique. Maya Angelou fut poétesse, écrivaine, actrice, militante, enseignante et réalisatrice. Elle a mené de nombreux combats avant de devenir une icône contemporaine qui a inspiré la vie de millions de personnes. Elle a côtoyé Nelson Mandela, Martin Luther King, Malcolm X et James Baldwin. À sa mort, Michelle Obama, Rihanna, Oprah Winfrey, Emma Watson, J. K. Rowling et beaucoup d'autres encore lui ont rendu hommage.
    « L'un des plus grands esprits que notre monde ait jamais connus. (...) Ses mots m'ont soutenue à chaque étape de mon existence. »
    Michelle Obama
    « Maya Angelou, c'est un feu. Un feu d'invincible joie, qui anéantit l'adversité et embrase la combativité. Un feu qui éclaire, m'éclaire encore. »
    Christiane Taubira
    Maya Angelou fut poète, écrivaine, actrice, enseignante et réalisatrice. En 2013, en tant que militante des droits civiques américains, elle a reçu le National Book Award pour « service exceptionnel rendu à la communauté littéraire américaine ». Elle est décédée le 28 mai 2014 à l'âge de 86 ans.

  • Dans les années 1970, Hanna Krall raconte une histoire vraie au cinéaste Krzysztof Kie´slowski. Il s'en inspire pour réaliser Le Décalogue 8. Quarante ans plus tard, Krall nous révèle les changements apportés dans la fiction et s'attache à rétablir la vérité.
    L'histoire est simple : pendant la guerre, une Polonaise accepte de devenir la marraine d'une fillette juive, afin de lui fournir un certificat de baptême qui la sauvera peut-être de la mort. Au dernier moment, la femme se désiste car, en bonne catholique, elle ne peut pas proférer de faux témoignage. Désemparées, la petite fille et sa mère sortent dans la rue, seules, en pleine Occupation allemande...
    Hanna Krall construit sa narration en spirale : les personnes qui ont côtoyé la fillette et sa mère reviennent tour à tour, à des époques et en des lieux différents, celles qui les ont abandonnées, voire dénoncées ou, au contraire, celles qui les ont aidées. Victimes, bourreaux, simples témoins, il n'en reste que des traces, dans la mémoire ou dans la terre.
    Magistralement construit, le récit de Krall nous happe, nous enveloppe, on reste longtemps sous son emprise. Telle une pierre jetée dans l'eau, il forme des cercles qui se propagent à l'infini. Hanna Krall (née en 1935) occupe une place éminente dans le paysage littéraire polonais, avec une oeuvre qui donne à voir l'inscription de l'Histoire dans les vies de gens ordinaires, en particulier celles de Juifs de Pologne, de leurs voisins, de leurs bourreaux et du petit nombre de ceux qui leur ont porté secours. Reporter et écrivain, elle a créé la section reportage dans le quotidien Gazeta Wyborcza. Ses livres, maintes fois primés, sont traduits en une quinzaine de langues, tels Les Retours de la mémoire, chez Albin Michel (1993), et chez Gallimard : Là-bas, il n'y a plus de rivière (2000), Prendre le bon Dieu de vitesse, son grand entretien avec Marek Edelman (2005) ; Le Roi de coeur (2008). Un choix de ses premiers reportages, croisés avec ceux de son ami Ryszard Kapu´sci´nski, a paru chez Noir sur Blanc en 2016 : La Mer dans une goutte d'eau.

  • À Saint-Pétersbourg, les bolcheviks ont déjà gagné la guerre civile. Mais en Sibérie, à l'extrême est de la Russie, les Iakoutes résistent et tentent un dernier assaut contre l'Armée rouge. En 1922, le général Anatoli Pepeliaïev, poète à ses heures, défenseur de la justice et de la liberté, rassemble les soldats dispersés de l'Armée blanche et met sur pied un détachement de volontaires pour soutenir l'insurrection iakoute.
    Face à lui se dresse un commandant de l'Armée rouge, Ivan Strod, anarchiste et futur écrivain à succès. Lui aussi est une figure énigmatique de la révolution de 1917. Les deux hommes, guidés par des idéaux très proches, sont devenus ennemis par la force du destin.
    Dans cet épisode méconnu de la guerre civile russe, Youzefovitch dépeint les passions humaines : l'amour et la souffrance individuelle qui se cachent derrière les idéologies, la soif de justice, mais aussi l'ambivalence des personnages, tout à la fois oppresseurs et victimes. Au coeur du récit, la rivalité tragique des deux héros, dans les neiges de Sibérie, se révèle comme une captivante histoire de vie, d'amour et de mort.
    Leonid Youzefovitch est né à Moscou en 1947. Historien, il est l'auteur de nombreux ouvrages, notamment sur le baron Ungern-Sternberg, le « dictateur de la Mongolie ». Il est connu du public russe pour ses quatre polars historiques mettant en scène le commissaire Poutiline, chef de la police du tsar à Saint-Pétersbourg. Trois volumes ont paru en français aux Éditions Noir sur Blanc : Le Costume d'Arlequin, Une maison de rendez-vous et Le Prince des vents.

  • L'enfance de Louise, dans les années soixante-dix en France, est marquée par les difficultés financières de ses parents, leur peur de l'avenir, leur désarroi et leur tristesse, une forme de désolation qui contamine tout, jusqu'à la couleur des ciels. Face à cette réalité, Louise oppose une détermination forte : elle ne vivra pas la vie de ses parents. Elle ne sera ni pauvre ni triste ni résignée.
    Guidée par un attachement farouche à sa liberté, rebelle à toute forme de domination, Louise est à la recherche de ce qu'elle va devenir. Elle se cogne, elle bute, elle expérimente, mais elle ne lâche pas. Elle poursuit sa quête jusqu'à ce jour d'été que rien ne distinguait... où un événement survient dans sa vie, une rencontre qu'elle attendait depuis longtemps.

    Un roman sur la fidélité à soi-même, l'amour et le désir de liberté.
    Stéphanie Chaillou est née en 1969. Après L'Homme incertain et Alice ou le Choix des armes, parus chez Alma éditeur, elle signe ici son troisième roman.

  • Après des mois de traque à travers la jungle amazonienne, un commando israélien met la main sur Adolf Hitler. Mais cette capture suscite de délicates interrogations. Que faire de ce trophée ?
    Ce thriller envoûtant met en scène quelques thèmes tabous de notre époque. Hitler était-il juif ? Israël est-il un legs du Troisième Reich ? Peut-on laisser ce vieillard décrépit faire entendre la magie noire de sa voix ? Ce récit ensorcelant a donné lieu à une rare controverse, dont l'auteur s'explique dans une postface inédite.
    Éminente figure de la pensée occidentale, George Steiner (1929-2020) était surtout connu pour ses nombreux essais. Près de trois décennies après sa parution, la réédition du Transport de A. H. permet de redécouvrir le rare talent littéraire de ce brillant érudit qui aura marqué son siècle.

  • Dans un vieux numéro du Times, l'auteur retrouve un écho d'une affaire qui avait fait grand bruit dans son enfance ; c'était quelque chose comme une affaire Dreyfus russe, mais il n'y avait eu aucun Émile Zola, alors, pour prendre la défense de l'homme qu'on accusait. Voici un roman dans lequel personnages et événements sont authentiques, presque documentaires, et qui est en même temps une grande réussite littéraire. Au début de la Grande Guerre, Sergueï Miassoïedov, colonel de la gendarmerie tsariste et petit entrepreneur privé, se trouve accusé d'espionnage pour le compte de l'Allemagne : en coulisse, la police politique est en proie à des luttes intestines entre les antisémites et leurs adversaires. Condamné à mort par une cour martiale, Miassoïedov est exécuté à Varsovie en 1915. Et c'est alors que commence une seconde affaire, moins retentissante et peut-être plus cruelle encore : son épouse, d'origine juive, est inquiétée à son tour, d'abord par la police tsariste, qui obtiendra sa condamnation, puis par les services soviétiques. Des pogroms de 1903 jusqu'au bombardement de Dresde par les Alliés, c'est toute la noirceur et la violence du demi-siècle qui se montre à nos yeux.

    Józef Mackiewicz est né en 1902 à Saint-Pétersbourg. Il prit part à la guerre contre les bolcheviks. Après avoir étudié la philosophie à Varsovie, il a été journaliste, puis rédacteur en chef d'un quotidien polonais de Vilnius. Durant la guerre, il travailla de ses mains, ouvrier, bûcheron. Probablement à l'instigation d'un agent soviétique, il fut condamné à mort par la résistance polonaise : faute de motif réel, rien ne fut tenté contre lui. Témoin capital des événement de son siècle (il était présent, en particulier, lors de l'exhumation des victimes du massacre de Katyn et fut l'un des premiers à alerter l'opinion internationale sur ce crime soviétique), il s'est attaché toute sa vie à faire entendre des « vérités inconfortables ». Il parvint à passer à l'Ouest en 1945 : Rome, puis Londres et enfin Munich, où il mourut en 1985. Il est l'auteur de six romans.

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