Sciences humaines & sociales

  • L'habitat des elites urbaines en europe a l'epoque moderne Nouv.

    L'intention du petit groupe que nous avions réuni à Bordeaux en janvier 2017 dans le cadre du CEMMC (Centre d'études des mondes moderne et contemporain), composé d'historiens et d'historiens de l'art venant d'universités européennes très variées, était de réfléchir à une synthèse sur les hôtels particuliers et les demeures des élites urbaines à partir d'une succession de livres élaborés en commun. Trois thèmes se sont dégagés au cours de nos échanges qui fourniront l'armature de ce premier ouvrage qui a été élaboré à Poznan en Pologne : l'hôtel et son insertion dans l'espace urbain, les usages de l'hôtel particulier et enfin une série de monographies nationales ou urbaines permettant de saisir toute la diversité de la notion. Au Siècle des Lumières, la demeure n'était certes plus l'apanage de la noblesse mais bien de ceux qui avaient les moyens financiers de la faire construire, que cela soit des nobles d'épée ou de robe, des financiers, des grands bourgeois, bientôt des industriels... Sorte de châteaux urbains ou de palais à l'italienne selon les référents, ces hôtels étaient un signe de magnificence, d'ostentation, de prestige et un enjeu entre les élites anciennes et les nouveaux riches issus de la bourgeoisie. Le fait d'aller de l'Espagne à la Lituanie et des Provinces-Unies à l'Italie a permis aux auteurs de faire apparaître des similitudes stylistiques à une époque où tout circulait à commencer par les architectes et les maçons mais aussi de dresser une typologie régionale.

  • Né à Marseille en 1818, Marius Petlpa a effectué l'essentiel de sa carrière comme danseur, puis maître de ballet à Saint-Pétersbourg. Ces carnets, rédigés au cours des dernières années de sa vie (1903-1907), dévoilent le quotidien de l'illustre chorégraphe, décédé en 1910. Ils nous révèlent les coulisses du Ballet impérial et éclairent la vie d'un Français de Russie au début du xxe siècle. Au fil des pages, nous croisons des noms illustres (Preobrajenska, Pavlova, Fokine, Karsavina...), annonciateurs de la glorieuse épopée parisienne des Ballets russes. Petlpa fut également confronté aux événements tragiques de l'année 1905 qui plongèrent la Russie dans une fièvre révolutionnaire affectant jusqu'aux danseurs du Mariinski... Fruit d'un travail scientifique de chercheurs, ce livre offre au public français un témoignage inédit, enrichi de photographies rares de l'auteur de La Belle au bois dormant et de son entourage.

  • L'omnisports n'est ni une alternative au sport de haut niveau, ni une marge du sport et encore moins un modèle d'organisation dépassé. Tout au contraire, le principe de l'omnisports est une composante essentielle du sport et une solution d'avenir. Le maillage des clubs omnisports se trouve d'une part en relation verticale avec les instances nationales (les ministères dont celui de la Jeunesse & Sports, les fédérations unisports), soutenus en cela par leurs propres fédérations multisports, et, d'autre part, en prise directe sur les territoires de proximité en développant de nombreuses initiatives innovantes avec le soutien des collectivités locales. Cependant, les transformations observables dans ce domaine suscitent des inquiétudes, tant certaines ruptures l'emportent sur le dialogue et la concertation. Les clubs universitaires s'interrogent sur le niveau de reconnaissance que leur témoignent les Universités. Selon la FFCO, les clubs omnisports sont une pièce majeure dans l'organisation du sport en France, par delà la spécificité des racines historiques, des itinéraires singuliers et des logiques affinitaires. Au terme des échanges engagés avec la FSGT, la FSCF, l'UFOLEP et l'UNSLL, de fortes convergences se vérifient : sur les projets, les conceptions éducatives, les actions conduites, la diversité des publics, les valeurs à porter. Ce 30ème volume des Cahiers de l'Université Sportive d'Été en prend acte. Sans l'omnisports, modèle plus que centenaire et jalonné jusqu'à aujourd'hui d'innovations et de métamorphoses heureuses, qui pourra soutenir que le sport en France a un avenir pleinement assuré ?

  • Très souvent méconnue ou mésestimée dans ses effets les plus graves, la transphobie regroupe de nombreuses discriminations dont sont victimes les transidentités, qu'elles se définissent comme transgenres, transsexuelles ou en tant qu'identités alternatives. Les données recueillies lors d'un travail d'enquêtes et d'entretiens laissent entrevoir que l'acte transphobe peut aussi bien être le fait de la personne lambda que des institutions censées protéger les personnes. Quels sont les mécanismes à l'oeuvre ? Quelle est la part du social, du politique voire du culturel dans ce qui concoure à la disqualification de l'autre et de la différence ? Cet ouvrage propose un état des lieux de la question en France et des pistes de réflexion à la lumière des Sciences Humaines et Sociales, tout en relayant et en analysant les témoignages sans ambiguïtés du quotidien des personnes concernées. Une sociologie de la transphobie est un travail de recherche qui pose des questions et propose des pistes de réflexions comme autant de réponses possibles aux processus de discriminations.

  • La recherche sur la définition de l'aire d'extension de la métropole bordelaise propose de déterminer les limites du champ d'influences maximales, celui qui est sous l'influence directe de la métropole, et qui est de ce fait, le plus touché par les fonctions métropolitaines de Bordeaux. Les deux premières approches utilisées, migrations quotidiennes de travail et superficies fournies par les permis de construire suivant l'affectation des sols, par zone d'emploi, font apparaître un renforcement de l'attractivité de Bordeaux-zone centrale, entre 1975 et 1990. La troisième approche, synthétique, permet de reclasser les communes du département de la Gironde en fonction de leur degré de métropolisation et aboutit à la délimitation précise de la zone d'influence métropolisée de Bordeaux, qui englobe en 1990, une grande partie du département. Cette croissance va justement dans le sens de l'évolution rendue nécessaire par l'ouverture des frontières et ce n'est donc pas la région qui devrait en souffrir mais au contraire en bénéficier, puisque Bordeaux est au coeur de l'Arc Atlantique. La qualité de vie, le désenclavement de l'aire métropolitaine (TGV, nouveaux ponts...), les grands projets en cours de réalisation (Cité mondiale du Vin, World Trade Center, Cité Internationale des Affaires...) font de Bordeaux une eurométropole qui entend bien devenir le centre de gravité de la façade Atlantique. Cette recherche apporte une pierre à la DATAR pour la construction de sa nouvelle politique d'aménagement du territoire.

  • Le Val d'Aran a souvent été cité pour la beauté de ses paysages. En Espagne, on l'appelle parfois la "petite Suisse catalane". De nos jours, la montagne aranaise attire le tourisme d'hiver et d'été. Cette évolution récente est propre à favoriser le désenclavement de cette région autrefois réputée en Espagne pour son isolement. Le tourisme, avantagé par l'ouverture de la vallée sur la France, est sans doute une chance économique que d'autres vallées des Pyrénées espagnoles peuvent envier à l'Aran. S'il est porteur de nouvelles orientations économiques, il est aussi susceptible d'entraîner des mutations socioculturelles. "Petite Suisse" par la montagne, le tourisme de randonnée et de neige, le Val d'Aran l'est peut-être aussi par son paysage linguistique, où se rencontrent et se croisent plusieurs langues. Mais, alors qu'en Suisse les langues se côtoient géographiquement, là elles se superposent. La langue du Val d'Aran, l'aranais, qui fait partie de la branche gasconne de la famille linguistique occitane, est confrontée à trois autres langues latines, le castillan, le catalan et le français, qui jouissent de statuts supérieurs. Le multilinguisme aranais, où quatre langues latines jouent différents rôles, est un des seuls cas où un parler d'oc se trouve dans cette situation. Un autre cas, plus étendu géographiquement, existe dans des vallées des Alpes italiennes. L'italien, le piémontais et le français se superposent, à des degrés divers, à des variétés locales héritées d'occitan provençal ou de nord-occitan.

  • En Aquitaine, première région vitivinicole française, la vigne est présente sur la majeure partie des territoires, et la filière, avec ses exploitations en Appellation d'Origine Contrôlée, ses caves coopératives et ses maisons de négoce, constitue une forte composante de l'économie régionale. Les grands crus sont les principaux référents pour l'image des vins aquitains et tirent vers le haut l'ensemble du vignoble, et cependant les vins de Bordeaux occultent la diversité et la richesse des vins aquitains, ce qui nuit à une image de l'Aquitaine comme pays du vin. Vignobles et vins en Aquitaine s'attache à étudier ce paradoxe. La première partie, dans une synthèse de nombreux écrits de recherche, explique comment les histoires agraire, économique et humaine de la région ont fait du vin une spécificité aquitaine, inscrite dans les paysages et les sociétés, et évalue le rôle de la « place de Bordeaux ». La seconde partie propose des éclairages plus circonstanciés, regroupés en deux thèmes : les facteurs et marqueurs de la construction des territoires viticoles constituent un premier axe d'étude, suivi par les représentations et la défense de l'image qui forment un second champ. Les territoires viticoles aquitains sont des constructions sociales complexes, génératrices d'une identité forte et porteuse. Cet ouvrage a été réalisé par la collaboration d'historiens, géographes, économistes ou oenologues au sein de la MSHA et dans le cadre de programmes pluridisciplinaires du CERVIN (composante de l'UMR ADES). Il soulève des problématiques telles que l'articulation entre société et terroir, les effets déformants du système AOC ou les logiques territoriales « de clocher » qui ont perturbé la création d'une identité régionale. Les recherches de ces différents auteurs nous permettent de comprendre comment les viticulteurs aquitains ont été en mesure de maintenir une production que le monde entier envie encore malgré la crise.

  • La ville à l'ancienne, celle dont nous pourrions avoir la nostalgie ou que nous réinventons dans nos parcours urbains, n'existe plus. Il n'y a plus de ville d'un seul morceau. Mais des villes en plusieurs morceaux qui constituent autant de nouveaux territoires, juxtaposés, disjoints, articulés, en mouvement... Quelles sont les perceptions et les modes d'habitation de ces nouveaux territoires qui modifient les formes de l'urbanité ? Littérature, cinéma, photographie, carte postale, art contemporain racontent et interrogent l'émergence de l'urbain. Comment les Sciences Humaines rendent-elles compte de ses dynamismes ? Un tel questionnement justifie la transversalité des approches, les discussions entre disciplines. La prise en compte des imaginaires urbains oblige à l'invention de nouvelles problèmatisations et à l'élaboration de nouvelles démarches de recherche.

  • Dans un contexte de renouvellement profond de l'historiographie en histoire sociale, les 23 communications qui constituent cet ouvrage collectif ont pour ligne directrice les milieux élitaires européens, analysés sous trois angles successifs. La première partie, centrée sur la méthodologie, l'épistémologie et l'historiographie s'intéresse aux caractéristiques des élites à travers les âges, de l'Antiquité au temps présent. La deuxième prend le parti d'éclairages successifs sur quelques sociétés de l'Europe occidentale ou centrale, de l'époque moderne à nos jours. La péninsule ibérique et le monde anglo-saxon y sont particulièrement mis en valeur. La dernière s'intéresse aux conceptions familiales et aux pratiques des élites, et ce, plus particulièrement dans la France d'Ancien Régime.

  • Parlements et Lumières : l'association des deux notions peut sembler contre-nature, tant l'historiographie a longtemps vu dans les magistrats une catégorie hostile par principe aux Lumières, les bourreaux de Calas et de quelques autres comme les adversaires égoïstes d'une monarchie éclairée et réformatrice qu'ils finissent par perdre en descendant eux-mêmes à sa suite au tombeau. Seuls quelques avocats apparaissent sous un jour plus favorable, défendant l'innocence accablée par l'injustice des nantis ou prenant part à la Révolution. Pourtant les progrès de la recherche nous conduisent à des vues beaucoup plus nuancées aussi bien sur les cours et les parlementaires que sur les Lumières elles-mêmes qui ne se limitent pas au seul combat philosophique. Dans ce volume collectif, il est question des gens de justice face aux idées nouvelles, des formes de leur adhésion à celles-ci et de la définition qu'ils ont essayé de donner d'un ordre du monde rénové. Réintroduire les parlementaires en tant que tels dans l'étude de la France des Lumières permettra de comprendre celle-ci plus exactement.

  • Lorsqu'on songe aux tropiques, diverses images émergent oscillant la plupart du temps, pour les occidentaux, entre le mythe d'un paradis lointain et la réalité d'une pauvreté incommensurable. Dans ce balancement générant des sentiments mêlés et, souvent, une rhétorique paradoxale, la question de la réalité des tropiques ne se pose pas Les tropiques, dans le sens commun, apparaissent comme un contenant géographique stable mais aux contenus ambigus Cependant la réalité géographique des tropiques ne va pas de soi et ne possède aucune réalité naturelle ; elle fut inventée peu à peu. Cette invention fut en grande partie le fait des scientifiques qui, baignant dans des contextes idéologiques spécifiques à chaque période de l'histoire, ont participé à son émergence et à son développement lis ont contribué par ce fait au grand partage entre l'Ici et I'Ailleurs, entre le Nous et les Autres C'est au prisme de la culture de leurs origines que ces derniers ont mis en place les grandes catégories d'espaces dont les tropiques sont un exemple Entrant dans le sens commun, les tropiques ont alors semblé relever de la nature. Mais, cette naturalisation et les fondements scientifiques sur lesquels elle s'est appuyée, firent, à partir des années 1980, grand bruit dans la communauté des géographes français. Le questionnement n'était et n'est toujours pas de savoir si les tropiques existent ou non, mais plutôt de comprendre les ressorts de leur invention. La révolution des tropiques a bien eu lieu et invite aujourd'hui à parler de tropicalisme comme on parle ailleurs d'orientalisme. Cet ouvrage est le résultat d'une interrogation née il y maintenant presque trente ans, une interrogation a ré-émergé ces dernières années, années de trouble et de doute remettant en question les paradigmes hérités de la modernité vieillissante Plusieurs géographes se sont pliés à l'exercice stimulant consistant à repenser les tropiques. Cet ouvrage, tout comme le prochain consacré à la géographie du développement, est aussi un des fruits de la collaboration entre deux géographes de l'Université de Bordeaux et chercheurs au Laboratoire ADES, C. Bouquet et H Velasco-Graciet.

  • Les co-organisateurs de la 24e Université Sportive d'Été (l'Union Nationale des Clubs Universitaires et l'Union Syndicale des Journalistes Sportifs de France), accueillie à Nîmes par le Sport Université Nîmes Omnisports (SUN) du 22 au 24 septembre 2006, avaient jugé opportun d'engager une réflexion sur les possibilités d'une mise en relation de la réalité de départ qu'est le handicap, de l'activité qu'est le sport, de l'objectif qu'est l'intégration. Ils faisaient le pari qu'une conception novatrice de la pratique des activités physiques et sportives - organisée au sein du cadre associatif des clubs - peut être de nature à ouvrir la voie à une intégration réussie. Restait cependant en suspens l'interrogation relative à la latitude d'intervention que peuvent s'autoriser les associations sportives, à propos d'une action éducative aussi délicate à saisir dans ses traits généraux que dans la nécessaire diversité des situations possibles. Le présent volume des Cahiers de l'USE est le fruit de ces travaux. Si le club sportif est en mesure d'ouvrir des perspectives innovantes, il ne saurait agir seul. Il lui faut rechercher des partenariats choisis et indispensables. Ces acteurs impliqués doivent être capables de se doter des outils nécessaires pour appréhender la spécificité des handicaps. L'enrichissement de la vie collective et sportive, par l'intégration des personnes en situation de handicap, suppose de pouvoir satisfaire à toutes ces exigences.

  • Le centre en France relève de définitions en creux. Les termes "juste milieu", "marais", "entre-deux" ont une connotation négative. La culture politique française ne reconnaît pas ce qui n'est ni la droite, ni la gauche. Le centriste est bien souvent celui qui évolue de la gauche vers la droite au gré des circonstances et par ambition personnelle. Le centrisme n'a pas sa place dans une culture politique marquée par le conflit. Le conflit, qui peut aussi s'identifier au consensus, est circonstanciel, construit mais rarement intériorisé. On peut donc s'interroger sur cette image négative qui n'est pas celle que l'on trouve dans tous les pays européens où il existe sans doute une forte tradition de culture libérale ou chrétienne-démocrate et où le poids du parti communiste est plus faible qu'en France. Ce colloque tente d'expliquer les échecs du centrisme en France. Il sera suivi d'un autre colloque au Sénat, au printemps 2005, qui s'attachera à la dimension européenne du "tropisme du centrisme" pour reprendre les termes d'un programme de recherche présenté par Sylvie Guillaume dans le cadre de l'Institut universitaire de France.

  • Chaque année, l'Union Nationale des Clubs Universitaires et l'Union Syndicale des Journalistes Sportifs de France organisent une université d'été. En 2007, la manifestation a été accueillie par la Cité Internationale Universitaire de Paris. Le thème choisi pour cette 25ème Université Sportive d'Été s'intitulait : Le Sport, l'Université, la Société, doublé d'une ambition non dissimulée, en guise de sous-titre : En finir avec les espérances déçues ? L'Université et le Sport ne sont pas au-dessus ou en dehors de la Société mais l'une et l'autre sont bien au coeur de la Société. Or la Société n'est pas au clair sur ce que pourrait être leur rôle, y compris dans cette forme singulière qu'est le Sport à l'Université, lieu de passage obligé pour la formation d'une grande partie de la jeunesse d'aujourd'hui. Pour autant, le Sport et l'Université sont aussi à un moment clé de leur existence. En outre, tout en cherchant leur place au sein de la Société, l'Université et le Sport ont tendance à se regarder avec une certaine distance. L'objectif initial de I'USE était de mettre en relation les représentants des institutions qui ont pour charge de gouverner ces trois domaines afin de fixer ensemble des conditions permettant de lever malentendus et marques de méfiance. Au terme des analyses et des échanges, il semble acquis de pouvoir supprimer de mauvaises habitudes, d'en finir avec des espérances souvent déçues et d'ouvrir de réelles perspectives d'action concertée.

  • Cet ouvrage est l'aboutissement d'un dialogue franco-russe en philosophie, qui a été développé pendant plusieurs années (2010-2015) sous la direction de Maryse Dennes dans le cadre d'un programme de recherche de la MSHA et à travers des séminaires et des colloques organisés à Bordeaux, Paris, Moscou, Jérusalem, et Cerisy. La participation assidue de François Laruelle à toutes ces manifestations scientifiques a conduit les chercheurs russes et français engagés dans ce dialogue à faire de son oeuvre la pierre angulaire de leurs réflexions communes. L'ouvrage permet de présenter un panorama de la philosophie russe actuelle en y repérant les auteurs, les thèmes ou les orientations qui la rendent particulièrement apte à recevoir la pensée laruellienne. La non-philosophie vs Quantique se trouve présentée, par François Laruelle et ses plus proches collaboratrices, dans la dernière étape de son développement : à partir de l'epistemologie générique, elle s'ouvre sur la messianité et la musique, et offre ainsi un accès privilégié à la philosophie russe, en y trouvant d'étonnantes résonnances et de nouvelles voies d'interprétation.

  • La centralité de l'urgence et les bouleversements des rythmes sociaux produisent de nouveaux régimes temporels, qui remettent en cause les liens et les pratiques communicationnels, les pratiques de transmission et de médiation. Ces mutations, dont les multiples conséquences restent à évaluer, ont déjà retenu l'attention d'anthropologues, d'historiens, d'économistes, de politologues ou de philosophes. Le présent ouvrage propose une approche communicationnelle des enjeux et des problèmes suscités par ces mutations temporelles. Le laboratoire MICA (Médiation, Information, Communication, Arts), équipe d'accueil de la formation doctorale en Sciences de l'information de la Communication et en Arts de l'Université Michel de Montaigne - Bordeaux 3, a déjà tenu plusieurs colloques et réalisé des travaux sur les temporalités médiatiques et l'urgence communicationnelle. Il s'agit ici, à partir des bénéfices de ces premières investigations et des éclairages apportés par les recherches les plus récentes, de prolonger cette réflexion.

  • La sociolinguistique a longtemps considéré l'espace comme secondaire, réduit le plus souvent à une aire d'origine des langues et des locuteurs. La géographie n'estimait pas que la langue puisse produire des structures spatiales, en restant à un stade purement descriptif de situations localisées, dans le cadre de la géographie culturelle comme dans celui de la géographie de la population. Le présent ouvrage contribuera à mesurer le chemin parcouru et la pluridisciplinarité n'est pas ici l'affichage d'une posture de bienséance. Elle découle de la pratique en commun, à travers la diversité disciplinaire, chaque domaine apportant sa part avec une écoute mutuelle. La faculté des langues à s'abstraire de la contextualisation spatiale paraît relative. Si cette faculté repose sur la liberté du locuteur, ce dernier échange toujours avec ses semblables. La question de la spatialisation de la communication qui en résulte et de ses limites se pose en termes d'intercompréhension et de possibilités d'usage, d'où la force croissante des grandes langues qui franchissent ces limites plus aisément que les petites. Il n'est, en ce sens, de langue qu'en relation avec un espace délinéé par des limites au-delà desquelles elle ne sert plus aux locuteurs à communiquer efficacement entre eux. La langue s'inscrit dans l'espace par elle-même mais aussi du fait de la volonté expresse de ses locuteurs. Si elle est une marque culturelle significative pour un groupe humain, il se peut qu'elle concerne plus la communauté de ses utilisateurs que son territoire d'appartenance. Elle pourra agir comme un paramètre déterritorialisé mais, même dans ce cas, le territoire pourra agir à travers son rôle de référence comme pour les langues de diaspora. Enfin, le lien entre la langue et les déclinaisons de l'espace n'est pas toujours direct, aussi bien en liaison avec la notion d'aire qu'avec celle de territoire, dans le cas de modes de vie nomades comme dans celui de l'extension des communications et des déplacements physiques ou virtuels qui en découlent.

  • Est-il possible, aujourd'hui, de penser l'urbain en termes de projet ? Dans un climat d'incertitude, une attitude consiste à comprendre le projet d'architecture et de paysage comme une ouverture au devenir du réel et à en faire, dans le cadre d'une école, un outil de réflexion et d'innovation en prise directe sur la complexité des enjeux urbains. Répondant à la sollicitation de l'Université de Bordeaux engagée depuis 2009 dans la mise en oeuvre de l'Opération Campus sur les sites universitaires de l'agglomération bordelaise, l'atelier campus de l'ensapBx est un lieu de recherche et d'expérimentation. Il se veut force de proposition autour de la vie du campus, de tout ce qu'elle pourrait être, et du lien qui reste à penser et à construire entre les différents temps des utilisateurs de l'Université. La collection ABC - Atelier Bordeaux Campus - se fixe comme objectif de diffuser régulièrement les recherches produites dans le cadre de l'atelier campus. Le premier volume, Structures, restitue une exploration du potentiel de renouvellement et de recyclage des formes bâties à différentes échelles sur le territoire du campus Talence Pessac Gradignan (TPG). L'occasion de jeter les bases d'un « code » de l'espace tel qu'Henri Lefebvre l'appelait de ses voeux, soit d'un langage commun à là pratique et à la théorie, aux habitants, aux architectes, aux scientifiques.

  • Sous l'Ancien Régime, les parlements, de Paris comme de province, étaient au coeur du fonctionnement de l'État. Têtes du système judiciaire français, mais aussi dépositaires des lois autant qu'administrateurs des questions les plus diverses, ils assumaient bien des aspects de la bonne marche du royaume. Cependant, ces cours avaient la réputation non usurpée de se montrer régulièrement indociles, voire rebelles aux yeux de certains ; la Fronde au xviie siècle et les querelles chroniques du xviiie siècle en sont les signes les plus manifestes. Pourtant, au sein de ces cours, le pouvoir royal a toujours eu des partisans, qu'il s'agisse de personnes étant, de par leur fonction, les « représentants » de la monarchie au sein de la cour (les gens du roi) ou de magistrats qui, pour des raisons personnelles et de façon informelle, défendaient la position du souverain (les hommes du roi). Or, si les procureurs généraux sont de moins en moins pour nous des inconnus, on sait en revanche peu de choses des premiers présidents au parlement, tandis que les partisans du pouvoir royal sont souvent ignorés au profit de ceux qui ont incarnés l'opposition à la monarchie. Les seize contributions réunies dans cet ouvrage se proposent de compléter notre connaissance historique de ce groupe politique et social, en s'intéressant â la manière dont ces magistrats ont pu servir le roi, à leurs carrières, à la façon de mener leur travail, et en se focalisant tout particulièrement sur les premiers présidents.

  • Alors que le nombre de publications sur les études de genre ne cesse de croître dans la plupart des disciplines des sciences sociales, il nous est apparu important de faire le point sur l'apport spécifique qu'elles apportent à la géographie si l'on considère que cette discipline est aujourd'hui une science sociale attachée à penser l'espace des sociétés humaines. Comment les études de genre peuvent-elles interroger l'organisation des espaces à toutes les échelles ainsi que la spatialité des acteurs ? La géographie est-elle toujours aussi marquée par une approche androcentrique, par la naturalisation sexuée des espaces et les interprétations qui en découlent ? Quelle place une approche critique des rapports de genre peut-elle avoir à l'intersection d'autres approches géographiques qui s'intéressent au postcolonialisme, aux phénomènes de globalisation, aux migrations ? L'objectif de cet ouvrage est de faire apparaître la dimension épistémologique du genre comme outil de questionnement de la science géographique en général, qu'elle s'appréhende par le biais de l'analyse spatiale, de la géographie des pratiques sociales, d'études régionales ou d'études culturelles.

  • Depuis quelques années l'oeuvre du philosophe russe Gustave Chpet (1879-1937) est l'objet d'une réhabilitation et d'une reconnaissance internationales. Après la parution, en France, de la traduction de Vnutrennjaja forma slova (1927), sous le titre La Forme interne du mot (Kimé, Paris, 2007, trad. N. Zavialoff), nous proposons aujourd'hui celle de Javlenie i smysl : Le Phénomène et le sens. Cet ouvrage, publié à Moscou en 1914, était destiné à présenter la phénoménologie husserlienne en Russie. En fait, il allait devenir le point de départ d'une oeuvre originale, alliant phénoménologie et herméneutique, et dont l'importance dans le développement du structuralisme, de la sémiotique et des sciences humaines en général est aujourd'hui irréfutable.

  • Aujourd'hui, plus que jamais, le fait sportif est envisagé sous l'angle du développement durable. Ce dernier, qui est autant sinon plus une perspective ouvrant sur le futur qu'une réalité tangible, fournit l'occasion d'interroger les pratiques sportives d'aujourd'hui. Les activités de pleine nature, qui ont connu un essor spectaculaire, doivent se montrer respectueuses de l'environnement et des activités économiques locales (élevage, agriculture, par exemple). Les aménagements pour le sport (les équipements et leur desserte, les structures d'accueil, les sites, les itinéraires) donnent matière à des consignes très strictes afin de protéger les lieux. Les comportements des publics de pratiquants (au quotidien, de fin de semaine, en séjour de vacances ou selon d'autres modalités de fréquentation) font l'objet de préconisations précises en appelant à une conduite responsable et à ce que l'on désigne comme une attitude relevant de l'éco-responsabilité ou de l'éco-citoyenneté. Des champions et des championnes qui brillent dans les sports de pleine nature se mobilisent pour promouvoir cette noble cause.

  • Entre 2005 et 2008. sous la conduite de Christian Bouquet et Hélène Velasco-Graciet, trois colloques ont été organisés à la Maison des Sciences de l'Homme d'Aquitaine par le laboratoire ADES-CNRS pour essayer de clarifier la position de la géographie française par rapport aux ambiguïtés de la discipline face à la colonisation, à la tropicalité, et au développement. Après avoir tenté de savoir si la géographie coloniale était colonialiste (L'Empire des géographes), puis si la géographie tropicale était fille de la précédente et avait encore un sens (Les Tropiques des géographes), un ensemble de chercheurs ont affronte la question du « développement ». considéré comme le dernier terrain pour une géographie hors des murs occidentaux, pour confirmer ou infirmer qu'il s'agissait du dernier refuge possible pour ceux qui travaillent dans les Suds. Même si les hypothèses de départ ont été traitées avec d'infinies précautions car le débat n'est pas encore débarrassé des passions anciennes la filiation géographie coloniale / géographie tropicale / géographie du développement n'a pas été démontrée. Comme souvent, plus que des réponses, c'est une série de questions qui surgissent à la lecture des articles. En invitant les auteurs à s'interroger sur le lien qu'ils établissent entre leurs discours sur le développement et leurs actions concrètes dans ce domaine, les organisateurs savaient que le fossé entre les scientifiques et les experts ne serait pas comblé. Il reste donc à savoir pourquoi. En abordant dans son appel à communications le thème des Postcolonial Studies, le colloque a précisé des interrogations qu'il faudra continuer d'explorer. Enfin, en donnant la parole à plusieurs chercheurs originaires des anciennes colonies, cette rencontre a ouvert la porte à une décolonisation des esprits qui pourrait bientôt déboucher sur une géographie (enfin) décentrée. Cette quête épistémologique, qui a donné ici beaucoup de place au terrain, devra donc se poursuivre par le questionnement constant des principes et des pratiques des uns et des autres, en insistant sans doute davantage sur la géographie de l'Autre que sur une géographie de l'Ailleurs.

  • Ce livre invite à examiner les traces du passé de l'éducation par le biais de l'ensemble des supports patrimoniaux qui sont aujourd'hui à la disposition des chercheurs. Il permet également de montrer le rôle de l'historien dans la valorisation scientifique du patrimoine de l'éducation. Cet ouvrage est publié dans le cadre du programme de recherche Patria (Entre histoire et mémoire, le patrimoine aquitain de l'éducation : http://www.patrimoine-aquitain-education.fr/) porté par le CEMMC et l'ESPE d'Aquitaine. Il montre la richesse et la diversité de ce patrimoine éducatif qu'il ne faut pas cependant sacraliser mais étudier en historien, avec méthode et esprit critique. L'ouvrage rassemble les contributions de nombreux chercheurs spécialistes du champ de l'histoire de l'éducation et couvre un grand nombre de domaines concernant l'enseignement, la culture scolaire et plus largement l'éducation et cela à travers trois grands axes : la diversité du patrimoine éducatif pour l'historien, le patrimoine éducatif exploré par les historiens, les nouveaux territoires de la recherche en histoire de l'éducation.

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