Arts et spectacles

  • La Transgression selon David Cronenberg Nouv.

    Après ses débuts dans la sphère underground de Toronto, à la fin des années 1960, David Cronenberg s'est imposé comme un auteur majeur capable de passer avec aisance du mainstream à l'expérimental, sans perdre sa singularité de cinéaste.
    Son oeuvre met en scène des corps mutants, façonnés par la science et la technologie, comme dans La Mouche ou Crash, ou simplement victimes de l'environnement dans lequel ils évoluent. À travers eux, le cinéaste explore les zones insoupçonnées de l'inconscient et interroge la nature, à la fois provocatrice et libératrice, du fantasme.
    La Transgression selon David Cronenberg analyse l'oeuvre d'un observateur de la nature humaine qui redéfinit, par le biais du corps, notre rapport au monde, à l'esthétique et à la morale.

    Fabien Demangeot est docteur en Lettres modernes et en Études cinématographiques. Enseignant dans le secondaire et chargé de cours à l'Université, il écrit également pour la revue en ligne Le Rayon vert.

  • Avec ses longs-métrages - La Raison du plus faible, 38 Témoins, Chez nous... - Lucas Belvaux s'inscrit dans une tradition cinématographique réaliste et sociale. Le cinéaste belge interroge nos démocraties modernes sous plusieurs angles : la responsabilité individuelle, la place de la justice, la montée de l'extrême droite, ou encore la fin du monde industriel et son corollaire, le chômage de masse. Derrière un propos d'une grande cohérence, chaque film explore un genre différent. On passe ainsi de la comédie à la romance, du polar à la chronique judiciaire, de la tragédie au réalisme politique
    Au plus près des difficultés rencontrées par ses personnages, ses oeuvres possèdent une approche documentaire. Le nord de la France et la Belgique constituent ces principaux décors et plongent ses histoires dans une réalité post industrielle, populaire et poétique. Composé d'un essai introductif et d'un entretien, La Mécanique Lucas Belvaux explore une filmographie à l'image de la complexité de nos sociétés contemporaines.
    Quentin Mével est délégué général de l'Acrif et auteur de plusieurs livres d'entretiens avec des cinéastes (Noemie Lvovsky, Cédric Kahn, Arnaud et Jean-Marie Larrieu, Frederick Wiseman, Valérie Donzelli...). En 2017, il a coréalisé, avec André S. Labarthe, Mathieu Amalric, l'Art et la Matière.
    Louis Séguin est journaliste et critique de cinéma. Il a écrit pour les magazines Transfuge, Trois Couleurs et Chronic'art, avant d'intégrer la rédaction des Cahiers du cinéma en 2014. Il a coréalisé un moyen métrage avec Laura Tuillier (Les Ronds-points de l'hiver, 2016), et réalisé deux courts métrages (Saint-Jacques - Gay-Lussac, 2018, et Bus 96, 2019).

  • Cinéaste, écrivain, dramaturge, metteur en scène de théâtre et d'opéra, Christophe Honoré compte parmi les artistes français les plus singuliers de son époque. De son premier film, 17 fois Cécile Cassard, à l'autofiction Plaire, aimer et courir vite, il fait dialoguer l'intime et l'universel, et décline son amour pour la création artistique sous une multitude de formes.
    Son travail se nourrit de nombreuses influences, notamment de la Nouvelle Vague, ainsi que de sa complicité avec ses acteurs fétiches et le musicien Alex Beaupain. Observateur des moeurs modernes et des sentiments, attaché à la représentation des corps, il met en scène des personnages en quête d'affranchissement. Christophe Honoré, les corps libérés retrace le parcours de cet artiste qui interroge notre place dans le monde et dans le temps, tout en cultivant sa mythologie personnelle.

    Mathieu Champalaune est journaliste et critique de cinéma, de littérature et de théâtre. Il fait partie de la direction éditoriale de la revue de cinéma Répliques.

  • Dès la naissance du cinéma et le court-métrage Le Christ marchant sur les flots de Georges Méliès (1899), les cinéastes se sont emparés des sujets religieux, et plus spécifiquement de la question des miracles. Dans de grandes fresques hollywoodiennes, telles que Les Dix Commandements (Cecil B. DeMille, 1956) ou Ben-Hur (William Wyler, 1959), le miracle constitue l'apothéose qui associe la sidération des spectateurs à un émerveillement religieux.
    D'Ordet (Carl Theodor Dreyer, 1955) à L'Apparition (Xavier Giannoli, 2018) en passant par Bruce tout-puissant (Tom Shadyac, 2003), le phénomène miraculeux a connu une multiplicité d'évocations, au cinéma et dans les séries. C'est à chaque fois une expérience-limite qui fait s'opposer l'invisible et le visible, la folie et la raison, le bien et le mal. Par la mise en scène, le miracle peut être sublimé, dénoncé comme supercherie, ou au contraire trouver une dimension nouvelle. Cinémiracles, l'émerveillement religieux à l'écran explore les modes de représentation du miracle, au croisement des questions esthétiques et spirituelles
    Timothée Gérardin est critique de cinéma. Il est le fondateur du blog Fenêtres sur cour et l'auteur de Christopher Nolan, la possibilité d'un monde (Playlist Society, 2018).

  • En trois décennies, Kanye West s'est imposé au coeur des conversations. Sa musique rassemble fans de hip hop, grand public, médias et penseurs. Ses albums ont changé la face du rap et ses collaborations ont redistribué les cartes au sein de l'industrie musicale. Sa vie chaotique, sa personnalité clivante, son narcissisme exacerbé suscitent le débat. Il appartient au clan restreint des musiciens capables de provoquer des changements sociaux et culturels au sein de l'Amérique contemporaine.
    Adoré, détesté, Kanye West se définit lui-même comme « le plus grand artiste en vie ». Ultra créatif, il s'illustre dans la musique, l'art, la mode, mais aussi la politique ou la religion. Son parcours et sa production questionnent la place de l'expression artistique dans la société actuelle, ses enjeux et ses limites.

    Adrien Durand est critique musical pour Les Inrockuptibles et communicant. Il est également le fondateur du fanzine Le Gospel. En 2019, il a emporté le prix du meilleur journaliste musical français au International Music Journalism Award du Reeperbahn Festival.

  • Valérie Donzelli élabore un cinéma dans lequel les personnages se réinventent face aux difficultés. Emplis de fantaisie, ses longs métrages - La Reine des pommes, La guerre est déclarée, Main dans la main, Marguerite et Julien, Notre dame - jouent avec le rythme et les expérimentations pour fabriquer de la comédie. Le burlesque et le tragique s'y côtoient, dressant des parcours de vie pleins de contrastes.
    Composé d'un essai introductif et d'un entretien, Valérie Donzelli, le tourbillon de la vie traverse l'univers d'une cinéaste française singulière, qui interroge les relations humaines avec une vivacité mélancolique.
    Thomas Messias écrit pour Slate et est l'auteur du Nouveau Cinéma argentin (Playlist Society, 2015). Quentin Mével est délégué général de l'Acrif et auteur de plusieurs livres d'entretiens avec des cinéastes (Noemie Lvovsky, Cédric Kahn, Arnaud et Jean-Marie Larrieu, Frederick Wiseman, Henri-François Imbert, Pierre Salvadori...)

  • Inspirée du roman de Tom Perrotta, The Leftovers (2014-2017) est la série héritière de Lost (2004-2010) : les deux oeuvres partagent le même showrunner, Damon Lindelof, et peuvent être vues comme les deux faces d'un même disque. Si Lost suivait le destin de disparus après le crash d'un avion, The Leftovers se consacre à ceux qui sont restés derrière à la suite d'un événement singulier et inexpliqué : la disparition soudaine, le 14 octobre 2011, de 2 % de la population humaine.
    Au sein d'un monde hanté par le doute, le mystère et l'ambiguïté, la série présente des personnages qui pensent parfois avoir compris le sens de leur vie, à tort. Les spectateurs, eux, sont emmenés sur un très grand nombre de fausses pistes, alors que l'évidence est sous leurs yeux. The Leftovers met en scène non seulement la fin de l'humanité, mais surtout le déni des êtres humains devant l'extinction du vivant, dont ils sont eux-mêmes responsables. Dans notre monde en crise, The Leftovers, le troisième côté du miroir interroge la capacité de la fiction à résoudre les maux des humains et à les aider dans les combats à venir.
    Sarah Hatchuel est professeure en études cinématographiques et audiovisuelles à l'université Paul-Valéry Montpellier 3 ; elle est l'autrice d'ouvrages sur Shakespeare à l'écran et sur les séries télévisées américaines.

    Pacôme Thiellement est écrivain et vidéaste. Il travaille sur la pop et la gnose. Il est notamment l'auteur de : Les Mêmes Yeux que Lost (Éditions Léo Scheer, 2011), Pop Yoga (Sonatine, 2013), La Victoire des sans roi (PUF, 2017), Trois essais sur Twin Peaks (PUF, 2018).

  • En 1999, Lana et Lilly Wachowski ont réalisé Matrix , l'un des films majeurs de la transition entre le XXe et le XXIe siècle. Dans cette oeuvre comme dans toutes les autres, les deux soeurs inventent de nouvelles manières de penser et de concevoir le septième art, sans renier leurs ambitions populaires. Derrière la variété des genres abordés (film noir, science-fiction, adaptation de manga, space opera...), l'oeuvre des Wachowski est d'une grande cohérence thématique et humaine. De Bound à Cloud Atlas en passant par la série Sense8, leurs créations sont liées par un engagement commun : accomplir son émancipation personnelle.
    Cette quête de liberté fait écho à l'histoire intime des deux soeurs, avec en point d'orgue leurs transitions de genre. Lana et Lilly Wachowski nous invitent à trouver dans les films des beautés et des vérités qui nourrissent positivement nos identités, nos valeurs, nos luttes. Lilly et Lana Wachowski, la grande émancipation nous plonge dans leur expérience personnelle du cinéma hollywoodien, où il est question de courage, de confiance, d'élévation : en somme, de cette transcendance dont l'art peut se faire le vecteur.
    Erwan Desbois est critique de cinéma. Il appartient au comité de rédaction du site Accreds, écrit pour la revue en ligne Playlist Society et est membre de l'ICS (International Cinephile Society). Il est l'auteur de J. J. Abrams ou l'éternel recommencement (Playlist Society, 2017).

  • Depuis la déflagration La Nuit des morts-vivants en 1968, les zombies ont colonisé nos imaginaires et le box-office. On a beaucoup écrit sur ces créatures trahissant les pires angoisses des sociétés post-industrielles, un peu moins sur les personnages leur faisant face. Or les films de zombies mettent en scène des monstres, mais aussi des individus lambda contraints de réinventer, individuellement et collectivement, leur rapport au monde.
    De Zombie à World War Z, en passant par The Walking Dead et 28 jours plus tard, les personnages confrontés à la crise zombie perdent pied dans un monde en ruines, instable, liquide. Face à cette incertitude chronique, ils développent des stratégies diverses pour survivre et, si possible, redonner du sens à leur environnement et « refaire monde ». Géographie zombie, les ruines du capitalisme explore via le cinéma les défis géographiques et politiques que doivent relever nos sociétés, de notre rapport à l'Autre à la manière dont nous concevons nos lieux d'habitation.

    Manouk Borzakian est géographe. Il travaille notamment sur la manière dont les sociétés font et défont leur environnement au cinéma. Il est le fondateur du blog Géographie et cinéma.



  • Elle était la muse absolue de la scène rock de New York à la fin des années 1970, l'égérie parfaite du mouvement no wave. Patti Smith, Richard Hell, Lydia Lunch étaient fous de cette chanteuse française avant-gardiste. Pourtant, Lizzy Mercier Descloux est morte seule à 47 ans, dans le plus grand dénuement, ne laissant qu'une trace infime dans l'histoire de la musique. Comment une figure aussi culte a-t-elle pu tomber dans l'oubli ? Lizzy Mercier Descloux, une éclipse revient sur l'histoire tragique de la chanteuse à l'aide des témoignages de ceux qui l'ont connue.







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    Marchant dans ses pas de Paris à New-York, la suivant dans ses voyages en Afrique du Sud, aux Bahamas ou au Brésil, le livre révèle comment l'auteure de « Mais où sont passées les gazelles ? » a été précurseuse du courant qu'on appelle aujourd'hui la world music. Il dévoile une personnalité complexe à la carrière malmenée pour ses choix artistiques iconoclastes, au sein d'une industrie musicale sexiste.

  • Réalisateur de longs métrages à la fois burlesques, mélancoliques et touchants (Les Apprentis, Hors de prix, Dans la cour, En liberté !...), Pierre Salvadori pourrait bien être l'héritier français de l'âge d'or des comédies américaines, celles d'Ernst Lubitsch et de Blake Edwards. Ses protagonistes, qu'ils vivent en marge de la société ou soient lestés par leurs traumatismes passés, cherchent sans cesse des voies pour s'en sortir, faisant de sa filmographie un guide de survie dans le monde moderne.
    Composé d'un essai et d'un entretien, c'est ce mélange de douceur et de violence, porté par une éthique de la mise en scène à la générosité rare dans le cinéma français, qu'explore Pierre Salvadori, le prix de la comédie.
    Nicolas Tellop est critique de cinéma, notamment pour La Septième Obsession et Carbone. Il est l'auteur de plusieurs essais culturels : L'anti-Atome (PLG, 2017), Snoopy Theory (Le murmure, 2018), Les Courses-poursuites au cinéma (Aedon, 2018). Quentin Mével est délégué général de l'Acrif et auteur de plusieurs livres d'entretiens avec des cinéastes (Noémie Lvovsky, Cédric Kahn, Arnaud et Jean-Marie Larrieu, Frederick Wiseman...) Dominique Toulat est directeur du cinéma La Ferme du buisson - Scène nationale de Marne-la-Vallée.

  • De Sur la plage de Belfast au Temps des amoureuses, le cinéma d'Henri-François Imbert propose, loin des agitations et du rythme frénétique des médias, une poétique de l'image. Par sa réflexion sur le cinéma comme outil de mise en relation des êtres, des choses et des temporalités, il pose sans cesse la question : qu'est-ce-que faire partie de ce monde ?
    Un film d'Henri-François Imbert est comme un cours d'eau qui se fraye un passage entre les éléments du paysage, contourne certains d'entre eux pour mieux nous les signaler, et garde indéfectiblement le cap vers l'expérience de la relation à l'autre. Composé d'un essai et d'un entretien, Henri-François Imbert, libre cours parcourt la filmographie d'un orfèvre qui par sa patience impose une vision unique du cinéma.
    Raphaëlle Pireyre est critique de cinéma. Elle collabore au site Critikat et aux revues Bref et Images documentaires. Quentin Mével est délégué général de l'Acrif et auteur de plusieurs livres d'entretiens avec des cinéastes (Noémie Lvovsky, Cédric Kahn, Arnaud et Jean-Marie Larrieu, Frederick Wiseman...)

  • C'était d'abord un choix pratique : personne ne voulait produire leurs films. Alors Hayao Miyazaki et Isao Takahata, aidés de Toshio Suzuki, ont fondé ensemble le studio Ghibli. Depuis, ils ont enchaîné les succès, de Princesse Mononoké à Pompoko, du Tombeau des Lucioles au Voyage de Chihiro. Leurs personnages, comme Totoro et Porco Rosso, sont devenus emblématiques, et les oeuvres du studio ont marqué des générations entières de fans à travers le monde, comme si Ghibli était un équivalent japonais de Disney.
    Bien plus qu'une marque et au-delà d'une simple usine à rêves, Ghibli offre avant tout une vision d'un monde idéal, fondé sur l'écologie, le féminisme, l'ingénierie et les croyances magiques. Un monde parfait selon Ghibli explore les histoires créées par le studio, les décortique, en les mettant en perspective avec la carrière de leurs créateurs, avec en toile de fond une question lancinante : Ghibli survivra-t-il à la retraite de ses fondateurs ?

    Alexandre Mathis fait partie du collectif Playlist Society et écrit chez Revus & Corrigés. Il est l'auteur de
    Terrence Malick et l'Amérique
    (Playlist Society, 2015).

  • À eux deux, les frères Tony et Ridley Scott possèdent une filmographie regroupant plus d'une quarantaine de longs métrages. Malgré une complicité certaine et des parcours similaires - des beaux-arts au cinéma en passant par la publicité -, ils n'ont jamais travaillé ensemble. Tout semble les opposer : le premier est un démiurge à la tête de grandes fresques historiques ou d'odyssées SF, le second, un auteur de films d'action frénétiques et musclés.

    Pourtant, se dessine en filigrane au sein de leurs oeuvres une approche commune, celle de films mondes dans lesquels l'humain est au coeur des systèmes politiques qu'il combat. De Blade Runner à Man on Fire, de Thelma et Louise à True Romance, d'un frère à l'autre, c'est toute une vision du cinéma qui se construit peu à peu.

    Tony et Ridley Scott, frères d'armes montre comment les deux réalisateurs ont revisité, chacun à leur façon, les genres cinématographiques, tout en remettant en question les codes établis, poursuivant la même obsession.


  • Il aura fallu moins de vingt ans à Christopher Nolan pour passer du statut de jeune espoir du cinéma indépendant à celui de grand auteur américain. Après s'être fait connaître avec Following et Memento, Nolan a renouvelé le personnage de Batman au cinéma, à travers la trilogie Dark Knight, et bénéficie, depuis le succès d'Inception, d'une liberté créative sans équivalent dans l'industrie hollywoodienne.


    Pris dans des intrigues souvent complexes, les personnages de Christopher Nolan ont en tête une idée pourtant simple : celle de comprendre le monde. Car celui-ci ne va pas de soi : morcelé, sensoriel, virtuel, trop vaste ou trop réduit, il échappe à l'entendement et reste sans cesse à redécouvrir ou à réinventer. Christopher Nolan, la possibilité d'un monde analyse l'oeuvre paradoxale d'un illusionniste qui cherche la vérité et d'un réalisateur intimiste qui s'épanouit dans le grand spectacle.

  • En cinquante ans et plus de 40 films, Frederick Wiseman s'est imposé comme un maître du documentaire, observant sans relâche le fonctionnement quotidien des institutions. Muni de son micro et accompagné de son cameraman, il a su extraire des situations observées leur substance tragique, voire même leur drôlerie paradoxale. D'une prison psychiatrique à un lycée, d'un hôpital à une bibliothèque, il a dressé une cartographie de tous ces lieux où se structure la société américaine.
    Frederick Wiseman, à l'écoute, composé d'un essai et d'un entretien au long cours, aborde quelques-unes des oeuvres majeures du réalisateur. De la préparation au montage, en passant par le financement et le tournage, ce livre permet de plonger avec le cinéaste, étape par étape, dans la fabrique de ses films, dont l'inoxydable modernité inspire les plus grands, de Martin Scorsese à David Simon.


  • En moins de quinze ans, J. J. Abrams s'est imposé comme l'une des figures phares d'Hollywood. Créateur de séries qui ont redéfini le genre (Alias, Lost et Fringe), réalisateur à la tête d'énormes franchises (Mission Impossible, Star Trek et Star Wars), et producteur de renom via sa société Bad Robot, il est devenu le nouvel homme-orchestre du cinéma américain, s'inscrivant ainsi dans la lignée de son mentor Steven Spielberg. Se distinguant par son désir de préserver l'équilibre entre la part de l'auteur et celle de l'entertainer, il s'assure que ses créations peuvent toucher le plus grand nombre tout en puisant constamment dans des thèmes qui lui sont chers.


    Son oeuvre est traversée par l'idée fixe de la réinvention. Quels que soient les différents noms qu'on lui donne - reboot, remake, reprise, hommage -, il s'agit toujours pour lui d'interroger la question de l'héritage du cinéma. J. J. Abrams ou l'éternel recommencement explore à quel point l'histoire cinématographique est une boucle, et cherche à répondre à cette question : comment dépasser ses modèles tout en marchant dans leurs pas ?

  • La société Propaganda Films a beau être inconnue du grand public, elle est pourtant responsable de quelques-unes des images les plus cultes des années 1980 et 1990. En 15 ans d'existence, elle aura favorisé l'essor des Guns N' Roses, iconisé Madonna et Janet Jackson, révolutionné l'esthétique et le business de la publicité, participé à la création des séries Twin Peaks et Berverly Hills 90210 et révélé des metteurs en scène comme David Fincher, Michael Bay, Spike Jonze, Mark Romanek et Antoine Fuqua. Avec ses clips, ses pubs, ses films et ses séries, la société a joué un rôle central dans la culture populaire américaine, en conjuguant les opportunités offertes par l'émergence de la chaîne 100% musicale MTV et du blockbuster avec celles de l'ère du pitch, ces résumés censés contenir toute une intrigue en une poignée de mots. Conçu d'après les témoignages des principaux acteurs de cette folle épopée, Génération Propaganda retrace un pan inédit et essentiel de l'histoire de la télévision et du cinéma américains. Benoit Marchisio a participé à l'écriture de Paul Verhoeven, Total Spectacle (Playlist Society, 2016). Il collabore régulièrement avec SoFilm et travaille pour France Télévisions.

  • Récompensée par de nombreux prix et soutenue par des admirateurs fidèles, Mad Men a réinventé, entre 2007 et 2015, le concept de série télévisée historique. Durant sept saisons, elle a ainsi présenté l'Amérique des années 1960 à travers le regard de personnages travaillant dans la publicité et assistant aux multiples changements qui secouent la société. Au-delà de sa réputation glamour, Mad Men se distingue par un univers narratif captivant, porté par un héros, Don Draper, qui peine à s'adapter à une époque marquée par l'émancipation des femmes ou la révolte de la jeunesse. Faisant évoluer son esthétique au fil du temps pour retranscrire l'intensité de ces bouleversements intimes et collectifs, la série s'est imposée comme une vibrante épopée sentimentale, doublée d'un ambitieux portrait des États-Unis d'hier et d'aujourd'hui. Par son exploration des thématiques chères au créateur Matthew Weiner et son étude d'une riche galerie de protagonistes pris dans les remous de l'histoire américaine, Les Révolutions de Mad Men met en lumière la puissance dramatique d'une des oeuvres télévisuelles majeures des années 2000. Damien Leblanc est critique de cinéma et de séries pour le magazine Première. Il a également écrit pour le site Fluctuat.

  • Préface de Jean-Baptiste Thoret. Massacre à la Tronçonneuse (1974) est considéré comme une véritable matrice de l'horreur moderne, une oeuvre tellement culte qu'elle a fini par éclipser le reste de la filmographie de son auteur. Pourtant, Tobe Hooper est loin d'être le réalisateur d'un seul film. Entre Poltergeist (1982), produit par Steven Spielberg dans le confort hollywoodien, et Mortuary (2005), son retour en grâce dans les salles, le cinéaste aura connu les affres de la série B et du marché de la vidéo, sans jamais se départir de son style, un mélange de macabre et de grotesque au service d'une vision critique de la société américaine. En quatre décennies, son oeuvre explore les terreurs de son époque et les angles morts de l'Amérique, du génocide indien à la guerre du Vietnam. Car, pour Tobe Hooper, ce qu'on enterre finit toujours par refaire surface ; le film d'horreur est avant tout politique. Dominique Legrand a écrit une dizaine de romans et deux ouvrages de référence sur Brian De Palma et David Fincher. Il est également conférencier sur le cinéma et anime un ciné-club en région parisienne.

  • Livre collectif sous la direction d'Axel Cadieux avec Benoit Marchisio, Hugues Derolez, Linda Belhadj et Julien Abadie. Suivi d'un entretien exclusif avec le cinéaste. Paul Verhoeven est insaisissable. Tour à tour qualifié de misogyne et féministe, fasciste et libertaire, vendu aux sirènes d'Hollywood, puis artiste sauvage et intenable, le cinéaste trace son propre sillon, pulvérisant de l'intérieur les codes des genres qu'il se réapproprie. La puissance manipulatrice de l'image est au coeur de son cinéma : qu'il traite des systèmes politiques qui écrasent les individus, de la place de la femme au sein de nos sociétés ou du devenir du corps humain face à la technologie, ses procédés retors et l'ambiguité de son message donnent à ses films une portée subversive hors du commun. De Basic Instinct à Elle en passant par Starship Troopers, son oeuvre n'a cessé, depuis plus de quarante ans, de susciter controverses et fascination. Axel Cadieux est journaliste pour Sofilm, Society, Arte et Ciné+. Il est également l'auteur de plusieurs essais sur le cinéma : Une série de tueurs (Capricci, 2014), Contes de l'au-delà : Le cinéma de M. Night Shyamalan (Vendémiaire, 2015), L'horizon de Michael Mann (Playlist Society, 2015) et prépare des ouvrages sur la chaîne HBO et sur la série Twin Peaks ; Benoit Marchisio est journaliste pour Sofilm. Il prépare un ouvrage sur la maison de production Propaganda ; Hugues Derolez suit actuellement un cursus à la Femis, spécialisé dans les séries TV. Il a dirigé le livre Contes de l'au-delà : Le cinéma de M. Night Shyamalan ; Linda Belhadj, installée à Londres, est journaliste cinéma et tient le blog Almost Kael ; Julien Abadie, installé à Montréal, est journaliste économique, anciennement critique de cinéma.

  • Moderne, Blake Edwards ? Au travers d'une oeuvre qui s'étend sur cinq décennies, celui-ci a développé une vision unique de l'humour au cinéma. Si ses films sont restés influencés par le vieil Hollywood - jusque dans ses formes les plus archaïques - ils serviront aussi de matrice au renouveau de la comédie américaine du début des années 2000.

  • Préface de Jarboe, membre phare de Swans. Au début des années 1980, deux groupes New-Yorkais vont permettre au courant no wave de prendre un nouveau tournant : Sonic Youth et Swans. Si les premiers auront su s'imposer avec le temps comme des piliers du rock indépendant américain, les seconds, réunis autour de l'imposant Michael Gira, ...


  • Suivi de « Time is luck », un entretien exclusif avec le cinéaste.

    Michael Mann est incontournable à Hollywood. Auteur de succès planétaires (Heat, Le Dernier des Mohicans), ses partis pris formels et thématiques, d'une singularité extrême, tranchent avec l'uniformité des productions actuelles.
    Son cinéma est total : souvent accessible et grand public, mais toujours traversé d'un sous-texte existentialiste ; le personnage « mannien », héros tragique éperdu de liberté, reste aliéné quoi qu'il fasse par une société avec laquelle il n'est pas en phase.
    Films d'époque, thrillers, histoires d'amour impossible... S'inspirer de codes et structures classiques tout en développant de nouvelles voies d'expression, pour composer un tableau de l'homme dans le monde : voilà qui pourrait constituer l'horizon de Michael Mann.

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