Métailié

  • Une chambre en Allemagne Nouv.


    « Je suis venue en Allemagne pour dormir d'une traite », dit la narratrice - une jeune femme argentine sans nom - de cet admirable premier roman.

    Pour des raisons qu'on ignore, la narratrice s'est extirpée de sa vie (de sa maison, de son travail, de son ex, de son chien) à Buenos Aires pour atterrir à Heidelberg, ville où elle a vécu les premières années de sa vie lorsque ses parents fuyaient la dictature. Avec quelques petites économies en poche, aucun plan et la certitude qu'elle ne veut ni étudier ni travailler, elle réussit à trouver une chambre dans une résidence universitaire. Entourée d'étudiants de différentes nationalités, tous plus jeunes qu'elle, elle essaie de trouver sa place, ce qui se complique lorsqu'elle apprend qu'elle est enceinte. Dans ce roman qu'on pourrait qualifier de « non-apprentissage », l'héroïne est une femme qui agit à peine mais à qui il arrive tout un tas de choses extraordinaires.
    Au lieu d'avancer elle hésite, mais cette vacillation devient suspense, débordant d'intensité.
    Les personnes qui l'entourent - un compatriote provincial, un photographe turco-allemand, une Japonaise angoissée et sa mère, extravagante et intrusive - la conduisent vers des situations improbables qui ne peuvent arriver que quand on est à l'étranger.

    Ce livre est aussi une réflexion sur les multiples possibilités et façons de vivre l'immigration, sur la difficulté de vouloir être uniquement dans le présent et sur cette intimité parfois tendre, parfois gênante entre étrangers qui partagent la vie loin de chez eux. Carla Maliandi s'adresse à l'âme de tous ceux qui ont voulu un jour partir loin, qui ont déjà songé à un nouveau départ.

    Carla Maliandi, née au Venezuela en 1976, est une dramaturge, metteuse en scène et professeur universitaire argentine. Une chambre en Allemagne, son premier roman, a été salué par de nombreux critiques comme l'un des meilleurs livres publiés en Argentine en 2017 et a déjà été traduit en anglais et en allemand. Elle vit à Buenos Aires.

  • Fissuré Nouv.

    Fissuré

    Odéric Delachenal

    Odéric Delachenal a vécu en Haïti de 2008 à 2010. Il travaille pour la délégation catholique pour la coopération. Le 12 janvier 2010, à 16:53:10, il vit le grand séisme de Port-au-Prince. Cet après-midi-là, la capitale s'effondre avec lui. Alors, sans relâche, le jeune éducateur erre dans des décombres de fin du monde. Protéger, rassembler les enfants épars pour les mettre à l'abri. Courir la ville écrasée, en quête des siens. Soigner, secourir, fouiller les gravats, tirer des bâches sur les parkings-dortoirs. Il arpente la ville exsangue, à la recherche de ses amis, des enfants qu'il est « censé » protéger. Comment se détacher du pire quand, atteint au coeur, on est désemparé ? Comment continuer lorsqu'on rentre en France, « ce pays en paix », et qu'on s'immerge dans l'absurdité d'un travail social où on doit « trier » les enfants migrants auprès de la Protection de l'enfance ?
    L'auteur examine ici, avec une sincérité déchirante, les contradictions et les cicatrices de ceux qui rêvent d'aider, de changer le monde, et qui se rendent compte qu'ils sont à peine des minuscules pansements, hantés par la brutalité de leur insignifiance, de ce qu'ils ont vu et de ce qu'ils côtoient au quotidien. Comment refuser à ceux qui se noient quand ce sont les villes entières qui s'abîment... ? Dix ans après son expérience à Haïti, l'auteur lit Dany Laferrière et comprend qu'il y a des gens comme des maisons « qui sont profondément fissurés à l'intérieur et qui ne le savent pas encore... [ceux-ci] sont les plus inquiétants, le corps va continuer un moment, avant de tomber en morceaux un beau jour. Brutalement. Sans un cri ».
    Odéric Delachanel décide donc de témoigner, de mettre son cataclysme en mots avec une force narrative magistrale, de montrer l'envers du décor du costume du bon Samaritain, au nom des vivants comme des morts, au nom de ses amis haïtiens qui versaient tous les matins une goutte de café à terre pour tous ceux qui étaient partis.

  • Remords Nouv.

    Remords

    Luiz Ruffato

    Un voyage au centre d'un Brésil scindé dans lequel tout dialogue semble être devenu impossible.
    Après plus de vingt ans d'absence, un homme abandonné par sa femme et son fils décide de revenir dans sa ville natale, au centre du Minas Gerais. Tous les liens des familles émigrées italiennes qui s'y étaient installées et en formaient le tissu social ont été détruits par les problèmes économiques qui les ont dispersés à travers le pays. On le suit pendant six jours, il va retrouver ses frères et soeurs, rencontrer d'anciens condisciples et de vieilles connaissances locales. L'ombre du suicide de sa jeune soeur et l'impossibilité de toute communication avec ceux qu'il retrouve accompagnent ses tentatives de renouer avec le passé.
    Le roman se livre à une réflexion sur une société où les différentes classes sociales ne peuvent plus dialoguer et dans laquelle, selon l'un des personnages, elles sont devenues « des planètes errantes » prêtes à entrer en collision et à se détruire.

  • Plier bagage Nouv.

    En 1994, avant de quitter la maison, sa mère lui a offert un livre sur les origamis, elle les a embrassés, lui et sa grande soeur, et a laissé une lettre. Le père dit qu'elle est partie rejoindre le sous-commandant Marcos et soutenir le soulèvement zapatiste. Ce départ inattendu change l'équilibre familial, et le narrateur, du haut de ses dix ans, doit apprendre à vivre avec une soeur adolescente qui l'ignore et un père qui, jusqu'alors, n'était pour lui « qu'un élément parmi d'autres de l'infrastructure domestique, une sorte d'hybride d'animal de compagnie et d'appareil ménager ». Mais l'abandon est pesant quand on n'est plus obligé d'aller à l'école et qu'on passe ses journées seul à faire des origamis, sans aucun talent apparent pour le noble art japonais, d'ailleurs. Fort de ses lectures de la série Choisis ta propre aventure, lassé par la « méchanceté en pantoufles » de son père et aidé par le petit ami de sa soeur, il décide de partir en bus à la recherche de sa mère à l'autre bout du Mexique.
    Un roman faussement candide qui vous déchire le coeur, un voyage qui nous montre la cruauté du monde, mais aussi la tendresse désintéressée des inconnus. Un personnage principal qu'on n'oublie plus et une oeuvre limpide sur la fin de l'enfance.

  • L'Ange déchu Nouv.

    L'Ange déchu

    Chris Brookmyre

    Toute la famille Temple se retrouve dans la maison de vacances au Portugal après la mort du père, un professeur de psychologie reconnu pour sa méthode de discréditation des théories complotistes. Pour Amanda, la nouvelle nounou des voisins, ils semblent tout avoir : la mère a été une actrice célèbre, les trois enfants sont des adultes comblés. Mais la perfection n'existe pas, et moins encore en famille. Leur passé commun les met en face des comptes à régler. Seize ans auparavant, la petite Niamh Temple est morte dans cette maison. Amanda commence à penser que l'un des membres de la famille cache quelque chose d'inavouable... et avoir des soupçons peut s'avérer dangereux.
    Une intrigue psychologique tendue et palpitante, où même les twists ont des twists. Avec un talent hors pair, l'auteur nous mène de chausse-trapes en impasses jusqu'au bout. Un roman qui montre la séduction des théories du complot et à quel point les pires mensonges sont ceux que l'on se raconte à soi-même.
    Un thriller familial étouffant, surprenant et subtil qui vous fera réfléchir à deux fois avant de partir en vacances avec une famille élargie.

  • Les chiens de Pasvik Nouv.

    Ruossabáhkat, « chaleur russe », c'est comme ça qu'on appelait ce vent-là. Ruossabáhkat, c'est un peu l'histoire de la vie de Piera, éleveur de rennes sami dans la vallée de Pasvik, sur les rives de l'océan Arctique. Mystérieuse langue de terre qui s'écoule le long de la rivière frontière, entre Norvège et Russie. Deux mondes s'y sont affrontés dans la guerre, maintenant ils s'observent, s'épient. La frontière ? Une invention d'humains. Des rennes norvégiens passent côté russe. C'est l'incident diplomatique. Police des rennes, gardes-frontières du FSB, le grand jeu. Qui dérape. Alors surgissent les chiens de Pasvik.
    Mafieux russes, petits trafiquants, douaniers suspects, éleveurs sami nostalgiques, politiciens sans scrupules, adolescentes insupportables et chiens perdus se croisent dans cette quatrième enquête de la police des rennes. Elle marque les retrouvailles - mouvementées - de Klemet et Nina aux confins de la Laponie, là où l'odeur des pâturages perdus donne le vertige.
    Olivier Truc nous raconte le pays sami avec un talent irrésistible. Il sait nous séduire avec ses personnages complexes et sympathiques. Et, comme dans Le Dernier Lapon et La Montagne rouge, il nous emmène à travers des paysages somptueusement glacés.

  • Défriche coupe brûle Nouv.

    Trois générations de femmes, une guérilla populaire, des forêts reculées.
    Elle a survécu à la guerre, abandonné les armes, mais conservé le vertige, maintenant que sa lutte est de protéger ses filles dans une après-guerre où la paix, la justice et la dignité sont plus que relatives. Pas de noms propres, on est la mère ou la fille, de la première à la cinquième, ou la mère de la mère, ou la tante, ou celle qui...
    À travers ces femmes sans nom, avec une écriture brute, précise et élégante, c'est le point de vue de celles qu'on entend rarement, femmes du peuple qui se sont retrouvées propulsées dans l'Histoire et doivent ensuite retrouver la vie « normale » : le patriarcat, le harcèlement, le ménage. Des destins précis, une portée universelle. Si le monde était bien fait, c'est à ce premier roman puissant que ressemblerait le meilleur de la littérature féminine : l'histoire des femmes, depuis toujours gardiennes et garantes de la famille, de la transmission, depuis toujours flouées et reléguées dans l'obscurité de leurs cuisines, même quand elles ont pris part aux durs combats des hommes. Défricher, couper, brûler : une manière de survivre quand tout est à reconstruire.

  • Une affaire italienne Nouv.

    Une affaire italienne

    Carlo Lucarelli

    Pendant le fascisme, le commissaire De Luca était le meilleur flic d'Italie. Avec la guerre froide et l'arrivée de la frivolité médiatique, les homicides deviennent de plus en plus étranges et on lui demande de devenir un nouveau type de policier. Dans une Bologne sous la neige, quelques jours avant Noël 1953, la très belle épouse d'un professeur universitaire est retrouvée noyée dans une baignoire. Pour découvrir ce qui s'est passé, la police a besoin d'un vrai limier et fait appel au commissaire De Luca, policier de renom pendant la période fasciste et qui avait été mis sur la touche depuis cinq ans. Mais malgré les pistes, les traces et les indices qui s'offrent à De Luca, rien n'est ce qu'il paraît. Épaulé par un jeune policier censé l'aider (ou l'espionner), séduit par une très jeune chanteuse de jazz avec un passé de partisane, le commissaire se retrouve au milieu d'une affaire ambiguë et dangereuse qui l'obligera à s'immiscer dans les coulisses des guerres politiques et du milieu musical et mondain de la ville.
    Avec son talent pour construire des intrigues convaincantes et ses solides connaissances historiques, Carlo Lucarelli écrit un récit au charme puissant dans l'Italie de l'après-guerre, entre frivolités du festival de San Remo et violences sourdes de la guerre froide. Le retour d'un personnage littéraire qui a fait le succès de Lucarelli, best-seller en Italie.

  • Des chrysanthèmes jaunes Nouv.

    Des chrysanthèmes jaunes

    Rafael Reig

    Gouvernée par la main ferme des bonnes soeurs, l'enfance de Pedrito n'a pas été facile et l'adulte qu'il est devenu n'arrive pas à s'en défaire. Pourtant, c'est à ce moment-là qu'il rencontre ses meilleurs amis, Escurín, avec ses yeux de garçon de café portugais, et Pardeza, démocrate en devenir qui penche autant à gauche qu'à droite, ainsi que Mercedes, l'amour de sa vie, hautaine, légèrement exhibitionniste et à peine au courant de l'existence de Pedrito.
    Tandis que l'Espagne de l'après-Franco découvre une vague érotique, la vie de Pedro est bouleversée lorsque ses grands-parents apparaissent pour lui offrir un « Grand Avenir » au beau milieu de la petite-bourgeoisie madrilène, là où pullulent les « gens charmants ». Loin de ses amis, « les invisibles », mais toujours accompagné de la Vierge Marie - qui lui apparaît régulièrement pour le conseiller, quoique parfois un peu dévêtue et toujours pressée - et d'un nouveau copain, le grand Carlón - un jeune Sherlock Holmes en surpoids -, Pedrito décide de devenir affreusement riche, malgré les risques que cela comporte.
    Avec un humour féroce et un sens de la repartie inégalable, Rafael Reig dresse ici le portrait d'une génération désenchantée qui pense qu'elle en a peut-être fini avec le passé, mais le passé n'en a pas fini avec elle. Les années 70 et l'après-Franco vus par des orphelins - canailles, ironiques, roublards - élevés dans un foyer tenu par des bonnes soeurs strictes et cachottières. Un roman féroce sur l'amitié et le temps qui passe.

  • Troisième roman de la série Konrad, plus simenonien et mélancolique que jamais.


    Une femme est assassinée chez elle.

    Sur son bureau, on retrouve le numéro de téléphone de Konrad, ancien policer. L'enquête révèle rapidement qu'elle l'avait contacté récemment pour lui demander de retrouver l'enfant qu'elle avait mis au monde cinquante ans plus tôt, et qu'elle avait abandonné juste après sa naissance.
    Maintenant désolé de lui avoir refusé son aide, Konrad s'emploie à réparer son erreur. Il retrouve les membres d'un mouvement religieux contre l'avortement et reconstruit l'histoire d'une jeune fille violée dans le bar où elle travaillait.
    Il retrouve aussi un clochard équivoque, des trafiquants de drogue et même des fragments de l'histoire de la mort violente de son père.
    Au fil de l'enquête, il mesure l'ampleur de la tragédie dans laquelle son intuition et son entêtement l'ont plongé. Konrad se révèle un enquêteur sensible à la souffrance des autres, d'une humanité touchante.

    Dans une construction particulièrement habile et haletante, La Pierre du remords est un roman captivant et impitoyable sur la honte, le désespoir et l'intensité des remords qui reviennent nous hanter.

    « Un véritable conteur. » - The Guardian
    « L'étoile polar de la littérature islandaise. » - La Croix

  • Analphabète

    Mick Kitson

    Sur son lit de mort son père lui a fait promettre de ne jamais essayer de retrouver sa mère qui les a abandonnés quand il était bébé. Mais comment trouver Mary Peace, cette femme élevée dans une communauté créée par son père, gourou et cultivateur de fraises. Il lui a lu dès l'enfance la Bible, le Coran, le Livre des Morts tibétain, Mein Kampf, Le Manifeste communiste... mais ne lui pas appris à lire et à écrire. Elle n'est jamais allée à l'école. Elle se débrouille avec les nombres, elle sait faire sa signature. En fait, elle sait faire tout un tas de signatures en fonction de ce qu'elle signe. Il lui a aussi appris à ne rien vouloir de matériel, mais, sur ce coup-là, il n'a pas réussi. Elle adore le luxe. Elle arnaque, vole et fuit. Les hommes riches et naïfs sont sa proie de prédilection. Mary a du métier et sait effacer ses traces.
    Mais cette fois c'est Jimmy Shaski, un jeune homme débrouillard, son fils, qui est à ses trousses. Ainsi que Julie Jones, la flic tenace. Un roman drôle, puissant et lumineux.
    Dans un style simple et fluide, l'auteur touche à des sujets complexes comme l'abandon, la misère et la déception, avec un humour et une légèreté qui captivent et émeuvent.

  • Dans une banlieue de Luanda près d'une petite plage, GrandMèreDixNeuf (on l'a amputée d'un orteil) s'occupe de toute une bande de gamins, curieux et débrouillards, amateurs de baignades et de fruits chapardés. Des coopérants soviétiques construisent un Mausolée gigantesque pour la momie de Agostinho Neto, le père de la Révolution. La guerre civile est terminée, ils vont moderniser le quartier si bien situé au bord de la mer. L'un des officiers est ami de la GrandMère, sa maison a toujours de l'électricité grâce à la dérivation qu'il lui a installée. Il souffre de cette chaleur, de ce soleil impitoyable, il rêve des hivers russes.
    Les enfants ne veulent pas qu'on touche à leur quartier, ils prennent les choses en main pour pouvoir continuer à plonger dans la mer pour pousser des "cris bleu".
    Un roman au charme plein d'humour, une Guerre des boutons tropicale, et une traversée de l'histoire de l'Angola, quelques fantômes discrets. Le tout servi par une écriture élégante, poétique et ironique. Un régal de lecture.

  • Les vilaines

    Camila Sosa Villada

    La Tante Encarna porte tout son poids sur ses talons aiguilles au cours des nuits de la zone rouge du parc Sarmiento, à Córdoba, en Argentine. La Tante - gourou, mère protectrice avec des seins gonflés d'huile de moteur d'avion - partage sa vie avec d'autres membres de la communauté trans, sa sororité d'orphelines, résistant aux bottes des flics et des clients, entre échanges sur les derniers feuilletons télé brésiliens, les rêves inavouables, amour, humour et aussi des souvenirs qui rentrent tous dans un petit sac à main en plastique bon marché.

    Une nuit, entre branches sèches et roseaux épineux, elles trouvent un bébé abandonné qu'elles adoptent clandestinement. Elles l'appelleront Éclat des Yeux.

    Premier roman fulgurant, sans misérabilisme, sans auto-compassion, Les Vilaines raconte la fureur et la fête d'être trans. Avec un langage qui est mémoire, invention, tendresse et sang, ce livre est un conte de fées et de terreur, un portrait de groupe, une relecture de la littérature fantastique, un manifeste explosif qui nous fait ressentir la douleur et la force de survie d'un groupe de femmes qui auraient voulu devenir reines mais ont souvent fini dans un fossé. Un texte qu'on souhaite faire lire au monde entier qui nous rappelle que « ce que la nature ne te donne pas, l'enfer te le prête ».

  • La vengeance des victimes. Elle est condamnée, il l'aime, elle l'entraîne dans sa vengeance mortelle.

    À la sortie d'un bal, un couple pressé se réfugie dans le vieux cimetière, mais au cours de leurs ébats la jeune femme voit un cadavre sur une tombe et aperçoit une silhouette qui s'éloigne. Elle appelle la police tandis que son compagnon, lui, file en vitesse.
    Le commissaire Erlendur et son adjoint Sigurdur Oli arrivent sur les lieux pour découvrir la très jeune morte abandonnée sur la tombe fleurie d'un grand homme politique originaire des fjords de l'Ouest.
    La victime a 16 ans, personne ne la connaît, elle se droguait. Erlendur questionne sa fille Eva Lind, qui connaît bien les milieux de la drogue pour en dépendre. Elle lui fournit des informations précieuses et gênantes à entendre pour un père. Il s'intéresse aussi à la tombe du héros national et va dans les fjords de l'Ouest où il découvre une amitié enfantine et une situation sociale alarmante. La vente des droits de pêche a créé un grand chômage et une émigration intérieure massive vers Reykjavík, dont les alentours se couvrent d'immeubles modernes pour loger les nouveaux arrivants. Sigurdur Oli, lui, s'intéresse plutôt à la jeune femme qui les a appelés.
    Le parrain de la drogue, vieux rocker américanisé et proxénète, est enlevé au moment où la police révèle ses relations avec un promoteur immobilier amateur de très jeunes femmes. Pendant ce temps, contre toute déontologie, Sigurdur Oli tombe amoureux de son témoin.
    Avec son duo d'enquêteur emblématique et classique, Erlendur, le râleur amoureux de l'Islande, et Sigurdur Oli, le jeune policier formé aux États-Unis, Indridason construit ses personnages et nous révèle leur passé, tout en développant une enquête impeccable dans laquelle on perçoit déjà ce qui fait l'originalité de ses romans : une grande tendresse pour ses personnages et une économie de l'intrigue exceptionnelle.

  • Le grand ciel, que je voyais - en éventail gris de Goya - s'éployer hier au soir au-dessus de la plaine du Poitou, il est fait aujourd'hui de festons et de bourrelets. Deux hommes, armés de fusils, écoutent leurs chiens de chasse brailler loin - et par intermittence - dans l'épais des bois. Comme je prends par le travers, le lièvre qu'ils poursuivent coupe le layon et, dans le houx, j'aperçois le retroussis blanc de sa queue, alors que les roitelets tout autour égrènent de frêles épis dans l'ultime clarté.

  • "L'intelligence en action" : ces termes, par lesquels Jean Daniel désignait les précurseurs du Nouvel Observateur, fournissent la définition autochtone de ce journal. Or, qu'est-ce qu'un journal, qui s'institue tout à la fois juge, arbitre, membre et "complice" de la grande "famille de l'intelligence" ? Et quelle est cette "famille" aussi exceptionnelle, composée d'individualités réputées "inclassables", capables de "déranger" tous les "conformismes" ? Quelles définitions de la culture, de la science, de la Gauche, de l'intellectuel, du prolétaire, sont-elles favorisées en son sein ? Pour répondre à ces questions, le sociologue devra être parvenu à soustraire son propre discours aux effets sociaux de la domination par "l'intelligence".

  • "L'intelligence en action" : ces termes, par lesquels Jean Daniel désignait les précurseurs du Nouvel Observateur, fournissent la définition autochtone de ce journal. Or, qu'est-ce qu'un journal, qui s'institue tout à la fois juge, arbitre, membre et "complice" de la grande "famille de l'intelligence" ? Et quelle est cette "famille" aussi exceptionnelle, composée d'individualités réputées "inclassables", capables de "déranger" tous les "conformismes" ? Quelles définitions de la culture, de la science, de la Gauche, de l'intellectuel, du prolétaire, sont-elles favorisées en son sein ? Pour répondre à ces questions, le sociologue devra être parvenu à soustraire son propre discours aux effets sociaux de la domination par "l'intelligence".

  • Le grand ciel, que je voyais - en éventail gris de Goya - s'éployer hier au soir au-dessus de la plaine du Poitou, il est fait aujourd'hui de festons et de bourrelets. Deux hommes, armés de fusils, écoutent leurs chiens de chasse brailler loin - et par intermittence - dans l'épais des bois. Comme je prends par le travers, le lièvre qu'ils poursuivent coupe le layon et, dans le houx, j'aperçois le retroussis blanc de sa queue, alors que les roitelets tout autour égrènent de frêles épis dans l'ultime clarté.

  • Une enquête dans les archives enfin ouvertes de l'Union soviétique à la recherche de la mère de l'auteur.
    La découverte de l'un des évènements les moins connus de la Seconde Guerre mondiale : le destin de plus de 20 millions de personnes - non juives - exploitées comme esclaves pour l'industrie et l'agriculture allemande.
    À l'ouverture des archives en Russie, Natascha Wodin, troublée par ses souvenirs de sa mère qui s'est suicidée à 40 ans, dans son enfance, commence des recherches pour reconstituer son histoire. Sa mère a été déportée au cours de la Seconde Guerre mondiale d'Ukraine en Allemagne dans un camp de travail pour maintenir à flot l'industrie et l'agriculture allemandes et autrichiennes ; elle-même est née dans un camp de personnes déplacées après la guerre, en Allemagne, pays où ses parents sont contraints de rester car ils seraient traités comme des collaborateurs au retour en Ukraine...
    Le récit suit le rythme des recherches de l'auteur et leurs difficultés. Il y a les fausses pistes, la lenteur administrative des services concernés en Ukraine et en Russie, les témoins disparus ou survivants (mais qui refusent de parler), ou ceux qui ne savent pas, mais sont prêts à inventer.
    Elle croise les informations, vérifie, se déplace et finit par reconstituer non seulement l'histoire de sa mère, mais celle de toute une famille dont les membres l'emmènent de Riga en Italie et en Grèce. Son récit qui couvre un siècle raconte l'histoire d'une famille depuis l'époque tsariste jusqu'aux années 2000.
    Une traversée passionnante de l'Union soviétique à travers les biographies de quatre soeurs nées à Marioupol, un grand port de commerce dans le Donetz, où à travers sa prudence de chercheuse, l'auteur nous fait comprendre les tours que nous joue notre mémoire.
    « Natascha Wodin a écrit un livre qui est à la fois exceptionnel et classique. » - Süddeutsche Zeitung
    « Un document d'une valeur inestimable car il arrache à l'anonymat au moins l'une des nombreuses vies inimaginables jetées à la déchetterie de l'Histoire... Un livre qui ne peut pas nous laisser indifférents. » - El País

  • Un roman noir tragicomique virtuose, sarcastique et tendre.
    Beaucoup de chance dans la malchance, une voix intérieure sardonique, un amour éperdu pour Janis Joplin, David n'est pas armé pour faire face aux barons de la drogue du Sinaloa.
    Dans le Sinaloa, le Triangle d'or de la marijuana, David a 20 ans, un peu attardé et naïf, il est capable de tuer un cerf à la course d'un lancer de pierre. À la fête du village, il danse avec une fille interdite parce que réservée au fils d'un trafiquant. Celui-ci sort son revolver mais David riposte avec un caillou qui tue l'agresseur. Son père l'évacue chez ses cousins et passe un accord avec le trafiquant.
    Son oncle fait jouer David dans son équipe de baseball, il se révèle pitcher hors pair et est remarqué par une équipe nord-américaine qui lui signe un contrat. À son arrivée à Los Angeles, il fait un match remarquable et sort marcher dans les rues, une fille l'emmène dans sa chambre, le déniaise et le met à la porte en lui disant qu'elle s'appelle Janis Joplin. Éperdument amoureux, il revient à son hôtel, boit avec ses coéquipiers, se fait virer de l'équipe pour avoir bu et renvoyer au Mexique.
    Depuis cette soirée mémorable, dans sa tête, une voix lui dit être « sa partie réincarnable » et lui donne les pires conseils. Sa vie devient une course d'obstacles, une fuite continuelle ponctuée de coups de chance. Il va de catastrophe en catastrophe, de situation dangereuse en péril de mort. Mais il n'a qu'un seul objectif : retrouver son amour, Janis.
    Des personnages incroyables aux prises avec une situation incontrôlable, le portrait d'un narcotrafic encore semi-artisanal.
    Un humour ironique très efficace.
    « Un roman prodigieux et faulknérien, où, avec un oeil clinique, l'auteur est capable de raconter avec tendresse même les scènes les plus bizarres. » - El Universal
    « Les romans de Mendoza fonctionnent comme des radiographies d'un territoire turbulent et complexe qui fait aujourd'hui la une des journaux. Un pari : quand le tremblement de terre cessera, ses romans continueront à être lus : la littérature l'emportera. » - La Tercera

  • Pour fuir le poids de sa famille, Emilio Ortiz arrive du Chili à Paris pour étudier la linguistique.
    Il est gardien de nuit dans un petit hôtel du quartier Montparnasse et il y fait la connaissance de personnages hauts en couleur, journalistes célèbres, petits truands ou femmes fatales.
    Il passe ses journées à essayer de comprendre qui est la fille avec qui il vit près d'un cimetière de banlieue et qui explose sa vision de la sexualité. Il est arraché brutalement à "ses jours tranquilles" par la découverte des amitiés d'affaires de son père avec la hiérarchie de la dictature.
    Il retourne au Chili pour comprendre ce personnage qu'il méprise et le fascine, et son prétendu suicide...
    Mauricio Electorat est né à Santiago du Chili en 1960. Après deux années d'études de journalisme et de littérature à Santiago, il s'installe à Barcelone en 1981, où il obtient une maîtrise en philologie hispanique. Petit fils de Français émigrés à Valparaíso au début du xxe siècle, il choisit Paris comme lieu de résidence dès 1987. Il est actuellement professeur universitaire au Chili, journaliste et traducteur. Sartre et la Citroneta, son deuxième roman, a obtenu en Espagne le prestigieux Prix Biblioteca Breve.

    Ce même livre a été sélectionné par Michel Polac (Charlie Hebdo) comme l'un des soixante meilleurs romans de la première décennie du XXIe siècle.

  • Antonio José Bolivar Proaño est le seul à pouvoir chasser le félin tueur d´hommes. Il connaît la forêt amazonienne, il respecte les animaux qui la peuplent, il a vécu avec les Indiens Shuars et il accepte le duel avec le fauve. Mais Antonio José Bolivar a découvert sur le tard l´antidote au redoutable venin de la vieillesse : il sait lire, et il a une passion pour les romans qui parlent d´amour, le vrai, celui qui fait souffrir. Partagé entre la chasse et sa passion pour les romans, le vieux nous entraîne dans ce livre plein de charme dont le souvenir ne nous quitte plus.

  • Sarah Thornhill est la fille cadette de William Thornhill, ancien bagnard devenu propriétaire terrien le long du fleuve Hawkesbury, des terres hantées par le souvenir de leurs anciens occupants aborigènes méprisés et massacrés. William s'est remarié avec

  • Alors qu'il approche de son 60e anniversaire, Mario Conde broie du noir. Mais le coup de fil d'un ancien camarade de lycée réveille ses vieux instincts.
    Au nom de l'amitié (mais aussi contre une somme plus qu'honorable), Bobby le charge de retrouver une mystérieuse statue de la Vierge noire que lui a volée un ex-amant un peu voyou.
    Conde s'intéresse alors au milieu des marchands d'art de La Havane, découvre les mensonges et hypocrisies de tous les "gagnants" de l'ouverture cubaine, ainsi que la terrible misère de certains bidonvilles en banlieue, où survit péniblement toute une population de migrants venus de Santiago.
    Les cadavres s'accumulent et la Vierge noire s'avère plus puissante que prévu, elle a traversé les siècles et l'Histoire, protégé croisés et corsaires dans les couloirs du temps.
    Conde, aidé par ses amis, qui lui préparent un festin d'anniversaire somptueux, se retrouve embarqué lui aussi dans un tourbillon historique qui semble répondre à l'autre définition de la révolution : celle qui ramène toujours au même point.

    Un voyage éblouissant dans le temps et dans l'histoire porté par un grand roman plein d'humour noir et de mélancolie.

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