Presses universitaires du Midi

  • Un inventaire après décès est un document précieux. Il s'assimile à une photographie de la demeure du défunt, au moment de son décès, et recense les objets qui s'y trouvent. C'est une source importante pour la connaissance matérielle du cadre de vie, pour l'histoire des pratiques et des techniques, pour l'histoire économique et culturelle. Ce que donne à voir l'inventaire après décès est souvent invisible dans le reste de la documentation conservée pour la fin du Moyen Âge et pour l'Époque moderne. Le fonds de la mairie de Dijon est exceptionnel en quantité comme en qualité. Les documents conservés décrivent l'intérieur de 700 maisons de la ville à la fin du XIVe siècle et au début du XVe siècle avec un soin et une précision inégalés. Ils offrent une description sans équivalent du cadre de vie des habitants de cette ville-capitale, de la simple prostituée au riche officier du duc, comme l'un de ses tailleurs ou tel ou tel de ses cuisiniers. Les objets, peu nombreux ici, abondants là, parfois peu communs, comme ces cages à oiseaux, selon la mode des oiseaux chanteurs, ou des boules de senteur venues d'ailleurs, donnent chair à la ville et dessinent une autre image de Dijon et de ses habitants, au plus près de leur existence et de leurs horizons de vie.

  • La famille constitue depuis longtemps un objet d'étude privilégié des historiens des sociétés. Ayant abandonné l'attention presque exclusive accordée autre­fois aux seuls lignages aristocratiques voire royaux, cette histoire de la famille a connu depuis un demi-siècle de profonds renouvellements, tant thématiques que méthodologiques. Directement impliquée dans l'histoire quantitative, notamment par le biais de la « reconstruction des familles », la thématique familiale s'est retrouvée au centre de l'histoire des mentalités. Ultérieurement enfin, via l'importation de problématiques venues des autres sciences sociales et le recours à la démarche « micro-historique », la famille s'est muée en un espace social et anthropologique au sein duquel sont mises à jours les dynamiques qui affectent ces réalités familiales. Dans le même temps, ces réflexions sur le passé d'une réalité sociale toujours vivante viennent en écho aux interrogations contemporaines sur le devenir de la famille nucléaire. La « crise » d'un modèle familial pluriséculaire et les recompositions familiales auxquelles elles donnent lieu placent ces réflexions sur la famille au coeur d'un débat de société particulièrement intense. Dans ce contexte qui fait de la famille un sujet d'actualité brûlant, le colloque organisé à Toulouse a voulu dresser un bilan des travaux les plus récents des meilleurs spécialistes du sujet, il s'est inscrit dans une démarche délibérément comparatiste tout en insistant sur les continuités et les ruptures identifiables tant en termes de problématiques, de démarches que de résultats. Compte tenu de la spécificité du laboratoire à l'origine de cette réflexion, le comparatisme concerne essentiellement les espaces français et ibérique, ce dernier étant compris au sens large puisqu'il intègre les sociétés coloniales ibéro-américaines. Dans le même temps, ce colloque a fait le choix de la transdisciplinarité et de la longue durée, depuis le bas Moyen-Âge jusqu'au xxe siècle. Cette longue phase chronologique coïncide avec l'émergence puis le développement de la structure nucléaire, modèle familial précisément en cours de redéfinition aujourd'hui. À son propos, leurs auteurs y confrontent des approches historiques, sociologiques, anthropologiques et juridiques qui toutes éclairent les complexités de cette histoire tout en contextualisant les interroga­tions contemporaines.

  • Né le 10 septembre 1935 à Oran, dans une famille d'origine alicantine installée en Algérie depuis le XIXe siècle. Francis CERDAN fit ses études supérieures d'espagnol et de portugais à Aix-en-Provence, puis à la Sorbonne. Professeur certifié au Lycée de Corbeil-Essonnes, il fut détaché, après l'agrégation, aux Affaires Étrangères et affecté à la Faculté des Lettres d'Alger, où il dirigea la section d'espagnol. Nommé Maître-Assistant à titre personnel, il réintégra l'Éducation Nationale et enseigna à partir de 1970 à l'Université de Toulouse-Le Mirail. Après le doctorat de 3e cycle sur Frei Jerónimo Bahia, épigone portugais de Góngora, nommé Maître de Conférences, il consacra ses recherches, dirigées pur Robert JAMMES, à « Fray Hortensio Paravicino et l'éloquence sacrée de son temps » et, de façon plus générale, à la littérature religieuse du Siècle d'Or, sans renoncer pour autant à des incursions dans d'autres domaines : la littérature espagnole contemporaine, en particulier la poésie, ou encore le cinéma (Lorca, Miguel Hernández, Rafael Alberti, Saura). Après une thèse d'État soutenue sur travaux, il fut nommé Professeur des Universités. Admis à faire valoir ses droits à la retraite en 1997, il fut nommé alors Professeur émérite. Membre fondateur en 1974 de la RCP 439 du CNRS « Poésie espagnole du Siècle d'Or » et de la revue Criticón dirigées par Robert JAMMES, il a continué à foire partie de cette équipe de recherches qui connut divers statuts et plusieurs appellations (LESO puis LEMSO) jusqu'à l'intégration dans Factuel FRAMESPA.

  • Texto inédito del P. Valentín de Céspedes s. j. (1595-1668), el Trece por docena es una contundente y áspera respuesta a la Censura de la elocuencia publicada en 1648 por otro jesuíta, el P. José de Ormaza. Esta controversia, en la que también terció Ambrosio Bondía, entra de lleno en la práctica concreta de los predicadores y los problemas cotidianos con los que se enfrentaban en la elaboración de sus sermones: dónde encontrar sus materiales, cómo utilizarlos, qué importancia debe otorgarse a lugares y autoridades, cómo plantear las cuestiones para probar los asuntos, qué son los conceptos y qué utilidad puede tener el estilo conceptuoso, cuáles son los límites de la actio, etc. Pero más allá del debate sobre la oratoria que Céspedes desarrolla con punzante ironía y constante buen humor, el Trece por docena aborda también desde una perspectiva distinta algunas de las cuestiones básicas de la literatura de su época: los límites de la retórica y la adecuación del estilo lacónico al discurso, la teatralidad del predicador como «comediante a lo divino», y, sobre todo, la problemática del conceptismo, la agudeza y el ingenio.

  • Le vêtement civil ou ecclésiastique, peut être considère comme un « fait social total ». Il exprime état, honneur, et distingue celui qui le porte du reste du commun. Les questions de préséances sont primordiales, qu'elles se manifestent par le choix des couleurs, la qualité des tissus, la place occupée dans les assemblées consulaires ou les cérémonies religieuses. Ainsi revêtu, l'individu n'est plus anonyme, il est le corps visible du pouvoir qu'il représente. Les atteintes portées à ces symboles révèlent également l'importance du statut politique du costume. Le soin porté aux vêtements liturgiques et civils, le souci du détail vestimentaire, le sort réservé aux tissus usagés, permettent de cerner, de la théorie à la pratique, l'importance de la vêture comme représentation, mais aussi comme instrument et enjeu de pouvoir. L'intérêt de la longue durée (XIIIe-XXe siècle) réside dans l'analyse des permanences et des évolutions, à partir de l'étude des textes normatifs et des pratiques observées sur le terrain, grâce à l'abondance des sources. Toutes ces questions ont été l'objet de la réflexion des chercheurs lors du colloque organisé à Albi, les 19 et 20 octobre 2001. Loin de représenter une étude exhaustive d'un sujet trop vaste pour être circonscrit en quelques pages, les actes qui paraissent aujourd'hui sont autant d'imitations à pousser les portes entrouvertes et poursuivre le questionnement dans une recherche pluridisciplinaire particulièrement enrichissante.

  • Au XIXe siècle, progrès techniques et mutation des goûts provoquent le déclin de la faïence stannifère. L'invention de nouvelles pâtes cuisant blanc et l'introduction au milieu du XVIIIe siècle en Angleterre des procédés de décor par impression ouvrent la voie à la mécanisation de la fabrication, au passage de l'artisanat à l'industrie, qui marqueront durant un siècle l'âge d'or de la faïence fine. Parallèlement, la mode pour les arts d'Extrême-Orient pousse aussi les céramistes à s'intéresser aux matières dures tels les grès et les porcelaines encore au détriment de la faïence stannifère. Toutefois, cette dernière ne disparaît pas pour autant ; aux ouvriers se joignent les peintres de renom qui optent aussi pour ce support et la main des maîtres artisans ou artistes demeure irremplaçable face à la machine qui reproduit à l'infini des motifs jugés sans âme. Négligée par les historiens pour lesquels elle a le défaut de ne pas appartenir aux secteurs leaders de ce qu'il est convenu de nommer « révolution industrielle », qualifiée longtemps « d'art mineur » par les historiens de l'art, la faïence fine - comme une partie de la porcelaine du XIXe siècle - portait en elle le discrédit qui touche le produit industriel. Oubliée par la recherche institutionnelle - comme le reste de la céramologie - délaissée par les érudits locaux et les amateurs d'art qui lui préféraient les céramiques aux couleurs chatoyantes, elle connaît aujourd'hui un regain d'intérêt et prend sa place dans les collections.

  • Migrations et immigration au musée. Le mouvement est international. Car ce nouveau sujet d'exposition recouvre de nouveaux questionnements autour de l'identité collec­tive des sociétés contemporaines. Aux Etats-Unis, au Canada, en Australie ou en France, comment des institutions spécifiques abordent-elles l'histoire de l'immigration ? Comment la rattachent-elles au fait national ? Quel dis­cours d'inclusion tissent-elles ? Quel imaginaire social les traverse ? Rencontrant les mémoires de migrants, la muséographie devient moyen de reconnaissance, vecteur de visibilité. Musée réceptacle d'une communauté ethni­que. Musée virtuel documentant en ligne le passé d'une ville d'immigrants. Politique d'exposition sur la diversité des mémoires à l'échelle d'un espace régional... Autant d'expé­riences mises ici en perspective par des universitaires et des conservateurs français et étrangers. Mais ces thèmes n'émergent pas sans débat ni dissensus. Et ce qui se joue à cette occasion gagne à être évoqué au regard d'autres héritages conflictuels. D'où les analyses sur les limites de la prise en charge patrimoniale de l'esclavage aux Antilles, le point de vue indigène dans les « sociétés de colons », ou les affrontements mémoriels à propos du passé colonial français. Enfin, c'est hors des murs du musée qu'il faut regarder. Car c'est aussi par l'action cultu­relle au sens large que passent de tels enjeux. Du travail d'associa­tions de terrain pour promouvoir les mémoires de « l'autre » ou des « Suds » auprès du grand public, jusqu'aux projets en gestation à l'échelle européenne autour du patrimoine des migrations.

  • « Porter le témoignage de l'homme » pourrait être la devise de qui a posé un regard pertinent sur le monde, doublé de la marque impertinente de l'observateur attentif. Ce livre, hommage à notre collègue Rodolfo de Roux, revienr sur les pérégrinations d'un chercheur, historien et pédagogue, et dont les travaux engagent résolument la questiondes rapports de F Eglise avec le monde, celle de la violence des relations humaines, par-delà le cas douloureux de la Colombie, ou encore celle de la création et de la culture. Né à Cali (Colombie) en 1945, Rodolfo de Roux a d'abord enseigné l'histoire de l'Amérique latine à l'Université Javeriana de Bogota et la sociologie de l'éducation à l'Université Pédagogique Nationale de Colombie (Bogota), où il a été doyen de la Faculté des Arts et Humanités. Après avoir brillamment soutenu deux thèses en France, l'une en Sciences Sociales des Religions (EHESS, 1981) et l'autre sur l'histoire religieuse en Amérique latine (Université de Toulouse-Le Mirail, 1992), il est devenu enseignant-chercheur dans cette université à partir de 1992 et jusqu'en 2008, en tant que Maître de conférences puis comme Professeur de civilisation hispano-américaine. Cet ouvrage est sans nul doute le reflet d'une reconnaissance envers un intellectuel contemporain dont aucune incursion dans les domaines de l'histoire, de l'éducation ou de l'écriture n'a jamais laissé indifférent ses auditeurs et ses lecteurs qu'ils soient eux-mêmes des chercheurs ou de simples amateurs de l'Histoire latino-américaine moderne et contemporaine.

  • Cet ouvrage regroupe les actes d'un colloque organisé par la Casa de Velázquez, à Madrid, au mois de mars 2004 sous le titre Desde la Tarraconense hast a la Marca Superior de al-Andalus (ss. IV-XI). Il s'agit là du premier volet d'une série intitulée villa dont le champ de recherche couvre l'ensemble de la vallée de l'Ebre et la période des siècles dits obscurs. L'objectif de cette réunion visait à regrouper des universitaires et des chercheurs des deux côtés de la chaîne pyrénéenne pour éclairer la question controversée de la transition de l'Antiquité tardive au Moyen Âge, Au-delà de la diversité des exemples abordés, en Navarre, en Aragon comme en Catalogne, les séances ont permis de dégager des points communs dans l'étude du peuplement rural, tel que le poids du déclin démographique des ve-vie siècles, l'existence d'un habitat dispersé avant l'an mil, la fréquence des sépultures taillées dans la roche et surtout, avant la grande mutation du xe siècle, le faible rôle du château dans l'organisation de l'espace et la structuration du peuplement, Malgré les bouleversements entraînés par la conquête musulmane au début du viiie siècle, on retiendra surtout qu'il convient d'étudier cette période non plus en termes de fin du monde antique ou de prémices du Moyen Âge mais en soi et pour soi, comme un moment particulier, depuis la crise de la villa jusqu'à l'essor de l'incastellamento.

  • Les historiens ont longtemps privilégié le facteur technique dans l'approche des révolutions industrielles. Dans cette logique monocausale, le progrès technique était assimilé à une succession d'inventions apparues dans des secteurs pionniers, moteurs de la croissance, entraînant le reste de l'économie, dite traditionnelle, dans son sillage. L'un des paradoxes de cette approche consistait à valoriser l'innovation tout en évitant d'interroger les pratiques inventives. La dynamique interne du progrès technique et les traits de génie des inventeurs tenaient lieu de modèles explicatifs. La remise en cause de ces approches suscite bien des interrogations de méthode. Comment repérer les formes de l'invention ordinaire, en cerner les acteurs ? Comment assigner une origine à des nouveautés dont l'antériorité se perd dans la mémoire commune ? Comment appréhender des savoirs pratiques instables et non codifiés que ne livrent pas les corpus constitués de sources ? Comment concilier les définitions construites de l'invention et de l'inventeur, les catégories déjà forgées par les institutions et le corps social, et les mentions informelles ou indirectes de l'invention ? Ces questions débordent l'écrit. Cet ouvrage, issu d'un colloque international tenu à Paris en 2003, élargit le concept de sources : au-delà des « sources-textes », il considère les dessins, les enregistrements sonores, les instruments et outils, les installations, les échantillons, les modèles, les prototypes, etc. Il propose une réflexion originale sur le statut des archives de l'invention, sur leur mode de production et sur les méthodologies mises en oeuvre dans leur exploitation.

  • Calificado como fórmula rígida del eremitismo, el emparedamiento se desarrolló con gran adaptabilidad, dentro de una gran proliferación de fórmulas religiosas, más entre las mujeres que entre los hombres. Se realizaba en celdas adosadas a iglesias y cementerios, en hospitales y monasterios, en puentes y en murallas, localizadas en el centro urbano o en su derredor; pero siempre provocando un gran impacto sobre la sociedad que les rodeaba. Celdas dependientes de concejos o de iglesias, celdas independientes, pequeños habitáculos (identificados con sepulcros), con dos ventanillas (una hacia la calle, otra hacia la iglesia) y una puerta. Alejada del claustro tradicional, la vida emparedada se iniciaba con una despedida del mundo, una ceremonia litúrgica con el oficio de difuntos y una entrada en la celda, cuya puerta era tapiada: vestidas de penitentes, con bendición o sin ella, la vida en la celda transcurría en unas condiciones físicas muy duras: poca comida, sobre el suelo una tabla por lecho y escasas ropas; una vida de mortificación y disciplinas, de oración y salmos, de privación y lágrimas.

  • Ce volume propose une réflexion collective autour de l'avis et de son expression au Moyen Âge. Littéraires, sociologues, juristes et historiens se sont rassemblés pour éprouver la notion d'avis et l'acte de le donner en France et en Espagne, du VIIe au XVIe siècles, tout en vérifiant si cet acte de langage se distingue ou non, au même moment, de l'opinion et du conseil. L'enquête a été menée dans le cadre d'un projet de recherche A.C.I., depuis la Maison des Sciences de l'Homme d'Aquitaine, et intitulé « Donner son avis au Moyen Âge en France et en Espagne : entre acteurs, stratégies rhétoriques et processus d'acculturation ». Les spécialistes de ces disciplines différentes ont réfléchi ensemble à partir de trois registres principaux de questions concernant d'abord les moyens de repérer la formulation de l'avis dans les sources, la production et l'émission des avis, leur réception et leur caractère contraignant ou non sur les processus décisionnels en matière politique, diplomatique ou juridique. Dans un deuxième temps, des chercheurs proposent une analyse pragmatique de l'avis au travers d'une activité complexe, la deliberatio, en particulier au sein des assemblées délibératives de diverses natures, municipales, universitaires et conciliaires. Ce deuxième pan de l'enquête a permis de s'interroger sur les correspondances entre avis collectif et consensus politique.

  • 150 ans d'histoire, 150 ans de tourisme en Aquitaine. De sa naissance à son apogée, vivez la plongée au coeur des racines du tourisme aquitain. 150 ans... c'est long et court à la fois, si l'on considère l'accélération des mutations des stations de tourisme et des pratiques touristiques. Avec sa démocratisation et sa massification, le tourisme est passé de quantité négligeable et négligée en Aquitaine à un secteur majeur se distinguant par une forme de développement touristique proche du développement durable et inspirant l'image de marque de la région : c'est la revanche d'une région et d'un secteur économique. En 150 ans, de 1820 à 1988, le tourisme aquitain s'est construit organisé et transformé devenant un secteur socio-économique valorisé. Les profonds changements intervenus durant cette période sont le fruit de l'organisation du secteur touristique par un réseau d'acteurs diversifié et de mutations dans les pratiques touristiques. Les 4S en Aquitaine ont notamment vu le développement du nautisme, du naturisme et du surf Le tourisme passe ainsi d'une activité complémentaire à un secteur économique autonome, de surcroît source de développement local, ce qui prouve son affirmation. En 150 ans, l'identité rêvée et donnée à la côte fluctue : Que reste-t-il de la côte des Landes de Gascogne ? de la Côte d'Argent ? et de la Côte ! Aquitaine ? Trois noms pour un même espace, trois périodes identitaires bien marquées qui font l'originalité de ce littoral. De fait, identité régionale, pratiques sociales, politiques d'aménagement et volonté de développement local ont interagi sur ce littoral avec plus ou moins de force.

  • Né le 6 octobre 1943 à Villefranche-de-Rouergue, Claude Chauchadis a été Maître de conférences à l'Université de Bordeaux 3 puis à Toulouse-Le Mirail, où il est nommé Professeur en 1992 et où il enseignera jusqu'à son départ à la retraite en 2004. Impliqué dans différents groupes de recherche, il consacre un nombre non négligeable d'articles à des sujets divers allant du xvie au xxe siècle, sur le roman, la poésie, le théâtre ou la société espagnole. Cependant, et cela dès 1977, il oriente l'essentiel de ses recherches vers le thème de l'honneur. Toutes ses contributions à ce thème traité sous différentes facettes sont publiées en 1991 sous le titre Études sur l'honneur. C'est en 1997 que paraît sa Thèse d'État de 520 pages aux Presses Universitaires du Mirail à Toulouse : La loi du duel. Le code du point d'honneur dans l'Espagne des xvie-xviie siècles, qui fait autorité dans l'hispanisme international. Par la suite et aujourd'hui encore, il continue, par de nombreux travaux, à contribuer à la richesse scientifique et au rayonnement de l'hispanisme français.

  • La réunion des deux notions d'historiographie et d'écriture au sein d'une même expression semble profondément légitime lorsque l'on s'intéresse à cette forme textuelle qu'est la chronique médiévale : l'historiographie se définit en effet comme un discours sur le passé à mi-chemin entre art et science. La chronique médiévale ne saurait par conséquent être exclusivement conçue comme source d'information, mais comme objet de langage, redevable d'une lecture littéraire, objet donc d'une poétique, d'une analyse du système interne du texte qui met l'accent sur les procédés stylistiques qui caractérisent l'écriture. Sur ce constat reposent les quatorze travaux qui composent le présent volume. Chacune des contributions cherche à démontrer, au moyen de techniques et de perspectives différentes. que les chroniques, attachées au décompte du temps et à la mention brève des événements et traditionnellement considérées comme étant des manifestations d'un genre mineur, sont bel et bien des exercices de style. Étudier la poétique de la chronique médiévale équivaut donc à se pencher sur la fabrication d'un langage littéraire.

  • Alain Ducellier, né à Paris en 1934 a fait ses études aux lycées Jacques-Decour et Henri IV puis a soutenu en Sorbonne, dès 1957, un D.E.S. d'Histoire byzantine sous la direction de Rodolphe Guilland. Agrégé d'Histoire en 1959, il a entrepris, sous la direction de Paul Lemerle, une thèse d'Etat consacrée à La Façade maritime de l'Albanie au Moyen Âge. Durazzo et Valona du xe au xve siècle, soutenue en Sorbonne en 1971. Professeur au lycée de Reims puis à Janson de Sailly à Paris, il devient assistant à la faculté de Tunis de 1963 à 1967, puis maître-assistant à l'université de Toulouse où il est ensuite élu maître de conférences en 1971 et professeur en 1973. De 1981 à 1985 il est membre du jury de l'agrégation d'histoire. Membre du L.A. 186, Histoire et Civilisation de Byzance (Paris, Collège de France) et du laboratoire Diasporas (Université de Toulouse-Le Mirail). Cette carrière a déterminé la nature et l'évolution de son enseignement comme celle de ses recherches : l'assise majeure a toujours été l'histoire de l'Empire byzantin, dont il a souvent privilégié les périphéries, comme en témoignent ses nombreux travaux relatifs à l'Albanie médiévale et aux Balkans en général, mais aussi les relations avec l'environnement musulman auquel il a longtemps consacré une partie de son enseignement à Tunis puis à Toulouse.

  • Le présent volume consacré à l'habitat pyrénéen au cours des périodes médiévale et moderne est le fruit de la collaboration de plusieurs universités espagnoles (universités du Pays Basque - UPV, publique de Navarre - UPN, de Saragosse, de Gérone) et françaises (universités de Perpignan Via domitia, de Toulouse-Le Mirail, de Pau et des pays de l'Adour). C'est en effet au sein de RESOPYR, un réseau d'universités franco-espagnoles réunies autour d'un projet commun élaboré dans le cadre de la communauté de travail des Pyrénées, qu'il a été préparé. Il regroupe une vingtaine de contributions concernant la montagne pyrénéenne et son piémont, de l'Atlantique à la Méditerranée, depuis le moyen-âge jusqu'à nos jours. Ce volume aborde les problèmes de l'habitat et s'organise autour de trois cadres principaux ; certains articles traitent de la naissance et de la mise en place des villages ; d'autres envisagent les différents modes de hiérarchisation et de fonctionnement de l'habitat dans un modèle communautaire qui n'est jamais égalitaire ; enfin, les derniers analysent la remise en cause de ce modèle communautaire et sa rupture définitive au profit d'un accaparement individuel.

  • À l'occasion du départ à la retraite de Michelle Fournie, ses collègues historiens et his­toriens de l'Art de l'Université de Toulouse II le Mirail ont souhaité réunir en son honneur un volume de Mélanges. Bien plus qu'un volume disparate, nous avons voulu construire un ouvrage cohérent organisé autour de ses thèmes de recherche. Le dialogue établi entre le Ciel et la Terre à la fin du Moyen Âge fut notre guide. En effet, l'oeuvre majeure de Michelle Fournie, Le ciel peut-il attendre ? Le culte du Purgatoire dans le Midi de la France, publié aux Éditions du Cerf en 1997 a marqué nombre d'historiens de la religion et des mentalités. Les premiers temps de cette conversation sacrée prennent ici la forme d'une interrogation sur les modalités des suppliques adressées aux reliques des saints et à leurs images en Europe à la fin du Moyen Âge. Le colloque pacifique ou tendu entre le Ciel et la Terre se poursuit au travers d'une série de contributions consacrées aux Églises méridionales et à leurs rapports aux pouvoirs terrestres. Enfin, la relation se conclut en donnant la parole aux dévotions collectives et aux différentes formes de la piété ordinaire. Ce volume constitue, certes, un hommage, mais il est aussi, nous l'espérons, une pérégrination sur les chantiers actuels de l'histoire religieuse et des mentalités médiévales.

  • Pour ceux qui l'ont connu, le séminaire de recherche de Pierre Bonnassie fut un extraordinaire lieu d'échanges et de convivialité. Plus qu'un recueil d'hommages, ce volume voudrait être à l'image de ce séminaire : une réunion d'amis et d'élèves, scientifique et chaleureuse. Pierre Bonnassie a été un précurseur et un fondateur pour l'histoire des sociétés méridionales à l'âge féodal : les contributions rassemblées dans cet ouvrage en sont le reflet. Une première partie explore l'enracinement des hommes, de l'exploitation agricole aux institutions urbaines, des liens serviles aux regroupements villageois. La seconde interroge plus volontiers les rapports de domination et d'alliance, en questions qui s'ordonnent autour de la mutation féodale, des stratégies familiales, des pratiques et des représentations aristocratiques. Parfois aussi, les propos échappent à ces cadres, traces d'un séminaire vivant.

  • S'il est une notion qui, principalement en raison de l'oeuvre de Walter Benjamin, peut sembler emblématique de la modernité, c'est bien celle de « passage ». L'auteur de Paris, capitale du XXe siècle, voyait dans les passages commerciaux situés dans les grandes villes comme une sorte de symbole du monde moderne. Sa vie, mais aussi sa mort à Port-Bou en 1940, firent par ailleurs de lui un « passeur » à cheval entre plusieurs mondes et plusieurs époques. Enfin, son grand livre inachevé, gigantesque recueil de notes en vue d'une histoire globale de ce qui faisait la modernité du XIXe siècle, est aujourd'hui connu sous le nom de Livre des passages. Il n'est évidemment pas question de traiter ici de l'oeuvre de Benjamin. Si l'on a jugé bon de la mentionner, outre le fait qu'elle est sans doute assez directement responsable du titre de ce colloque, c'est parce qu'elle peut aussi nous inviter, ne serait-ce que par comparaison, à nous interroger sur les différents « passages » médiévaux, pas moins nombreux qu'à l'époque contemporaine mais nécessairement différents quant à leur signification. En effet, dans un monde divers, contrasté, fragmenté comme l'est celui du Moyen Âge, ne peut-on penser que le « passage » d'une région à une autre, d'une langue à une autre, d'un statut à un autre, représentent des changements plus importants que dans nos sociétés modernes, toujours plus homogènes ?

  • Le colloque dont ce livre reprend le contenu est le fruit d'une collaboration entre historiens des deux versants des Pyrénées, entreprise depuis 1995. Un premier objectif était d'établir une grille de lecture, à valeur descriptive et étiologique, des différentes formes d'habitat villageois. Bastides, villages castraux et villages ecclésiaux ont tour à tour été identifiés. Restaient à caractériser les villages des hautes vallées pyrénéennes, irréductibles à cette typologie. C'est que les formes d'habitat valléen sont la résultante d'une adaptation à un milieu naturel contraignant et d'une projection au sol de formations sociales originales. Ont été conviés pour présenter et confronter leurs travaux, des géographes, des praticiens du patrimoine, des archéologues et des historiens... avec en prime le regard d'une spécialiste des vallées alpines. Les travaux ont permis de faire émerger le concept de "village à maisons".

  • Le présent ouvrage rassemble certaines des contributions présentées lors des Premières Rencontres Méditerranéennes sur les décors de la Semaine Sainte, organisées les 23, 24 et 25 novembre 2006, à Perpignan, par le Centre de conservation et de restauration du patrimoine du Conseil général des Pyrénées-Orientales. Cette manifestation, qui a accueilli une centaine de participants (historiens, historiens de l'art, conservateurs, restaurateurs, ethnologues, musicologues, représentants du clergé, etc.), constitue la première étape d'un projet labellisé Arc Latin, visant à l'étude et la valorisation des monuments et des décors ayant des fonctions et des usages similaires, conservés ou documentés dans d'autres pays du pourtour méditerranéen. C'est la découverte d'une série de monuments et d'objets qui leurs sont associés laissés à l'abandon dans les sacristies ou les greniers de 37 églises du département des Pyrénées-Orientales qui est à l'origine de ces Rencontres. Inutilisées depuis plus d'un demi siècle, du fait des évolutions de la liturgie, ces oeuvres étaient dans un état pitoyable : associant des toiles peintes représentant des scènes de la Passion, des effigies de bois, des menuiseries et divers accessoires, elles sont particulièrement fragiles. La mémoire de leur usage et des rituels associés était également menacée. Il y avait urgence à les répertorier, les sauvegarder, les restaurer, et collecter les témoignages liés à leur usage.

  • Du xiiie à la fin du xixe siècle, de la mouline médiévale à la forge à la catalane, les Pyrénées sont restées fidèles au procé­dé de réduction directe du minerai de fer. Comprendre pour­quoi les Pyrénées ont conservé ce procédé tout en choisissant au xviie siècle une méthode sidérurgique et une forge inno­vantes qualifiées de « à la catalane » constitue l'objet de ce livre. La réponse traditionnelle, convoquant archaïsme et routine, n'est pas satisfaisante. La sidérurgie des Pyrénées ariégeoises, industrie à la montagne, constitue un « système productif local » obéissant à des logiques techniques, sociales et économiques dans un écosystème ingrat. Pour relever le défi de la nature, les communautés des hautes vallées ont développé des mécanismes d'exploitation pastorale, forestière et minière. Autour de la forge à la catalane, dans un monde agro-pastoral, chacune d'elles a engendré des dyna­miques particulières, recherchant le meilleur développement possible, y ajoutant les migrations professionnelles des forgeurs, mineurs et charbonniers dans une aire technique élargie, alors que le déséquilibre entre les hommes et les ressources s'accentue. Le savoir-faire singulier des forgeurs joue le premier rôle dans la pratique quotidienne de cette industrie (sensations, observations et gestes), bel exemple de « culture technique d'un territoire ». Il était donc impératif de donner une définition précise de la forge à la catalane, techniquement assurée et historiquement documentée, bref de traiter cette très célèbre forge en objet historique. Les résultats de cette étude ont fixé le cadre chronologique, la période à la catalane du xviie au xixe siècle. Finalement, la démarche historique a permis de mettre en lumière la complexité de la sidérurgie directe des Pyrénées. Pour mener à bien ce travail, l'historiographie des deux versants des Pyrénées a été mise à contribution.

  • Ils sont quatre dans le Bourg et quatre dans la Cité. À eux huit, ils gouvernent Rodez sous l'Ancien Régime. Unis par des liens politiques, familiaux et amicaux, les consuls tissent la toile d'une trentaine de lignages qui se retrouvent régulièrement à la tête du pouvoir municipal. Ainsi, leurs sphères publique et privée se confondent-elles pour le bien et l'honneur de la capitale du Rouergue. Comment ces Ruthénois entrent-ils dans la Maison de Ville ? Comment s'y maintiennent- ils ? Quelles sont les formes et les représentations du pouvoir municipal ? Quel est le poids de l'État dans le jeu et les enjeux politiques de ces notables de province ? Tel est le premier objet de ce livre, côté cour. Côté jardin, l'auteur nous invite à pénétrer dans l'intimité des familles, à l'intérieur de leurs belles demeures, en ville comme aux champs, afin de les regarder vivre et de mieux comprendre les formes de la sociabilité patricienne dans une petite ville de province.

empty