Maison des Sciences de l´Homme d´Aquitaine

  • L'habitat des elites urbaines en europe a l'epoque moderne Nouv.

    L'intention du petit groupe que nous avions réuni à Bordeaux en janvier 2017 dans le cadre du CEMMC (Centre d'études des mondes moderne et contemporain), composé d'historiens et d'historiens de l'art venant d'universités européennes très variées, était de réfléchir à une synthèse sur les hôtels particuliers et les demeures des élites urbaines à partir d'une succession de livres élaborés en commun. Trois thèmes se sont dégagés au cours de nos échanges qui fourniront l'armature de ce premier ouvrage qui a été élaboré à Poznan en Pologne : l'hôtel et son insertion dans l'espace urbain, les usages de l'hôtel particulier et enfin une série de monographies nationales ou urbaines permettant de saisir toute la diversité de la notion. Au Siècle des Lumières, la demeure n'était certes plus l'apanage de la noblesse mais bien de ceux qui avaient les moyens financiers de la faire construire, que cela soit des nobles d'épée ou de robe, des financiers, des grands bourgeois, bientôt des industriels... Sorte de châteaux urbains ou de palais à l'italienne selon les référents, ces hôtels étaient un signe de magnificence, d'ostentation, de prestige et un enjeu entre les élites anciennes et les nouveaux riches issus de la bourgeoisie. Le fait d'aller de l'Espagne à la Lituanie et des Provinces-Unies à l'Italie a permis aux auteurs de faire apparaître des similitudes stylistiques à une époque où tout circulait à commencer par les architectes et les maçons mais aussi de dresser une typologie régionale.

  • L'omnisports n'est ni une alternative au sport de haut niveau, ni une marge du sport et encore moins un modèle d'organisation dépassé. Tout au contraire, le principe de l'omnisports est une composante essentielle du sport et une solution d'avenir. Le maillage des clubs omnisports se trouve d'une part en relation verticale avec les instances nationales (les ministères dont celui de la Jeunesse & Sports, les fédérations unisports), soutenus en cela par leurs propres fédérations multisports, et, d'autre part, en prise directe sur les territoires de proximité en développant de nombreuses initiatives innovantes avec le soutien des collectivités locales. Cependant, les transformations observables dans ce domaine suscitent des inquiétudes, tant certaines ruptures l'emportent sur le dialogue et la concertation. Les clubs universitaires s'interrogent sur le niveau de reconnaissance que leur témoignent les Universités. Selon la FFCO, les clubs omnisports sont une pièce majeure dans l'organisation du sport en France, par delà la spécificité des racines historiques, des itinéraires singuliers et des logiques affinitaires. Au terme des échanges engagés avec la FSGT, la FSCF, l'UFOLEP et l'UNSLL, de fortes convergences se vérifient : sur les projets, les conceptions éducatives, les actions conduites, la diversité des publics, les valeurs à porter. Ce 30ème volume des Cahiers de l'Université Sportive d'Été en prend acte. Sans l'omnisports, modèle plus que centenaire et jalonné jusqu'à aujourd'hui d'innovations et de métamorphoses heureuses, qui pourra soutenir que le sport en France a un avenir pleinement assuré ?

  • Les travaux présentés ici s'inscrivent dans le cadre d'un atelier intensif, lieu de conception et de fabrication du projet architectural et urbain in situ et de ses développements dans le cursus semestriel de l'enseignement de l'architecture en dernière année d'études de Master ; l'autre est celui de l'échange par la coopération avec un établissement universitaire chinois, l'Institut de construction urbaine de la Faculté d'urbanisme de l'Université de Wuhan (WUDA), en 2005 et 2006. Le thème de la coopération, sur proposition du Département de l'urbanisme de la Province du Hubei auprès de l'Université de Wuhan, porte sur la mise en place d'un programme de mise en valeur du patrimoine et du développement urbain, intégrant leur dimension touristique, des centres anciens de villes moyennes de la province, implantées ici sur les rives du Yangtze (Jingzhou) et de son affluent, la rivière Han (Xiangfan), ayant conservé leurs fortifications urbaines. Cela constituait une opportunité de faire découvrir à des étudiants de nouveaux champs possibles de connaissance et de créativité, tout en précisant l'enjeu particulier que représente la conservation, la mise en valeur de ce patrimoine devenu rare et l'inéluctable transformation des centres anciens aujourd'hui au regard du développement urbain contemporain en Chine. La première partie part d'un bref aperçu sur la notion et les enjeux du patrimoine en Chine et plus précisément de celui des fortifications urbaines. Il s'agit ensuite de mettre en perspective la question des rapports entre patrimoine et projet en insistant sur l'importance d'une approche culturelle du projet, de l'importance d'une analyse fine et d'un diagnostic considérant l'architecture héritée comme enjeu culturel et marchand, soumis de ce fait à des affrontements sans cesse renouvelés. Cette approche s'inscrit aussi dans l'évolution des mouvances et des approches en architecture depuis les années 1950. Finalement, les remparts et les ensembles qui les accompagnent, les paysages et la présence de l'eau, constituaient non plus des objets mais véritablement un système porteur des projets. Dans la deuxième partie partant d'une brève présentation du contexte régional, celui de la province du Hubei et du fleuve, matrice de nombre d'implantations de villes depuis l'Antiquité, Il s'agit de resituer les caractères spécifiques de chacun des deux centres anciens choisis et de leurs fortifications, du point de vue de l'histoire et des enjeux actuels de l'évolution. Une stratégie de projets est présentée dans une vision disciplinaire large du projet architectural et urbain au coeur des questionnements du renouvellement urbain et de ses développements pour ces villes moyennes : y sont questionnés les enjeux des échelles de projet dans une stratégie globale et une dynamique d'interventions sectorisées. Les troisième et quatrième parties présentent les projets sur chacune des deux villes, à l'aide de planches graphiques et de textes issus des travaux des étudiants. Troisième partie : le projet intitulé « Autour des remparts de Jingzhou » considère une double échelle, celle de la ville « historique » et celle d'opérations ponctuelles ; se saisissant des remparts comme fil conducteur, il s'agit d'un plan d'ensemble global urbanistique et de quatre projets ponctuels dans la ville ancienne, illustratifs de la démarche globale, et portant sur des territoires échantillons à développer à différentes échelles en trouvant sens et cohérence à l'ensemble des actions. Quatrième partie : le projet intitulé « Sur les deux rives de Xiangfan » s'organise à partir de la réflexion sur la condition du fleuve Han et de ses liens à la ville située sur ses deux rives. Comme à Jingzhou s'est mise en place une stratégie globale du projet à l'échelle urbaine et à celle de quatre secteurs, territoires échantillons, de part et d'autre du fleuve. Considérant que chaque projet de secteur pouvait illustrer une démarche et une méthode incluant des spécificité...

  • Très souvent méconnue ou mésestimée dans ses effets les plus graves, la transphobie regroupe de nombreuses discriminations dont sont victimes les transidentités, qu'elles se définissent comme transgenres, transsexuelles ou en tant qu'identités alternatives. Les données recueillies lors d'un travail d'enquêtes et d'entretiens laissent entrevoir que l'acte transphobe peut aussi bien être le fait de la personne lambda que des institutions censées protéger les personnes. Quels sont les mécanismes à l'oeuvre ? Quelle est la part du social, du politique voire du culturel dans ce qui concoure à la disqualification de l'autre et de la différence ? Cet ouvrage propose un état des lieux de la question en France et des pistes de réflexion à la lumière des Sciences Humaines et Sociales, tout en relayant et en analysant les témoignages sans ambiguïtés du quotidien des personnes concernées. Une sociologie de la transphobie est un travail de recherche qui pose des questions et propose des pistes de réflexions comme autant de réponses possibles aux processus de discriminations.

  • Alors que le château de La Brède est connu dans le monde entier, les héritiers du philosophe ne surent jamais trop quoi en faire. La rentabilité de la propriété était insuffisante pour permettre de tenir un rang de plus en plus difficile à assumer. De la fin du xviiie siècle à la veille de la Première Guerre mondiale, l'emprise des femmes est spectaculaire. Ce sont les épouses, les mères ou les filles qui souvent par correspondance négociaient les mariages, imaginaient les successions et au besoin géraient les domaines. Au-delà d'une unité familiale incertaine, les Montesquieu, qui évitaient de trop facilement diffuser les oeuvres inédites de leur ancêtre, avaient investi une partie de leur fortune dans des affaires trop risquées et après l'indépendance d'Haïti exigeaient le remboursement des plantations de leurs parents. Les Montesquieu héros de l'indépendance américaine n'aimaient pas les Américains et la République française mais n'hésitèrent pas à combattre et à mourir pour la Patrie en 1870 et en 1914. L'histoire des Montesquieu c'est sans doute celle de toute une partie de la noblesse française.

  • L'activité numérique des cadres sur leurs différents terminaux électroniques mobiles s'intensifie au rythme des nouvelles injonctions à communiquer des organisations contemporaines. Connectés, hyper connectés, débordés, comment les cadres vivent-ils leurs pratiques des outils de communication mobiles? Comment font-ils face à ce qui est parfois évoqué comme une « laisse électronique » ? À travers plusieurs enquêtes qualitatives et quantitatives, auprès de cadres, de directeurs des Ressources Humaines et de responsables syndicaux, cet ouvrage dresse un panorama nuancé des pratiques et des usages numériques dans les entreprises contemporaines. À la veille de l'édification du Droit à la Déconnexion (issue de l'article 55 de la Loi n°2016-1088 du 8 août 2016), ce livre apporte un double éclairage : d'une part, il rend compte du sens des pratiques numériques mises en oeuvre par les individus et collectifs de travail pour mener à bien leur activités quotidiennes, et, d'autre part il pointe les écueils d'une forte prescription des usages technologiques, en termes d'appropriation, de liberté et d'autonomie dans le travail.

  • Cet ouvrage présente les résultats d'une recherche menée sur la motivation des adultes francophones pour apprendre le basque, une langue conservant un statut minoritaire et non-officiel en France. L'objectif principal de ce travail est de décrire plus amplement le processus d'apprentissage du basque par les adultes dans ses différentes étapes : les motivations, le cadre de formation, la connaissance et l'usage de la langue. Pour ce faire, la méthodologie de la recherche conjugue deux approches, une étude quantitative réalisée par le biais d'un sondage téléphonique auprès de cinq cents apprenants et une étude qualitative reposant sur l'analyse de trente-cinq entretiens semi-directifs. Les résultats témoignent de la complémentarité des deux procédés méthodologiques, à la fois, à travers l'apport de précisions statistiques inhérentes aux différents types de motivation, mais aussi, par un approfondissement de la notion de motivation mettant en relief le caractère conscient et inconscient de la démarche d'apprendre le basque.

  • Petite commune rurale, composée de croupes et de vallons - paysage typique de l'Entre-deux-Mers - Soulignac offre au visiteur la charmante vision d'une commune viticole. Mais pour celui qui désire comprendre un peu mieux la situation actuelle de Soulignac et son évolution, il pourra à loisir parcourir cet ouvrage qui lui montrera combien l'histoire de cette commune a été fortement influencée par l'histoire viticole de la région : crises successives du vignoble rythmant depuis deux siècles la vie économique de ce finage ; évolution démographique dépendant de celles-ci, longtemps marquée par l'arrivée massive d'immigrés, mais aujourd'hui laissant apparaître un déclin progressif de la population... Même la vie associative et municipale subissent indirectement le pouvoir du monde viticole. La vigne a donc imprimé son empreinte non seulement sur le paysage, mais également de manière détournée sur le mode de vie et la mentalité même des Soulignacais...

  • La recherche sur la définition de l'aire d'extension de la métropole bordelaise propose de déterminer les limites du champ d'influences maximales, celui qui est sous l'influence directe de la métropole, et qui est de ce fait, le plus touché par les fonctions métropolitaines de Bordeaux. Les deux premières approches utilisées, migrations quotidiennes de travail et superficies fournies par les permis de construire suivant l'affectation des sols, par zone d'emploi, font apparaître un renforcement de l'attractivité de Bordeaux-zone centrale, entre 1975 et 1990. La troisième approche, synthétique, permet de reclasser les communes du département de la Gironde en fonction de leur degré de métropolisation et aboutit à la délimitation précise de la zone d'influence métropolisée de Bordeaux, qui englobe en 1990, une grande partie du département. Cette croissance va justement dans le sens de l'évolution rendue nécessaire par l'ouverture des frontières et ce n'est donc pas la région qui devrait en souffrir mais au contraire en bénéficier, puisque Bordeaux est au coeur de l'Arc Atlantique. La qualité de vie, le désenclavement de l'aire métropolitaine (TGV, nouveaux ponts...), les grands projets en cours de réalisation (Cité mondiale du Vin, World Trade Center, Cité Internationale des Affaires...) font de Bordeaux une eurométropole qui entend bien devenir le centre de gravité de la façade Atlantique. Cette recherche apporte une pierre à la DATAR pour la construction de sa nouvelle politique d'aménagement du territoire.

  • Le Val d'Aran a souvent été cité pour la beauté de ses paysages. En Espagne, on l'appelle parfois la "petite Suisse catalane". De nos jours, la montagne aranaise attire le tourisme d'hiver et d'été. Cette évolution récente est propre à favoriser le désenclavement de cette région autrefois réputée en Espagne pour son isolement. Le tourisme, avantagé par l'ouverture de la vallée sur la France, est sans doute une chance économique que d'autres vallées des Pyrénées espagnoles peuvent envier à l'Aran. S'il est porteur de nouvelles orientations économiques, il est aussi susceptible d'entraîner des mutations socioculturelles. "Petite Suisse" par la montagne, le tourisme de randonnée et de neige, le Val d'Aran l'est peut-être aussi par son paysage linguistique, où se rencontrent et se croisent plusieurs langues. Mais, alors qu'en Suisse les langues se côtoient géographiquement, là elles se superposent. La langue du Val d'Aran, l'aranais, qui fait partie de la branche gasconne de la famille linguistique occitane, est confrontée à trois autres langues latines, le castillan, le catalan et le français, qui jouissent de statuts supérieurs. Le multilinguisme aranais, où quatre langues latines jouent différents rôles, est un des seuls cas où un parler d'oc se trouve dans cette situation. Un autre cas, plus étendu géographiquement, existe dans des vallées des Alpes italiennes. L'italien, le piémontais et le français se superposent, à des degrés divers, à des variétés locales héritées d'occitan provençal ou de nord-occitan.

  • Cet ouvrage collectif est la publication des actes de la journée d'étude, organisée le 31 janvier 1992 par l'Équipe de Recherche en Histoire Politique Contemporaine, EHRPC, équipe d'accueil créée en 1991 à l'Université Michel de Montaigne - Bordeaux III mais qui rassemble également des historiens des Universités de Pau et de Limoges ainsi que de l'Institut d'Etudes politiques. Les élites, comprises ici au sens large, soit des élites politiques, économiques et culturelles, sont étudiées principalement dans l'espace du grand Sud-Ouest mais des exemples nationaux et étrangers élargissent le cadre régional. L'étude comparée entre les deux fins de siècles, xixe et xxe siècles, soulève le problème de la permanence ou du renouvellement des élites, de la constitution de viviers et de réseaux. Les auteurs ont pu constater au travers de leurs études très largement prosopographiques que ces deux fins de siècles sont un aboutissement plutôt qu'une rupture. La cause en est la faculté d'adaptation des élites aux structures qui elles peuvent changer. Le modèle opératoire des élites présente bien des permanences dans ces deux fins de siècles.

  • Quelles sont les répercussions de l'effervescence des média sur les audiences aquitaines, dans les grandes villes comme dans les petits "pays" à forte identité culturelle ? Prenant appui sur les résultats des enquêtes menées depuis 1984 sur les audiences en Aquitaine et principalement sur les Médialocales de Médiamétrie de 1989, l'équipe du Centre d'Étude des Media dégage les caractéristiques de l'évolution actuelle du paysage médiatique aquitain. Elle s'interroge sur la spécificité locale de la communication médiatique en région. Dans la presse écrite, le quotidien représente un important poids régional, tandis que dominent les hebdomadaires nationaux. En radio, l'originalité de l'Aquitaine tient à une plus grande écoute des stations locales de Radio-France que le passage d'Europe 1 et de RTL sur la bande FM n'a pas modifiée. La stabilité de l'audience de la télévision favorise la progression de TF1, au détriment de FR3, à moins que le câble, le satellite ne redistribuent la donne dans un avenir plus ou moins proche.

  • La construction et l'aménagement de sites publics - en particulier les places et les parcs - participent à la constitution d'identités communes en s'inscrivant dans l'espace vécu et quotidien des groupes et des habitants. Les mobilités urbaines, comme la diversité des sites et de leur thématique, limitent cependant l'emprise univoque des lieux et amènent chacun à chercher sa place, de place en place... Lieux de vie mais aussi lieux d'histoire, de discours et d'énonciation, les places et les parcs se donnent à vivre, à voir et à analyser. Cet ouvrage, résultant de recherches menées par les équipes de la Maison des Sciences de l'Homme d'Aquitaine (MSHA) en relation avec des universités québécoises, propose des lectures croisées sur les jeux de perspective, l'actualisation des contextes et les appropriations territoriales des places et parcs des villes québécoises, surtout Québec et Montréal. Ces lectures prennent un relief particulier en raison des questions identitaires du Québec mais sont largement transposables à l'ensemble des sites publics des villes en général.

  • La chasse semble, en France, corsetée par une foule de stéréotypes émanant d'un imaginaire collectif solidement ancré. Dernier avatar d'une culture « localiste », la pratique véhicule l'image persistante d'un monde rural en mutation et accuse, aux yeux du grand public, une baisse de crédit en regard des grandes idéologies dominant le monde contemporain. Pour les uns, la chasse est une victoire conquise sur les privilèges aristocratiques de l'Ancien Régime, pour les autres une abomination de sanguinaires avi­nés. Il paraît ainsi difficile de porter un regard distancié sur ce phénomène social qui agite les passions et concerne plus de 1,1 million de pratiquants, dont 98 % d'hommes. Ques­tionner les représentations sociales, les liens symboliques et les perceptions qui fondent les rapports entre chasse et société, permet de comprendre de quelle manière s'élabore l'ensemble des outils et des dispositifs normatifs et prescriptifs qui encadrent l'activité. Or la superposition complexe et multiscalaire des territoires associe une diversité croissante d'acteurs qui pèse à son tour sur l'évolution des représentations endogènes à la pratique où le statut de l'animal sauvage demeure le centre des préoccupations. Perçu comme menaçant jusqu'aux années 1970, ce dernier est désormais appréhendé comme menacé, témoignant en cela d'une transition majeure : du prélèvement à l'introduction du gibier ; de la chasse à la gestion cynégétique. En cela les sciences humaines et sociales ont tout intérêt à explorer la question à l'aune des préjugés, positifs ou négatifs, qui font tant parler d'elle. Cet ouvrage est donc l'occasion d'offrir une réflexion pluridisciplinaire sur les mé­canismes de co-construction qui lient la chasse, les chasseurs et les normes, tout en ques­tionnant les enjeux sociétaux qui président aux pratiques cynégétiques contemporaines.

  • Du sport sans artifice au sport bionique... Amélioration ou condamnation ? Le sport est aujourd'hui visité par les techniques d'amélioration des capacités humaines. Celles-ci permettent d'accroître ou de restaurer efficacement les capacités de l'être humain. Des innovations spectaculaires sont enregistrées dans des secteurs comme les nanotechnologies, les biotechnologies, les sciences cognitives, l'informatique, etc. Leur introduction dans le domaine du sport, du haut niveau à la pratique de masse ou de loisir, chez les athlètes valides ou handicapés, perturbe souvent les certitudes et suscite prises de position, interrogations et inquiétudes. D'un côté amélioration dans l'accompagnement des sportifs d'excellence ou libération des sportifs handicapés, de l'autre condamnation de la culture sportive séculaire et aliénation progressive des sportifs ? Relativisme des normes et des valeurs du sport face aux avancées technologiques ? Progrès ou régression dans la quête humaniste ? Autant de questions qui méritent d'être abordées et traitées. D'ailleurs, à ce jour, existe-t-il des instances régulatrices suffisamment armées pour appréhender ces problèmes ? La 31ème Université Sportive d'Été a été accueillie à Montpellier, dans un lieu prestigieux et de circonstance : Pierresvives, au sein de la « Cité des savoirs et du Sport pour tous », du 4 au 6 septembre 2013, avec le soutien du Montpellier Université Club. Organisée par l'UNCU et l'UJSF, elle s'est attelée à la tâche en donnant la parole à une quinzaine de personnalités issues de la recherche universitaire, fondamentale ou appliquée, des sciences de l'homme et de la société, du journalisme, des sciences et des techniques de l'ingénieur, du sport et de l'éducation, faisant face à un public des plus motivés.

  • Cet ouvrage consacré au grand savant russe Vladimir Ivanovitch Vernadsky (1863-1945) vise à réparer une injustice. En effet, dans les discussions qui se multiplient aujourd'hui sur la Biosphère, Gaïa et l'Anthropocène, il est bien fait mention de celui qui, dans les années 1920, à Paris, avec Teilhard de Chardin et Le Roy, développait déjà des idées proches des débats actuels, mais elles étaient alors incomprises ou condamnées. Elles concernaient l'unité vitale de toute l'humanité avec la vie sur Terre et dans le Cosmos. A Paris, Vernadsky a rencontré Bergson. Il a enseigné La Géochimie à la Sorbonne et a travaillé dans le laboratoire de Marie Curie. En 1929, il a publié en français son ouvrage La Biosphère, qui lui apporte de nos jours une renommée mondiale, après un oubli scandaleux. Il considérait la France comme sa deuxième patrie scientifique, mais, même aux plus dures heures du stalinisme, il ne décida jamais d'émigrer et, rentré dans la nouvelle URSS, il continua à collaborer avec les savants occidentaux et à correspondre avec ses enfants émigrés aux États-Unis. Cet ouvrage qui rassemble des contributions d'auteurs russes et français, s'inscrit dans une politique scientifique développée à la MSHA depuis plusieurs années, et visant à faire mieux connaître en France certains aspects ou grands noms de la culture russe, oubliés du fait des circonstances politiques ou méconnus à cause du manque de traduction. Vernadsky est de ceux-là. En Russie, il bénéficie d'une grande notoriété. Dans la sphère francophone, Jacques Grinevald, qui a participé à l'élaboration de cet ouvrage, travaille depuis de nombreuses années à faire reconnaître la place de Vernadsky dans le domaine des sciences de la Terre, du vivant et de l'Homme, et à démontrer l'actualité de sa pensée. Guennady Aksenov, qui dirige cet ouvrage en collaboration avec Maryse Dennes, est un spécialiste russe reconnu de la vie et de l'oeuvre de V.I. Vernadsky, de même que les autres auteurs russes de cet ouvrage, qui apportent des éclairages variés sur cette oeuvre étonnante, en révélant son fort ancrage dans la culture russe. Il ne s'est pas agi, dans ce livre, de cantonner Vernadsky à la France et à la Russie. Esprit cosmopolite comme Goethe et Humboldt, Vernadsky se sentait profondément européen. Sa vision scientifique de l'Homme autant que ses engagements politiques et sociaux l'orientaient vers un idéal d'ouverture, d'échange et de générosité qui transcendait les frontières et les nations. Européen, il était réellement un citoyen du monde. Ce livre espère contribuer à diffuser davantage l'héritage de cette grande figure russe, et à donner à ses lecteurs l'envie d'en savoir davantage.

  • Les études réunies dans cet ouvrage constituent le premier volet, consacré aux savoirs médicaux, d'un projet plus ample qui a eu pour but de contribuer à l'analyse des formes du savoir scientifique à la Renaissance. Elles résultent des réflexions menées pendant plusieurs années au sein de deux séminaires, l'un ayant porté sur la « Pratique du dialogue et de la dispute dans les textes médicaux (1450-1650) », l'autre ayant exploré les « Formes du savoir » de 1400 à 1750, ainsi que d'une journée d'étude consacrée aux régimes de santé à la Renaissance. À travers des approches variées, les auteurs qui ont contribué à ce volume s'interrogent sur la spécificité du savoir médical renaissant et sur sa mise en forme par rapport aux savoirs antiques et médiévaux. L'ouvrage est organisé en deux parties : l'une, plus théorique, porte sur l'analyse générale des formes du savoir médical dans leur ensemble, l'autre, plus pratique, est consacrée au genre épistémique du régime de santé.

  • Né à Marseille en 1818, Marius Petlpa a effectué l'essentiel de sa carrière comme danseur, puis maître de ballet à Saint-Pétersbourg. Ces carnets, rédigés au cours des dernières années de sa vie (1903-1907), dévoilent le quotidien de l'illustre chorégraphe, décédé en 1910. Ils nous révèlent les coulisses du Ballet impérial et éclairent la vie d'un Français de Russie au début du xxe siècle. Au fil des pages, nous croisons des noms illustres (Preobrajenska, Pavlova, Fokine, Karsavina...), annonciateurs de la glorieuse épopée parisienne des Ballets russes. Petlpa fut également confronté aux événements tragiques de l'année 1905 qui plongèrent la Russie dans une fièvre révolutionnaire affectant jusqu'aux danseurs du Mariinski... Fruit d'un travail scientifique de chercheurs, ce livre offre au public français un témoignage inédit, enrichi de photographies rares de l'auteur de La Belle au bois dormant et de son entourage.

  • André-Jean Tudesq (1927-2009) a été un travailleur infatigable. Auteur d'une thèse d'État sur Les grands notables en France (1840-1849) qui a fait date, il a été pionnier dans l'ouverture d'un nouveau champ d'études, celui des médias africains. Historien de formation, il a accompagné les fondateurs d'une nouvelle discipline les Sciences de l'information et de la communication qu'il a inlassablement défendue tout en restant professeur d'Histoire contemporaine. Il nous a légué une bibliographie impressionnante et a formé des générations d'enseignants, en France comme en Afrique ou au Proche Orient. Au-delà d'un colloque très riche, tenu en 2011 sur le campus bordelais où il a passé la plus grande partie de sa carrière d'enseignant, l'ouvrage transcrit l'essentiel des interventions de ceux qui furent des collègues, disciples et proches.

  • Le sport tient désormais une place importante dans la vie locale. Il contribue à valoriser l'activité des collectivités territoriales et il participe de leur identité... Le présent ouvrage propose une analyse sociologique détaillée de trente années d'action sportive communale ayant pour cadre la ville de Bègles, située au sein de l'agglomération bordelaise. Ce livre s'intéresse principalement aux relations - contractuelles - qui se sont institutionnalisées, au fil des décennies, entre la municipalité et les clubs ou autres associations sportives, au travers de séquences et de dispositifs caractéristiques. Le thème de l'action sportive locale s'impose comme un domaine spécifique et original de l'action sociale. En matière de sport, toute réalisation est une construction subordonnée à l'accomplissement de formes de coopération et de relations d'échange se doublant de conduites stratégiques. De fait, le sport et les politiques sportives méritent, de la part des sciences de l'homme et de la société, une plus grande attention.

  • En Aquitaine, première région vitivinicole française, la vigne est présente sur la majeure partie des territoires, et la filière, avec ses exploitations en Appellation d'Origine Contrôlée, ses caves coopératives et ses maisons de négoce, constitue une forte composante de l'économie régionale. Les grands crus sont les principaux référents pour l'image des vins aquitains et tirent vers le haut l'ensemble du vignoble, et cependant les vins de Bordeaux occultent la diversité et la richesse des vins aquitains, ce qui nuit à une image de l'Aquitaine comme pays du vin. Vignobles et vins en Aquitaine s'attache à étudier ce paradoxe. La première partie, dans une synthèse de nombreux écrits de recherche, explique comment les histoires agraire, économique et humaine de la région ont fait du vin une spécificité aquitaine, inscrite dans les paysages et les sociétés, et évalue le rôle de la « place de Bordeaux ». La seconde partie propose des éclairages plus circonstanciés, regroupés en deux thèmes : les facteurs et marqueurs de la construction des territoires viticoles constituent un premier axe d'étude, suivi par les représentations et la défense de l'image qui forment un second champ. Les territoires viticoles aquitains sont des constructions sociales complexes, génératrices d'une identité forte et porteuse. Cet ouvrage a été réalisé par la collaboration d'historiens, géographes, économistes ou oenologues au sein de la MSHA et dans le cadre de programmes pluridisciplinaires du CERVIN (composante de l'UMR ADES). Il soulève des problématiques telles que l'articulation entre société et terroir, les effets déformants du système AOC ou les logiques territoriales « de clocher » qui ont perturbé la création d'une identité régionale. Les recherches de ces différents auteurs nous permettent de comprendre comment les viticulteurs aquitains ont été en mesure de maintenir une production que le monde entier envie encore malgré la crise.

  • Cet ouvrage réunit les contributions de spécialistes allemands et français sur un sujet qui, depuis les ouvrages d'Armin Mohler (1948) et de Kurt Sontheimer (1962) en Allemagne, de Jean-Louis Loubet del ßayle (1967) en France, n'a cessé de retenir l'attention des historiens du second après-guerre : la recherche d'une "troisième voie" entre marxisme et libéralisme durant le premier après-guerre, les chassés-croisés Idéologiques et politiques qu'elle entraîne, le problème des rapports de cette pensée "ni gauche, ni droite", "conservatrice-révolutionnaire" ou "non-conformiste" avec le fascisme et le national-socialisme. L'originalité de ce recueil vient de ce qu'il pose les jalons d'une étude comparative mettant en évidence les convergences et les divergences de ces "idéologies de la crise" en Allemagne et en France, ainsi que les différentes médiations qui ont pu s'effectuer d'un pays à l'autre. A l'heure où en Europe les Idéologies sont de nouveau en crise, ces études présentent, à n'en pas douter, un intérêt qui n'est pas seulement historique.

  • Aujourd'hui, le sport ne manque pas d'interroger ceux qui sont en charge de l'éducation sportive en milieu scolaire et périscolaire, dans les clubs, ainsi que leurs partenaires : médecins du sport et (ou) de l'enfance, agents Jeunesse et Sports, élus politiques... En plaçant l'USE 1998 sous les auspices de Nelson Paillou, trop tôt disparu, et en mettant au programme le thème d'une enfance du sport à réinventer, les responsables de l'UNCU et de l'USJSF ont joué intentionnellement sur les deux perspectives sous-jacentes : l'histoire des débuts du sport et la prime histoire de l'individu... Ils avaient pour objectif de se donner les moyens de définir les conditions requises pour que cette enfance sportive soit une étape et un lieu privilégiés d'élaboration d'une conception de l'homme libre et responsable : un humanisme sportif en jeu. Et non point un humanisme... déjoué, et se trompant sur l'essentiel.

  • La réflexion sur le sport cultive le paradoxe et s'enferme dans une voie sans issue : elle ne cesse de plaider en faveur des "valeurs" du sport, et dans un même mouvement, au nom du "réalisme", elle renie ce qu'elle vient de défendre... L'Université d'Été 1999 a pris pour sujet cette impasse et s'est penchée sur quelques-unes des zones de tensions que sous-tendent des conflits, menaçant à court terme de conduire à des explosions. La première concerne l'image du champion. À la merveilleuse figure d'un sport qui unit les uns et les autres dans une fête pour tous, vécue à l'occasion de la finale de la Coupe du Monde de Football, fait tristement écho la désolante image du champion du Tour de France... Combien de temps encore, dans ces conditions, pourra rester crédible le discours sur les valeurs du sport ? Faut-il alors - et c'est la deuxième ligne de tensions - se prendre à rêver d'un sport "bio", garanti "sans engrais chimique". Faut-il imaginer comme inévitable une fracture du sport avec d'un côté les jeux du cirque et de l'autre un sport santé, pratiqué par le plus grand nombre ? Une troisième zone de tensions est celle qui voit se développer les OPA sur le sport. Ces offres publiques d'achat, de glissements en dérapages, finissent par conduire à des dérives potentiellement explosives, introduisant une barrière entre un sport de "riches" et un sport de "pauvres". Du même coup se pose - et c'est la dernière zone de tensions qui est étudiée -, la question de la formation. Quelle définition donner à cette formation quand l'avenir du sport apparaît aussi incertain ?

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