Olivier (L')

  • Les vitamines du bonheur Nouv.

    « Tout le monde rêve. Si tu ne rêvais pas, tu deviendrais fou. J'ai lu des trucs là-dessus. C'est une soupape. Les gens rêvent quand ils dorment. Ou alors, ils deviennent dingues. Mais moi, quand je rêve, je rêve de vitamines. Tu comprends ce que je te dis ? »

    Après Hemingway et Salinger, Carver s'impose comme le maître de la short story. En donnant la parole aux « gens normaux », il montre que chaque vie recèle un mystère que seule la littérature a le pouvoir de dévoiler.

    Traduit de l'anglais (États-Unis) par Simone Hilling

  • Le londres-louxor Nouv.

    Une jeune femme, blonde depuis peu, entre au Londres-Louxor. Dans cet ancien cinéma parisien des années 1920 se retrouve la diaspora de Bosnie. On y parle peu de la guerre, davantage d'affaires, et beaucoup des soeurs Vitch. Ariana est comptable, Esme est écrivain. L'une séduit les hommes, l'autre les comprend. Ces derniers temps, au Londres-Louxor, on croise surtout Esme à la recherche de son aînée partie sans explication. Cette disparition émeut les habitués du lieu et pousse chacun à abattre ses cartes dans un jeu déroutant : l'évocation d'un pays d'origine dont l'histoire s'est éparpillée au fil de versions multiples ou dégradées, de fragments et de mythes.

    Postface inédite de l'autrice

  • Le brutaliste Nouv.

    Qui est cet homme déchu qui accepte de répondre aux questions d'un écrivain ? Un architecte jadis puissant, riche et célèbre. Les mots d'ordre qui ont régi sa vie : jouer, s'amuser, gagner. Ses jouets ? Les tours des Amoreiras, qu'il a conçues et qui surplombent Lisbonne. Mais aussi les femmes, auxquelles il impose des jeux sexuels et qu'il filme dans des positions dégradantes. La partie prend fin quand ces enregistrements lui sont dérobés. L'onde de choc se propage dans l'opinion publique : le Brutaliste est traîné dans la boue et les Lisboètes s'indignent ou se gaussent. Trente ans après l'affaire, son nom provoque toujours le malaise au Portugal.

    Le Brutaliste est le récit de l'ascension d'un homme, puis de sa chute spectaculaire. Le narrateur entraîne le lecteur à partager avec lui l'attirance et la répulsion qu'il éprouve pour le « monstre ». Avec une lucidité dérangeante, il observe également la jouissance de ceux qui regardent les hommes tomber.

  • Meridien de sang Nouv.

    « Dehors s'étendent des terres sombres retournées piquées de lambeaux de neige et plus sombres au loin des bois où s'abritent encore les derniers loups. »

    Après avoir fui la hutte paternelle au Tennessee, un garçon de quatorze ans, dit le Gamin, s'enrôle dans une bande de hors-la-loi payés au scalp. Ces soldats de fortune pillent, brûlent et tuent, menés par le Capitaine Glanton et son second, le Juge, géant surhumain au savoir encyclopédique. Arrivés au Colorado, ils sont décimés par les survivants d'Indiens Yumas. Un long affrontement commence alors entre le Juge et le Gamin, au pied des dunes de la Vallée de la Mort.

    Méridien de sang est une équipée sauvage et tragique, sur laquelle plane l'ombre d'Edgar Allan Poe. Cormac McCarthy y déploie sa vision de l'Amérique, hantée par la violence des hommes et la question du Mal.

    Traduit de l'anglais (États-Unis) par François Hirsch

  • En retard pour la guerre Nouv.

    Janvier 1991. Tous les yeux sont tournés vers l'Irak. Saddam Hussein cédera-t-il à l'ultimatum lancé par l'ONU après l'invasion du Koweït ? Mettra-t-il sa menace à exécution en usant d'armes chimiques et bactériologiques ?

    Pour la jeunesse de Jérusalem, l'ambiance est aux fêtes de fin du monde. Constance Kahn, étudiante en histoire antique, se pose des questions aussi pragmatiques qu'existentielles : comment faire confiance à du scotch, une serpillière mouillée et un masque à gaz pour se défendre ? Comment peut-on fixer un rendez-vous avec la guerre ?

    Mais le plus grand danger n'est peut-être pas celui qui fait la une des journaux. Car dans l'absurdité tragi-comique de ces semaines, et dans le huis clos imposé par un couvre-feu, c'est un autre combat qui se joue.

    1 autre édition :

  • Will Nouv.

    Will marche dans Clapham Road. Il doit absolument se procurer sa dose quotidienne d'héroïne avant d'aller travailler. Et il n'a que 57 pence en poche. Nous sommes à Londres, le 6 mai 1986.

    Ainsi commence cet extraordinaire récit autobiographique, qui relate cinq moments clés de la vie de son auteur. Car Will, c'est Will Self, éternel enfant terrible d'une littérature britannique qu'il ne cesse de perturber depuis son premier roman, Vice-Versa, jusqu'à sa trilogie « moderniste », Parapluie, Requin, Phone.

    Qu'est-ce qui pousse cet écrivain, l'un des plus doués de sa génération, à revisiter sa jeunesse ? La nostalgie ? Certainement pas. La honte d'avoir été un junky ? C'est peu probable. À l'instar de Joyce écrivant l'admirable Portrait de l'artiste en jeune homme, Will Self revient à la source même de son oeuvre : la crise existentielle d'où jailliront plus tard des romans pleins d'une énergie sauvage.

    Brillant, comique, émouvant, ce livre est un feu d'artifice littéraire unique en son genre.

    Traduit de l'anglais par Françis Kerline.

  • Seul entouré de chiens qui mordent Nouv.

    « Ce sont des mots que l'on a entendus derrière une porte et qui nous invitent dans l'intimité des autres. C'est la tête que l'on tourne vers un éclat de rire dans la rue. Le hoquet de tristesse d'une fille apprenant une mauvaise nouvelle au téléphone. C'est la phrase glissée dans une conversation, une phrase qui ne paie pas de mine, prononcée comme on dit ça comme ça et dont, pourtant, on se souviendra toute sa vie. C'est le bruit que font les autres sur le fil des secondes. »

    Ces autres qui nous entourent, David Thomas excelle à les dépeindre. Son art de la brièveté, son écriture vive et précise font naître des personnages inoubliables. Avec leurs qualités, leurs failles, leurs contradictions, leur noirceur parfois, leur drôlerie aussi.

    Seul entouré de chiens qui mordent offre une singulière façon de regarder le monde. Avec une pointe d'ironie. Et toujours beaucoup de tendresse.

  • Normal people Nouv.

    Connell et Marianne ont grandi dans la même ville d'Irlande. Il est le garçon en vue du lycée, elle est la solitaire un peu maladroite. Pourtant, l'étincelle se produit : le fils de la femme de ménage et l'intello hautaine connaissent ensemble leur premier amour.

    Un an plus tard, alors que Marianne s'épanouit au Trinity College de Dublin, Connell s'acclimate mal à la vie universitaire.

    Un jour, tout est léger, irrésistible ; le lendemain, le drame pointe et les sentiments vacillent.

    Entre eux, le jeu vient tout juste de commencer.

    Sally Rooney réussit le tour de force de donner une dimension unique et universelle à cette histoire. Porté par des dialogues saisissants de justesse, Normal People est un roman magistral sur la jeunesse, l'amitié, le sexe, sur les errances affectives et intellectuelles d'une génération qui n'a plus le droit de rêver, mais qui s'entête à espérer.

    Traduit de l'anglais (Irlande) par Stéphane Roques.

  • Petite Nouv.

    « J'avais treize ans, et fini de grandir. On mange pour grandir. Je ne grandirai plus, m'étais-je dit. Je ne mangerai plus que le minimum. Ce qu'il faut pour durer. Cela faisait comme un champ d'exploration immense, la découverte d'un territoire sauvage et secret. »

    Nouk croit reprendre le contrôle de sa vie en cessant de s'alimenter. Elle découvre le plaisir inavouable d'être la plus forte, et de mentir, mentir, mentir jusqu'au vertige.

    Avec ce roman pur et violent, devenu un talisman pour plusieurs générations de lectrices et lecteurs, Geneviève Brisac obéit à une seule exigence : dire la vérité, quoi qu'il en coûte.

  • La galaxie cannibale Nouv.

    « Il découvrit qu'il n'était pas un découvreur - à la fois trop misérable et trop rusé pour les étoiles. »

    Enfant, Joseph Brill s'était cru promis aux plus hauts mérites. Il se voyait enseigner aux générations futures les lumières de l'Esprit moderne autant que la tradition juive. Mais le temps passant, il a renoncé à ses grandes ambitions.

    Jusqu'au jour où Beulah Lilt et sa mère franchissent la porte de sa modeste école du Middle West. Le coeur tremblant comme à l'approche d'une révélation, Joseph se penche sur le mystère de sa vie : sa jeunesse dans le Marais, la rue des Rosiers, l'Occupation ; l'exil en Amérique puis les espoirs déçus. Et ce visage de femme qui le trouble, réveillant en lui des énigmes dont il cherche en vain la clé.

  • Pas gentil Nouv.

    Qu'est-ce qu'être juif pour ceux qui ne savent pas eux-mêmes en quoi ils le sont ?

    Brusquement confronté à sa judéité dans l'après-coup des attentats de Charlie Hebdo et de l'Hyper Cacher, Bernard Vorms s'interroge. Et si cette prise de conscience tardive n'était, finalement, que l'effet de l'âge ? Français, il l'est et ne peut en douter. Mais juif ? « Je le suis comme vous ne l'êtes pas », pourrait-il dire, à la manière de Raymond Aron.

    Pour ce lecteur boulimique, la réponse est peut-être dans les livres. De Montaigne à Bernard Frank en passant par Emmanuel Berl et Isaiah Berlin, sans oublier les grands classiques de l'antisémitisme (Drumont, Bernanos, Drieu, Morand), il explore sa bibliothèque. En vain.

    La solution est peut-être ailleurs, dans « la vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie par conséquent réellement vécue ».

    À condition d'en rire. Comme dans une histoire juive.

  • L'inconnu de la poste Nouv.

    « La première fois que j'ai entendu parler de Thomassin, c'était par une directrice de casting avec qui il avait travaillé à ses débuts d'acteur. Elle m'avait montré quelques-unes des lettres qu'il lui avait envoyées de prison. Quand il a été libéré, je suis allée le voir. Routard immobile, Thomassin n'aime pas bouger hors de ses bases. Il faut se déplacer. Je lui ai précisé que je n'écrivais pas sa biographie, mais un livre sur l'assassinat d'une femme dans un village de montagne, affaire dans laquelle il était impliqué. Mon travail consistait à le rencontrer, lui comme tous ceux qui accepteraient de me voir. »

    F. A.

    Le village, c'est Montréal-la-Cluse. La victime, c'est Catherine Burgod, tuée de vingt-huit coups de couteau dans le bureau de poste où elle travaillait. Ce livre est donc l'histoire d'un crime. Il a fallu sept ans à Florence Aubenas pour en reconstituer tous les épisodes - tous, sauf un. Le résultat est saisissant. Au-delà du fait divers et de l'enquête policière, L'Inconnu de la poste est le portrait d'une France que l'on aurait tort de dire ordinaire. Car si le hasard semble gouverner la vie des protagonistes de ce récit, Florence Aubenas offre à chacun d'entre eux la dignité d'un destin.

    Florence Aubenas est grand reporter au journal Le Monde. Elle a notamment publié La Méprise : l'affaire d'Outreau (Seuil, 2005) et Le Quai de Ouistreham (L'Olivier, 2010), qui a connu un immense succès et redéfini la notion de journalisme d'immersion.

  • Des trucs pour augmenter vos chances de gains au loto et à la loterie Nouv.

    Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Fraenkel, un éclair dans la nuit Nouv.

    En 1915, étudiant en médecine, il est, comme son ami André Breton, mobilisé avec un an d'avance. Dès lors, il va continuellement flirter avec la mort sans jamais renoncer à son goût pour la liberté. Envoyé en Russie en 1917, il assiste de près à la Révolution. Il en rentre marqué pour la vie. Aussi le retrouve-t-on en janvier 1920 parmi les premiers dadaïstes parisiens et ensuite au sein du mouvement surréaliste. En août 1936, il participe à la bataille des Baléares. Quand la Seconde Guerre mondiale éclate, il se cache (il est Juif), puis il traverse à pied les Pyrénées avant de rejoindre l'escadrille Normandie-Niémen.

    Cet homme, c'est Théodore Fraenkel. Oublié des livres d'Histoire, il aura connu Vaché et Aragon, Desnos et Tzara, le stalinisme et la guerre d'Algérie. Révolutionnaire dans l'âme, Fraenkel est aussi un amoureux passionné, tel un personnage de la Nouvelle Vague égaré dans un roman de Victor Serge.

    Interrogeant les derniers témoins, et consultant des archives inédites, Gérard Guégan a mené une minutieuse enquête. Dans cette biographie digne d'un roman d'aventures, il fait le portrait d'un homme au destin hors-normes.

  • C'était à Manhattan, dans les années 80. Corrine était courtière en Bourse. Russell, éditeur. Ils avaient trente ans et des poussières. Tout semblait parfait autour d'eux. Les amis, les soirées branchées et les fluctuations du Dow Jones. Ils pensaient rester éternellement jeunes, talentueux et intelligents.

    Mais Corrine a voulu des enfants et Russell n'était pas prêt. Jeff est retombé dans la drogue, Trina Cox est arrivée. Soudain, plus rien ne s'est passé comme prévu.

    Le 18 octobre 1987, les golden boys se jetaient du haut des immeubles, à Wall Street, en réaction au krach boursier. La comédie new-yorkaise se teintait de désenchantement, annonçant la fin des grandes espérances.

    Traduit de l'anglais (États-Unis ) par Jacqueline Huet et Jean-Pierre Carasso

  • « C'est à ce moment-là, je crois, que je décidai de partir pour un voyage dont j'ignorais la destination et la durée. J'étais désargenté, désenchanté. Mais je voulais me replonger dans le courant de la vie, me battre pour ou contre quelque chose, retrouver l'envie du bonheur et le goût de la peur, lutter contre la force des vents, éprouver la chaleur, le froid, casser des cailloux et, s'il le fallait, creuser les flancs de la terre. »

    Paul Peremülter est écrivain. À la fin de son treizième livre, déçu par son travail et toute une vie d'homme assis, il entreprend un périple aux États-Unis puis au Québec. Mais ce voyage, qu'il voudrait simplement excentrique, va le conduire au plus profond de lui-même. C'est dans ce monde magique et étouffant qu'il découvrira ce qu'il n'aurait jamais dû savoir.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Parce qu'il n'a pas réussi à avouer à sa mère son intention d'arrêter sa thèse, Antoine se condamne à la terminer, disant adieu à ses projets de vacances. Mais le compte à rebours lancé, son quotidien vire à la catastrophe. Entre l'énigme de son frère, venu droit de Londres s'échouer sur son canapé, sa peur panique de ne pas y arriver et son angoisse de mettre un point final à ses études, rien ne se passe comme prévu : la perspective de sa soutenance se fait chaque jour plus incertaine.

    Otage consentant des névroses familiales, pris dans une actualité chaotique qui met Paris et sa banlieue en ébullition, Antoine se prépare en toute sérénité au plus grand jour de sa vie.

    Anne Urbain réussit à nous faire rire en abordant des sujets graves. Et s'intéresse à la place qu'occupe chacun au sein d'une famille. Elle observe, non sans ironie, les conséquences du dérangement d'un ordre établi.

    Anne Urbain a publié sa thèse de doctorat sur la censure de la littérature érotique au XXe siècle. Professeure agrégée, elle enseigne les lettres au lycée et à l'université. La soutenance est son premier roman.

  • Francie a huit ans quand la dépression de sa mère, Elaine, vient bouleverser à jamais son existence. Recueillie par son oncle et sa tante, Francie grandit entourée d'affection auprès de sa cousine Vicky. Malgré tout, elle vit une jeunesse singulière, détachée du réel, habitée par la peur de la folie. Mère et fille tracent dès lors leur chemin : l'une survit, l'autre se construit en s'efforçant de « ralentir le monde » et de sonder ses souvenirs d'enfance.

    Mais comme toujours dans les romans d'Aimee Bender, la fantaisie règne : un insecte décorant un abat-jour prend vie puis s'échappe, une fleur brodée sur un rideau tombe au sol, bien palpable... L'imaginaire devient le lieu le plus propice à la découverte de vérités profondes.

    Un papillon, un scarabée, une rose est avant tout le récit d'une transformation : du chaos au pardon, de l'incompréhension à la résilience.

    Traduit de l'anglais (États-Unis) par Céline Leroy

  • « Faire de quelqu'un une icône, c'est le transformer en abstraction, et les abstractions sont incapables d'une communication vitale avec les vivants. »

    Le premier tome de Considérations sur le homard (L'Olivier, 2018) réunissait les textes de David Foster Wallace consacrés à la politique et à la société américaines. Ce second volume rassemble ses essais sur la littérature, le langage et la communication.

    Qu'il analyse l'humour existentiel de Kafka, qu'il règle son compte aux « écrivains narcissiques » et aux autobiographies de stars du sport ou qu'il dresse le portrait d'un célèbre animateur de radio obsédé par l'affaire O.J Simpson, l'auteur de L'Infinie Comédie continue de nous éblouir par son humour, sa curiosité et surtout sa créativité, qui semble ne connaître aucune limite.

    Traduit de l'anglais (États-Unis) par Jakuta Alikavazovic

  • Dès le XIe siècle, la mentalité médiévale éprouve le besoin de s'exprimer à travers une vision élargie de l'univers. Les empires s'écroulent, les états se forment ; l'homme, lui, se cherche. La Croisade lui permet de faire éclater son vieux mode de pensée occidental, et de s'enrichir aux sources mêmes de cet Orient fascinant et mystérieux qu'il était allé combattre. L'art roman cristallise ces tendances dans la décoration des églises. De ses chapiteaux surgissent des bêtes à tête humaine, et des êtres fabuleux, tandis que les murs s'ornent de scènes de l'Écriture et de l'Apocalypse. Cette recherche, cette symbolique, peuvent paraître désordonnées et quelque peu inquiétantes. En fait, à travers son univers imaginaire, le Moyen Âge roman dégage peu à peu un humanisme : dans la pierre, il sculpte sa vision du monde et de l'homme, balancés entre le Bien et le Mal. Comme pour tout l'art occidental, la sculpture des églises romanes du Roussillon transmet cette préoccupation du Moyen Âge. C'est elle, sans doute, qui rend l'homme moderne sensible aux problèmes de l'homme médiéval. Comme lui, il vit dans un univers confus et angoissant, à travers lequel il tente, à son tour, de définir une manière de vivre : l'art roman lui offre l'occasion de méditer sur ce thème.

  • Avec L'oeil de mer, François Bernadi nous donne - sur la guerre d'Espagne - un roman sincère, puissant et âpre. Non pas la guerre des combattants, vécue au jour le jour sur le terrain, mais celle qui se poursuit dans la tête et le coeur de l'exilé, du réfugié, du déraciné, du paria, toléré plus qu'accepté outre Pyrénées. En finit-on jamais de faire le deuil de son pays, de sa terre perdue ? De souffrir, lorsqu'on sait son peuple brimé et maintenu dans l'ignorance et la misère ? De se révolter devant la passivité de celui-ci, au prétexte de la fatalité ? Lorsque, au tournant des années 1960, le monde poursuit son inexorable marche, Gregorio, le héros du roman, en arrive « à l'amère conclusion qu'il nous faudra - un jour - défendre la liberté, non seulement contre le fascisme, mais aussi contre les démocraties... ». Constatant plus loin que « la lâcheté et le courage sont des maladies », il se dit « persuadé que le geste d'un homme peut suffire » pour changer le cours des choses. Publié - dans sa première édition chez Gallimard - en 1962, il y a tout juste cinquante ans, L'oeil de mer s'inspire de l'histoire de José Ramón Perez Jurado, réfugié dans le Lauragais près de Toulouse, mort en février 1960 à Madrid par l'explosion d'une bombe artisanale. L'oeil de mer porte la marque d'Albert Camus, parrain en littérature de François Bernadi.

  • Dès le XIe siècle, la mentalité médiévale éprouve le besoin de s'exprimer à travers une vision élargie de l'univers. Les empires s'écroulent, les états se forment ; l'homme, lui, se cherche. La Croisade lui permet de faire éclater son vieux mode de pensée occidental, et de s'enrichir aux sources mêmes de cet Orient fascinant et mystérieux qu'il était allé combattre. L'art roman cristallise ces tendances dans la décoration des églises. De ses chapiteaux surgissent des bêtes à tête humaine, et des êtres fabuleux, tandis que les murs s'ornent de scènes de l'Écriture et de l'Apocalypse. Cette recherche, cette symbolique, peuvent paraître désordonnées et quelque peu inquiétantes. En fait, à travers son univers imaginaire, le Moyen Âge roman dégage peu à peu un humanisme : dans la pierre, il sculpte sa vision du monde et de l'homme, balancés entre le Bien et le Mal. Comme pour tout l'art occidental, la sculpture des églises romanes du Roussillon transmet cette préoccupation du Moyen Âge. C'est elle, sans doute, qui rend l'homme moderne sensible aux problèmes de l'homme médiéval. Comme lui, il vit dans un univers confus et angoissant, à travers lequel il tente, à son tour, de définir une manière de vivre : l'art roman lui offre l'occasion de méditer sur ce thème.

  • Avec L'oeil de mer, François Bernadi nous donne - sur la guerre d'Espagne - un roman sincère, puissant et âpre. Non pas la guerre des combattants, vécue au jour le jour sur le terrain, mais celle qui se poursuit dans la tête et le coeur de l'exilé, du réfugié, du déraciné, du paria, toléré plus qu'accepté outre Pyrénées. En finit-on jamais de faire le deuil de son pays, de sa terre perdue ? De souffrir, lorsqu'on sait son peuple brimé et maintenu dans l'ignorance et la misère ? De se révolter devant la passivité de celui-ci, au prétexte de la fatalité ? Lorsque, au tournant des années 1960, le monde poursuit son inexorable marche, Gregorio, le héros du roman, en arrive « à l'amère conclusion qu'il nous faudra - un jour - défendre la liberté, non seulement contre le fascisme, mais aussi contre les démocraties... ». Constatant plus loin que « la lâcheté et le courage sont des maladies », il se dit « persuadé que le geste d'un homme peut suffire » pour changer le cours des choses. Publié - dans sa première édition chez Gallimard - en 1962, il y a tout juste cinquante ans, L'oeil de mer s'inspire de l'histoire de José Ramón Perez Jurado, réfugié dans le Lauragais près de Toulouse, mort en février 1960 à Madrid par l'explosion d'une bombe artisanale. L'oeil de mer porte la marque d'Albert Camus, parrain en littérature de François Bernadi.

empty