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  • Demain, la Commune ! Nouv.

    Depuis son écrasement au terme de la Semaine sanglante, la Commune de Paris ne cesse de hanter notre imaginaire.
    Dès 1871, anti-communards et pro-communards ont cauchemardé ou rêvé d'un triomphe à venir de la Commune, imaginant des anticipations, dystopies, uchronies et utopies. Chacun des textes rassemblés dans Demain, la Commune ! imagine, pour le pire ou pour le meilleur, la victoire de la Commune.
    Textes réunis par Philippe Éthuin
    « La période que nous vivons n'est pas sans rappeler celle qui s'intercale entre la chute de la Commune en mai 1871 et la mobilisation générale d'août 1914, qui sonna en apparence le glas des possibilités révolutionnaires. Durant ce presque demi-siècle, les écrivains demeurèrent hantés par le spectre de la Commune, cet épisode révolutionnaire qui devint la nouvelle référence majeure, prenant le relais dans l'imaginaire collectif de la Grande Révolution de 1789, et précédant l'hégémonie dominante que la révolution russe imposa entre 1917 et 1991 aux anticipations révolutionnaires. »
    Jean-Guillaume Lanuque, préfacier de Demain, la Commune !

  • Jusqu'à très loin Nouv.

    Jusqu'à très loin

    Romain Fustier

    tu m'embrasses me questionnes - sondant mon coeur as-tu aimé te balader dans un jardin avec moi - ta gentillesse les boeufs blancs qui paissent en paix dans le bocage pour nous y rendre - tes pas parmi les fleurs les fleurs parmi tes pas - tu étais un théâtre de verdure au milieu des marais une chambre avec son théâtre de verdure - étais bordée de sentiers tu bordais les sentiers - étais quinze hectares dans quinze hectares un labyrinthe dans le labyrinthe - tes lèvres sur ma tempe les viviers de ta voix en secret
    « Tu emmènes mon corps jusqu'à très loin », dit le poème, qui égrène en une suite de strophes une histoire d'amour adressée, en divers lieux traversés où l'autre n'est jamais dissocié du paysage.
    Un poème en prose à la façon d'un journal, pour dire les lieux que l'on conserve en soi, ces condensés de temps et d'espace, des départs, des voyages car le regard y est mieux aiguisé - dans cet ailleurs, ce qui fait l'éclat d'un amour, d'un geste, d'une parole subtilement s'accroche.

  • Quelque  chose que  je rends à  la terre Nouv.

    « Ces pages sont aux errants - aux cailloux - aux poussières et à l'humus. Elles sont à la pourriture ligneuse, aux lichens, lichens - aux rongeurs. Ces pages sont aux noms des bois - à ceux des forêts tout autant qu'aux innommés. Ces pages sont aux bruyères - aux fougères - aux tourbes et aux lombrics. Elles sont aux terriers. Elles sont à l'irrégularité. À l'imprévu. Au perpétuel. À l'enfoui - au très très enfoui. »

    Et je m'obstine, m'acharne, ahane - continue. Voici un rassemblement. C'est trempé, truffé, couturé, de recopillages - travail à façon de reconnaître quelques dettes et les « grands alliés substantiels ». J'ai cherché les traces, les poussières, les surgissements et les refuges. Mais la poésie hein. Elle sait, elle. C'était du gros de matière laissée à lentement macérer, parfois brassée - à manière de fabrication de terre - quoi fut ensuite distillé à l'issue de plus d'une année d'attente - et donc, cher lecteur, courage, vivons, répétons, portons nos amis dans la nuit, dans la brume.
    Sébastien Ménard

  • Je n'ai été Robert qu'une seule fois, un soir resté dans mon histoire comme l'histoire des histoires, dont j'ai une nostalgie sans ailes.

    Les punks annonçaient No Future, et si futur il y eut pourtant, il fut d'abord une nuit peuplée de longues figures aux yeux et aux lèvres noircies, s'avançant telles des ombres sur des scènes enfumées, jouant une musique aux basses lourdes et enivrantes. Nous entrions ainsi dans les années 80, et pour ceux qui étaient alors adolescents, Robert Smith et son groupe semblaient mériter leur nom, une cure à la vacuité apparente de la société : leur musique apportait, sinon un remède au mal-être, le sentiment fort qu'il était partagé.
    Qu'on s'imagine en ce temps-là un jeune homme en Lorraine, qui se rend un samedi soir en boîte de nuit : la tentation est grande, pour un soir au moins, de devenir autre chose que ce qu'on semble lui promettre ; d'être, pour un soir, Robert Smith. Alors, grimé comme lui, le temps d'un trajet en voiture et d'une nuit un peu folle, il le devient réellement, par la force de la pensée magique. Une nuit seulement, mais c'était la nuit alchimique, qui conduira le narrateur de l'adolescence aux lisières de l'âge adulte.
    BONUS TRACK :
    UNE NOSTALGIE ROBERT

  • Le moment est peut-être enfin venu.
    Les Bandits Poètes.
    Je vois d'ici les titres dans les journaux.
    Pleine page.
    Avec nos photos.
    Le coup du siècle.

    C'est l'histoire non d'un mais de trois mecs qui vont révolutionner sans le savoir l'inépuisable jeu de l'amour et du hasard que la littérature cherche à circonscrire depuis ses balbutiements. Notre premier est un poète raté prêt à tout pour immortaliser sa muse dans son oeuvre ; notre deuxième est un as des cocktails et de l'échec amoureux ; notre troisième est un ex-cobaye de l'industrie pharmaceutique à la rencontre du Vaudou. Qu'ont-ils tous en commun ? La vie, l'amour, la fougue, l'alcool, le désir et les sentiers tortueux de cet âge insolent qu'est la vingtaine. Ensemble, ils font plus que se croiser, ils se lancent dans une inoubliable course de relai vers le nirvana amoureux. Le tout sous l'oeil attendri, amusé et fatigué des femmes qui traversent leur vie.
    On l'aura compris, La Comédie urbaine n'est ni La Divine comédie ni La Comédie humaine. Surfant sur d'autres énergies, elle témoigne pourtant d'un superbe élan d'humanité, sans jamais cesser d'être divinement drôle. Un sacré shot de lose dans un océan de désir et de douceur.

  • Au XIXe siècle, la Révolution industrielle a profondément modifié le rapport de l'être humain à la nature. Dès cette époque, l'imaginaire littéraire s'est penché sur la question écologique et les textes d'anticipation réunis dans cette anthologie (datant de 1810 à 1920 et pour la plupart réédités pour la première fois) envisagent les atteintes à la nature, la destruction de l'environnement, voire la fin du monde. Devant les développements de la science et de l'emprise de l'humanité sur la Terre, certains imaginent une planète où la nature a disparu, où l'eau de source est une denrée plus rare qu'un vin millésimé, où les derniers oiseaux se trouvent en haut d'un Himalaya pris d'assaut par les villes, où l'on vit dans les égouts parisiens, d'autres font part de leurs craintes face à l'épuisement des ressources naturelles, tous lancent des avertissements qu'il faudra bien se résoudre un jour à écouter.

    « Alors commencera la redoutable période où l'excès de la production amènera l'excès de la consommation, l'excès de la chaleur, et la combustion spontanée de la Terre et de tous ses habitants.
    Il n'est pas difficile de prévoir la série des phénomènes qui conduiront le globe, de degrés en degrés, à cette catastrophe finale. Quelque navrant que puisse être le tableau de ces phénomènes, je n'hésiterai pas à le tracer, parce que la prévision de ces faits, en éclairant les générations futures sur le danger des excès de la civilisation, leur servira peut-être à modérer l'abus de la vie et à reculer de quelques milliers d'années, ou tout au moins de quelques mois, la fatale échéance. Voici donc ce qui va se passer. » (1872)


    Préface de Natacha Vas-Deyres.

  • Ça arrivait très très rarement

    Une fille dans ton appartement

    « C'est quoi ces poissons dans ta baignoire ? »


    Au prisme d'une passion pour la pêche, Christophe Esnault compose un poème dont chaque facette est un souvenir esquissé, un instant miroitant comme ces prises capturées, rejetées ou enfuies. Car ce que ces fréquentations de mares, de rivières et d'étangs font remonter à la surface, c'est tout un paysage d'enfance puis d'adolescence, accompagnant peu à peu l'éveil du désir amoureux et bornant un monde champêtre souvent prodigue mais parfois fruste ou trop étroit pour les rêves de l'enfant poisson-chat.

  • L'oeuvre de Pascal Quignard, après presque 30 ans de recherche et d'explorations continuelles, avec les larges échappées de l'oeuvre narrative, peut sembler trop complexe, trop diverse pour être abordée globalement. La force du travail de Benoît Vincent, c'est d'abord une relecture serrée, attentive, de l'ensemble des Petits traités. Lire ce voyage à travers l'oeuvre de Pascal Quignard, c'est à la fois mettre à jour et scruter la part essentielle d'invention qui gît dans la structure même, mais c'est la plus belle introduction à tous les chatoiements et bifurcations d'un travail continu, qui ne s'est jamais interdit les traversées les plus brutales, les plus surprenantes. Cet ouvrage est aussi un outil fabuleux pour tous les quignardiens.

  • Maurice Blanchot est mort en 2003, à 93 ans. Depuis des décennies, ses livres comptaient au plus essentiel de l'accès à l'écriture, comme d'un renouvellement de fond de l'approche même du littéraire. C'est peut-être donc aujourd'hui que nous commençons vraiment à lire Blanchot, dans sa clôture, dans l'infini travail qu'il représente pour notre temps même. C'est à cela, et depuis ce point de départ, que procède Benoît Vincent. Une approche libre, et ce seul mot de littérature inquiète qui en est le fil.

  • « J'ai rêvé que Jean Paulhan avouait sur un plateau télévisé qu'il avait créé de toutes pièces le personnage de Maurice Blanchot comme incarnation de tout ce que représentait la littérature d'après-guerre : personnage kafkaïen, ubiquiste et cantonné en permanence à une chambre d'écriture/ lecture ("une espèce de chambre d'écho", disait-il). Oui c'était lui, et un petit comité d'écrivains triés sur le volet, qui avaient rédigé L'entretien infini, L'attente l'oubli ou La folie du jour. Si au départ il était quasiment seul, l'écriture est devenu de plus en plus collective au fil du temps, ce qui rendait la syntaxe (notamment) si singulière et l'emprise si importante. Nous étions dans le bureau de la rue ex-Sébastien Bottin. Il avait un gecko sur le revers de costume et trempait de temps en temps le bout de ses doigts dans un bocal d'eau verte. »
    Livre hybride, entre lecture et écriture, essai osant parfois sa part de fiction, l'enquête de Benoît Vincent vise à sonder l'incertitude voire l'ambivalence dans la production contemporaine de ces dernières décennies. En un mot, l'inquiétude. Car la littérature inquiète, dans toutes les porosités des deux versants d'une même pièce : lire et écrire.
    En marge des éclaircissements académiques généralement propres à la critique, La littérature inquiète se plonge dans les eaux profondes, supposément obscures, des écritures d'aujourd'hui, en traversant entre autres les territoires d'Arno Bertina, François Bon, Nicole Caligaris, Italo Calvino, Patrick Chatelier, Claro, Emmanuel Delaplanche, Régis Jauffret, Pierre Senges, Enrique Vila-Matas, Guillaume Vissac ou Antoine Volodine. Le tout sous les figures tutélaires que sont Paulhan, Blanchot, des Forêts et Quignard.

  • Ce second volume des oeuvres complètes d'Horace contient l'intégralité des Odes et du Chant séculaire.
    Depuis deux millénaires, l'écriture d'Horace a inspiré des générations d'écrivains, d'Ovide à Victor Hugo en passant par Pétrarque, et de lecteurs. À l'ère des récits de soi, des journaux d'écrivains et des réseaux sociaux, il s'adresse à notre époque avec une vigueur et une originalité intactes. L'auteur du carpe diem ne cesse de nous parler.
    Proposée dans une nouvelle traduction de Danielle Carlès qui parvient à métamorphoser le français en un chant latin inédit, cette intégrale réinvente Horace pour un public contemporain.
    « Pourquoi si hardiment, quand la vie est brève,
    viser tant de buts ? Pourquoi chercher des terres
    chauffées par un autre soleil ? Exilé,
    se fuit-on soi-même ? »

    Avec le soutien de la région Occitanie

  • « Nous sommes ingrats envers les penseurs et les artistes qui nous ont précédés. Que serions-nous sans eux ? Ils ont été les anneaux qui nous relient à la chaîne infinie. Comme dans un cerveau individuel une idée en amène une autre, leur oeuvre a suscité la nôtre. »
    Louise AckermAnn, Journal
    Ce livre s'ouvre comme une enquête sur Louise Ackermann (1813-1890). Qui était-elle ?
    L'Histoire - avec sa grande hache - l'a en partie effacée, son nom étant peu mentionné dans les anthologies, les encyclopédies qui touchent à la littérature du XIXe siècle. Sans doute qu'en plus d'avoir le défaut d'être une femme, elle n'avait pas le goût d'organiser elle-même sa propre publicité et ne cherchait pas la gloire.
    /> Penseuse, poétesse, sincère, enthousiaste, colé- rique aussi, et admirée par Tostoï, elle disait : « Je ne suis pas femme de lettres ; je n'écris pas, je chante. » Les fragments réunis ici - articles, écrits personnels, biographies, poèmes, lettres, journal intime, notices de ses contemporains et des lieux qu'elle a fréquentés -, constituent le matériau qui permettra de (re) découvrir son lyrisme, son insolence tranquille et la modernité de sa voix sans concession. En somme, ce qui reste dans son sillage.

    Textes réunis et présentés par C Jeanney.

  • Soeur(s)

    Philippe Aigrain

    Je suis en moi comme dans un pays étranger.

    On peut naître à soi-même à déjà 38 ans, sans savoir qui on a pu être avant. Avant quoi ? On peut recevoir un jour un mail d'une prétendue soeur dont on se sait dépourvu et espérer sa présence. Pourquoi ? On peut enquêter sur des identités suspectes qui semblent fictives sans parvenir à savoir si ces femmes, soupçonnées d'ébahissement, sont ou non une menace pour la sécurité de l'État. Comment ?
    Ces personnages, et bien d'autres, se rencontrent, se cherchent et se découvrent dans le monde de Soeur(s). Il est aussi le nôtre, celui dont le réel a très largement rattrapé les dystopies et les anticipations de la fiction. Celui qui a fait de la solidarité entre les êtres un délit.
    Se jouant des genres et des registres, mélangeant l'enquête avec le politique, la technologie et la comédie, la philosophie et la sensualité du désir amoureux, les personnages de Soeur(s) osent réinventer des espaces de vie dans lesquels l'espoir de la fraternité et de la sororité est possible. Dans cette polyphonie de voix, le mystère de l'identité à l'ère de la surveillance généralisée se reconnecte à son essence première : l'humanité de celles et ceux qui se demandent, bien plus légitimement que les services de police, qui suis-je ?
    Philippe Aigrain est poète, performeur, auteur de fictions brèves et traducteur. Soeur(s) est son premier roman.

  • Doucement !

    Katia Bouchoueva

    C'est par le refrain de Charles Trenet, Douce France, que Katia Bouchoueva nous fait entrer dans ce nouveau recueil. Depuis ce leitmotiv elle esquisse un panorama très situé, dans un territoire tantôt urbain, tantôt campagnard où se croise une foule éclectique : des personnes, des voix, des êtres protecteurs aux noms d'animaux, des lieux arpentés comme des corps accueillants, des strophes aux accents de contes. Mais cette douceur, qui est pour l'auteure attachée à la France, montre aussi son revers tyrannique par petites touches sur ces tranches de vie. Ainsi, le vers très libre et vivant de Katia Bouchoueva nous emmène par bonds, par sauts, en visite, dessinant les contours de son espace de jeu avec la langue et brodant sur la chanson sa propre ritournelle.

    Les anges asexués et ceux qui ont un sexe
    et ceux qui en ont deux traversent, traversent
    les plaines des ventres, les grottes et les tétons.
    Tout y est bon, disent-ils, tout y est bon :
    immeubles des années 60, colonnes Morris,
    ronds-points, sorties d'autoroutes,
    lacs et montagnes.
    Et tes yeux comme des petites olives
    noires mais adoucies
    ta machine administrative douce aussi.

  • Les Présents

    Antonin Crenn

    S'il est mort, pourquoi revient-il si souvent ?

    Les absents, ce sont encore les présents qui les situent le mieux. Théo est de ceux-là. Enfant, il a perdu son père. Vingt ans plus tard, ce deuil refait surface, après le retour soudain d'une vieille connaissance. A priori, les immeubles haussmanniens, le souvenir d'un père, les barricades révolutionnaires et le navire naufragé du commandant Charcot n'ont rien en commun. Mais pourquoi pas ?
    Loin de mener une enquête rigoureuse, mais en acceptant de se mettre en quête de ses origines et de son passé, Théo imagine des vies qui ne sont pas les siennes, mais qui sont connectées, de près ou de loin, à son état présent. Ainsi s'assemblent peu à peu les pièces d'un puzzle qui n'appartient qu'à lui, et s'adresse à chacun.
    Après L'épaisseur du trait, entre l'Est parisien et le Finistère, Antonin Crenn poursuit son exploration des espaces et des lignes de fuite. Avec Les présents, il explore une dimension supplémentaire : le temps.

  • Laissez-vous conter le mythe de l'engloutissement de Ker Is !
    Nombreuses sont les versions de la légendaire histoire de la ville d'Is. Collectées au XIXe siècle, qu'elles soient chrétiennes ou celtes, toutes nous racontent le mythe du roi Gradlon, de sa fille Dahut et de la submersion d'Is.
    Plus belle ville de son époque, affrontant la punition divine, elle n'a cessé de fasciner, d'Émile Souvestre à M. Reynes Monlaur, de Gabriel de la Landelle à Guy de Maupassant.
    Cette anthologie rassemble quelques-uns des plus beaux récits de la chute de Ker Is légués par le XIXe siècle. Plusieurs sont réédités pour la première fois.
    « En Bretagne, veut-on parler proverbialement d'une époque fort reculée, on dit "C'était du temps du roi Hérode" ou par variante : "du temps du roi Gradlon" - ce qui ne prouve en aucune façon que ces deux monarques fussent contemporains.
    Gradlon, d'après les chroniqueurs, est le moins ancien de quatre ou cinq siècles.
    Les poèmes, chants, contes et légendes populaires abondent sur son compte et sur celui de sa capitale, la ville d'Is ou Keris, submergée par la trahison de sa propre fille, la princesse Dahut ou Ahès, qui livra la clef des écluses protectrices à un amant bien cruellement digne d'elle. De nos jours encore les pêcheurs de la baie de Douarnenez, quand la mer est très limpide, prétendent apercevoir au fond les vestiges de l'antique cité rivale d'Occismor. »

  • Injustement oublié, Les Atlantes, aventures des temps légendaires, est l'un des premiers romans de Fantasy épique. Argall, le guerrier barbare épris de la belle Atlante Soroé, combat aux côtés de son frère Maghée, la puissante sorcière Yerra, Reine de l'Atlantide. Mais le pouvoir et l'ambition des puissants, la soif de vengeance du peuple, la conquête de l'immortalité et les intrigues de cour se muent en stratagèmes qui fragilisent l'équilibre d'Atlantis. Philtres magiques et sorcellerie, luttes entre clans et monstres antédiluviens, actes héroïques et amours tragiques, le funeste destin de cette civilisation mythique se noue en un récit aux multiples facettes, loin du manichéisme et de la facilité. Joseph Altairac et Guy Costes dans l'encyclopédie Rétrofictions saluent cette « puissante évocation de la légendaire civilisation disparue » et affirment que « ces deux auteurs ont apporté une force et une ampleur peu communes à leur description ».
    Un grand roman d'aventure dans un monde fascinant qui annonce tous les grands cycles de la Fantasy contemporaine.
    Illustrations de l'édition originale (1904) de René Lelong.

  • Le problème quand on voyage avec un auteur mort depuis plus de quatre siècles, c'est que le monde que l'on traverse n'est plus tout à fait le même. C'est en 1580 que Montaigne entreprend son célèbre Voyage en Italie et de toute évidence, en 2019, lorsque Lou Sarabadzic part sur ses traces pour suivre les mêmes étapes, l'Europe a beaucoup changé. Littéralement, les frontières ont bougé. Le tourisme de masse revisite à son tour l'antiquité gréco-latine, et les réseaux sociaux les guerres de religion. De nos jours, c'est le low cost à toutes les sauces et la liberté de circulation qui prévalent. Mais au fond qui voyage ? Et pourquoi ?
    Contrairement à Montaigne, à qui elle s'adresse comme un vieux pote avec qui on part faire un road trip, Lou Sarabadzic est une femme. Et elle voyage seule. Mine de rien, ça change tout. Quand l'auteur illustre de la Renaissance était reçu par les puissants et secondé d'un secrétaire qui écrivait son Journal à sa place, l'autrice du troisième millénaire est quelqu'un à qui l'on demande systématiquement de justifier sa démarche, de préciser si son copain l'y autorise, ou si ça ne lui dirait pas de faire plus ample connaissance...
    Comme on le dit dans la langue du tourisme : Lou Sarabadzic a fait l'Italie, en passant par la France, la Suisse et l'Allemagne. En cela, elle a défait Montaigne. Avec beaucoup d'humour, elle dépoussière la figure de l'auteur classique pour le montrer plus proche de nous. S'il avait vécu à notre époque, n'aurait-il pas twitté lui aussi ? Que penserait-il du réchauffement climatique ? Entrainé par cette énergie, boosté par le bouleversement temporel qu'implique une telle rencontre, Notre vie n'est que mouvement donne au récit de voyage une forme d'aventure pop qui lui va comme un gant.

  • Tout en attendre. Ne rien espérer. Aller à sa rencontre comme si on tombait amoureux.

    Qu'est-ce qu'un oloé ? Un lieu quelque part où lire ou écrire ? Un état d'esprit ? Une idée, un rêve, une envie ? Un livre, pour commencer.
    Dans ce livre, Anne Savelli interroge à la fois ses propres pratiques créatives (comment se consacrer à la littérature quand on est perpétuellement en mouvement ? ) et la possibilité de faire de l'écriture, domaine de la solitude par excellence, un territoire du commun.
    À qui sommes-nous reliés quand nous lisons ? Comment n'écrit-on jamais seul quand on écrit ? Reflet de la diversité qui l'a inspiré, le néologisme "oloé" est passé dans notre langage courant. Il est utilisé par tous : des auteurs invités dans cette nouvelle édition à s'approprier le concept aux lecteurs qui pourront, grâce à plusieurs propositions d'écriture façon "atelier", prolonger l'expérience pour que chacun puisse écrire, à son tour, dans l'énergie des oloés. Élastique, forcément.

    Avec la participation de Thierry Beinstingel, Pierre Cohen-Hadria, Virginie Gautier, Maryse Hache, Olivier Hodasava, Christine Jeanney, Pierre Ménard, Juliette Mézenc, Franck Queyraud, Joachim Séné et Lucien Suel.

  • Vous trouverez dans notre catalogue l'incontournable La vie des abeilles, de Maurice Maeterlinck, qui inaugure un cycle important de l'oeuvre de l'écrivain belge. Dans ce premier opus, Maeterlinck, décortique notre société via celle des abeilles, de son organisation sociale, et du rapport qu'ont ces insectes avec le monde qui les entoure. Dans ce deuxième opus, nous partons à la découverte de la société des fleurs, et, toujours à travers elle, de la nôtre. Maeterlinck révèle à au fil de ces pages une réflexion philosophique sur sa conception du monde. En comparant l'Homme et l'animal, l'Homme et l'insecte, l'Homme et l'arbre, l'Homme et la fleur, en distillant son savoir botanique et entomologique au travers du miroir humain, il pose la question universelle de notre existence. Mais au-delà de la simple évocation des fleurs, Maeterlinck aborde également diverses thématiques : la mesure des heures, les parfums, la guerre, le Roi Lear, la morale, l'injure, le pardon, le devoir social, la guerre, et même l'immortalité. C'est tour à tour passionnant et profond, vibrant comme un appel à la nature.


  • Nos territoires sont les Thélèmes, les anciennes frontières. Des hommes les traversent, d'autres s'y installent. Certains en partent, d'autres y reviennent. Nos territoires sont poreux, à l'extrême, ils sont refuge, ils sont halte, et depuis très longtemps ils ne barrent plus la route à quiconque.

    Le Journal du brise-lames est un poème épique dit à des tétrapodes. Le Journal du brise-lames est un essai documenté sur le brise-lames de Sète, qui fait barrage de son corps pour protéger le port de la mer. Le Journal du brise-lames est une pièce de théâtre où chaque voix porte une fiction en elle. Le Journal du brise-lames est un roman qui sait sonder les profondeurs du béton poreux, de l'eau violente, et des courants temporels. Le Journal du brise-lames est un jeu vidéo unique réalisé par Stéphane Gantelet donnant à voir respirer le Journal du brise-lames, dont l'accès est inclus dans l'achat de ce livre. Bien sûr, le Journal du brise-lames est aussi un journal. Il s'exprime en son nom propre. Et il s'adresse à vous.
    Matière vivante prise dans un incessant va-et-vient qui évoque autant le rythme des marées que le circuit du sang dans un corps humain, cette oeuvre hybride ne cesse de s'incarner et se réincarner sous la forme de ces coulées de mots qui ne coagulent pas dont seule Juliette Mézenc a le secret.
    Pour en savoir plus sur l'offre complète (papier, numérique, jeu vidéo, journal d'écriture), rendez-vous sur https://www.publie.net/livre/journal-du-brise-lames-juliette-mezenc/


  • J'ai passé deux ou trois étés suant dans une yaourtière géante mais résumé ainsi cela ne veut rien dire et ne nous fera pas d'histoire alors je vais reprendre plus tranquillement manière d'expliquer ça, de ne pas en rester là. Qu'on s'imagine donc.

    Comment s'opère la rencontre de chacun avec le monde du travail ? Jeune, à quoi se destine-t-on, et qui se voit-on devenir ? Comment se fabrique le camembert industriel ? Vaut-il mieux l'ignorer ? Qui ne s'est jamais dit un jour, et si je travaillais dans une fabrique de camembert ? Personne, assurément.
    Dans ce récit autobiographique aussi fulgurant que décalé, Daniel Bourrion raconte sa découverte du travail à la chaîne et son entrée soudaine dans l'âge adulte.

    Images de Roxane Lecomte

  • Paru en 1901, "La vie des abeilles" de Maeterlinck n'est pas seulement le plus accompli des trois livres (les fourmis, les termites, les abeilles) qu'il consacre aux insectes organisés en société.
    C'est la langue rigoureuse et miroitante de ce grand du théâtre et de l'opéra qui vient se mettre à l'épreuve de la ruche, de l'organisation sociale, de la mort et du travail des abeilles.
    Alors émerveillement dans ce rapport de la langue au réel, et tout ce qu'elle questionne, des signes, de l'orientation, de l'obéissance.
    Mais émerveillement parce que l'art de poser les questions est celui qui surgit de notre propre interrogation sur notre destin.
    C'est ce qui fait de ce livre, depuis bien longtemps, un grand, un très grand classique.

    FB


  • Je n'ai pas oublié les heures passées sur la route, les villes traversées et les librairies visitées, les voies à sens unique et les impasses, les arrêts forcés et les parkings souterrains, les chambres d'hôtel et les repas pris la plupart du temps en solitaire, la couleur des ciels du nord et l'odeur du bitume l'été, les moments joyeux et les doutes, les rencontres ratées et les attentes, les musiques écoutées et les phrases en boucle, les décisions à prendre et les questions ressassées, les prénoms, les noms et les pronoms à attendre, à entendre, à comprendre, à saisir, à retenir ou à oublier.

    Pendant un an, le narrateur sillonne les routes et visite les librairies comme représentant pour le compte d'un éditeur indépendant, le plus souvent en musique. Comment vit-on l'itinérance quand on passe son temps à quitter tout le monde ? À moins que ce soit précisément le contraire, et que chaque jour apporte son lot de nouvelles rencontres ?
    Road-trip intime et professionnel prolongé par les photos de Nathalie Jungerman comme autant d'horizons possibles, Va-t'en, va-t'en, c'est mieux pour tout le monde est une aventure littéraire doublée d'une réflexion sur les conditions de diffusion (et de dispersion) de la littérature aujourd'hui.

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