Langue française

  • Depuis un demi-siècle, les études néo-latines se sont développées. Il a donc paru opportun de fournir à la Res Publica Litterarum un manuel de métrique adapté aux spécificités d'une poésie toujours vivante. Mais, comme il est impossible de l'embrasser dans sa totalité, l'ouvrage a été circonscrit à la poésie humaniste, dans un choix de poètes des pré-humanistes padouans et de Pétrarque jusqu'au XVIe siècle, avec quelques excursus au-delà. Dans la triple perspective de l'ethos, de la métrique et de la stylistique liée au mètre, il s'appuie sur les indications techniques données par les auteurs et confronte leurs déclarations théoriques à leur pratique et aux théories des manuels de métrique humanistes en privilégiant les deux premiers (Perotti, 1471). La première partie étudie les mètres dactyliques, hexamètre, distique élégiaque et autres ; la deuxième aborde les mètres lyriques, sapphiques, alcaïques, éolo-choriambiques, distiques des Épodes, phaléciens, galliambes, iambes, ioniques, anapestes, trochées et poèmes figurés ; la troisième concerne la métrique dramatique, tragédie et comédie.

  • Fondée en 1950 par Eugénie Droz, la collection des Travaux d'Humanisme et Renaissance a réuni, en soixante-cinq ans, plus de 550 titres. Elle s'est imposée comme la collection la plus importante au monde de sources et d'études sur l'Humanisme (Politien, Ficin, Erasme, Budé...), la Réforme francophone (Lefèvre d'Etaples, Calvin, Farel, Bèze...), la Renaissance (littéraire et artistique, Jérôme Bosch ou Rabelais, Ronsard ou le Primatice...), mais aussi la médecine, les sciences, la philosophie, l'histoire du livre et toutes les formes de savoir et d'activité humaine d'un long XVIe siècle, des environs de 1450 jusqu'à la mort du roi Henri IV, seuil de l'âge classique. Les Travaux d'Humanisme et Renaissance sont le navire-amiral des éditions Droz.

  • Composé deux ans après le Mortifiement de Vaine Plaisance, le Cuer d'amour espris est un récit à la fois romanesque et allégorique qui raconte, sous la forme d'un songe, les aventures du Coeur. Sorti de la poitrine du narrateur par Amour, il devient un chevalier qui part à la conquête de Douce Merci, sa bien-aimée. Après bien des tribulations, il parvient dans l'île du dieu Amour, où il réussit à donner un unique baiser à Douce Merci. Mais il est grièvement blessé par ses ennemis. Douce Merci est contrainte de retourner en captivité et le Coeur va finir ses jours en prières à l'Hôpital d'Amour. Dans l'épilogue, René espère qu'il ne sera plus tourmenté par le dieu Amour, qui embrase les coeurs d'un désir douloureux. Le jeu parodique et l'humour confèrent au récit une tonalité particulière et une expression singulière et originale, qui ne manquent ni de charme ni de poésie. Le texte est illustré par la reproduction des seize miniatures de Barthélemy d'Eyck.
    Gilles Roussineau est professeur émérite à Sorbonne Université.

  • Surtout connu pour ses ouvrages d'histoire, le juriste condomois Scipion Dupleix fut aussi l'un des tout premiers à écrire en français un corpus complet de philosophie scolastique. Dans les années 1600-1610, il publia un ensemble de textes couvrant la logique, la philosophie naturelle, l'éthique et la métaphysique, qui connut en son temps un immense succès sous le nom de Corps ou de Cours de philosophie. Notre ouvrage analyse le travail de vulgarisateur de Dupleix, en se fondant plus particulièrement sur les textes traitant de philosophie naturelle. Il examine le statut et la place de cette discipline dans les milieux lettrés, l'adaptation de la langue française à la philosophie jusque-là exprimée en latin, les raisons qui ont pu pousser un jeune magistrat de province à entreprendre une vaste entreprise de diffusion philosophique et le détail du travail du texte, pour tenter de cerner les raisons d'écrire la philosophie en langue française à la toute fin de la Renaissance.

  • Durant la Renaissance, la France, l'Espagne, l'Angleterre, l'Italie, la Pologne, la Suisse produisent des penseurs qui deviennent de plus en plus conscients de la proximité des événements politiques susceptibles d'influencer leurs réflexions. Nul n'échappe à l'emprise de l'histoire immédiate qui structure et détermine toute démarche intellectuelle. L'image du penseur ou du savant, distant du tumulte du monde, retiré dans son cabinet et étudiant les textes classiques, est fortement remise en cause. Pour certains, l'écriture est un engagement, pour d'autres un refuge ; mais, dans tous les cas, la pensée se définit presque toujours par rapport à des actions sur le terrain qu'il est impossible d'ignorer. Même les silences peuvent être interprétés comme des actions. Cet ouvrage propose de reprendre à neuf le débat entre pensée et action en l'examinant à la lumière d'une histoire en proie à des transformations spectaculaires sur le plan politique et économique et tourmentée par des guerres violentes sous couvert de religion.

  • Contrairement à la plupart des oeuvres du Moyen Âge, Les Quinze joies de mariage (vers 1400) n'ont cessé d'être rééditées, traduites, illustrées. Mais comment ce fleuron de la misogynie a-t-il résisté à l'épreuve des siècles ? Tout en reprenant les lieux communs sur les femmes, le clerc anonyme sait raconter avec verve les conflits quotidiens entre les époux. Le lecteur peut trouver dans les récits un intérêt historique ou les faire entrer en résonance avec son propre temps. Le cadre a beau être médiéval, les stratégies de manipulation ou les souffrances causées par une relation toxique sont terriblement actuelles. Le carcan du devoir, les soucis d'argent, le viol, le divorce et le poids du jugement social ne le sont guère moins. Aussi d'un point de vue littéraire, les Quinze Joies sont d'une étonnante modernité : l'auteur soumet, sans juger, différents cas de figure au lecteur, le laissant libre d'en rire ou de s'indigner au nom de la morale - hier comme aujourd'hui.,

  • Sorti dans les salles à une période charnière, le film En cas de malheur de Claude Autant-Lara (1958) fait ici l'objet d'une analyse approfondie qui porte à la fois sur l'écriture scénaristique, le contexte sociohistorique et les modalités de la transposition à l'écran du roman homonyme de Georges Simenon. Alain Boillat envisage les différentes variantes conçues par les scénaristes dans une perspective narratologique et d'étude des normes de genre. Ce faisant, il propose une méthodologie favorisant l'application au cinéma de la génétique des textes littéraires, et renouvelle plus largement l'étude du phénomène de l'adaptation. En discutant certains aspects du récit filmique (point de vue, flash-back, etc.), l'ouvrage montre combien le personnage ne peut être appréhendé au cinéma sans la prise en considération de la vedette qui l'incarne. Or En cas de malheur réunit les deux plus grandes stars qu'ait connues le cinéma français : d'un côté Brigitte Bardot, nouvelle icône de la féminité qui présage les bouleversements sociaux des années 1960, de l'autre Jean Gabin, associé à une image de la virilité issue des années 1930.

  • Le Dictionnaire étymologique et critique des anglicismes entend répondre - grâce en partie aux nouveaux moyens informatiques - à trois objectifs : rassembler la quasi-totalité des entrées d'origine anglo-américaine présentes dans les dictionnaires usuels ; vérifier les étymologies (à l'aune des outils livresques et numériques), avec des datations souvent repoussées ; amorcer une réflexion sur le déferlement en France depuis 1945 de mots d'origine anglaise et surtout américaine, accompagnée, au besoin, de propositions d'équivalents offertes par des commissions (en particulier la Commission d'enrichissement de la langue française et l'Office québécois de la langue française) et commentateurs. Pour la première fois, on trouvera un large choix du vocabulaire provenant tant des sciences dites dures que des sciences sociales, assorti, dans la mesure du possible, d'une date et d'une origine. Les termes récents les plus répandus figurent dans ce dictionnaire destiné aussi bien aux journalistes et aux métiers de communication qu'aux chercheurs, aux enseignants, aux étudiants et au grand public.
    Parmi plus de 5 000 mots ou calques, on découvrira étude d'impact (1952 ; impact study, 1920), fonds souverain (2007 ; sovereign wealth fund, 2005), guerre hybride (2007 ; hybrid war(fare), 2005), illibéral (2003 ; illiberal, 1997, F. Zakaria), perturbateur endocrinien (1996 ; endocrine disruptor, 1991, T. Colborn), plafond de verre (1987 ; glass ceiling, 1984), suprématie quantique (2018 ; quantum supremacy, 2012, J. Preskill), transhumanisme (1963 ; transhumanism, 1957, J. Huxley)...

  • Écrivain, voyageur et courtisan, familier de Louise de Savoie et de François Ier qui lui commandent ses ouvrages, le franciscain Jean Thenaud (c. 1480-1542) est une figure décisive par les innovations qu'il apporte à la culture de la Renaissance française. Connu par son seul livre imprimé, le Voyage d'Oultremer, qui relate son séjour en Égypte et en Terre sainte, il est aussi l'auteur d'une importante synthèse poético-mythographique inspirée de Boccace. On lui doit également les premières adaptations françaises de Lucien et d'Érasme. Son chef d'oeuvre, les quatre volumes des Triumphes des Vertuz, est le dernier grand songe allégorique qui prolonge la tradition médiévale et préfigure les Tiers et Quart Livres de Rabelais, avec lequel l'auteur est en relation. Enfin, son traité de « cabale chrétienne » inaugure le genre en français et ses motifs talismaniques nourrissent le programme iconographique de Chambord. Ce recueil d'études, rédigées par des spécialistes des littératures médiévales et renaissantes, est le premier à lui être entièrement consacré.

  • Cette étude propose une immersion dans le monde des humanistes de la Renaissance germanique du XVIe siècle, où se leva le mouvement de la Réforme protestante. Le lecteur fait connaissance avec un personnage d'humble extraction, Barthélemy Latomus, qui fit son chemin dans les sphères intellectuelles en relevant les défis du temps. Ses travaux sur les fondamentaux de l'art oratoire contribuèrent au succès d'une rhétorique alliant logique et éloquence. Afin de répondre aux besoins concrets des enseignants et des acteurs de la société, il mit au point une méthode d'analyse des grands discours classiques en vue de l'acquisition d'un savoir-faire personnel qui prévînt la contrefaçon. La poursuite enthousiaste de cette méthode lui permit de surmonter le désenchantement qui traversait alors l'humanisme, et le poussa à confronter les questions religieuses en litige à la raison et au droit. La correspondance qu'il entretint avec des théologiens protestants prônait le débat d'idées en privilégiant un retour aux sources. Ce livre est le fruit d'une décennie dédiée à Barthélemy Latomus.

  • Publiés en un seul volume, les tomes XIII et XIV des Registres du Consistoire de Genève couvrent l'année 1558 et le début de 1559. Ces registres illustrent le fort rôle pédagogique du Consistoire et l'intensification de ses efforts pour combattre l'ignorance religieuse, qui augmente avec l'arrivée de nombreux réfugiés, connaissant mal les principes de base de la foi réformée. Le Consistoire comme le Conseil se montrent plus sévères à l'égard des gens qui retournent à Genève après avoir renié leur foi en terre catholique, même sous menace de mort. Calvin et ses collègues se préoccupent de plus en plus des biens dilapidés dans les produits de luxe et, pour la première fois, ils convoquent des personnes pour gourmandise. De la même façon, les autorités prêtent davantage attention aux activités sportives et aux jeux de hasard, qui détournent les jeunes du catéchisme.

  • Les protagonistes de la Révolution française ont voulu constituer un nouveau système des beaux-arts, destinés non plus à la glorification des princes et à la satisfaction matérielle des élites de la naissance et de la finance, mais à l'éducation de l'ensemble des citoyens. Ce sont les différents projets soumis à l'Assemblée nationale et à l'opinion publique qui sont ici présentés. Ils abordent des questions toujours d'actualité : la fonction qui doit être assignée à l'art dans une société démocratique, la reconnaissance de certains praticiens comme artistes, les modes d'enseignement des arts et le rôle que l'État doit jouer pour les soutenir et éventuellement les orienter. Les débats, assez virulents, autour de ces questions sont analysés dans une longue introduction. Cinq des textes les plus importants, dont certains n'avaient jamais donné lieu à une édition scientifique, sont ensuite présentés, édités et annotés. Cette anthologie fait connaître les prémices de débats qui n'ont toujours pas fini de faire couler de l'encre.

  • Les Poëmes, que Pierre de Ronsard rassemble dans le tome III de la première édition collective de ses OEuvres (1560), n'ont pas toujours eu bonne presse. À l'exception de quelques éditions critiques et d'articles, on ne dispose d'aucune étude d'ensemble sur les Poëmes. Le présent ouvrage les étudie comme le lieu de l'engendrement, de la création poétique au cours de laquelle Ronsard tente d'atteindre la plénitude au moyen d'analogies et de contraires. Ils sont ainsi analysés dans les recueils séparés où ils sont apparus (du « Bocage » des Odes de 1550 aux Sixiesme et Septiesme livres des Poëmes de 1569), puis dans leur évolution au sein des éditions collectives des OEuvres. Dans cet espace nouveau, les thèmes acquièrent un sens inédit, les formes poétiques mises côte à côte affichent leurs écarts pour constituer une orchestration singulière. Les remaniements continuels que subissent les Poëmes sont caractéristiques de la conception que Ronsard se fait de la poésie : l'expérience d'un ordre esthétique qui régit le désordre du monde.

  • Le quatrième tome des Mémoires-Journaux du règne de Henri IV tenus par Pierre de L'Estoile relate de bonnes nouvelles ! En 1598, la paix avec l'Espagne et la signature discrète de l'édit réglant la coexistence entre huguenots et catholiques, en 1601, la paix avec la Savoie, le mariage de Henri IV, bientôt suivi de la naissance d'un Dauphin : une paix qu'on n'avait pas vue depuis 1562, une naissance qu'on n'avait pas vue depuis 1548, signes d'une rénovation des forces nationales par la pratique et par le symbole. La politique extérieure s'estompe, exceptées la conspiration d'Essex ou la mort d'Elizabeth, laissant place aux mécontentements dispersés, des tentatives de régicides aux rivalités dans la faveur du roi, qui n'empêchent pas la vie du royaume de se dérouler selon les catégories d'une rubrique mondaine : amours, mariages, naissances. L'écriture du Journal peut enfin jouer de la variété : morts subites, événements étranges ou prodiges retiennent l'attention, avec quelque mélancolie mêlée d'ironie.

  • Les noces du droit et de la littérature, de la politique et de la poésie ne sont plus guère pensables aujourd'hui. Or ces champs du savoir et de l'action étaient réunis sous l'Ancien Régime, quand le langage poétique paraissait le support le plus adéquat d'une pensée élevée. Michel de L'Hospital (v. 1505-1573) a incarné au plus haut point cette union. Entre 1543 et 1573, le chancelier-poète commente en latin poétique et philosophique les aléas de son existence et de son temps, tout en luttant pour la conciliation religieuse et la justice. Il réfléchit aux théories de l'écriture mais affiche ses distances avec les poètes professionnels autant qu'avec les poètes courtisans. Il voit en la poésie une clef pour comprendre le monde et soi-même. À la croisée de la poésie latine et néolatine, de la littérature française, des méditations juridiques et des courants philosophiques, cette oeuvre poétique vaste et complexe reflète toujours l'actualité. Un groupe de spécialistes de diverses disciplines en éclaire ici maintes facettes.

  • Nous avons bu tant de rosées
    En échange de notre sang
    Que la terre cent fois brûlée
    Nous sait bon gré d'être vivants.
    François Cheng écrivit ce quatrain vers 1958-1960, alors qu'il en était encore à apprendre la langue française. Tout au long de sa pratique poétique inventive, Cheng a investi de nombreux genres littéraires ; il revient aujourd'hui au quatrain. Celui-ci lui permet de réunir tradition chinoise et tradition française. En l'adoptant, l'académicien confirme son appartenance à ce double fond quant à la forme, concise et dense à la fois, et quant à un contenu duel, tant en matière de poétique (chn et orphisme) que de spiritualité (conception taoïste de l'univers, « Voie christique »).
    L'édition de Madeleine Bertaud n'est pas strictement une édition critique : elle balaie largement l'oeuvre chengienne, dont l'auteur perçoit fortement l'unité avec empathie et maîtrise.
    Madeleine Bertaud est professeur émérite de l'Université de Lorraine. Après une carrière consacrée à la littérature française du XVIIe siècle, elle étudie depuis une quinzaine d'années l'oeuvre de François Cheng.

  • La réflexion sur ce qui sépare l'état de paix et l'état de guerre conditionne l'histoire de la diplomatie dans la mesure même où, dans l'histoire politique de l'Ancien Régime, la gestion efficace et immédiate des conflits armés - ouverts, programmés ou potentiels - constitue une exigence majeure du bon gouvernement des communautés. À côté du fracas des armes, avant ou après lui mais aussi pendant, se développent continument des pratiques de communication et d'échange dont le but premier est de dessiner le cadre possible des relations correctes entre communautés, quels que soient les forces, les jeux d'échelle, les territoires de référence et les horizons en présence. Ces pratiques sont particulièrement polymorphes et flexibles et, avant même de faire l'objet de traités et de donner un contenu au nouveau métier d'ambassadeur - à compter du XVIIe siècle surtout -, elles se construisent à tâtons selon des tempos, des coutumes, des discours, des écritures et des hiérarchies évolutifs. Ainsi est posée une autre façon de faire de la politique. Ainsi émerge, au fil de l'histoire que l'on peut en faire, un pan crucial de la régulation du système des États.

  • Le De causis linguae Latinae (1540) de Jules-César Scaliger constitue un maillon essentiel dans l'histoire de la grammaire latine et plus généralement dans l'histoire des théories linguistiques. Il ne s'agit pourtant pas d'une grammaire latine au sens habituel du terme, avec ses règles et ses paradigmes, mais d'une réflexion philosophique sur les fondements de la langue latine, et même sur les fondements du langage en général. Les treize livres, de taille inégale, comportent une phonétique (livres 1 et 2), l'examen du mot (dictio, livre 3) et de ses classes (livres 4 à 11), avant de traiter des figures de construction (livre 12), de l'étymologie et de l'analogie (livre 13).
    La présente édition propose, dans le premier volume : une introduction (en deux parties : « Scaliger, philosophe des savoirs du langage et des langues », par P. Lardet ; « le De causis dans l'histoire des idées linguistiques », par G. Clerico et B. Colombat) ; le texte latin ; des notes critiques ; neuf index ; une bibliographie de plus de 600 titres. Le second volume comporte l'ensemble de la traduction avec une abondante annotation qui replace le De causis dans le contexte de son élaboration et de sa rédaction.

  • L'Oratio tragedica est un texte de dévotion, inédit, composé par Philippe de Mézières (1327-1405), à l'époque où il rédige le Songe du Viel Pelerin (1389-1390). Cette véritable « dramaturgie de l'âme », écrite en latin, éclaire tous les visages du Chevalier, désormais retiré dans sa cellule du couvent des Célestins de Paris, mais qui ne saurait oublier qu'il fut le conseiller ou l'interlocuteur de six rois, de plusieurs papes et tant de princes... Un tel oubli nous serait interdit à nous aussi, qui prétendons approcher, dans sa complexité, ce quatorzième siècle traversé et comme illuminé par Mézières. Si l'Oratio s'inscrit dans la tradition médiévale des textes spirituels, elle révèle, jamais interrompue, la passion lancinante de délivrer les Lieux Saints et d'atteindre par là la double ambition de faire oeuvre sainte d'écrivain et d'accomplir pleinement le service, le devoir du chrétien.
    Première édition critique du texte latin, ainsi que première traduction française de l'Oratio tragedica, longtemps attendue.

  • Ce troisième tome de L'Histoire de France de La Popelinière, parue en 1581, est centré sur deux années cruciales, 1561 et 1562, qui voient le déclenchement des guerres de Religion. Il fait le récit des principaux événements de l'avènement de Charles IX jusqu'à l'automne 1562 : les Etats généraux et le colloque de Poissy, l'édit de Janvier, le « meurtre » de Wassy, les déclarations du prince de Condé et ses négociations avec les princes allemands, l'engagement puis les hésitations de la noblesse réformée, et s'attarde sur quelques épisodes de la première guerre civile (particulièrement Angers et Toulouse). Hors de France, il s'intéresse aussi à la résistance armée des vaudois du Piémont contre le duc de Savoie, et décrit la « république des Suisses ». Les notes critiques s'attachent principalement, comme dans les volumes précédents, à retrouver les sources utilisées et à éclairer le travail de recomposition et de neutralisation de l'historien sur ses sources.

  • Fondé sur des documents universitaires et notariaux édités et inédits et sur de multiples sources indirectes (biographies, correspondances, etc.), cet ouvrage recense plusieurs centaines d'étudiants français, francs-comtois et savoyards ayant fréquenté les universités italiennes de 1480 à 1599. Il fournit, pour chaque personnage, un dossier sur ses études en Italie, complété, si possible, par un aperçu de sa formation antérieure et par une notice biographique. Une introduction détaillée sur l'organisation des études universitaires dans l'Italie des XVe et XVIe siècles, le mode de fonctionnement des universités et les procédures d'obtention des diplômes facilite la compréhension des notices.
    Ce travail offre des matériaux nouveaux à l'histoire des universités, à l'histoire des familles (rectifications et compléments apportés aux généalogies par les sources italiennes exploitées), à l'histoire sociale (origine sociale des étudiants, corrélation entre études et carrière, stratégies de certaines familles misant sur les études en Italie pour favoriser leur ascension ou asseoir leur pouvoir) ; mais aussi à l'histoire religieuse, politique et culturelle (il suffit de citer les noms de saint François de Sales, de Pomponne de Bellièvre, de Michel de L'Hospital ou de François Tissard). Nombre de ces étudiants ont contribué, en outre, à diffuser par-delà les Alpes non seulement l'humanisme et les sciences apprises dans la Péninsule, mais aussi la langue et la culture italiennes.

  • Après les 193 leçons sur le livre du prophète Jérémie (cf. Calvini opera denuo recognita, Series Exegetica 6a et 6b, 2016), Calvin paracheva son explication du prophète avec dix-huit leçons sur les Lamentationes de septembre 1562 à janvier 1563. Les Lamentations s'inscrivent dans l'une des traditions poétiques des qînoth, les complaintes qui concernent le gouvernement politique. Calvin s'attache à en donner une interprétation morale et actualisante. Les sources et les principes exégétiques du Réformateur restent les mêmes, mais la double introduction, au texte latin et au texte français, les rappelle. L'édition est en effet juxtalinéaire avec en vis-à-vis la traduction modernisée et commentée de Charles de Jonviller. Deux index des noms de personnes et des citations bibliques complètent l'édition.

  • Nel primo ventennio del Cinquecento, dopo la caduta della dinastia aragonese, sono poche le esperienze poetiche che riescono a cristallizzarsi in raccolte di un certo impegno, non solo prima, ma anche dopo la pubblicazione delle Rime di Sannazaro (1530). Tra gli esempi più significativi spicca l'edizione nel 1519 a Napoli, presso Sigismondo Mayr, della Gelosia del Sole di Girolamo Britonio: una ponderosa raccolta, dedicata a Vittoria Colonna, formata da 454 rime (345 sonetti, 43 canzoni, 37 madrigali, 20 sestine, delle quali ben 7 doppie, 7 ballate e 2 componimenti in terza rima).
    Il presente contributo offre un'inquadratura dell'opera in questo periodo di transizione, nonché fornisce l'edizione critica commentata della raccolta, compiuta sulla base dell'edizione princeps del 1519.
    Durant les vingt premières années du XVIe siècle, à la suite de la chute de la dynastie aragonaise, peu d'expériences poétiques parviennent à se cristalliser en un recueil d'une quelque importance, avant et également après la publication des Rime de Sannazaro (1530). La parution, en 1519 à Naples, chez Sigismondo Mayr, de la Gelosia del Sole de Girolamo Britonio est l'un des exemples les plus significatifs car il s'agit d'un recueil, dédié à Vittoria Colonna, formé de 454 poèmes (345 sonnets, 43 chansons, 37 madrigaux, 20 sextines, dont 7 doubles, 7 ballades et 2 compositions en tercets).
    La présente contribution propose un cadre de l'oeuvre dans cette période de transition et fournit l'édition critique commentée du texte, réalisée à partir de l'édition princeps de 1519.

  • L'oeuvre de Philippe de Mézières est double: des textes en français comme le Songe du Viel Pelerin ou le Livre de la Vertu du Sacrement de Mariage, d'autres en latin comme l'Oratio tragedica. La question de l'écriture du Solitaire des Célestins s'en trouve, dès lors, posée, ainsi que de son rapport à l'humanisme naissant, dont il est l'exact contemporain. Si Mézières n'est pas le pendant français de Pétrarque, les études de ce recueil laissent entrevoir un authentique poète, maître de ses effets et de son art. Elles s'articulent autour de cinq lignes axiologiques, scrutant aussi bien les questions de la technique poétique, des stratégies oratoires, de l'allégorie, du tragique et de l'usage, à des fins morales, de la figure de l'alchimiste et de l'apothicaire. Est ainsi réaffirmée la puissance stylistique de l'écriture de Philippe de Mézières. Un index permet une consultation aisée de ce volume qui deviendra rapidement un outil de référence.

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