Presses Sorbonne Nouvelle

  • En suivant pas à pas l'entrée de sept enfants dans la langue à travers des enregistrements d'une heure collectés tous les mois en famille, les auteurs de cet ouvrage ont pu observer directement comment le langage de l'enfant se construit dans les interactions nouées avec des interlocuteurs plus experts. Ce livre s'appuie sur les travaux de l'équipe CoLaJE (http://colaje.scicog.fr) qui a travaillé pendant 7 ans grâce à des financements nationaux sur la communication langagière chez l'enfant entre 0 et 7 ans. Parmi les sept enfants enregistrés, six sont monolingues français et un bilingue français-italien. L'ensemble du livre suit le développement du langage en abordant en premier lieu les différentes modalités sémiotiques par lesquelles se manifeste le langage (vocalisations, gestes, regards...), puis son évolution pour en arriver à l'explosion des productions langagières de l'enfant. Il s'agit d'un livre écrit de manière à être accessible à un public plus large que les chercheurs du domaine (professionnels de la petite enfance, étudiants en psychologie, linguistique, sociologie, anthropologie, éthologie, parents, mais aussi tout lecteur intéressé par la question). Les caractéristiques liées au travail du linguiste ont cependant été conservées (une terminologie, clairement expliquée, des transcriptions phonétiques quand l'extrait analysé l'exige, des bibliographies thématiques). Chaque chapitre est constitué de quelques vignettes d'illustration sur les enfants du projet CoLaJE en utilisant les travaux scientifiques du projet. Le livre est accompagné d'une mise en ligne des extraits vidéo analysés. La lecture peut donc être accompagnée (d'un clic) par le visionnage des films et les lecteurs pourront appréhender ainsi par eux-mêmes les moments de vie transitoires qui ont été capturés par les auteurs.

  • Arpenter les lieux de la mémoire ouvrière et paysanne, explorer les nouveaux terrains de l'emploi tertiaire, inventorier et réinventer les langues qui façonnent le monde de l'usine et de l'entreprise : tel est souvent le programme des textes fictionnels ou documentaires consacrés au travail depuis les années 80. Ces ouvrages ont retenu l'attention de la critique universitaire récente. Manquait cependant encore une étude de fond consacrée à ce qui est pourtant un des enjeux fondamentaux de ces textes : leur portée politique. Ce volume s'attache donc à interroger les formes de l'implication qu'ils mettent en oeuvre, de l'examen critique du monde social à l'élaboration d'un discours tourné vers la praxis. Il espère ainsi contribuer à penser les rapports de la littérature contemporaine au politique ; et, par là même, participer à l'élaboration d'une cartographie du champ littéraire au tournant du millénaire.

  • Le présent ouvrage traite des problèmes complexes que soulève le verbe en tant que véhicule de l'aspect sémantique (situation aspect), et adopte un point de vue contrastif entre l'anglais et le russe, langue dont le système verbal est entièrement structuré par l'opposition perfectif - imperfectif. Il se donne pour objectif de livrer à un lectorat francophone les principales théories, anciennes et récentes, qui élaborent un calcul aspectuel, et montre en particulier les changements qui sont intervenus dans ce domaine : l1accent est désormais mis sur la structure de l'événement (event structure) que transmet le verbe muni de ces rôles thématiques, et qui assure l'interfaçage avec la syntaxe phrastique. L'optique choisie aboutit à une vision résolument compositionnelle du lexique verbal.

  • La complétude constituant un enjeu central, quel que soit le cadre théorique dans lequel on s'inscrit, il s'agit ici d'une réflexion sur la syntaxe et la sémantique de phénomènes tels que l'actance, la préposition, la détermination verbale, etc. Il s'agit également d'une ouverture vers la cognition dans la mesure où se retrouve posée la question des connaissances présidant aux choix fondamentaux qui déterminent l'analyse Dans cette perspective, la cognition n'est pas seulement un mot à la mode, elle devient ici un concept particulièrement pertinent et novateur.

  • Ce volume rassemble les contributions de chercheurs de différentes aires culturelles autour de la notion d'événement, objet porteur de sens différents et, de ce fait, transversal à différentes disciplines des sciences humaines et sociales (histoire, sociologie, sciences du langage, sciences de la communication, sciences politiques...), ici représentées.Si, comme dit le dictionnaire d'usage, l'événement est « ce qui arrive », c'est également « ce qu'il devient » au fil du temps, c'est-à-dire comment on le raconte, le nomme, le qualifie, le mémorise, et comment il se transforme lorsqu'il est « saisi » par la langue et la communication et qu'il devient ainsi objet de discours. Car l'événement, c'est également «ce qui est important pour l'homme».Dire l'événement, c'est s'interroger sur ce qu'il représente, au-delà de l'expérience individuelle et du ressenti émotionnel : ce qu'il en reste dans l'histoire d'une société et chez ses acteurs, ce qu'il devient dans les mémoires collectives lorsqu'on en use comme un précédent pour envisager l'avenir, ou bien lorsqu'on l'oublie ou qu'on le nie. Dire l'événement, c'est finalement contribuer à le construire, à le représenter et à s'interroger sur ses référents, ce que cet ouvrage s'emploie à comprendre et à expliquer autour de cinq thèmes porteurs d'interrogations transversales : l'événement dans l'espace social ; la médiatisation des événements ; l'histoire, l'oubli, la mémoire ; le nom d'événement et le non-événement ; la langue et l'événement... L'événement est une notion qui devrait intéresser tout citoyen curieux de comprendre ce qui se passe dans le monde et l'environnement dans lesquels il vit et avec lesquels il interagit.

  • La « face cachée du genre » renvoie à la façon dont le langage continue à être dans les études de genre un objet presque invisible. Alors que les travaux des historien-ne-s, des littéraires, des philosophes, des sociologues, des anthropologues et des politistes sont largement intégrés dans le domaine des études de genre, on constate la quasi-absence des recherches linguistiques dans ce champ qui connaît depuis quelques années un véritable essor au sein des sciences sociales.Ce livre se propose de combler ce vide en renouvelant les débats autour du langage en tant qu'outil de construction du genre, de reproduction des inégalités de sexes et de lutte contre la domination masculine.À partir de la diversité des données, des contextes et des cadres théoriques mobilisés, les textes recueillis dans ce volume interrogent les rapports entre genre, langage et pouvoir, en convoquant plusieurs champs disciplinaires tels que la linguistique, la sociologie et les sciences politiques. Comment penser la capacité des individus d'agir sur le genre à travers le langage ? Telle est la question à laquelle cet ouvrage essaie de répondre.Avec une Postface de Judith Butler.

  • Parmi les chercheurs en linguistique de l'hispanisme français, nombreux sont ceux dont les pratiques relèvent de ce qu'il est convenu d'appeler aujourd'hui la linguistique du signifiant. Comment est-on passé, en quelques années d'une linguistique du signe à une linguistique du signifiant ? Dans quelles directions se développent aujourd'hui les recherches menées dans cette optique nouvelle ? Telles sont les questions qu'illustrent les travaux présentés dans cet ouvrage.La langue espagnole - dans une approche parfois comparative - y a fait l'objet de descriptions qui en éclairent la morphologie, la syntaxe et la sémantique (lexicale et grammaticale).

  • Ce livre rassemble des contributions de chercheurs internationaux qui réfléchissent sur les relations entre langue, discours et société. Il s'adresse à un public diversifié, spécialistes ou étudiants, intéressé aussi bien par l'histoire de la langue française que par la sociolinguistique, l'analyse du discours et la didactique du français. Dans un premier temps, est abordée la complexe et tumultueuse histoire de « la langue commune ». On y présente plusieurs approches théoriques du changement des usages à travers des études de cas, en diachronie et en synchronie. La deuxième partie réunit des articles qui relèvent de l'analyse du discours. Enfin, une section est consacrée à l'évolution de l'enseignement du français à l'école primaire ainsi qu'aux diverses pratiques pédagogiques passées et actuelles. Cet ouvrage est un hommage à Sonia Branca-Rosoff, dont la recherche a su articuler rigoureusement ces divers domaines.

  • Comment aborder la construction du sens des mots dans les discours spécialisés, didactiques et ordinaires ? Quelles sont les procédures sous-jacentes à la création lexicale ? Comment s'opèrent l'identification, la transmission et l'interprétation du sens et des savoirs ? C'est à ces questions fondamentales que tente de répondre cet ouvrage qui réunit dix textes de Fabienne Cusin-Berche autour de l'usage que l'on fait des mots en contexte.

  • La terminologie, science des vocabulaires spécialisés, pose la question de la relation des signes, des concepts et des choses. L'ouvrage s'efforce de resituer terminologie et linguistique en prenant en considération la problématique du concept.

  • Les Vents du large ont soufflé sur les pays ibériques, et tout spécialement sur le Portugal et sa vaste façade océanique. À l'aube de la Renaissance, ces vents ont insufflé le goût de l'aventure, le désir de découvrir de nouvelles routes sur l'Océan, ils ont porté les caravelles aux confins de l'Ancien Monde, en Inde et en Extrême-Orient, et les ont menées jusqu'au Nouveau Monde. Il a fallu nommer les terres nouvelles, apprendre des langages inconnus, conquérants et missionnaires ont suivi de près les découvreurs. La pensée et la littérature non seulement des pays ibériques, mais de notre occident européen se sont nourries de ces expériences inédites. Or bien après cette époque exaltante, après que le désenchantement eut succédé à l'enthousiasme et le repli sur soi à l'appel du large, d'autres vents ont soufflé. Au XIXe siècle, les idées de liberté et d'indépendance, de démocratie et de république, ont secoué en tous sens les anciens régimes monarchiques et le pacte colonial, agitant les esprits des écrivains et des hommes politiques, bouleversant en particulier le Portugal, et le Brésil qui avait été sa colonie la plus vaste. Tels sont les deux axes autour desquels s'ordonnent la trentaine d'études contenues dans le présent recueil. Le livre est un hommage au Professeur Georges Boisvert, qui a formé des générations de lusitanistes. Ses collègues et anciens étudiants ont tenu à lui manifester ainsi leur gratitude et leur amitié, en explorant des thèmes auxquels lui-même a consacré une grande partie de ses propres travaux.

  • La modernisation au Brésil se confond avec la constitution du pays. La forme qu'elle y assume se dessine de façon décisive au moment même de l'indépendance en 1822 et se reproduit en temps que modernisation conservatrice tout au long des deux siècles suivants. C'est ainsi qu'elle donne le sentiment d'osciller entre un changement qui ne respecte que peu de limites et la persistance du passé. Cette modernisation à la fois vertigineuse et toujours incomplète a souvent été dramatique, faisant parfois disparaître les marques qui auraient permis de l'évaluer. La conscience culturelle perd alors pied lorsque l'on envisage la portée et le sens des transformations qui l'affectent. La meilleure littérature brésilienne n'a jamais cessé de travailler ces formes contradictoires. C'est sous cet angle que les examinent deux équipes française et brésilienne, dans le cadre d'un accord Usp-Cofecub, en essayant de mettre en lumière les rapports qui s'établissent entre la forme littéraire et le processus social. Elles se sont concentrées sur certains moments où ce rythme particulier se donne à voir avec plus de netteté : le début de la République, l'immigration et l'industrialisation des années 20 puis les transformations post-1945. Trois axes thématiques ordonnent la quinzaine d'études contenues dans le présent volume : regards sur la ville, écriture et idéologie, lyrique et modernité.

  • Cet ouvrage veut mettre l'accent sur le rôle qu'à joué dans la carrière de Pierre Hourcade, Armand Guibert et Paul Teyssier leur présence à Lisbonne pendant la guerre. C'est en effet dans cette ville et de cette époque que date l'élan décisif qu'ils ont su donner aux études portugaises en France. Ces trois ardents lusophiles à la personnalité très différente ont mis en valeur l'image d'un Portugal encore trop méconnu, ont fait reconnaître la langue portugaise dans les études universitaires et ont efficacement agi en faveur de la réception des cultures et des litératures lusophones (Portugal, Brésil, Afrique, Asie) dans les milieux intellectuels français. Cet ouvrage se veut un hommage à la culture portugaise et un hommage aux trois pionniers de la lusophilie en France : Pierre Hourcade par son oeuvre de critique et de traducteur ; Armand Guibert que l'on peut considérer comme le révélateur de Pessoa en France et dans le monde ; Paul Teyssier, universitaire dont les travaux linguistiques font toujours autorité.

  • Jorge Amado est sans aucun doute l'écrivain brésilien le plus connu en France où son oeuvre a été presque intégralement traduite. Le retentissement et les mérites de ses écrits d'une richesse foisonnante lui ont valu l'hommage de la Sorbonne Nouvelle qui lui a décerné en 1998 le titre de docteur honoris causa.. Dans son pays pourtant, si son succès a été considérable auprès du « grand public », nombre d'intellectuels et de gens de lettres ne lui ont pas ménagé leurs critiques. Un an après sa disparition, un réexamen de son oeuvre a pu paraître opportun. Cet écrivain latino-américain qui a su conquérir un large public international a marqué de son empreinte singulière la production littéraire du xxe siècle. Les quinze travaux réunis dans ce recueil, orientés suivant trois axes « L'écrivain et son oeuvre », « Lectures plurielles des romans amadiens » et « L'oeuvre amadienne en dialogue intersémiotique » prennent en compte les facettes diverses et multiples de ces écrits, discutent les problèmes de réception et de traduction et abordent le dialogue qu'ils instaurent avec d'autres formes artistiques.

  • La littérature du XXe siècle s'est enrichie d'un nombre croissant de textes écrits en dehors des normes formelles établies. En marge des genres et des sous-genres reconnus se sont manifestés, avec une fréquence et une vigueur de plus en plus nettes, des textes qu'on peut qualifier d'hybrides parce qu'ils échappent à l'horizon des catégories. Les hors-la-loi de l'écriture que sont leurs auteurs ont produit des cohabitations, brouillages, contaminations et couplages textuels divers, très souvent d'un grand intérêt. Ce territoire hors frontières, ce no man's land de la littérature, voilà le champ d'exploration de ce livre. On veut ainsi introduire à la problématique, contribuer à une meilleure compréhension du phénomène, préciser à partir de cas significatifs un projet et des modalités d'écriture, proposer enfin une bibliographie raisonnée pour stimuler la réflexion ultérieure.

  • Le livre que Philippe Renard a consacré a Cesar Pavese dans le courant des années 70 s'est imposé comme une lecture d'une grande originalité, qui occupe désormais une place de choix dans la bibliographie française et étrangère. Les Presses de la Sorbonne Nouvelle proposent la réedition de cet ouvrage.

  • La recherche collective présentée dans cet ouvrage est consacrée à l'examen de textes qui, en Italie et à partir du XIXe siècle, portent des traces variées de l'enfouissement volontaire ou à demi inconscient du discours d'une subjectivité tendant à être objectivée, rationalisée, jugulée, ordonnée et socialisée, comme s'il s'agissait toujours de faire pardonner ou oublier un moi devenu « haïssable » par son égoïsme esthétisant et son insolente futilité. Les travaux regroupés dans ce volume ont pour finalité de mettre au jour les signes d'une résistance souterraine et clandestine à la loi qui impose à tout auteur individuel de s'évanouir comme créateur d'une production incertaine au profit d'un produit parfaitement maîtrisé et irréprochable sur le marché universel de la communication.

  • Partant tout d'abord de l'examen des formes et du fonctionnement du genre d'expression privilégié par Alberti, le dialogue, l'auteur s'attache à caractériser le regard que celui-ci porte sur les liens fondamentaux de la société de son temps. Ainsi sont analysés la relation conjugale, qui pose le problème de l'image double et contradictoire de la femme selon l'espace au sein duquel elle se trouve représentée, la relation entre pères et fils tout comme le modèle d'éducation qu'elle postule et enfin, le lien unissant l'institution familiale et la cité. Ce dernier point laisse envisager les rapports d'Alberti lui-même avec le pouvoir politique, saisi dans une perspective évolutive suivant les importantes mutations institutionnelles alors opérées. Toujours soucieux de soustraire son discours à un dogmatisme sévère et figé, c'est à travers un subtil jeu de masques, puissamment servi par le dialogue, qu'Alberti approche les différentes facettes d'une réalité ainsi soumise aux constantes variations du point de vue. Cette étude montre le génie de cet humaniste à "mettre en scène" la contradiction qu'il érige en véritable méthode d'investigation du réel, prouvant son parfait contrôle de la légendaire ambiguïté emblématique de tout son système de pensée.

  • Le livre se propose de définir la notion d'inachèvement, souvent tenue pour caractéristique de la modernité. Il en examine les fonctionnements dans les formes circonscrites des objets écrits. L'analyse de textes littéraires ou de films qui appartiennent pour l'essentiel à la culture italienne, quels que soient les stades de leur conception ou de leur publication (ébauche, manuscrit de travail, copie au net, ouvrage édité, réécriture), dessine une typologie des inachèvements. Le livre se penche sur les reprises ou migrations de fragments textuels ; il analyse la volonté d'« inachever » qui parfois informe l'oeuvre, voire la continuation imposée à un texte qu'il faut alors, de fait, considérer comme inachevé.

  • L'ambition de ce volume, qui rassemble des études sur des écrivains de la deuxième moitié du XXe siècle (Italo Calvino, Antonio Tabucchi) et du début du XXIe siècle (Bruno Arpaia, Rafael Chirbes, Julio Llamazares, Walter Siti, Gonçalo M. Tavares, Giorgio Vasta), est d'interroger le retour du refoulé historique dans la littérature contemporaine de l'Italie, de l'Espagne et du Portugal à partir du concept de spectralité forgé par Jacques Derrida. De nombreuses oeuvres littéraires semblent recourir au spectre pour figurer un nouveau régime d'historicité mais aussi un temps présent désarticulé et hétérogène et perçu comme de plus en plus en manque de réel. En effet, « revenant » du passé ou projection paradoxale du présent, le spectre marque un point irrésolu de l'histoire tout en révélant les enjeux fondamentaux de notre temps.

  • Le thème de la punition est traditionnellement abordé sous l'angle juridico-politique ou psychanalytique. Les études rassemblées dans ce volume renouvellent le regard en s'interrogeant sur le rôle joué par les représentations littéraires et cinématographiques dans l'élaboration des concepts de faute et de châtiment. La culture italienne, de la Renaissance à nos jours, est ici le lieu privilégié de cette enquête. Dans le théâtre tragique et le poème épique de l'âge classique, les représentations de la punition visent à souligner la distance entre justice divine et justice humaine. Aux XIXe et XXe siècles, elles suscitent plutôt une interrogation sur le concept de culpabilité : la faute est-elle le fait d'une conscience morale individuelle ou doit-elle être ramenée à une faute originaire que les vivants expient dès leur naissance ? Et en quel sens ces représentations peuvent-elles aussi servir à explorer les instances psychiques et leur rapport avec la vie organique ? Dans plusieurs formes narratives et cinématographiques d'après-guerre, on assiste enfin à un brouillage de la distinction entre coupables et innocents, bourreaux et victimes, dans un contexte de dérèglement des institutions où l'exercice de la justice semble problématique.

  • Souvent méconnues, les sacre rappresentazioni naissent à Florence, au début du XVe siècle, sous l'impulsion des dominicains de Saint-Marc. Les buts de ce théâtre sont d'abord pédagogiques. Les enfants sont, à cette époque, au centre d'intérêts civils et religieux importants : il s'agit d'en faire de bons citoyens et de bons chrétiens. Mais les auteurs de sacre rappresentazioni sont des laïcs. Artisans ou fonctionnaires de l'État, leurs intérêts privés et leurs liens d'amitié les rattachent souvent aux Médicis. La représentation sacrée cèle alors et nourrit parfois un discours politique. Cette étude, résolument interdisciplinaire, retrace l'histoire de ce théâtre et plonge le lecteur dans l'esprit d'une époque. Elle décrypte les modes de pensée et les enjeux culturels ou politiques de ceux qui ont inauguré la Renaissance en Europe.

  • Depuis 1990, le genre policier connaît un large succès aussi bien dans le monde de l'édition qu'auprès du public italien. Cette date marque un renouveau de ses formes, auquel a contribué, entre autres, la création du Gruppo 13 à Bologne. À côté du giallo s'est affirmée progressivement la catégorie plus hybride du noir. Le genre policier entend sonder le mystère, démasquer l'opacité du réel en pénétrant les non-dits de l'histoire pour en proposer une lecture dérangeante ; surgissent alors d'autres questionnements relevant, quant à eux, de pulsions plus subtiles, voire inconscientes. La perspective historique et herméneutique a élevé le roman au statut de nouveau roman social, capable, sous le couvert de situations vraisemblables, de simuler la réalité pour la comprendre autrement. L'écriture d'enquête se présente de plus en plus en Italie comme le champ de toutes les expérimentations grâce à l'utilisation de canaux de communication favorisant une réception plus large, mais aussi à l'hybridation avec d'autres formes d'expression (cinéma, théâtre, musique, télévision, BD). Cet ouvrage vise à comprendre les nouveaux enjeux du giallo/noir à l'origine de son succès. On y voit comment, à travers l'écriture de l'énigme, le giallo explore les côtés obscurs et complexes de l'Italie contemporaine.

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