Michel de Maule

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Je ne savais et ne sais toujours pas grand-chose de ma famille. Déjà unis pour le meilleur et, hélas, pour le pire, mes parents étaient arrivés de Pologne après l'autre guerre et j'étais venu au monde dans l'arrière boutique. Nous étions dans la fourrure. Ma petite soeur Leah, qui ne m'est plus qu'un souvenir lointain, était née plus tard alors que la boutique était devenue un magasin prospère de la rue Saint Ferréol. La législation antisémite du bon Maréchal de France nous l'avait confisqué, l'arrivée des nazis en zone non occupée nous faisant quitter Marseille pour Malsol. L'idée de m'y faire enterrer me vint en quittant l'hôpital. Il ne me fut pas désagréable de penser y acquérir un bout de terrain. Quelque chose de modeste, six mètres carrés dans le cimetière. A la mairie je fus très bien reçu et le nom de Kourski, aussi exotique qu'il soit, ne rappela rien. Un demi-siècle s'était écoulé, il n'y avait rien d'étonnant à cela. Qui pouvait encore se soucier d'une famille étrangère au pays ? C'est ce qui me vint spontanément à l'esprit mais confusément cela ne me satisfit pas. L'arrestation d'une famille entière dont une enfant de sept ans aurait dû laisser une trace dans la mémoire collective du village.

  • J'étais devant cette ville fermée, triquant de froid par cet automne infâme. Je la surplombais de toute mon ignorance, de ma rancoeur. Tout m'irritait. La route tordue en coudes montueux, cette arrivée brutalement imposée, ce Serbe puant ce matin pâle. Je n'aurais jamais dû discuter ou lire ces mots incongrus dont moi-même je ne saisissais le sens. Voilà cette ville : une de ces impasses pleines de ses interdits, de peaux moites aguicheuses de changes au noir, de méchancetés roulant dans les caniveaux. C'était tout juste cela, une ville suintante aux murs décrépis, rancis à l'odeur des familles, au commencement de preuve par écrit. Écoeurante odeur d'encre fanée. Insolites et insolentes, ces dix-neuf courts récits à la lisière de l'étrange et de la réalité décrivent les indécences, les décadences, les dérives gouailleuses et chaotiques de vies urbaines et banlieusardes.

  • Personnages issus de la monstrueuse copulation des mémoires et des sensations, enfants des états d'âme et des perceptions plus ou moins perverties, descendants des bonheurs et des petites misères de nos auteurs, nous attendons que vous vous libéreriez de vous-même pour nous faire vivre pleinement. Ainsi s'exprime l'un des héros fantasmatiques de ces cinq nouvelles « extraordinaires » écrites autour des rites de la mémoire, de sa transmission et des ses absences. À force de laisser au temps qui s'enfuit le loisir de la destruction, arrive le jour où la mémoire et le mensonge se superposent, donnant naissance à des images de substitution dans lesquelles il est parfois bien difficile de démêler le rêve et la réalité. À travers ces nouvelles et pour ses premiers essais romanesques après le théâtre, Bruno Barbin met en scène des récits à la frontière du surréalisme et du fantastique. Unité de temps, le soir ou la nuit, unité de lieu, un métro, une chambre, en somme l'enfermement devenant le miroir réducteur du monde et de son essoufflement.

  • La cloche avait sonné. Laquelle ? Celle du village ou bien la nôtre ? Je n'avais pas fait attention. Elle sonnait midi, mais midi où ? Étaient-ils si pressés de manger ? Étaient-ce nous les goinfres ? Quand les cloches sonnaient deux fois midi, c'était embarrassant. Quelle heure était la meilleure ? Nous préférions sonner entre-temps, quand la question ne se posait plus, ni trop tôt, ni juste après. Cela nous évitait de commencer à midi juste, pendant que d'autres jeûnaient tout près. L'écart s'accrut entre les deux cloches. Avions-nous tort d'attendre, dans tout ce silence, entre midi et midi ? Que faisaient-ils au village ?

  • Et la vie... Février et les vacances scolaires... les Sables d'Olonne, la plage et la mer poudrées d'un soleil pâlot d'hiver... Les petites bottes rouges d'Elodie et de Julien qui trottinent dans tous les sens sur le sable mouillé. L'air vif et frais mord et rosit les joues un peu trop pâles à mon goût de Julien. Il court vers moi, s'arrête net, essoufflé, la cagoule de travers, la mèche de cheveux rebelle, il plante ses yeux gris bleu, intelligents, droit dans les miens et interroge (il ne supportera pas une réponse tiède ou hésitante, encore moins floue, je le sais) : « Tu sais Tata ? Je m'inquiète pour mon Papa, tu es sûre qu'il est bien là où il est maintenant ? » Après le succès remporté par son premier roman, La Matouze (révélé aux "Lecteurs en Fête" de Laval et Prix spécial du Jury de l'Association des provinces françaises), Éveline Thomer poursuit ici sa saga familiale, avec la tendresse des mots et des gestes de tous les jours et une verve charmante et drôle qui lui est vraiment personnelle.

  • « Petits chercheurs des décombres, petits chercheurs de spleen. Grands magasins de l'époque, quand il n'y a pas de Printemps le long de la vie, nous farfouillons dans des galeries - pas Lafayette pour un sou - mais quelque peu souterraines, sans verrières illuminées. Nos plafonds sont bas et hasardeux dans les décombres de notre enfance, tout comme le plafond du ciel de France, nuageux et cachottier d'avions noirs comme de vilaines mouches à merde. Avions alliés, avions ennemis ou avions martiens, tous des insectes ! Il nous aurait fallu un immense attrape-mouches, punaisé à la voûte céleste. »

  • Bohemia

    Maroushka

    Des Manouches se sont installés autour d´Arles. Le hasard vient de leur faire transgresser un interdit... La jeune narratrice, Maïa, délaissée par son mari musicien, Yanko, croise un vieux Tsigane, un Sinto : Thomas. C´est un survivant des camps de la mort qui est obsédé par l´histoire de son peuple.
    Pourquoi les Tsiganes, après avoir été si bien accueillis par la noblesse européenne, furent-ils par la suite rejetés, haïs ?
    Pourquoi, dès leur arrivée en Europe, partent-ils faire le pèlerinage de Compostelle ? D´après lui, il y aurait une réponse dans les légendes manouches, un enseignement voilé.
    Bohemia est une histoire d´amour, une évocation de traditions oubliées sur une trame historique méconnue : le pèlerinage de Compostelle des Tsiganes.
    Danseuse de formation classique, Maroushka a travaillé auprès de Roland Petit. Désireuse de renouer avec ses origines, elle a mélangé dans ses spectacles danses tziganes et orientales et fait renaître ainsi la tradition des Ghawasies, les Tziganes d´Égypte. Elle a déjà publié : Une Enfance chez Louis-Ferdinand Céline, aux éditions Michel de Maule (2011).

  • Poussés par des raisons diamétralement opposées, Leïla - qui cherche ses racines berbères - et Victor - à oublier Paris - se rencontrent sur la plage d´Imi N´Tourga à Mirleft au Maroc, l´ancien havre de Jimi Hendrix, le guitar hero.
    C´est un véritable choc, sublimé par le décor grandiose. Une passion aux mains d´argile et de soleil, nourrie d´éloignement et de grâce d´un ailleurs primitif qui permet de résister aux différences d´âge et de milieu. Mais à Paris les montagnes sont existentielles et le sel beaucoup plus amer.
    Cofondateur de France 24, correspondant en Allemagne et aux États-Unis, Gérard Saint-Paul a dirigé le service étranger de TF1, l´information de France 3, de RMC et de la chaîne franco-allemande Arte. Il est professeur émérite de journalisme à Sciences-Po.
    Il a déjà publié : La ligne bleue du Rhin : France-Allemagne (Mengès, 1979), Belle du Gévaudan (Michel de Maule, 2011), L'Agenouillement au ghetto (Michel de Maule, 2012).

  • Cette édition réunit les « dernières lettres » écrites par des soldats français tombés au champ d´honneur. Elles parurent pour la première fois en 1922, avec une préface du Maréchal Foch.

  • Dans le patrimoine de l´humanité, l´une des merveilles sans doute les moins connues se trouve en Syrie. Sur cette terre qui vit naître l´alphabet et fut le lieu d´élection du Dieu unique, on appelle « villes mortes » les centaines d´églises et de couvent

  • Dans un Sud sauvage et désertique, les armes circulent, les conflits et la menace quotidienne du terrorisme forcent les êtres à se dépasser, à révéler aux autres et à eux-mêmes, le meilleur et le pire de leur caractère.
    Partageant la même passion pour les chevaux, une toute jeune fille et un homme vivent un amour qui les transfigure et les conduit à s´affranchir de toutes les conventions.
    Dans ce pays où des civilisations s´affrontent, les femmes musulmanes sont recluses. Les hommes esseulés sont impuissants à participer à la vie familiale et sociale. À l´opposé, les femmes libres, comme l´héroïne, combattent aux côtés des hommes et se réalisent pleinement.
    L´auteur, née au Maroc, y a vécu longtemps. Elle évoque ici ses souvenirs d´enfance et sa fascination pour une culture qu´elle aime profondément.

  • 1870, 1914, 1939. Trois guerres nées de l´égoïsme, du chauvinisme et de la lâcheté, trois guerres qui n´auraient pas dû éclater.
    Napoléon III et ses conseillers ont déclaré la première alors qu´ils avaient toutes raisons de ne pas le faire. Si l´on effac

  • Après le décès en 1911 de Madame Alexandre della Faille de Leverghem, ses descendants continuent à vivre sur le domaine du Lackbors, situé à Deurne près d´Anvers, où chacun a construit sa demeure.
    On se voit beaucoup, on se rencontre dans les allées, on va chez l´un et l´autre, tous cousins, tous unis par un puissant esprit de famille. Une propriété s´appelait à cette époque une campagne. Gustave, le père de Lydia, y côtoie ses quatre frères, Gaston, Jules, Ludovic (dit Fio) et Henry.
    En 1914, Gaston et Ludovic sont encore célibataires, et l´ardente Lydia parle beaucoup de ces jeunes oncles dans son journal. La guerre bouleverse cet état idyllique. On verra la famille partant au gré des rumeurs, tantôt à Anvers, tantôt dans leur campagne de Deurne, subissant l´attaque de zeppelins, ou l´attente des obus.
    La Belgique tout entière semble une vaste fourmilière affolée de gens courant en tous sens, perdant le nord, ne sachant où se réfugier, où déposer en lieu sûr leurs biens transportables. Mais elle est aussi grandie par cette vague patriotique qui anime la jeune Lydia à vouloir « soigner les blessés » et pousse les oncles si séduisants à prêter leurs propriétés aux armées et à s´engager au combat.
    Présidente du P.E.N. Club belge, vice-présidente du Centre Marguerite Yourcenar, membre du jury du Prix Simone Veil, Huguette de Broqueville a publié entre autres : « On ne répond pas à un crapaud » (Calmann-Lévy, 1968), « L´étrange volupté de la mathématique littéraire » (Jacques Antoine, 1983), « Uraho ? Es-tu toujours vivant » (Mols, 1997) et aux éditions Michel de Maule : « Lydia, l´éclat de l´inachevé » (2007), « Tentation » (2009), « Les Indignations de la Bécasse » (2011).

  • À l´exemple de Socrate, André Giovanni part de l´expérience des faits pour dénoncer les idéologies qui déforment le réel.
    Essayiste, il pourfend les utopistes : « Ces grandes cervelles ont-elles encore une idée claire, suffisamment concrète des réalités qui constituent depuis tant de siècles le corps, l´esprit et l´âme de la France ? Leurs valeurs sont abstraites, empruntées au vocabulaire d´idéologies dont ils ne se lassent jamais, car c´est leur fonds de commerce. En dépit des faillites successives. Hélas ! Les victimes de leurs erreurs, ce sont les Français. » C´est la pensée d´un humaniste chrétien qui attaque le productivisme, le mépris de la nature, le laxisme de l´éducation, le déclin de la langue française.
    Au fil des pages, nous côtoyons Rabelais, Montaigne, La Fontaine, Paul Valéry, Georges Bernanos, Jacques Perret, Paul Guth, Jacqueline de Romilly et nombre de sommités médicales et scientifiques. La dernière chronique de cet ouvrage s´intitule : Sauvegarde de la France.
    Un vrai message d´espérance. Que l´on retrouve dans son dernier ouvrage de Philosophie-Esthétique consacré à Pieter Brueghel. L´auteur, fidèle à sa pensée humaniste, analyse dans l´oeuvre du peintre l´illustration constante de l´ordre naturel qui unit le monde et la transcendance.
    Philosophe, journaliste, écrivain, André Giovanni préside l´Académie de l´art de vivre fondée par Pierre Benoit, Paul Morand, Jean Cocteau... Essayiste (Diogène ou l´Homme introuvable). Nouvelliste (« Des yeux d´enfant au pays des hommes », « Des femmes pour rêver »). Romancier (« La Messe vénitienne »). Poète (« L´Offrande à la Corse », « Cérémonial sur les falaises »)... Une oeuvre littéraire couronnée par le grand prix de l´Académie des Provinces françaises, le prix France-Méditerranée, le prix Edmond Haraucourt et le prix Alexandre Pouchkine.

  • Van Gogh par lui-même ; plus précisément, par l´intercession de Karin Müller travestie en narrateur de la vie du peintre. L´auteur nous dit tout de son enfance solitaire, de sa famille nombreuse, de son père pasteur, de sa courte carrière de marchand de

  • Pindare disait : « Deviens qui tu es, quand tu l´auras appris. » Quelle est la scène de ce devenir ? Où va se révéler cette essence qui est la nôtre ? Quels rôles jouent l´hérédité, les circonstances sociales et politiques ? Les histoires de vies

  • RÉVEILLE-TOI, FOOTBALL... porte un éclairage inédit et saisissant sur le sport préféré des Français et de tous les Terriens.
    Pour Gérard Etcheverry - ancien grand reporter au journal L´Équipe, et ex-rédacteur en chef de la radio Sport O´FM - si le football est bien le plus grand spectacle populaire qui soit, force est de constater que c´est un football du vedettariat qui triomphe partout dans le monde. Il se heurte à une transformation qui se caractérise par une dérive irrationnelle qui l´éloigne de plus en plus de l´esprit sportif. La leçon à en tirer ? Le roi football s´apparente de plus en plus à une bombe qui risque à tout moment d´exploser...
    Gérard Etcheverry a couvert la plupart des grands événements du football de ces quarante dernières années. Ses articles, ses reportages ainsi que ses chroniques lui ont assuré un nom dans le monde du ballon rond. Il a déjà publié : « Nous sommes tous des Hooligans » (L´Âge d´homme, 1990) et il a participé à l´écriture du livre de Joël Quiniou : « Libre arbitre » (TF1 éditions, 1995).

  • Lucas est psychanalyste. Maelle fut sa patiente. Ils ont connu une courte liaison, suivie d´une longue amitié. Dans le monde de l´inconscient, les pulsions comme les sentiments s´agitent dans l´ombre, souvent en vain. Souffrance, humour également.
    Nathan, le frère jumeau et gay de Lucas, apporte une légèreté salutaire au centre du conflit, mais lui aussi a ses problèmes, qui n´iront pas sur un divan mais aux urgences.
    Au-dessus de ce microcosme parisien, bien ancré rive gauche rive droite, plane la pensée conductrice du maître jungien, le docteur Émile Blachère, le mentor de Lucas. En ce début de ­siècle, Philippe de Miomandre, passionné par la psychologie des profondeurs, s´amuse et nous amuse avec les « choses » les plus graves : LA FOLIE DES HOMMES.
    Poète, lauréat de l´Académie française, Philippe de Miomandre a écrit une biographie de Cocteau (Moi, Jean Cocteau, éditions Akr, prix des Parisiens de Paris, 2003). Chacun parle de l´autre est son cinquième roman après Séparations (éditions Akr, 2003), Impasse du rêve (éditions Akr, 2004), Autopsie d´une passion et Chronique du bonheur (Michel de Maule, 2009 et 2011).

  • Georges Braque a peint plus de soixante tableaux ayant pour sujet des barques entre 1928 (date à laquelle il se fait construire un atelier en Normandie et reprend la peinture de paysage abandonnée dix-sept ans plus tôt) et 1960, trois ans avant sa mort.

  • Toro

    Eric Schilling

    La corrida vit d´être cruelle, sanglante, tout en étant pure beauté et dépassement de l'instant. La mort, l´amour. Le plaisir, la loi. Affronter, risquer. Jouissance secrète, punition publique. Voilà le couple infernal ! Simon Casas, SPA. Mais pourquoi apprécie-t-on ce plaisir défendu ? Le couple aficionados-anti-taurins est indissoluble, l´un fait vivre l´autre.
    Il ne s´agit pas ici d´apporter des réponses, mais de témoigner à travers des personnages, des réflexions philosophiques, des histoires plus ou moins érotiques, de la complexité de ce qui se cache derrière le mot : "aficion". À la fois, culte du "toro", amour d´un sublime tragique, approche des limites de l´humain, du risque ultime et de la mort... L´"aficion" n´est pas simple, n´est pas réductible à une formule toute faite. S´il fallait faire vite, il faudrait dire que l´archaïque et l´ancestral en sont des éléments de fond, profondément attirants.
    Docteur en philosophie, Éric Schilling est spécialiste de musique indienne. Il a publié "La Musique de Shiva" (éd. Michel de Maule, 2010), il est l´arrière- arrière petit-fils du « toréador » arlésien Antoine Granat (quadrille provençal Bayard), il a été critique taurin dans la revue "L´Écho du Callejon" et enseigne la philosophie à Paris.

  • Yves Lemoine et Jean-Pierre Mignard s´interrogent sur les origines du Droit dans nos sociétés, sur les grandes traditions dont il est issu et sur ses évolutions intellectuelles en Occident.

    Si leur cheminement passe par l´étude de grandes figures telles que Francisco de Vitoria, Érasme, Thomas More, Portalis, l´abbé Grégoire, William Wilberforce, ou encore René Cassin, leur questionnement sur Athènes et Rome initie une réflexion sur l´humanisme juridique. L´idée que le Droit se réfère à un état supérieur d´Être et que le droit naturel fonde notre vie en société.
    "Le Défi d´Antigone" prévient du danger de former de jeunes juristes à être des marchands de droit et non des jurisconsultes : n´oubliez pas d´où vous venez... N´oubliez pas non plus où vous allez...

  • L'art-chimie

    Michel de Maule

    Entre l´atelier de l´artiste et le laboratoire du chimiste, il y a des ressemblances, même si le peintre n´a pas toujours recours à des théories complexes pour réaliser le liant qui lui permet d´appliquer la couleur dont il rêve. L´histoire de l´art l´a

  • Il y a encore quelques mois, je ne savais rien ou presque de l´histoire de mes ancêtres. Il m´a fallu ouvrir ces cartons anonymes qui s´entassaient dans un grenier familial pour y découvrir, nichée dans mon ascendance, une véritable histoire du judaïsme français. Mon arbre généalogique, au départ si mystérieux, s´est transformé au gré de mes recherches en une série de destins qui donnait à voir la naissance et l´épanouissement d´une élite israélite, à qui il est progressivement devenu possible d´être à la fois tout à fait française et tout à fait juive. L´histoire de ma famille, en enjambant quatre siècles et en puisant sa trame dans les bassins historiques du judaïsme français, éclaire cette double allégeance réussie : à la nation française et au judaïsme.
    À travers l´histoire de mes ancêtres, est également apparue sous nos yeux une histoire de France, avec certains de ses épisodes les plus importants : la Révolution, les campagnes napoléoniennes, la conquête de l´Algérie, la naissance de la IIIe République, la construction de la Tour Eiffel, la guerre de 1914-1918, la Résistance et Vichy, les Trente Glorieuses.
    J´ai souhaité écrire l´histoire de cette saga familiale, du dix-huitième au vingt-et-unième siècle, pour raconter le parcours de mes ancêtres, ces Français israélites qui ont connu l´émancipation, l´assimilation et enfin l´intégration à la nation et à la société françaises.
    Adrien Cipel est né en 1985. Descendant direct de ces Français israélites et diplômé de l´ESSEC, il est conseiller auprès de dirigeants de grandes entreprises françaises.
    Samuel Ghiles-Meilhac est historien, docteur de l´École des Hautes Études en Sciences Sociales. Il enseigne à Sciences-Po Paris et a publié en 2011 Le CRIF - De la Résistance juive à la tentation du lobby, aux éditions Robert Laffont.

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