Maison des Sciences de l´Homme d´Aquitaine

  • L'habitat des elites urbaines en europe a l'epoque moderne Nouv.

    L'intention du petit groupe que nous avions réuni à Bordeaux en janvier 2017 dans le cadre du CEMMC (Centre d'études des mondes moderne et contemporain), composé d'historiens et d'historiens de l'art venant d'universités européennes très variées, était de réfléchir à une synthèse sur les hôtels particuliers et les demeures des élites urbaines à partir d'une succession de livres élaborés en commun. Trois thèmes se sont dégagés au cours de nos échanges qui fourniront l'armature de ce premier ouvrage qui a été élaboré à Poznan en Pologne : l'hôtel et son insertion dans l'espace urbain, les usages de l'hôtel particulier et enfin une série de monographies nationales ou urbaines permettant de saisir toute la diversité de la notion. Au Siècle des Lumières, la demeure n'était certes plus l'apanage de la noblesse mais bien de ceux qui avaient les moyens financiers de la faire construire, que cela soit des nobles d'épée ou de robe, des financiers, des grands bourgeois, bientôt des industriels... Sorte de châteaux urbains ou de palais à l'italienne selon les référents, ces hôtels étaient un signe de magnificence, d'ostentation, de prestige et un enjeu entre les élites anciennes et les nouveaux riches issus de la bourgeoisie. Le fait d'aller de l'Espagne à la Lituanie et des Provinces-Unies à l'Italie a permis aux auteurs de faire apparaître des similitudes stylistiques à une époque où tout circulait à commencer par les architectes et les maçons mais aussi de dresser une typologie régionale.

  • L'omnisports n'est ni une alternative au sport de haut niveau, ni une marge du sport et encore moins un modèle d'organisation dépassé. Tout au contraire, le principe de l'omnisports est une composante essentielle du sport et une solution d'avenir. Le maillage des clubs omnisports se trouve d'une part en relation verticale avec les instances nationales (les ministères dont celui de la Jeunesse & Sports, les fédérations unisports), soutenus en cela par leurs propres fédérations multisports, et, d'autre part, en prise directe sur les territoires de proximité en développant de nombreuses initiatives innovantes avec le soutien des collectivités locales. Cependant, les transformations observables dans ce domaine suscitent des inquiétudes, tant certaines ruptures l'emportent sur le dialogue et la concertation. Les clubs universitaires s'interrogent sur le niveau de reconnaissance que leur témoignent les Universités. Selon la FFCO, les clubs omnisports sont une pièce majeure dans l'organisation du sport en France, par delà la spécificité des racines historiques, des itinéraires singuliers et des logiques affinitaires. Au terme des échanges engagés avec la FSGT, la FSCF, l'UFOLEP et l'UNSLL, de fortes convergences se vérifient : sur les projets, les conceptions éducatives, les actions conduites, la diversité des publics, les valeurs à porter. Ce 30ème volume des Cahiers de l'Université Sportive d'Été en prend acte. Sans l'omnisports, modèle plus que centenaire et jalonné jusqu'à aujourd'hui d'innovations et de métamorphoses heureuses, qui pourra soutenir que le sport en France a un avenir pleinement assuré ?

  • Alors que le château de La Brède est connu dans le monde entier, les héritiers du philosophe ne surent jamais trop quoi en faire. La rentabilité de la propriété était insuffisante pour permettre de tenir un rang de plus en plus difficile à assumer. De la fin du xviiie siècle à la veille de la Première Guerre mondiale, l'emprise des femmes est spectaculaire. Ce sont les épouses, les mères ou les filles qui souvent par correspondance négociaient les mariages, imaginaient les successions et au besoin géraient les domaines. Au-delà d'une unité familiale incertaine, les Montesquieu, qui évitaient de trop facilement diffuser les oeuvres inédites de leur ancêtre, avaient investi une partie de leur fortune dans des affaires trop risquées et après l'indépendance d'Haïti exigeaient le remboursement des plantations de leurs parents. Les Montesquieu héros de l'indépendance américaine n'aimaient pas les Américains et la République française mais n'hésitèrent pas à combattre et à mourir pour la Patrie en 1870 et en 1914. L'histoire des Montesquieu c'est sans doute celle de toute une partie de la noblesse française.

  • Les travaux présentés ici s'inscrivent dans le cadre d'un atelier intensif, lieu de conception et de fabrication du projet architectural et urbain in situ et de ses développements dans le cursus semestriel de l'enseignement de l'architecture en dernière année d'études de Master ; l'autre est celui de l'échange par la coopération avec un établissement universitaire chinois, l'Institut de construction urbaine de la Faculté d'urbanisme de l'Université de Wuhan (WUDA), en 2005 et 2006. Le thème de la coopération, sur proposition du Département de l'urbanisme de la Province du Hubei auprès de l'Université de Wuhan, porte sur la mise en place d'un programme de mise en valeur du patrimoine et du développement urbain, intégrant leur dimension touristique, des centres anciens de villes moyennes de la province, implantées ici sur les rives du Yangtze (Jingzhou) et de son affluent, la rivière Han (Xiangfan), ayant conservé leurs fortifications urbaines. Cela constituait une opportunité de faire découvrir à des étudiants de nouveaux champs possibles de connaissance et de créativité, tout en précisant l'enjeu particulier que représente la conservation, la mise en valeur de ce patrimoine devenu rare et l'inéluctable transformation des centres anciens aujourd'hui au regard du développement urbain contemporain en Chine. La première partie part d'un bref aperçu sur la notion et les enjeux du patrimoine en Chine et plus précisément de celui des fortifications urbaines. Il s'agit ensuite de mettre en perspective la question des rapports entre patrimoine et projet en insistant sur l'importance d'une approche culturelle du projet, de l'importance d'une analyse fine et d'un diagnostic considérant l'architecture héritée comme enjeu culturel et marchand, soumis de ce fait à des affrontements sans cesse renouvelés. Cette approche s'inscrit aussi dans l'évolution des mouvances et des approches en architecture depuis les années 1950. Finalement, les remparts et les ensembles qui les accompagnent, les paysages et la présence de l'eau, constituaient non plus des objets mais véritablement un système porteur des projets. Dans la deuxième partie partant d'une brève présentation du contexte régional, celui de la province du Hubei et du fleuve, matrice de nombre d'implantations de villes depuis l'Antiquité, Il s'agit de resituer les caractères spécifiques de chacun des deux centres anciens choisis et de leurs fortifications, du point de vue de l'histoire et des enjeux actuels de l'évolution. Une stratégie de projets est présentée dans une vision disciplinaire large du projet architectural et urbain au coeur des questionnements du renouvellement urbain et de ses développements pour ces villes moyennes : y sont questionnés les enjeux des échelles de projet dans une stratégie globale et une dynamique d'interventions sectorisées. Les troisième et quatrième parties présentent les projets sur chacune des deux villes, à l'aide de planches graphiques et de textes issus des travaux des étudiants. Troisième partie : le projet intitulé « Autour des remparts de Jingzhou » considère une double échelle, celle de la ville « historique » et celle d'opérations ponctuelles ; se saisissant des remparts comme fil conducteur, il s'agit d'un plan d'ensemble global urbanistique et de quatre projets ponctuels dans la ville ancienne, illustratifs de la démarche globale, et portant sur des territoires échantillons à développer à différentes échelles en trouvant sens et cohérence à l'ensemble des actions. Quatrième partie : le projet intitulé « Sur les deux rives de Xiangfan » s'organise à partir de la réflexion sur la condition du fleuve Han et de ses liens à la ville située sur ses deux rives. Comme à Jingzhou s'est mise en place une stratégie globale du projet à l'échelle urbaine et à celle de quatre secteurs, territoires échantillons, de part et d'autre du fleuve. Considérant que chaque projet de secteur pouvait illustrer une démarche et une méthode incluant des spécificité...

  • Très souvent méconnue ou mésestimée dans ses effets les plus graves, la transphobie regroupe de nombreuses discriminations dont sont victimes les transidentités, qu'elles se définissent comme transgenres, transsexuelles ou en tant qu'identités alternatives. Les données recueillies lors d'un travail d'enquêtes et d'entretiens laissent entrevoir que l'acte transphobe peut aussi bien être le fait de la personne lambda que des institutions censées protéger les personnes. Quels sont les mécanismes à l'oeuvre ? Quelle est la part du social, du politique voire du culturel dans ce qui concoure à la disqualification de l'autre et de la différence ? Cet ouvrage propose un état des lieux de la question en France et des pistes de réflexion à la lumière des Sciences Humaines et Sociales, tout en relayant et en analysant les témoignages sans ambiguïtés du quotidien des personnes concernées. Une sociologie de la transphobie est un travail de recherche qui pose des questions et propose des pistes de réflexions comme autant de réponses possibles aux processus de discriminations.

  • L'activité numérique des cadres sur leurs différents terminaux électroniques mobiles s'intensifie au rythme des nouvelles injonctions à communiquer des organisations contemporaines. Connectés, hyper connectés, débordés, comment les cadres vivent-ils leurs pratiques des outils de communication mobiles? Comment font-ils face à ce qui est parfois évoqué comme une « laisse électronique » ? À travers plusieurs enquêtes qualitatives et quantitatives, auprès de cadres, de directeurs des Ressources Humaines et de responsables syndicaux, cet ouvrage dresse un panorama nuancé des pratiques et des usages numériques dans les entreprises contemporaines. À la veille de l'édification du Droit à la Déconnexion (issue de l'article 55 de la Loi n°2016-1088 du 8 août 2016), ce livre apporte un double éclairage : d'une part, il rend compte du sens des pratiques numériques mises en oeuvre par les individus et collectifs de travail pour mener à bien leur activités quotidiennes, et, d'autre part il pointe les écueils d'une forte prescription des usages technologiques, en termes d'appropriation, de liberté et d'autonomie dans le travail.

  • Cet ouvrage présente les résultats d'une recherche menée sur la motivation des adultes francophones pour apprendre le basque, une langue conservant un statut minoritaire et non-officiel en France. L'objectif principal de ce travail est de décrire plus amplement le processus d'apprentissage du basque par les adultes dans ses différentes étapes : les motivations, le cadre de formation, la connaissance et l'usage de la langue. Pour ce faire, la méthodologie de la recherche conjugue deux approches, une étude quantitative réalisée par le biais d'un sondage téléphonique auprès de cinq cents apprenants et une étude qualitative reposant sur l'analyse de trente-cinq entretiens semi-directifs. Les résultats témoignent de la complémentarité des deux procédés méthodologiques, à la fois, à travers l'apport de précisions statistiques inhérentes aux différents types de motivation, mais aussi, par un approfondissement de la notion de motivation mettant en relief le caractère conscient et inconscient de la démarche d'apprendre le basque.

  • La codification et la normalisation des pratiques renvoient à la modernité sportive où seule compte l'excellence. Quant à la post-modernité, elle plébiscite le jeu avec la pesanteur et la gravité afin d'éprouver l'extase et le vertige de l'activité physique sans poursuivre d'autre motif d'existence que de jouir de l'instant présent. Les contributions réunies dans cet ouvrage s'efforcent de dépasser ce clivage en considérant que le surf n'est pas uniquement le sanctuaire des performances ou passions sportives, mais qu'il est aussi, et surtout, une expérimentation charnelle de l'intensité de l'être-au-monde. Surfeurs pour la plupart d'entre eux, et ainsi forts d'une « participation observante », les auteurs de cet ouvrage adoptent un nouveau point de vue fondé sur l'analyse du sensible, de l'intime, de l'imaginaire, et des interactions symboliques. En questionnant le sens que les surfeurs donnent à leurs existences, ces recherches révèlent que les accomplissements inhérents à cette pratique singulière dépassent les frontières du champ sportif ; qu'ils recouvrent des dimensions culturelles, sociales, esthétiques, éthiques et politiques dont la portée dépend étroitement de la profondeur des relations à la Nature, au Corps, à Soi, à l'Autre, et à l'Espace ! Le surf est envisagé comme une épiphanie des dynamiques sociales, c'est-à-dire un marqueur emblématique d'une société en transition. Inscrites à contre-courant, ces recherches entendent consacrer la légitimité du surf en sciences humaines et sociales.

  • Petite commune rurale, composée de croupes et de vallons - paysage typique de l'Entre-deux-Mers - Soulignac offre au visiteur la charmante vision d'une commune viticole. Mais pour celui qui désire comprendre un peu mieux la situation actuelle de Soulignac et son évolution, il pourra à loisir parcourir cet ouvrage qui lui montrera combien l'histoire de cette commune a été fortement influencée par l'histoire viticole de la région : crises successives du vignoble rythmant depuis deux siècles la vie économique de ce finage ; évolution démographique dépendant de celles-ci, longtemps marquée par l'arrivée massive d'immigrés, mais aujourd'hui laissant apparaître un déclin progressif de la population... Même la vie associative et municipale subissent indirectement le pouvoir du monde viticole. La vigne a donc imprimé son empreinte non seulement sur le paysage, mais également de manière détournée sur le mode de vie et la mentalité même des Soulignacais...

  • Le sport tient désormais une place importante dans la vie locale. Il contribue à valoriser l'activité des collectivités territoriales et il participe de leur identité... Le présent ouvrage propose une analyse sociologique détaillée de trente années d'action sportive communale ayant pour cadre la ville de Bègles, située au sein de l'agglomération bordelaise. Ce livre s'intéresse principalement aux relations - contractuelles - qui se sont institutionnalisées, au fil des décennies, entre la municipalité et les clubs ou autres associations sportives, au travers de séquences et de dispositifs caractéristiques. Le thème de l'action sportive locale s'impose comme un domaine spécifique et original de l'action sociale. En matière de sport, toute réalisation est une construction subordonnée à l'accomplissement de formes de coopération et de relations d'échange se doublant de conduites stratégiques. De fait, le sport et les politiques sportives méritent, de la part des sciences de l'homme et de la société, une plus grande attention.

  • La recherche sur la définition de l'aire d'extension de la métropole bordelaise propose de déterminer les limites du champ d'influences maximales, celui qui est sous l'influence directe de la métropole, et qui est de ce fait, le plus touché par les fonctions métropolitaines de Bordeaux. Les deux premières approches utilisées, migrations quotidiennes de travail et superficies fournies par les permis de construire suivant l'affectation des sols, par zone d'emploi, font apparaître un renforcement de l'attractivité de Bordeaux-zone centrale, entre 1975 et 1990. La troisième approche, synthétique, permet de reclasser les communes du département de la Gironde en fonction de leur degré de métropolisation et aboutit à la délimitation précise de la zone d'influence métropolisée de Bordeaux, qui englobe en 1990, une grande partie du département. Cette croissance va justement dans le sens de l'évolution rendue nécessaire par l'ouverture des frontières et ce n'est donc pas la région qui devrait en souffrir mais au contraire en bénéficier, puisque Bordeaux est au coeur de l'Arc Atlantique. La qualité de vie, le désenclavement de l'aire métropolitaine (TGV, nouveaux ponts...), les grands projets en cours de réalisation (Cité mondiale du Vin, World Trade Center, Cité Internationale des Affaires...) font de Bordeaux une eurométropole qui entend bien devenir le centre de gravité de la façade Atlantique. Cette recherche apporte une pierre à la DATAR pour la construction de sa nouvelle politique d'aménagement du territoire.

  • Le Val d'Aran a souvent été cité pour la beauté de ses paysages. En Espagne, on l'appelle parfois la "petite Suisse catalane". De nos jours, la montagne aranaise attire le tourisme d'hiver et d'été. Cette évolution récente est propre à favoriser le désenclavement de cette région autrefois réputée en Espagne pour son isolement. Le tourisme, avantagé par l'ouverture de la vallée sur la France, est sans doute une chance économique que d'autres vallées des Pyrénées espagnoles peuvent envier à l'Aran. S'il est porteur de nouvelles orientations économiques, il est aussi susceptible d'entraîner des mutations socioculturelles. "Petite Suisse" par la montagne, le tourisme de randonnée et de neige, le Val d'Aran l'est peut-être aussi par son paysage linguistique, où se rencontrent et se croisent plusieurs langues. Mais, alors qu'en Suisse les langues se côtoient géographiquement, là elles se superposent. La langue du Val d'Aran, l'aranais, qui fait partie de la branche gasconne de la famille linguistique occitane, est confrontée à trois autres langues latines, le castillan, le catalan et le français, qui jouissent de statuts supérieurs. Le multilinguisme aranais, où quatre langues latines jouent différents rôles, est un des seuls cas où un parler d'oc se trouve dans cette situation. Un autre cas, plus étendu géographiquement, existe dans des vallées des Alpes italiennes. L'italien, le piémontais et le français se superposent, à des degrés divers, à des variétés locales héritées d'occitan provençal ou de nord-occitan.

  • Cet ouvrage collectif est la publication des actes de la journée d'étude, organisée le 31 janvier 1992 par l'Équipe de Recherche en Histoire Politique Contemporaine, EHRPC, équipe d'accueil créée en 1991 à l'Université Michel de Montaigne - Bordeaux III mais qui rassemble également des historiens des Universités de Pau et de Limoges ainsi que de l'Institut d'Etudes politiques. Les élites, comprises ici au sens large, soit des élites politiques, économiques et culturelles, sont étudiées principalement dans l'espace du grand Sud-Ouest mais des exemples nationaux et étrangers élargissent le cadre régional. L'étude comparée entre les deux fins de siècles, xixe et xxe siècles, soulève le problème de la permanence ou du renouvellement des élites, de la constitution de viviers et de réseaux. Les auteurs ont pu constater au travers de leurs études très largement prosopographiques que ces deux fins de siècles sont un aboutissement plutôt qu'une rupture. La cause en est la faculté d'adaptation des élites aux structures qui elles peuvent changer. Le modèle opératoire des élites présente bien des permanences dans ces deux fins de siècles.

  • Quelles sont les répercussions de l'effervescence des média sur les audiences aquitaines, dans les grandes villes comme dans les petits "pays" à forte identité culturelle ? Prenant appui sur les résultats des enquêtes menées depuis 1984 sur les audiences en Aquitaine et principalement sur les Médialocales de Médiamétrie de 1989, l'équipe du Centre d'Étude des Media dégage les caractéristiques de l'évolution actuelle du paysage médiatique aquitain. Elle s'interroge sur la spécificité locale de la communication médiatique en région. Dans la presse écrite, le quotidien représente un important poids régional, tandis que dominent les hebdomadaires nationaux. En radio, l'originalité de l'Aquitaine tient à une plus grande écoute des stations locales de Radio-France que le passage d'Europe 1 et de RTL sur la bande FM n'a pas modifiée. La stabilité de l'audience de la télévision favorise la progression de TF1, au détriment de FR3, à moins que le câble, le satellite ne redistribuent la donne dans un avenir plus ou moins proche.

  • En Aquitaine, première région vitivinicole française, la vigne est présente sur la majeure partie des territoires, et la filière, avec ses exploitations en Appellation d'Origine Contrôlée, ses caves coopératives et ses maisons de négoce, constitue une forte composante de l'économie régionale. Les grands crus sont les principaux référents pour l'image des vins aquitains et tirent vers le haut l'ensemble du vignoble, et cependant les vins de Bordeaux occultent la diversité et la richesse des vins aquitains, ce qui nuit à une image de l'Aquitaine comme pays du vin. Vignobles et vins en Aquitaine s'attache à étudier ce paradoxe. La première partie, dans une synthèse de nombreux écrits de recherche, explique comment les histoires agraire, économique et humaine de la région ont fait du vin une spécificité aquitaine, inscrite dans les paysages et les sociétés, et évalue le rôle de la « place de Bordeaux ». La seconde partie propose des éclairages plus circonstanciés, regroupés en deux thèmes : les facteurs et marqueurs de la construction des territoires viticoles constituent un premier axe d'étude, suivi par les représentations et la défense de l'image qui forment un second champ. Les territoires viticoles aquitains sont des constructions sociales complexes, génératrices d'une identité forte et porteuse. Cet ouvrage a été réalisé par la collaboration d'historiens, géographes, économistes ou oenologues au sein de la MSHA et dans le cadre de programmes pluridisciplinaires du CERVIN (composante de l'UMR ADES). Il soulève des problématiques telles que l'articulation entre société et terroir, les effets déformants du système AOC ou les logiques territoriales « de clocher » qui ont perturbé la création d'une identité régionale. Les recherches de ces différents auteurs nous permettent de comprendre comment les viticulteurs aquitains ont été en mesure de maintenir une production que le monde entier envie encore malgré la crise.

  • La ville à l'ancienne, celle dont nous pourrions avoir la nostalgie ou que nous réinventons dans nos parcours urbains, n'existe plus. Il n'y a plus de ville d'un seul morceau. Mais des villes en plusieurs morceaux qui constituent autant de nouveaux territoires, juxtaposés, disjoints, articulés, en mouvement... Quelles sont les perceptions et les modes d'habitation de ces nouveaux territoires qui modifient les formes de l'urbanité ? Littérature, cinéma, photographie, carte postale, art contemporain racontent et interrogent l'émergence de l'urbain. Comment les Sciences Humaines rendent-elles compte de ses dynamismes ? Un tel questionnement justifie la transversalité des approches, les discussions entre disciplines. La prise en compte des imaginaires urbains oblige à l'invention de nouvelles problèmatisations et à l'élaboration de nouvelles démarches de recherche.

  • Dans un contexte de renouvellement profond de l'historiographie en histoire sociale, les 23 communications qui constituent cet ouvrage collectif ont pour ligne directrice les milieux élitaires européens, analysés sous trois angles successifs. La première partie, centrée sur la méthodologie, l'épistémologie et l'historiographie s'intéresse aux caractéristiques des élites à travers les âges, de l'Antiquité au temps présent. La deuxième prend le parti d'éclairages successifs sur quelques sociétés de l'Europe occidentale ou centrale, de l'époque moderne à nos jours. La péninsule ibérique et le monde anglo-saxon y sont particulièrement mis en valeur. La dernière s'intéresse aux conceptions familiales et aux pratiques des élites, et ce, plus particulièrement dans la France d'Ancien Régime.

  • Parlements et Lumières : l'association des deux notions peut sembler contre-nature, tant l'historiographie a longtemps vu dans les magistrats une catégorie hostile par principe aux Lumières, les bourreaux de Calas et de quelques autres comme les adversaires égoïstes d'une monarchie éclairée et réformatrice qu'ils finissent par perdre en descendant eux-mêmes à sa suite au tombeau. Seuls quelques avocats apparaissent sous un jour plus favorable, défendant l'innocence accablée par l'injustice des nantis ou prenant part à la Révolution. Pourtant les progrès de la recherche nous conduisent à des vues beaucoup plus nuancées aussi bien sur les cours et les parlementaires que sur les Lumières elles-mêmes qui ne se limitent pas au seul combat philosophique. Dans ce volume collectif, il est question des gens de justice face aux idées nouvelles, des formes de leur adhésion à celles-ci et de la définition qu'ils ont essayé de donner d'un ordre du monde rénové. Réintroduire les parlementaires en tant que tels dans l'étude de la France des Lumières permettra de comprendre celle-ci plus exactement.

  • Lorsqu'on songe aux tropiques, diverses images émergent oscillant la plupart du temps, pour les occidentaux, entre le mythe d'un paradis lointain et la réalité d'une pauvreté incommensurable. Dans ce balancement générant des sentiments mêlés et, souvent, une rhétorique paradoxale, la question de la réalité des tropiques ne se pose pas Les tropiques, dans le sens commun, apparaissent comme un contenant géographique stable mais aux contenus ambigus Cependant la réalité géographique des tropiques ne va pas de soi et ne possède aucune réalité naturelle ; elle fut inventée peu à peu. Cette invention fut en grande partie le fait des scientifiques qui, baignant dans des contextes idéologiques spécifiques à chaque période de l'histoire, ont participé à son émergence et à son développement lis ont contribué par ce fait au grand partage entre l'Ici et I'Ailleurs, entre le Nous et les Autres C'est au prisme de la culture de leurs origines que ces derniers ont mis en place les grandes catégories d'espaces dont les tropiques sont un exemple Entrant dans le sens commun, les tropiques ont alors semblé relever de la nature. Mais, cette naturalisation et les fondements scientifiques sur lesquels elle s'est appuyée, firent, à partir des années 1980, grand bruit dans la communauté des géographes français. Le questionnement n'était et n'est toujours pas de savoir si les tropiques existent ou non, mais plutôt de comprendre les ressorts de leur invention. La révolution des tropiques a bien eu lieu et invite aujourd'hui à parler de tropicalisme comme on parle ailleurs d'orientalisme. Cet ouvrage est le résultat d'une interrogation née il y maintenant presque trente ans, une interrogation a ré-émergé ces dernières années, années de trouble et de doute remettant en question les paradigmes hérités de la modernité vieillissante Plusieurs géographes se sont pliés à l'exercice stimulant consistant à repenser les tropiques. Cet ouvrage, tout comme le prochain consacré à la géographie du développement, est aussi un des fruits de la collaboration entre deux géographes de l'Université de Bordeaux et chercheurs au Laboratoire ADES, C. Bouquet et H Velasco-Graciet.

  • Les co-organisateurs de la 24e Université Sportive d'Été (l'Union Nationale des Clubs Universitaires et l'Union Syndicale des Journalistes Sportifs de France), accueillie à Nîmes par le Sport Université Nîmes Omnisports (SUN) du 22 au 24 septembre 2006, avaient jugé opportun d'engager une réflexion sur les possibilités d'une mise en relation de la réalité de départ qu'est le handicap, de l'activité qu'est le sport, de l'objectif qu'est l'intégration. Ils faisaient le pari qu'une conception novatrice de la pratique des activités physiques et sportives - organisée au sein du cadre associatif des clubs - peut être de nature à ouvrir la voie à une intégration réussie. Restait cependant en suspens l'interrogation relative à la latitude d'intervention que peuvent s'autoriser les associations sportives, à propos d'une action éducative aussi délicate à saisir dans ses traits généraux que dans la nécessaire diversité des situations possibles. Le présent volume des Cahiers de l'USE est le fruit de ces travaux. Si le club sportif est en mesure d'ouvrir des perspectives innovantes, il ne saurait agir seul. Il lui faut rechercher des partenariats choisis et indispensables. Ces acteurs impliqués doivent être capables de se doter des outils nécessaires pour appréhender la spécificité des handicaps. L'enrichissement de la vie collective et sportive, par l'intégration des personnes en situation de handicap, suppose de pouvoir satisfaire à toutes ces exigences.

  • Le quatrième volume de la collection 'l'Univers des vignerons" est consacré à une commune Eyrans représentative d'un des vignobles les plus vastes du Bordelais, le Blayais. Petite Unité administrative, elle n'en est pas moins le témoin de l'évolution économique et sociale des campagnes girondines de la rive droite de l'estuaire, très tôt et très complètement vouée à une quasi-monoculture viticole. Dans cet espace géographiquement réduit mais miroir d'un ensemble plus vaste, un historien, une géographe et une sociologue ont essayé de scruter en profondeur le terroir et ses habitants, en prenant un recul de près de deux siècles.

  • Ce livre propose des regards diversifiés - par les genres d'écritures et par les interprétations données - sur les genèses, les formes et les processus d'identification du sport au Québec. L'histoire du sport est présentée inscrite dans la société québécoise comme une "histoire qui s'écrit et qui se dit", c'est-à- dire dont la mise en récit a, en tant que telle, des effets de socialisation. Le hockey sur glace, qui apparaît à Montréal à la fin du xixe siècle, fournit un exemple emblématique de la dimension identitaire nationale du sport, qu'il soit de loisir ou de compétition. Longtemps sujet d'étude secondaire, le sport s'affirme de plus en plus, au Québec et dans le reste du monde, comme un élément majeur de la culture contemporaine. De la place de l'objet sport dans les sciences sociales et dans la littérature, la vingtaine d'auteurs représentant plusieurs universités canadiennes apporte un témoignage et des analyses montrant combien la culture du sport peut être un révélateur des changements sociaux globaux.

  • Le centre en France relève de définitions en creux. Les termes "juste milieu", "marais", "entre-deux" ont une connotation négative. La culture politique française ne reconnaît pas ce qui n'est ni la droite, ni la gauche. Le centriste est bien souvent celui qui évolue de la gauche vers la droite au gré des circonstances et par ambition personnelle. Le centrisme n'a pas sa place dans une culture politique marquée par le conflit. Le conflit, qui peut aussi s'identifier au consensus, est circonstanciel, construit mais rarement intériorisé. On peut donc s'interroger sur cette image négative qui n'est pas celle que l'on trouve dans tous les pays européens où il existe sans doute une forte tradition de culture libérale ou chrétienne-démocrate et où le poids du parti communiste est plus faible qu'en France. Ce colloque tente d'expliquer les échecs du centrisme en France. Il sera suivi d'un autre colloque au Sénat, au printemps 2005, qui s'attachera à la dimension européenne du "tropisme du centrisme" pour reprendre les termes d'un programme de recherche présenté par Sylvie Guillaume dans le cadre de l'Institut universitaire de France.

  • Chaque année, l'Union Nationale des Clubs Universitaires et l'Union Syndicale des Journalistes Sportifs de France organisent une université d'été. En 2007, la manifestation a été accueillie par la Cité Internationale Universitaire de Paris. Le thème choisi pour cette 25ème Université Sportive d'Été s'intitulait : Le Sport, l'Université, la Société, doublé d'une ambition non dissimulée, en guise de sous-titre : En finir avec les espérances déçues ? L'Université et le Sport ne sont pas au-dessus ou en dehors de la Société mais l'une et l'autre sont bien au coeur de la Société. Or la Société n'est pas au clair sur ce que pourrait être leur rôle, y compris dans cette forme singulière qu'est le Sport à l'Université, lieu de passage obligé pour la formation d'une grande partie de la jeunesse d'aujourd'hui. Pour autant, le Sport et l'Université sont aussi à un moment clé de leur existence. En outre, tout en cherchant leur place au sein de la Société, l'Université et le Sport ont tendance à se regarder avec une certaine distance. L'objectif initial de I'USE était de mettre en relation les représentants des institutions qui ont pour charge de gouverner ces trois domaines afin de fixer ensemble des conditions permettant de lever malentendus et marques de méfiance. Au terme des analyses et des échanges, il semble acquis de pouvoir supprimer de mauvaises habitudes, d'en finir avec des espérances souvent déçues et d'ouvrir de réelles perspectives d'action concertée.

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