Présence Africaine

  • Anton Wilhem AMO Nouv.

    Le philosophe Anton Wilhelm Amo (c.1703-c.1759), qui a grandi en Allemagne où il a enseigné sa discipline dans les universités de Halle et d'Iena avant de retourner en Afrique et de mourir en sa terre natale du Ghana, a très tôt été célébré comme un exemple. Ou plutôt un contre-exemple portant un démenti au préjugé que la philosophie, cette manifestation par excellence d'une humanité accomplie, ne pouvait concerner les Africains. C'est ainsi que l'Abbé Grégoire parle de lui au début du XIXe siècle tandis qu'aujourd'hui le philosophe ghanéen Kwasi Wiredu invite à voir en lui un auteur qui a apporté une perspective africaine au problème philosophique de la relation du corps à l'esprit. Il s'imposait, pour celui qui est devenu une figure majeure de la philosophie africaine, de revenir à son principal ouvrage pour étudier avec soin la relation que sa réflexion entretient avec les philosophes mais aussi et surtout les médecins de son temps. Car montrer que sa pensée s'inscrit dans le climat intellectuel allemand de son époque et l'éclaire est un préalable nécessaire à l'étude du sens qu'elle donne à l'expression « philosophie africaine ». C'est ce que réalise ici Daniel Dauvois, un historien de la philosophie en France et en Allemagne aux XVIIe et XVIIIe siècles, avec la précision et la minutie requises.

  • « Me demandant comment introduire au mieux une réflexion sur le devenir décolonial, il m'a semblé qu'un témoignage était sans doute la meilleure entrée en matière. Ce que vivent les gens, ce qu'ils portent en eux mais aussi entre eux, quoique souvent imperceptible, n'est pas toutefois inaccessible. Les troubles coloniaux, les issues postcoloniales, les devenirs décoloniaux ne sont pas seulement des événements historiques, des phénomènes politiques. Ils sont, également, des perturbations ou des améliorations de la communication, en soi et entre soi. »
    Seloua Luste Boulbina introduit ainsi son texte qu'Achille Mbembe commente de la façon suivante dans la préface qu'il en donne : « L'histoire, la langue et la colonie sont, dans ce texte sobre et incisif, mis en relation avec l'architecture (intérieure), la politique (interne), l'espace sexué et le genre dévoilé. Seloua Luste Boulbina se démarque de toute une tradition de la critique aussi bien anglo-saxonne que francophone (...)
    Elle inscrit son effort théorique et méthodologique dans la logique de la vieille injonction de se connaître soi-même, qui implique la reconnaissance de l'émergence du sujet comme expérience d'émergence à la parole et au langage, et par ricochet à la voix. (...) Plus qu'une doctrine, c'est donc une démarche qui est proposée. Cette démarche fait une large place à l'indétermination, à l'instabilité, à l'hésitation et au mouvement. Mais elle postule également que la postcolonie est, avant tout, un "entre mondes", une relation non seulement externe et objective, mais aussi interne et subjective. »

  • Après le grand débat sur « la philosophie africaine » des années 1960-1970, il était nécessaire de faire le point sur les thématiques et les enjeux qui mobilisent les philosophes africains en ce début de XXIème siècle. Et ce d'autant plus que les enseignements en philosophie dite Africana se sont considérablement développés, dans les universités américaines principalement.
    Séverine Kodjo-Grandvaux, qui connaît autant les études francophones que la riche production anglophone dans ce domaine, nous fait comprendre, à travers Philosophies africaines que la philosophie n'est pas enfermement dans la culture ou la langue, mais rencontre et traduction.

  • Ce livre analyse la vie et l'oeuvre de l'historien et homme politique de Guyana, Walter Rodney (1942-1980), ses années de formation, ses influences, son idéologie, et son action politique.
    Alors que Rodney a fait l'objet d'une demi-douzaine de monographies en anglais, cet ouvrage est le premier travail en français consacré à cet historien anglophone. Il s'adresse autant à un public universitaire travaillant sur les mondes africains qu'à un public « militant » engagé sur les questions de développement et de luttes sociales.

  • Lorsque le président Léopold Sédar Senghor décida de donner à la seconde université du Sénégal, à Saint-Louis, le nom de Gaston Berger, il ne le fit pas seulement parce que celui-ci était natif de cette ville et d'origine sénégalaise par sa grand-mère, mais surtout parce qu'il reconnaissait dans la pensée du philosophe la conception d'un avenir ouvert qu'il souhaitait pour son pays.
    L'attitude prospective est en effet, dans la définition qu'en donne Gaston Berger, à partir d'une lecture méticuleuse de la phénoménologie de Husserl dont il est un éminent introducteur en France, la reconnaissance de l'exigence humaine universelle d'émancipation, c'est à dire de valeur.
    « Être prospectif » c'est répondre à cette exigence en en renouvelant sans cesse la réflexion, le vocabulaire et les images. Ce renouvellement est création et il est l'oeuvre des poètes, des philosophes, des artistes, tout autant que celle des inventeurs et des ingénieurs. Car, nous dit Gaston Berger « Toute culture est prospective ».
    Mais être prospectif c'est plus précisément, à partir d'une exploration rigoureuse du présent, penser, agir, connaître, décider à partir de l'avenir. Ce qui commande de se détourner du mythe d'un temps linéaire et aliénant qui invite à ne construire que des futurs sans avenir. Or le présent n'est autre que le témoignage de la présence humaine au monde. Cette présence est mouvement. Elle s'inscrit dans « un monde mobile et sans cesse renouvelé où il faut inventer sa propre vie ». En cela consiste l'aventure humaine qui est aventure de l'humanité universelle de l'humain et quête d'une sagesse d'agir non pas seulement pour l'avenir mais à partir de lui.

  • Partant de ce fait que la philosophie africaine connaît aujourd'hui un important développement et fait l'objet de nombreuses publications, l'auteur examine le champ de questions et l'espace de débat que constitue l'activité philosophique en Afrique, pour présenter ici à la fois un « précis » de cette activité et un exposé de ses propres réflexions sur les thèmes les plus importants autour desquels elle s'organise . L'on peut considérer en effet, constate-til, que pour l'essentiel quatre grandes questions constituent les enjeux majeurs de la réflexion philosophique africaine : premièrement celle de l'ontologie en relation avec les religions et l'esthétique, deuxièmement celle du temps - plus particulièrement de l'avenir et de la prospective -, troisièmement celle de l'oralité et des implications de sa transcription/traduction, quatrièmement enfin celle, politique, des socialismes. Ces grandes questions posent aussi celle, fondamentale, et qui les traverse, des langues et de la traduction.

  • Yves Person, né en 1925, historien, professeur à l'Université Paris I, Panthéon-Sorbonne, est décédé brutalement en 1982, laissant une oeuvre de première importance. Artisan résolu d'une « histoire africaine de l'Afrique », selon l'expression de Georges Balandier, il s'y est engagé en donnant la parole aux acteurs de l'histoire, dans leur contexte social et leur culture. Il rompait ainsi avec l'historiographie coloniale, marquée par l'idéologie de l'État-nation coupé des peuples. Son oeuvre majeure, Samori, une révolution dyula, (1968, 1970, 1975), en a été l'expression internationalement reconnue. De nombreux écrits, articles de revues, actes de colloques, dont l'accès est souvent malaisé, ont éclairé bien au-delà son apport scientifique et ses engagements militants. À la suite d'un colloque international consacré à son oeuvre, tenu à Paris en juin 2013, Présence Africaine, invitant à « Relire Yves Person », présente une sélection de textes importants rassemblés par un groupe éditorial scientifique, qui rejoint au plus vif les problèmes du présent, à l'heure où se cherchent de nouveaux équilibres entre les identités sociales et culturelles et la solidarité mondiale.

  • L'histoire des Africains et des peuples d'ascendance africaine, une histoire intrinsèquement complexe, est au coeur de l'histoire de l'humanité. On ne peut raconter correctement l'histoire de la modernité sans accorder toute l'attention nécessaire au continent africain et aux peuples d'origine africaine. Cet ouvrage rapporte six siècles d'histoire des peuples noirs depuis 1400, lorsque s'établirent entre eux des liens à l'échelle mondiale, et qu'ils connurent la servitude, l'industrialisation, et l'urbanisation. Plus qu'une histoire des différentes régions ou nations, il s'agit ici d'une histoire des liens réciproques des peuples à travers l'Afrique, les Amériques, l'Europe, et l'Asie.

  • « Nos fûmes huit ans au pouvoir. Nous avons construit des écoles, créé des institutions de bienfaisance, édifié et entretenu le système pénitentiaire, financé l'instruction des sourds-muets, reconstruit les bacs. En résumé, nous avons reconstruit l'État et l'avons placé sur la voie de la prospérité. »
    Ces paroles ont été prononcées en 1895 par Thomas Miller, un élu de Caroline du Sud, alors que l'expérience de démocratie multiraciale aux États-Unis s'y achevait par le retour au pouvoir de la suprématie blanche.
    Dans cette importante collection d'essais, précédés de notes éclairantes rédigées après coup, Ta-Nehisi Coates fait retentir les échos tragiques de ce passé dans les événements actuels : l'élection sans précédent d'un président noir, Barack Obama, suivie d'un contrecoup haineux et de l'élection de l'homme qui selon Coates, est « le premier président blanc ».
    Mais le livre ne porte pas seulement sur la présidence des États-Unis, bien que celle-ci demeure en filigrane du début à la fin. Il examine aussi le temps présent à la lumière d'évènements historiques comme la guerre de Sécession, de personnalités emblématiques comme Malcom X, de programmes politiques comme l'incarcération de masse, qui ont profondément marqué la société américaine.
    Ta-Nehisi Coates est correspondant du mensuel américain The Atlantic. Son livre Between The World and Me (Une colère noire, lettre à mon fils, Autrement) a été récompensé par le National Book Award en 2015. Il est également lauréat du Prix MacArthur. Il habite à New York avec sa femme et son fils.

  • Le présent ouvrage de M. Rabemananjara ne paraît guère obéir à la rigueur d'un ordre logique. Il s'agit d'un témoignage vécu : c'est dans l'obsession de l'idée fondamentale, sous-jacente, sensible au détour des moindres propositions, que réside l'unité organique de ces études. Les unes et les autres offrent cette volonté commune d'affirmer fièrement, calmement, avec une constance et une ferveur obstinée, la nécessité d'un épanouissement total de l'homme noir, d'une émancipation inconditionnelle de l'homme colonisé sur tous les plans et dans n'importe quel domaine de l'activité : son insertion vivante, féconde, au même titre que celle des autres hommes, dans l'histoire universelle. Sans son apport, une note aura manqué à la grande symphonie. L'on reconnaît là des lignes de force. Il arrive même que l'on retrouve, d'une conférence à l'autre, la répétition de mêmes phrases, l'évocation des mêmes images : leitmotiv n'est pas simple redite. C'est comme si l'orateur craignait, dans l'insuffisance du langage, de n'avoir pas assez mis l'accent sur les principes ou les notions dont la vertu, à ses yeux, confère une valeur propre, une authenticité singulière à sa conviction. L'originalité du cas malgache, analysé tout au long de ces pages, ne peut qu'aider, selon nous, si faible qu'en puisse être la lumière, à éclairer l'ensemble du problème. Qu'ils soient d'Afrique, de l'Océan Indien, du Pacifique ou de la mer des Caraïbes, les colonisés du monde entier ne souffrent-ils pas d'un tourment de même nature ? Aussi bien la publication de cet ouvrage atteindrait-elle son but, si elle parvenait à faire réfléchir, ne serait-ce que pendant quelques minutes, les hommes de couleur et les hommes blancs sur leurs points de divergence - pour les aplanir - et sur leurs points de convergence - pour les approfondir - afin de mieux s'estimer dans un respect mutuel.

  • Le présent ouvrage de M. Rabemananjara ne paraît guère obéir à la rigueur d'un ordre logique. Il s'agit d'un témoignage vécu : c'est dans l'obsession de l'idée fondamentale, sous-jacente, sensible au détour des moindres propositions, que réside l'unité organique de ces études. Les unes et les autres offrent cette volonté commune d'affirmer fièrement, calmement, avec une constance et une ferveur obstinée, la nécessité d'un épanouissement total de l'homme noir, d'une émancipation inconditionnelle de l'homme colonisé sur tous les plans et dans n'importe quel domaine de l'activité : son insertion vivante, féconde, au même titre que celle des autres hommes, dans l'histoire universelle. Sans son apport, une note aura manqué à la grande symphonie. L'on reconnaît là des lignes de force. Il arrive même que l'on retrouve, d'une conférence à l'autre, la répétition de mêmes phrases, l'évocation des mêmes images : leitmotiv n'est pas simple redite. C'est comme si l'orateur craignait, dans l'insuffisance du langage, de n'avoir pas assez mis l'accent sur les principes ou les notions dont la vertu, à ses yeux, confère une valeur propre, une authenticité singulière à sa conviction. L'originalité du cas malgache, analysé tout au long de ces pages, ne peut qu'aider, selon nous, si faible qu'en puisse être la lumière, à éclairer l'ensemble du problème. Qu'ils soient d'Afrique, de l'Océan Indien, du Pacifique ou de la mer des Caraïbes, les colonisés du monde entier ne souffrent-ils pas d'un tourment de même nature ? Aussi bien la publication de cet ouvrage atteindrait-elle son but, si elle parvenait à faire réfléchir, ne serait-ce que pendant quelques minutes, les hommes de couleur et les hommes blancs sur leurs points de divergence - pour les aplanir - et sur leurs points de convergence - pour les approfondir - afin de mieux s'estimer dans un respect mutuel.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • "Le royaume du Mali existe dès le Xe siècle, mais on connaît peu de choses sur cette époque. On sait qu'au début du XIe siècle, en 1050, une terrible sécheresse désole le pays. Le roi Baramdana multiplie les exorcismes mais la pluie ne vient pas. Un marabout lui conseille alors de se convertir à l'islamisne. Ce qu'il fait. Et la pluie tombe." Reprenant toutes les légendes qui entourent la création du Mali, et grâce aux illustrations de Tall Papa Ibra, petits et grands découvriront l'histoire de ce pays contée par Andrée Clair.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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  • Un lundi comme un autre, un albinos - qui sera sans enfance - naît à la porte des adultes, d'une mère discontinue et d'un père volage, dans un continent improbable. Un être qui porte donc sa fragilité dans l'incertitude même de sa peau et pour qui commence une quête hybride de soi, de l'amour, sur fond d'errance existentielle, d'exil intérieur et de solitude. Milos Kan, le héros-narrateur, aime les femmes, l'alcool, les plaisirs ambigus ; il tente aussi d'écrire, de commencer un roman, achevé avant d'être écrit et qui traduirait son besoin de vivre et sa difficulté d'être. Une quête de sens pour une existence suspendue entre l'oppression du désert et l'appel de la source. Mais comment se perdre pour se retrouver quand on naît albinos, écartelé entre la vie engluée dans le relatif et une soif inextinguible d'absolu ? Sinon par l'acceptation quelque peu désabusée que la générosité et le désespoir sont les formes les plus hautes de toute lucidité intransigeante. Une lucidité hantée par la folie ; celle qu'on aimerait bien avoir l'intelligence de vivre.

  • Une des plaies de nos sociétés riches dont l'impitoyable logique, aujourd'hui comme hier, broie les corps et désespère les consciences. Tel est le sous-prolétariat venu des pays pauvres, travailleurs noirs ou autres, voués aux plus tristes tâches et à l'abri sordide des hangars, des caves et des bidonvilles, minorités perdues et silencieuses, malades et exploitées, force de travail honteuse du capital. C'est la condition de ces hommes qu'analyse « Négriers modernes », où s'allient, pour témoigner du scandale que des événements récents ont dévoilé, la rigueur du sociologue et la passion généreuse du militant.

  • Ces « Recherches sur l'Empire du Mali au Moyen Age » de Djibril Tamsir Niane constituent les premières approches d'un passé africain que l'auteur n'a cessé d'interroger, de reconstituer, d'authentifier en ses travaux ultérieurs. S'y révèlent déjà la lecture attentive des textes essentiels produits, le plus souvent, par des auteurs arabes, et la qualité d'écoute de la tradition orale sollicitée en connaissance de cause. Point de connaissance de ces temps anciens qui ne doive, en effet, faire appel au savoir transmis par les griots, ces hommes archives - « livres vivants des souverains de l'Ouest africain » dit Niane. Ces gardiens du passé existent encore en pays mandingue, où dans chaque village il y a un griot - le Béléin-Tigui - « qui connaît l'histoire du village et de la région que son prédécesseur lui a enseignée pendant de longues années ». Non pas tant souvenirs d'histoires que mémoire éduquée, car les griots avaient mis en oeuvre une véritable pédagogie de la mémoire. Cet enseignement était intimement lié à l'art oratoire, ainsi s'est constituée une « langue historique » spécifique qu'un non-initié a du mal à comprendre. C'est un des grands mérites de cet ouvrage de s'être informé à ces sources authentiquement africaines de la parole-tradition.

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