Presses de l´Université Saint-Louis

  • La charge normative du patrimoine culturel, reposant dans le droit actuel essentiellement sur les épaules du propriétaire (public ou privé), aurait augmenté à mesure de l'intervention de l'autorité publique dans le droit de propriété. Après une analyse historique (partie 1) et une évaluation (partie 2) de l'inflation de la charge en droit belge du patrimoine culturel, cet ouvrage propose des réflexions prospectives quant à une répartition plus équilibrée de celle-ci (partie 3). Le modèle de la propriété culturelle d'intérêt partagé est ainsi développé, reprenant non seulement les droits et les intérêts du propriétaire et de l'autorité publique, mais accueillant aussi ceux de l'acteur collectif (individu, communauté). L'autre versant du modèle repose sur la responsabilité partagée du patrimoine culturel, permettant de mieux répartir la prise en charge du patrimoine entre ces trois acteurs. Ce modèle de protection patrimoniale bicéphale est opérationnalisé par des outils de droit privé (contrat, fondation, trust), ainsi que par des modalités de financement alternatif.

  • Les discours de référence sur la langue française sont des prises de position émanant des instances officielles, des spécialistes (linguistes et grammairiens) ou de personnalités publiques reconnues comme tels, mais aussi des médias, qui jouent un rôle non négligeable dans la diffusion des normes. Ces discours, même s'ils peuvent être remis en question, constituent néanmoins pour les francophones des repères souvent symboliques et des avis difficilement contournables. Anne Dister et Sophie Piron collaborent depuis de nombreuses années. Elles ont organisé deux colloques, à Montréal et à Bruxelles, consacrés aux discours de référence sur la langue française. La présente publication regroupe des articles qui sont, pour certains, issus de communications présentées lors de ces colloques, pour d'autres, originaux.

  • La catégorie moderne de la légalité vit depuis longtemps une profonde crise d'identité. Selon l'auteur, il ne s'agit pas simplement d'une crise d'effectivité, mais d'une crise bien plus profonde, qui ne se manifeste pas seulement par la dissociation du modèle de la réalité, mais qui bouleverse le modèle théorique lui-même, signe d'une crise encore plus radicale qui concerne tout le paradigme juridique au sein duquel elle a été conçue. Après avoir tracé les contours de ce paradigme et mis en lumière l'aporie du principe moderne de la légalité, l'auteur nous montre, en s'appuyant sur la révolution constitutionnelle de l'après Seconde Guerre mondiale et en faisant le détour par les territoires du droit européen, que ceux qui semblent être des chemins interrompus de la légalité s'avèrent être, en réalité, les chemins encore peu explorés d'une nouvelle légalité dont il brosse le portrait.

  • Alors qu'elle apparaît plus que jamais comme un critère essentiel de légitimité de la politique et du droit, l'idée des droits de l'homme n'en implique pas moins plusieurs difficultés d'ordre théorique. Depuis les déclarations fondatrices du xviiie siècle, le développement des droits de l'homme s'est soldé par une hétérogénéité qui rend leur portée et leur cohérence incertaines. Les fondements de leur propre validité, de même que l'universalité qu'ils revendiquent, demeurent controversés. Enfin, l'évolution contemporaine des droits semble dévoiler certaines limites du paradigme qu'ils incarnent. Ces incertitudes et ces interrogations définissent les enjeux du présent ouvrage. Après s'être attaché, dans un premier temps, à éclairer la complexité interne des droits de l'homme, l'ouvrage développe une analyse critique des principaux arguments d'ordre philosophique qui ont été élaborés pour justifier leur légitimité. Cette analyse conduit à proposer une conception normative des droits fondée sur les exigences de la démocratie. Cette conception se distingue non seulement des classifications usuelles des droits, mais aussi de toute référence à un modèle unique, regroupant des droits équivalents et indivisibles. Par ailleurs, même si, en apparence, l'universalité des droits ne peut plus trouver sa justification dans les postulats du droit naturel, les arguments relativistes se heurtent pour leur part à des objections décisives : l'ouvrage explore par conséquent les voies possibles d'une véritable universalisation des droits de l'homme. Cette perspective universaliste ne permet cependant pas de méconnaître les diverses limites que comporte la notion de droits de l'homme. Qu'elles soient révélées par la reconnaissance de nouveaux droits malaisément assimilables aux droits antérieurs ou par les conditions d'application des droits dans des domaines spécifiques, ces limites nous invitent à relativiser les droits de l'homme en les inscrivant dans la perspective d'une conception plus large de la justice.

  • Quelle différence y a-t-il entre des règles de droit et des ordres appuyés de menaces ? Qu'est-ce qu'une obligation juridique et en quoi se trouve-t-elle apparentée à une obligation morale ? Quelle est la nature des règles et dans quelle mesure le droit consiste-t-il en des règles ? Qu'est-ce que la justice et en quoi diffère-t-elle du reste de la morale ? Au cours d'une discussion approfondie et séparée de ces problèmes récurrents, l'auteur relève une série d'éléments d'une importance essentielle pour la compréhension du droit, et réalise un nouveau départ dans la théorie du droit. L'ouvrage comporte une nouvelle analyse des notions de validité juridique, de souveraineté, et de fondement d'un système juridique, un nouvel examen du droit naturel et du positivisme juridique, une discussion originale des limites du formalisme dans l'élaboration de la décision judiciaire, et un examen de la nature du droit international. Le texte est complété par des notes bibliographiques détaillées et la discussion de thèses émises par des auteurs contemporains et plus anciens. Cette deuxième édition s'accompagne en outre d'une postface posthume, publiée sous la responsabilité de P.A. Bulloch et J. Raz.

  • Projetant des lumières sur les rapports qui peuvent être établis entre la création littéraire et l'art jumeau des sons, sur leurs similitudes et leurs dissemblances, surtout dans l'épineuse question de la transposition des formes de l'un dans l'autre, Euterpe et Harpocrate ou le défi littéraire de la musique vient à son heure livrer au public francophone les questions posées - et les résultats obtenus - par les recherches les plus récentes dans le domaine de la comparaison littérature-musique. L'auteur y ajoute une réflexion personnelle, originale et pertinente.

  • Marquant un décalage à l'égard d'une littérature massivement consacrée à la définition et à la justification critique de la peine, ce volume vise à interroger la pluralité de(s) sens de la peine, à partir d'une réflexion sur la double polysémie des « sens » de la « peine ». Sont ainsi élucidés les sens social, politique ou civique de la peine imposée (1), la dimension sensible de la peine vécue (2) et l'orientation donnée au phénomène pénal (3). Le pari est ici que la distinction entre ces trois acceptions permet de dépasser la dénonciation de nos pratiques pénales contemporaines « insensées » : c'est en une pluralité de sens que doit se dresser ce constat et se dire ce déficit de sens - tant scientifiquement, par une dialectique entre disciplines et points de vue, que politiquement, au nom de la démocratie.

  • Existe-t-il un « droit naturel procédural » ? Cette terminologie, résolument anti-positiviste, est assumée par Fuller, même s'il précise que son origine n'est pas céleste mais terrestre. Le droit est compris comme une entreprise visant à soumettre le comportement humain à la gouvernance de règles et l'existence même d'un système juridique dépend du respect minimal de huit exigences essentielles : les règles de droit doivent être générales, intelligibles, stables, ni rétroactives ni contradictoires, être publiées, ne pas exiger l'impossible de ses destinataires et, enfin, être appliquées par les autorités publiques. La moralité du droit est un classique de la théorie du droit anglo-saxonne, au même titre que Le concept de droit de Hart ou L'empire du droit de Dworkin.

  • Ce livre rend possible la rencontre entre deux réalités différentes mais intuitivement proches : le coopérativisme et la doctrine sociale de l'Église. Enzo Pezzini retient le terme de « coïncidence doctrinale » pour qualifier cette rencontre. Mais il parle également d'un « esprit » commun à ces deux réalités, un esprit qui prend une forme profane dans un cas et religieuse dans l'autre. Or la coïncidence doctrinale, insufflée par un même esprit, devient résonance musicale. C'est ainsi que ce travail peut être lu comme une composition pour deux instruments qui se répondent l'un à l'autre de page en page. Il s'agit d'une mise en résonance minutieuse et rigoureuse où chaque instrument est sollicité et mobilisé avec ce qu'il a de plus propre. Le coopérativisme rentre ainsi en scène avec ses principes, sa réalité historique et les idées diverses qui l'ont nourri. La doctrine sociale de l'Église est entendue à travers les différents textes qui la composent mais également la voix de quelques « figures chrétiennes emblématiques ». Les notes jouées par chaque instrument se font ainsi écho progressivement : sans se confondre, elles font entendre une même musique, harmonieuse et porteuse d'une même utopie, celle d'une société marquée par la co-opération plutôt que par la concurrence. (extrait de la postface d'Elena Lasida)

  • Comment les jeunes Bruxellois en cursus d'assistant social se projettent-ils dans le métier ? Qui sont ces intervenants sociaux - et surtout intervenantes sociales - de demain (dans un secteur fortement féminisé) ? La ville de Bruxelles est le théâtre de violentes disparités socio-économiques et d'un enseignement que l'on peut qualifier d'ethnoségrégé. Les liens entre jeunes s'y construisent dès lors avec force sur des bases identitaires - en référence tant au local (commune, quartier) qu'à l'histoire migratoire ou, encore, à la religion. À partir d'entretiens, Maryam Kolly relaie ici une « parole minoritaire » portée par de futurs travailleurs sociaux qui se disent catholiques ou musulmans, descendants de migrants venant du Maghreb ou d'Afrique subsaharienne. Érigée contre les logiques de disqualification (modernité/islam, Europe/Afrique, jeunesses d'en haut/d'en bas, non croyants/croyants), cette parole nous invite à un décentrement par rapport à l'expérience euro-occidentale.

  • Géo-graphie, carto-graphie : écritures de la terre et de la carte. De même qu'il y a une dimension scripturale dans le geste de tracer des cartes, y aurait-il une dimension cartographique dans le geste d'écrire - et, partant, une parenté entre poétique et cartographie ? La cartographie interpelle en effet tout autant l'imaginaire que la science : cartographier est une opération de schématisation dont la portée épistémique ne peut que poser question à la philosophie ; de même, cartographier est une opération de réécriture du monde par les signes, qui interroge la mimèsis dont fait oeuvre la littérature. Car la carte, artifice, artéfact, loin de se contenter de répéter le réel, est toujours construction et invention de l'espace qu'elle (re)dessine. Dans ce volume, il s'agira dès lors d'interroger, de manière interdisciplinaire - à l'aide de la philosophie et de la littérature essentiellement -, les significations de l'acte de cartographier à l'époque contemporaine, en montrant ce que cet acte peut nous enseigner sur la représentation, qui sous-tend aussi bien la faculté d'imagination que celle du langage.

  • Depuis Droit, mythe et raison (1980) écrit avec Jacques Lenoble jusqu'aux récents À quoi sert le droit ? Usages, fonctions et finalités (2016) ou Le droit, objet de passions (2018), François Ost ne cesse de questionner les rapports de nos sociétés au droit et la place de celui-ci dans nos sociétés contemporaines. Avec Le droit malgré tout, il s'agit de rendre hommage à l'oeuvre et à la carrière d'une figure centrale de la théorie du droit contemporaine et aussi au fondateur, avec le regretté Michel Van De Kerchove, de ce que l'on appelle parfois « l'école de Saint-Louis ». Abordant les deux pôles de la dialectique à laquelle François Ost est si attaché - la critique et la reconstruction -, l'ouvrage propose un regard interdisciplinaire sur le droit, à travers les principaux thèmes qui ont nourri la pensée de l'auteur. Du statut épistémologique de la science du droit à un questionnement sur les fondements et l'avenir du droit et de la justice, des liens qu'entretiennent le droit et la littérature jusqu'à l'environnement saisi par le droit en passant par les « communs », les approches de ses collègues et amis sont toutes réflexives et critiques. En ce qu'elles sont soucieuses de soumettre le droit au regard des sciences sociales et, inversement, les normativités extra-juridiques au regard du droit, elles sont fidèles à la démarche de François Ost. Ce liber amicorum propose aussi un retour réflexif sur son oeuvre par l'auteur lui-même, dans un entretien avec Manuel Atienza.

  • Le processus d'élaboration de la législation des villes médiévales est une question rarement abordée en soi jusqu'à présent, contrairement au droit édictal princier et à l'exception notable des villes italiennes où précisément État et cité se sont souvent confondus. Une trentaine de spécialistes, juristes, historiens du droit et historiens du monde urbain, se sont réunis aux Facultés universitaires Saint-Louis pour l'étudier dans une perspective européenne et interdisciplinaire. Les différents stades du processus législatif sont envisagés : l'initiative et la décision politique (situées dans un jeu de concurrence et de collaboration entre pouvoirs), l'idéologie et le discours mis en oeuvre, les matières traitées, la confection des actes, leur publication et leur conservation. Une telle étude est essentielle non seulement pour la connaissance des modes de régulation de la vie urbaine, mais aussi pour celle de leur impact sur les campagnes et sur la législation princière. L'espace ainsi couvert comprend la Péninsule ibérique, l'Italie, la France, la Suisse, l'Allemagne, la Belgique, les Pays-Bas et le Luxembourg.

  • Cette recherche collective ambitionne de revisiter les sources du droit, en ce compris les sources « nouvelles » dont on rend généralement compte sous le label « soft law ». L'importance et la diversité des enjeux théoriques et pratiques soulevés par cette entreprise, tout comme l'ampleur du matériau abordé, ont justifié la publication de quatre volumes. Si, à des fins avant tout pédagogiques, la classification des contributions suit la voie classique de la pyramide des normes, ce plan ne préjuge cependant nullement du contenu des analyses (qui, à bien des reprises, révèleront les « bougés » de la pyramide et la pertinence du modèle du droit en réseau). Ces quatre volumes sont le fruit de la collaboration du Séminaire interdisciplinaire d'études juridiques (SIEJ) et du Centre interdisciplinaire de recherches en droit constitutionnel et administratif (CIRC), tous deux ancrés aux Facultés universitaires Saint-Louis à Bruxelles. Ce quatrième volume relève plus directement de la théorie du droit et traite des questions transversales à l'ensemble de l'ouvrage. Y sont abordées, outre la notion même de sources et la difficulté, voire l'impossibilité, d'identifier une source « méta », des théories qui viennent renouveler, éclairer ou encore contester la théorie classique des sources. En plus de ses trois chapitres respectivement consacrés aux sources du droit, au soft law et à l'internormativité, ce dernier volume contient les conclusions générales de l'ouvrage, elles-mêmes précédées d'un triple regard porté sur les sources du droit : celui de l'historien, de la romaniste et du jusnaturaliste.

  • Cette recherche collective ambitionne de revisiter les sources du droit, en ce compris les sources « nouvelles » dont on rend généralement compte sous le label « soft law ». L'importance et la diversité des enjeux théoriques et pratiques soulevés par cette entreprise, tout comme l'ampleur du matériau abordé, ont justifié la publication de quatre volumes. Si, à des fins avant tout pédagogiques, la classification des contributions suit la voie classique de la pyramide des normes, ce plan ne préjuge cependant nullement du contenu des analyses (qui, à bien des reprises, révèleront les « bougés » de la pyramide et la pertinence du modèle du droit en réseau). Ces quatre volumes sont le fruit de la collaboration du Séminaire interdisciplinaire d'études juridiques (SIEJ) et du Centre interdisciplinaire de recherches en droit constitutionnel et administratif (CIRC), tous deux ancrés aux Facultés universitaires Saint-Louis à Bruxelles. Ce troisième volume se penche sur les normativités concurrentes. On y retrouve l'analyse de sources en principe dépourvues de caractère obligatoire, comme la doctrine, l'équité, la pratique ou les codes de conduite, sans oublier le droit comparé et le dialogue des jurisprudences. On notera que l'étude des actes de soft law est par ailleurs déclinée à chaque niveau de la pyramide normative dans les volumes 1 et 2 et fait l'objet d'analyses approfondies dans le cadre du volume 4.

  • Cette recherche collective ambitionne de revisiter les sources du droit, en ce compris les sources « nouvelles » dont on rend généralement compte sous le label « soft law ». L'importance et la diversité des enjeux théoriques et pratiques soulevés par cette entreprise, tout comme l'ampleur du matériau abordé, ont justifié la publication de quatre volumes. Si, à des fins avant tout pédagogiques, la classification des contributions suit la voie classique de la pyramide des normes, ce plan ne préjuge cependant nullement du contenu des analyses (qui, à bien des reprises, révèleront les « bougés » de la pyramide et la pertinence du modèle du droit en réseau). Ces quatre volumes sont le fruit de la collaboration du Séminaire interdisciplinaire d'études juridiques (SIEJ) et du Centre interdisciplinaire de recherches en droit constitutionnel et administratif (CIRC), tous deux ancrés aux Facultés universitaires Saint-Louis à Bruxelles. Ce deuxième volume a pour objet les normes internes infraconstitutionnelles. Il poursuit l'enquête entreprise dans le volume 1 en étudiant les actes, de nature hard ou soft, qui relèvent de la fonction normative, mais cette fois aux niveaux législatif et réglementaire. Ce deuxième volume rassemble en outre les contributions consacrées aux fonctions administrative, juridictionnelle et contractuelle.

  • Confrontée à l'indiscipline des élèves et au malaise croissant des enseignants, la direction d'une école secondaire fait appel à une équipe de sociologues pour l'aider à y voir plus clair et à trouver des solutions. Cet ouvrage présente l'histoire de cette intervention. On y trouvera une analyse des problèmes, effectuée à partir d'une série d'interviews et d'un travail d'autoanalyse mené, avec l'aide des chercheurs, par un groupe composé de membres de la direction, d'enseignants et de surveillants-éducateurs. À partir de ce cas concret, l'ouvrage propose des repères théoriques susceptibles d'aider tous ceux qui travaillent dans des institutions à mieux comprendre et aborder les problèmes auxquels ils sont confrontés. Ces apports théoriques portent notamment sur les différents niveaux d'analyse d'une expérience sociale, la marge de liberté de l'acteur social face aux règles et aux rôles, l'usage stratégique de la communication, les concepts de rapport social et d'acteur social et la dynamique du changement dans les organisations. Le lecteur intéressé par les méthodes de formation, d'intervention et de recherche-action pourra prendre connaissance d'une méthode axée sur l'autoanalyse en groupe qui est utilisée dans une visée sociologique. Cet ouvrage s'adresse principalement au monde de l'école (directeurs, enseignants, élèves, parents, ...). Par ses apports théoriques et méthodologiques transposables, il devrait également intéresser les responsables d'organisation, les éducateurs, les formateurs et les chercheurs.

  • Cet ouvrage constitue une introduction a une sociologie compréhensive du changement social, qui place l'acteur social au coeur de son questionnement. À partir d'une élucidation prospective de l'oeuvre de Maurice Chaumont l'ouvrage propose un ensemble de textes qui portent sur les principales facettes du travail sociologique, tel que le concevait Maurice Chaumont : la réflexion épistémologique, l'essai, la problématisation et la construction de modèles d'analyse ainsi que l'analyse concrète. À travers l'unité du projet et la complémentarité des différents apports, une manière neuve d'aborder le changement social est proposée ici, dont l'intérêt est à la fois théorique, pratique et pédagogique. Des chercheurs de l'École des hautes études en sciences sociales à Paris (Alain Touraine), de l'Université de Sao Paulo (José-A Guilhon Albuquerque), de l'Université de Montréal (Annick Germain), des Universités du Zaïre (Benoit Verhaegen) et du Centre d'étude et de documentation africaines (Gauthier de Villers et Benoit Verhaegen), de l'Université catholique de Louvain (Guy Bajoit. Jean Ladrière, Michel Molitor et Jean Remy) et du Centre d'études sociologiques des facultés universitaires Saint-Louis (Anne Devillé, Michel Hubert, Jean Remy et Luc Van Campenhoudt participent à cet ouvrage d'hommage.

  • Les contributions réunies dans le présent ouvrage ont été présentées lors de séances de recyclage organisées les 3, 10, et 17 mars 1989 par la Faculté de droit des Facultés universitaires Saint-Louis. L'ensemble de ces manifestations ont porté sur deux évolutions remarquables du droit de la construction observées au cours de ces dernières années, à savoir : les statuts et les responsabilités des édificateurs. En effet, les activités des architectes, entrepreneurs et promoteurs sont de plus en plus régies par des règles spécifiques que les intéressés ne peuvent plus ignorer sous peine de s'exposer à des risques majeurs en cas d'inobservation des prescriptions rigoureuses et impératives qu'elles consacrent. La multiplication de ces normes, dont le champ d'application porte sur la nature même de l'intervention de chacun des édificateurs, a constitué progressivement le fondement de véritables statuts pour ceux-ci. À la suite d'une telle évolution, il a semblé également intéressant d'en mesurer les conséquences sur les responsabilités de ces professionnels et les divers régimes d'assurance qui les couvrent.

  • Le titre de cet ouvrage, inspiré de Kant, ouvre un espace immense : celui qu'explore en tous sens, en frayant les trajets multiples de sa recherche, la pensée contemporaine. Réunies dans une collaboration significative, on trouvera ici une quarantaine de contributions, offrant une sorte de coupe ou d'analyse spectrale du tissu vivant de la culture qui est en train de se créer. Elles relèvent pour majeure partie de la philosophie, mais également de la théologie, de la psychanalyse, de la critique littéraire et d'autres sciences humaines. Ceux qui les signent sont tous d'éminents et brillants spécialistes. Le moindre intérêt de ce livre n'est pas de rassembler leurs noms et leurs styles si différents, mais si proches dans leur intelligence et leur bonheur de penser. Un instrument unique de réflexion et d'information est ainsi offert au lecteur qui veut lui aussi penser avec son temps.

  • Sous les formes diverses du mandat divin, de la raison naturelle, du contrat social ou du consensus populaire, toujours le droit se prévaut de sa rationalité. Comme si, pour assurer sa légitimité et sa vérité, le discours juridique devait s'ancrer en quelque absolu. Mais ce « bien-fondé » ne traduit-il pas plutôt une dérive fantasmatique, une invocation magique, un débordement de la logique par le mythe ? Telle est la question que pose ce livre qui, pour analyser l'intrication de la raison et du mythe dans le droit, étudie tour à tour la nature du raisonnement du juge, le statut de la logique juridique et la question du fondement de la validité de la loi. Sans doute la pensée juridique se montre-t-elle divisée sur chacune de ces questions essentielles : la logique du droit est-elle formelle ou argumentative, affaire de syllogisme ou de prudence ? La validité du droit est-elle positive ou méta-positive, affaire de pouvoir ou d'idéal ? L'ouvrage s'attache cependant à montrer que ces controverses n'entament jamais les dogmes de l'impérativité et de l'intelligibilité du droit et que se trouvent ainsi préservées l'obéissance et la croyance dont la loi se soutient. Cet « impensé », qui travaille tant la dogmatique juridique que la philosophie du droit, est progressivement éclairé à l'aide d'une pratique interdisciplinaire qui s'appuie sur les enseignements de l'epistemologie, de la théorie du texte et de la psychanalyse. Il apparaît en définitive que la force de la loi ne réside point tant dans sa rationalité, que dans la fascination qu'elle suscite, le transfert dont ses auteurs font l'objet et le rituel dont s'entoure sa mise en oeuvre. Cristallisation théorique qui opère le blocage de la pensée, violence pratique qui ramène l'aléa du social-historique sous les catégories du texte juridique.

  • L'oeuvre de Merleau-Ponty, avec le recul d'une ou deux décades, révèle une tension interne, que la publication en 1964 du Visible et de l'Invisible a d'ailleurs mise en évidence. Sa phénoménologie n'est-elle pas presque toujours aussi une pensée des limites de la phénoménologie ? L'auteur tente de montrer comment les apports de la psychologie de la Forme d'abord, ceux du structuralisme linguistique ensuite, ont contribué à transmuer chez Merleau-Ponty le style de la question de l'être et du langage. Car la notion de structure permet de surmonter le dualisme du sujet et de l'objet. Elle entraîne un enveloppement réciproque de la philosophie et de la science ; qu'elle se veuille descriptive ou réflexive, la pensée est toujours prise dans ce qu'elle interroge. Comme la perception est figure-sur-un-fond, le langage est la pensée comme creusement du sensible. Le langage est son propre phénomène, mais porté par une différence qui est l'irrécupérable de principe. Les ultimes « Notes de Travail » laissées par le philosophe sont marquées de ce combat avec l'Invisible.

  • Trop souvent occultée, ou simplement passée sous silence, l'interprétation occupe une place primordiale en droit. Consacrant à ce thème ses premiers travaux de recherche, le Séminaire d'études juridiques interdisciplinaires des Facultés universitaires Saint-Louis a suscité la collaboration de juristes, de philosophes, d'historiens, d'économistes, de sociologues, de psychanalystes et de philologues. Le sujet est traité d'abord sous ses aspects méthodologiques fondamentaux, puis dans le cadre particulier de différentes branches du droit et, enfin, dans une perspective spécifiquement interdisciplinaire. L'ouvrage s'adresse aux juristes soucieux d'une articulation de la théorie et de la pratique ainsi qu'à toute personne intéressée aux problèmes soulevés par l'interprétation en général.

  • La métaphore est un des lieux privilégiés où se déploie la réflexion contemporaine sur les modalités de production et de structuration du sens. Fondamentalement, il s'agit d'un processus de signification par transfert, où des univers réputés irréductibles se trouvent fusionnés par le biais de l'analogie. Plus profondément, l'on doit s'interroger sur le caractère spécifique de la métaphore, c'est-à-dire sur les mécanismes fondamentaux de son fonctionnement. Cette tâche implique un effort de description et d'évaluation du processus métaphorique dans les langages les plus divers. C'est à cette double entreprise que contribue le présent ouvrage. On y trouvera l'exposé de cinq approches différentes, s'alimentant chacune aux interrogations les plus récentes dans les disciplines suivantes : philosophie, épistémologie, psychanalyse, linguistique et sémiotique du langage pictural.

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