Seuil

  • La banque providence. democratiser les banques centrales et la monnaie Nouv.

    Les banques centrales sont sous le feu des critiques : trop opaques, trop technocratiques, hyperpuissantes et coupées du peuple. Pourtant, il faut les penser comme un pilier de l'État-providence, leur rôle étant de nous protéger contre les aléas économiques. Dans les années à venir, elles seront une pièce maîtresse pour soutenir la transition écologique, amortir la dette publique et produire une monnaie électronique. Mais dans quel cadre, avec quelle légitimité ? Quelle forme prendra l'argent demain ? Questions cruciales, qui montrent à quel point la monnaie est une question politique. Les banques centrales doivent être un outil de la démocratie.

    Éric Monnet est directeur d'études à l'EHESS et professeur à l'École d'économie de Paris. Son travail porte sur l'histoire des politiques monétaires et des systèmes financiers au xxe siècle.

  • Conte d'un nigoun Nouv.

    Un conte universel et poignant, un livre inédit du grand Elie Wiesel, une ode à l'autre et à la lumière.

    Ce texte posthume résonne comme la dernière parole d'un sage. Un conte écrit sous la forme d'un poème, simple et court, comme une adresse à un enfant, où l'auteur reprend la trame d'une histoire connue.

    La veille de la fête de Pourim, les nazis donnent vingt-quatre heures aux dirigeants du ghetto pour leur remettre dix Juifs, afin de venger la mort des dix fils de Haman, selon la légende du livre d'Esther commémorant la délivrance miraculeuse d'un massacre des Juifs de Perse. Si les dirigeants refusent, tous les habitants seront condamnés. Terrifiés, ils se rendent chez le rabbin du ghetto pour obtenir des conseils. Au cours de la nuit, celui-ci appelle les esprits des rabbins légendaires des siècles passés, mais aucun n'est en mesure de donner une réponse satisfaisante. Parmi les voix ancestrales, le Baal Shem Tov essaie d'intercéder auprès de Dieu en chantant un nigoun, une mélodie joyeuse et sans paroles qui a le pouvoir de briser les chaînes du mal. Le lendemain soir, tandis qu'aucun volontaire ne s'avance, les habitants du ghetto sont informés qu'ils seront tués dans l'heure. Au fil des minutes, le rabbin du ghetto enseigne à sa communauté réunie l'air que le Baal Shem Tov a chanté la nuit précédente. Alors les voix de ces hommes, femmes et enfants, s'élèvent vers les cieux.

    Elie Wiesel nous offre à travers ce livre posthume, magnifiquement illustré par Mark Podwal, une ode à la résistance par la joie et le courage.

    Une leçon d'humanisme pour combattre la nuit autour et en nous, un poème chantant les miracles accomplis dans l'allégresse, l'unisson avec et pour les victimes.

    Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Carine Chichereau

  • Un monde en feu Nouv.

    Un monde en feu

    Emma Viskic

    Caleb n'a pas pu sauver cette femme qui lui a adressé un dernier message en langue des signes avant de mourir quasiment dans ses bras, après avoir été agressée en pleine rue. Pourquoi avait-elle son nom écrit sur un bout de papier ? Caleb va rapidement suivre une piste qui le conduit à nouveau dans sa ville natale, Resurrection Bay, tout près de Melbourne. La ville est en alerte rouge incendie et brûle déjà sous les tensions raciales qui ne cessent d'augmenter.

    Perdu sans sa partenaire Frankie qui l'a trahi, déchiré par son amour pour son ex-femme qui le tient à distance, Caleb sera prêt à tout pour rendre justice une fois encore, même seul.

    Emma Viskic, clarinettiste professionnelle et professeure de musique, est désormais une auteure australienne de renom. Resurrection Bay l'a propulsée en tête des ventes dans son pays puis en Angleterre après qu'il a remporté le Ned Kelly Award en 2016 ainsi que le Davitt Award dans trois catégories.

    Elle a étudié la langue des signes australienne (Auslan) pour concevoir son personnage principal, Caleb, que l'on retrouvera dans deux autres volumes.

    Traduit de l'anglais (Australie) par Charles Bonnot

  • Pour chaque moment de la vie Nouv.

    Premier maître tibétain à être venu en Occident, premier à avoir transmis la méditation hors du cadre bouddhiste, Chgyam Trungpa (1939-1987) présente une approche de la vie, de la spiritualité, de l'amour qui ne ressemble à aucune autre et qui est profondément géniale. Il surprend par la puissance poétique qui l'habite et par l'intelligence qu'il a de notre situation historique, qui le conduisent à proposer des chemins nouveaux et déculpabilisants.

    Fabrice Midal, qui depuis vingt ans transmet son enseignement en France, propose ici un parcours dans cette oeuvre immense, afin de permettre à chacun de s'abreuver à cette source pure à même de nous combler.

    Nouvelle édition avec une préface inédite

  • Nouvelle histoire du moyen âge Nouv.

    Autour de Florian Mazel, les meilleurs spécialistes de la période médiévale nous offrent une ambitieuse synthèse qui propose, à la lumière des recherches les plus récentes, et en cheminant au fil d'une soixantaine de textes et d'une centaine d'images, un nouveau récit du Moyen Âge européen.

    « Le Moyen Âge est une séquence de temps qui n'a pas d'âge, hors d'âge si l'on veut, et son altérité est profonde. Mais cette étrangeté, le dépaysement que l'on peut éprouver en ses allées, n'est ni sans charme ni sans intérêt. Le Moyen Âge représente en effet, par son altérité même, un extraordinaire lieu de vagabondage et un remarquable terrain d'exercice pour l'esprit critique, où réfléchir entre autres choses, à relative distance des passions contemporaines, aux relations entre public et privé, communauté et identité, hiérarchies et solidarités, rôle et statut, mémoire et histoire, violence et solidarité, droit et tradition, don et échange, imaginaire et identité, institution et pouvoir, croissance et environnement... Qui trouverait la chose inutile ? »

    Florian Mazel

    Florian Mazel est professeur à l'université de Rennes 2. Ses recherches sur l'aristocratie et l'Église l'ont imposé comme l'un des meilleurs historiens médiévistes français spécialistes de la société féodale. Il a publié en 2010 une magistrale synthèse Féodalités, 888-1180 (volume de « L'Histoire de France » dirigée par Joël Cornette aux éditions Belin) et en 2016 au Seuil L'Évêque et le territoire. L'invention médiévale de l'espace (Ve-XIIIe siècle). Il a par ailleurs participé, en tant que coordinateur, à L'Histoire mondiale de la France, dirigée par Patrick Boucheron (Seuil, 2017).

  • Le parlement des citoyens : la Convention citoyenne pour le climat Nouv.

    Pendant plus d'un an, la Convention citoyenne pour le climat a réuni 150 citoyens tirés au sort et représentatifs de notre société. L'enjeu était le suivant : comment réduire nos émissions de gaz à effet de serre d'au moins 40 %, dans un esprit de justice sociale ? Rares sont les livres à nous plonger au coeur d'une telle expérience. Or la compréhension de l'ingénierie démocratique est décisive, si l'on veut associer les citoyens à la décision publique et rénover la vie de la cité. Un grand livre de science politique, qui ouvre des voies radicalement nouvelles.

    Thierry Pech est directeur général de Terra Nova. De 2019 à 2021, il a présidé le comité de gouvernance de la Convention citoyenne pour le climat, aux côtés de Laurence Tubiana. Il est l'auteur de plusieurs essais, dont Le Temps des riches (Seuil, 2011) et Insoumissions (Seuil, 2017).

  • Notre-dame-des-landes, apres la lutte Nouv.

    Avril 2018. À la suite de l'abandon du projet d'aéroport, la zad (zone à défendre) de Notre-Dame-des-Landes est partiellement évacuée sur l'ordre du Premier ministre Édouard Philippe. Cet épisode ne remet pas en cause la victoire des militants, mais il déstabilise le collectif : quel avenir pour ce territoire emblématique des luttes environnementales ?

    Ce texte est le récit d'une enquête rigoureuse menée par Éléonore Duplay alors que les tensions étaient à leur paroxysme. Elle nous conduit au coeur de ce lieu hors norme, au plus près des acteurs, tant du côté de l'État - Nicolas Hulot, le ministre de l'Environnement, Nicole Klein, la préfète de Loire-Atlantique, les forces de l'ordre -, que du côté des habitants du bocage, plus divers qu'il n'y paraît : néopaysans et agriculteurs, étudiants et intellectuels, naturalistes, marginaux...

    L'autrice, qui couvre cette actualité depuis la première opération d'expulsion en 2012, en maîtrise finement les enjeux et les rapports de force entre les protagonistes. Elle nous donne ainsi accès à la réalité douloureuse des espoirs déçus et des déchirements qui accompagnent toute lutte, même victorieuse. L'occasion aussi de questionner en profondeur le monde que nous voulons bâtir pour demain.

    Éléonore Duplay est journaliste. Elle travaille à Nantes pour la télévision publique, où elle suit notamment les affaires judiciaires, les questions concernant le maintien de l'ordre, les mouvements sociaux et les sujets liés à l'environnement. Installée dans la région depuis 2011, elle a consacré plusieurs séries de reportages à Notre-Dame-des-Landes pour France 3 Pays de la Loire.

  • Sous les paves, la terre. agricultures urbaines et resistances dans les metropoles Nouv.

    L'agriculture urbaine va-t-elle transformer les métropoles ? En essor depuis le début du xxie siècle, cette pratique connaît un regain d'intérêt qui s'inscrit dans la prise de conscience des ravages de l'agriculture conventionnelle et de l'urbanisation. D'autant que la pandémie de Covid-19 a questionné le mode de vie citadin, fondé sur l'inégalité sociale d'accès à la nature, l'artificialisation des sols et une dépendance considérable aux importations agricoles.

    Dans les friches des quartiers populaires, les jardins partagés des centres-villes et les potagers en lutte, l'agriculture urbaine permet ainsi de produire, de résister et d'habiter autrement. Issu d'une enquête au long cours dans le Grand Paris, à New York et à Détroit, ce livre porte sur les efforts collectifs d'associations et d'individus pour reprendre et cultiver la terre dans les métropoles. Au fil des récits recueillis et des parcelles arpentées, il restitue la pluralité des espaces et des pratiques socio-écologiques, et rend compte des alliances et des conflits qui se nouent autour du retour de l'agriculture dans les ruines du capitalisme urbain.

    Flaminia Paddeu, géographe, est maîtresse de conférences à l'université Sorbonne Paris Nord et chercheuse au laboratoire Pléïade. Ses recherches portent sur les enjeux socio-spatiaux et écologiques de l'agriculture urbaine, du glanage et de la cueillette dans les métropoles en France et aux États-Unis. Elle est membre fondatrice et directrice du comité scientifique de la revue Urbanités.

  • Le pouvoir rhétorique : apprendre à convaincre et à decrypter les discours Nouv.

    La rhétorique est partout. Dans les discours politiques comme dans les spots publicitaires. Dans les réunions professionnelles comme dans les dîners de famille. Dans les entretiens d'embauche comme dans les rendez-vous galants. Pas un jour ne passe sans que nous ayons à défendre une idée, un projet, un produit ; et à nous protéger contre d'éventuelles fourberies. Que cela nous plaise ou non, convaincre est un pouvoir. À nous d'apprendre à le maîtriser.
    Et de savoir y résister.
    Car la rhétorique n'est ni innée, ni inexplicable. Elle repose sur une technique, obéit à des règles, mobilise des procédés, des stratagèmes, des outils. Dans ce traité accessible et concret, ponctué d'exemples et de cas pratiques, Clément Viktorovitch nous en révèle tous les secrets. Au fil des pages, il nous montre comment produire et décrypter les discours, mener les débats et les discussions, déjouer les manipulations.

    L'art de convaincre est un pouvoir trop grand pour ne pas être partagé !

    Clément Viktorovitch est docteur en science politique. Il enseigne la rhétorique et la négociation à Sciences Po depuis plus de dix ans. Il a dispensé ses cours à l'ESSEC, l'ENA, l'École de Guerre, l'Université Paris 13. Pédagogue passionné, soucieux de vulgarisation, il s'est fait connaître par ses chroniques dans les médias, où il analyse sans complaisance les discours politiques.

  • Petites cendres ou la capture Nouv.

    Une nuit, au bord de l'Océan, sous les Tropiques. Petites Cendres - travesti métis - vient d'être maltraité, dans son cabaret, par un client vulgaire. Il assiste à une altercation entre un jeune policier blanc et un vieux Noir, Grégoire, qui l'insulte. Un autre jeune policier, sur un magnifique cheval blanc, observe, avec attendrissement, des SDF mourants sur le trottoir et des fêtards qui sortent des clubs. Mark, un étudiant obèse né le jour du 11-Septembre, est persécuté par ses camarades et par des groupes néonazis, les Bandeaux rouges. Un couple élégant - une ancienne artiste et son mari médecin, obsédé par la pandémie du choléra chez les enfants - de passage, au loin. Dans les canaux qui s'avancent de la mer à l'intérieur de la ville, des requins attendent leurs proies...

    Ce roman a été acclamé par la critique québécoise comme le sommet de l'art de Marie-Claire Blais. Le Devoir célèbre « le lyrisme incantatoire et choral » de celle que Radio-Canada définit comme « notre Patti Smith québécoise » et en qui The New Yorker voit « l'un des plus remarquables et originaux auteurs de fiction ».

    Marie-Claire Blais, née en 1939, obtient dès 1966 le prix Médicis pour Une saison dans la vie d'Emmanuel (republié dans la collection « Signatures » de Points). Son oeuvre, couronnée de nombreux prix canadiens et américains, est traduite dans le monde entier. Les éditions du Seuil la publient depuis le premier livre de la saga Soifs. Elle vit à Key West en Floride.

  • La revolte enquete sur les jeunes elites face au defi ecologique Nouv.

    « Vous êtes l'élite de la nation » ; « vous construirez le monde de demain ». C'est ce que l'on répète chaque jour à ces étudiants des grandes écoles. Comme leurs aînés, ils n'ont aucune raison de se révolter, car une fois diplômés, leur avenir est assuré aux meilleures places. Et pourtant, nés autour des années 2000, grandis dans l'angoisse de l'urgence climatique, ils sont de plus de plus nombreux à se rebeller contre l'héritage catastrophique laissé par les générations précédentes.

    Pour cette « génération climat », l'année 2018 marque un tournant. Les 15-25 ans s'éveillent à la lutte écologiste : grèves scolaires, marches mondiales et actions de désobéissance civile à grande échelle se multiplient. Désormais, plutôt que de servir un capitalisme mortifère, ils refusent les places qui leur sont promises et partent en quête de modes de vie alternatifs. Tout en s'inventant de nouvelles vies professionnelles en accord avec leurs convictions, ils investissent les ZAD, construisent des cabanes et cultivent des potagers dans une joyeuse mais radicale remise en cause du « système » qui détruit la planète.

    Ce livre d'enquête et d'entretiens retrace la trajectoire de ces futures élites en colère qui, entre désertion et prise d'armes, ont changé leur vie pour mieux « construire le monde de demain ». On n'a pas fini de les entendre.

    Spécialiste de l'éducation, Marine Miller est journaliste au Monde.

  • Les nuits d'amour sont transparentes : pendant La Nuit des rois Nouv.

    Un homme n'est pas tout à fait un homme, ni une femme tout à fait une femme. Les sexes ne sont pas des camps, ni des rives opposées. Les sexes passent l'un au travers de l'autre dans une nuit où les corps échappent aux attributs censés répartir les forces, les symboles, les fonctions ou les rôles.

    Dans La Nuit des rois, Shakespeare célèbre la nuit carnavalesque des grands retournements. Toutes les évidences tombent. Surgissent d'autres vérités dont l'éclat trouble les miroirs. Hantise des puritains : que tout se réunisse, se mêle, se confonde, s'inverse. »


    Denis Podalydès


    Dans ce livre, Denis Podalydès mêle la vie intime au travail de l'acteur : moments de joie, de sérénité se trament avec la solitude, le vide, le trac, l'angoisse, et les instants de comédie... Il dit son admiration au metteur en scène Thomas Ostermeier. L'expérience des répétitions permet aux lecteurs de découvrir les coulisses d'un théâtre qui est la vie même.

  • Ce que nous cache la lumière Nouv.

    Tout absorbés qu'ils sont par leurs affaires de coeur, de foi, d'argent, par leurs marottes diverses et variées, occupés à peser les avantages et les inconvénients de la vie au sein de petites communautés aussi soudées que scrutatrices, les personnages de ces nouvelles tentent d'affronter les déceptions du quotidien. Ce sont des voix discrètes, rarement entendues, des vieilles filles un peu tristes, des ferrailleurs, des artisans, des retraités... souvent détestables, parfois admirables.

    Sur les rives du Mississippi, sous la neige du Minnesota ou dans les montagnes de Caroline du Nord, Tim Gautreaux cartographie des existences bien loin des mondanités et des grands drames. Il manie la malchance sans sentimentalité, nous offre dans une prose ciselée des histoires bouleversantes ou hilarantes et, surtout, nous rappelle avec humour et empathie qu'il est, en général, inutile de prendre les choses trop au sérieux.

    Né en 1947 à Morgan City, Louisiane, fils d'un capitaine de remorqueur, Tim Gautreaux est professeur émérite d'anglais à la Southeastern Louisiana University. Il est l'auteur de trois romans publiés au Seuil : Le Dernier Arbre, Nos disparus et Fais-moi danser, beau gosse. Ce que nous cache la lumière, recueil rassemblant le meilleur de ses nouvelles depuis le début de sa carrière, révèle une nouvelle facette de cet écrivain qualifié par ses pairs de « Conrad des bayous », dans la lignée de John Cheever ou de Raymond Carver.

    « Gautreaux sait dénicher l'extraordinaire au sein des vies les plus ordinaires, dans une prose aussi précise et mémorable que de la poésie. » Ron Rash

    Traduit de l'anglais (États-Unis) par Marc Amfreville

  • Faiseur d'anges Nouv.

    « Le tuba, le slip de bain, le masque, puis les jambes et la partie gauche du buste se dévoilent dans la pénombre rouge du laboratoire. La trace du souvenir d'enfance avec mon père s'imprime d'argent sur le papier photographique. C'est ma révélation. »

    Faiseur d'anges est un récit intime qui s'écrit au fil d'un album de famille et de photos personnelles que le lecteur ne peut qu'imaginer. Ce texte délicat fait apparaître la figure du père de l'auteur, ancien psychanalyste volubile qui noue avec son fils un dialogue poétique et troublé marqué par l'achat d'un premier appareil : Samuel sera photographe. Un photographe qui fait peu à peu du reportage un art de la révélation accordant une place de choix à tous ceux que nos sociétés consignent aux marges - exilés, pauvres, malades. Autant de destinées souvent invisibles qui font écho aux absents du roman familial.

    Samuel Bollendorff, né en 1974, est un photographe indépendant dont le travail a été plusieurs fois primé. Il est également auteur de films documentaires, dont Le Grand Incendie (2013) et La Parade (2017). Faiseur d'anges est son premier récit.

  • Oublie-moi cinq minutes ! Nouv.

    « Une fois que j'ai dit que Maman était la grande affaire de ma vie, par où commencer, alors que tout afflue en même temps, comme si le temps n'existait pas ? Ma mémoire est antérieure à ma naissance. Je revisite dans une chaotique remontée d'images ce qui m'a précédée dans la vie. J'ai entrepris de reconstruire mes souvenirs, vrais ou imaginaires. De me faufiler dans la vie de ma mère. »

    Ce n'est pas seulement à sa mère que Myriam Anissimov rend ici un vibrant hommage, mais aussi au monde poétique et pauvre des rescapés du génocide des Juifs par les nazis, monde où l'on parlait yiddish et l'on vénérait Staline. Découvrant tôt, dans une France provinciale où l'antisémitisme n'a pas été éradiqué, que sa survie a tenu au miracle et à quelques bonnes âmes, la jeune fille se trace un chemin artistique non sans insolence et non sans humour à travers les violences subies et son besoin d'amour. De grandes découvertes littéraires enrichissent cette formation, accompagnée de simples chansons qui constituent l'imaginaire collectif de toute une génération. Les fantômes reprennent vie dans une multitude de portraits saisissants et entraînent l'écrivain et ses lecteurs dans un merveilleux théâtre de la mémoire.

    Myriam Anissimov est l'auteur de biographies de référence (Primo Levi, Romain Gary, Vassili Grossman et Daniel Barenboïm) et de plusieurs récits autobiographiques (La Soie et les Cendres, Sa Majesté la Mort, Jours nocturnes, Les Yeux bordés de reconnaissance). C'est une des plus grandes connaisseuses de la littérature yiddish et de la Shoah.

  • La couleur du silence Nouv.

    Ora Lee Beckworth était loin de se douter que son quotidien basculerait durant l'été 1976. À Mayville, dans le Sud de la Floride, le racisme a la peau dure. Alors qu'Ora engage un vagabond afro-américain que les enfants du coin surnomment M. Pecan, son entourage s'en inquiète. Surtout Blanche, sa gouvernante, elle-même afro-américaine. Car s'il est alcoolique, il n'en demeure pas moins doux et gentil notamment avec les filles de Blanche.

    La petite bourgade s'enflamme lorsque le corps du fils du shérif est retrouvé poignardé dans la forêt, non loin du campement de M. Pecan. Il est accusé du meurtre sans la moindre enquête.

    Mais Ora Lee est la seule à connaître la vérité. Vingt-cinq ans qu'elle la porte comme un fardeau écrasant. Et il est temps pour Miss Beckworth de raconter la tragique histoire de cet été à Mayville.

    Cassie Dandridge Selleck est née et a grandi en Floride. Diplômée en création littéraire, elle se consacre à l'écriture depuis le succès de son roman. Indignée par la mentalité ségrégationniste toujours présente aux États-Unis, ses écrits sont le témoignage d'une Amérique clivée. La couleur du silence est également en cours d'adaptation au cinéma et a déjà fait l'objet d'une suite.

    Traduit de l'anglais (États-Unis) par Isabelle Chapman

  • Bande organisée Nouv.

    Leur ami Tim est assigné à résidence en Ile-de-France. Et le gouvernement annonce le deuxième confinement, en octobre 2020. Avec une fausse attestation Netflix, ils partent dans une vieille bagnole prêtée à travers la France, vers le sud, chez des amis, des connaissances, des inconnus parfois très connus, pour présenter leur livre : des photos de Tim nageant dans la Marne, imprimées sur des plaques de pierre qui à elles toutes pèsent plus de trois cents kilos. Ils n'ont pas d'argent, mais se débrouillent. C'est léger et profond. C'est un affranchissement des contraintes et des faux besoins. C'est un formidable souffle de vie, porté par un récit à trois voix, Lutèce, Léo et Robin. Ils ont environ vingt-cinq ans, sortent d'écoles d'art. Ils inventent leur liberté, au jour le jour. Ils sont les nouveaux beats.

  • Prière de ne pas abuser Nouv.

    Je n'avais jamais imaginé combien les agressions sexuelles commises contre un enfant pouvaient aussi détruire sa vie d'adulte. J'étais choqué par le scandale de tels crimes, surtout quand ils sont perpétrés par des hommes d'Église. Je m'en étais tenu là jusqu'au jour où m'est revenu d'un coup ce qu'un prêtre m'avait fait subir pendant mon enfance. J'avais été enfermé dans le déni pendant près de quarante ans. Parce que j'avais porté plainte et que j'avais enfin parlé, j'ai cru pouvoir guérir, mais tout s'effondrait. Dans les décombres de mon histoire, revenait une question lancinante : comment avais-je bien pu choisir de devenir prêtre à mon tour ?

    Patrick C. Goujon est professeur d'histoire de la spiritualité au Centre Sèvres-Facultés jésuites de Paris, membre associé du Centre d'études en sciences sociales du religieux (EHESS). Il est jésuite et prêtre de l'Église catholique. Il a notamment publié Méditez et vous vivrez (Bayard, 2021).

  • Le roi reçoit Nouv.

    Le roi reçoit

    Eduardo Mendoza

    Barcelone, 1968. Rufo Batalla, jeune journaliste un peu tire-au-flanc et relégué à la rubrique mondaine, doit couvrir le mariage d'un prince en exil. Coïncidences et malentendus le conduisent à se lier d'amitié avec le prince, qui lui confie la chronique de son histoire à l'heure où l'Espagne, alors dans les dernières années de la dictature de Franco, connaît de profonds bouleversements.

    Encouragé par le léger vent de liberté qui traverse son pays, lassé d'une relation amoureuse confortable mais sans passion, il se rend à New York dans l'espoir de vivre enfin une aventure exaltante. Si le succès n'y est guère plus au rendez-vous qu'à Barcelone, il assiste ébahi aux phénomènes sociaux des années 1970, la lutte pour les droits civiques, le féminisme, le mouvement gay et l'ouverture de la culture aux nouvelles formes d'expression.

    Dans un style toujours enlevé, subtil mélange de dérision et de profondeur, Mendoza revient sur le devant de la scène littéraire et interroge les notions de liberté, de pouvoir, et de démocratie.

    Traduit de l'espagnol par Delphine Valentin

  • L'équarisseur Nouv.

    L'équarisseur

    Nadine Matheson

    Lorsque des morceaux de cadavres sont retrouvés sur les rives de la Tamise, l'inspectrice Anjelica Henley pense immédiatement à Peter Olivier, alias l'Equarrisseur, emprisonné à vie pour avoir démembré ses sept victimes. Elle l'a elle-même mis derrière les barreaux et en a payé le prix : poignardée, elle a failli y laisser la vie et a passé de longs mois ennuyeux derrière un bureau.

    De nouveau sur le terrain, elle cherche à retrouver ce copycat dont les motivations sont opaques. Et le choix des victimes, incompréhensible.

    Mais rapidement, Henley comprend que ce tueur lui adresse des messages tout à fait personnels.

    Pour l'arrêter, Henley doit affronter ses propres démons et revivre en plus intense ce qu'elle a déjà éprouvé avec l'Equarrisseur.

    Nadine Matheson est avocate pénaliste à Londres. L'Equarrisseur, premier volet d'une série, est d'ores et déjà un best-seller en Angleterre.

    Traduit de l'anglais par Michel Pagel

  • Ce que tu n'as pas dit : un passé russe Nouv.

    L'historien Mark Mazower éclaire les tragédies et les luttes du XXe siècle au miroir des engagements et des rêves d'une famille juive marquée par l'exil - la sienne.
    C'est au fil de discussions avec son père, fils d'émigrés russes installés à Londres au tournant du XXe siècle afin d'échapper à la guerre civile et à la terreur, que l'historien entrevoit le passé complexe de sa famille, au-delà de la vie apparemment sans histoire de ses parents. Au centre de son récit, on trouve le personnage de Max, son grand-père, homme taciturne qui cache sous son air guindé et ses silences un passé d'agitateur révolutionnaire dans la Russie tsariste, qui lui valut exil forcé, emprisonnement, déportation en Sibérie... Lui et sa femme, Frouma Toumarkine, dont l'histoire familiale eut également son lot de drames, trouvèrent au coeur de la capitale britannique un port d'attache où construire pour leurs enfants une nouvelle vie, loin des malheurs traversés.
    Retraçant la trajectoire des lignées Mazower et Toumarkine à partir de la fin du XIXe siècle - ce qui donne lieu à une série de portraits de personnages hauts en couleur -, Mark Mazower fait revivre un monde révolutionnaire à la fois socialiste, humaniste et internationaliste. On y croise la route de Lénine, d'Emma Goldman et de Litvinov, en naviguant de Moscou à la Sibérie, de Vilnius à Stalingrad, Londres et Paris.
    Ceux qu'on a parfois appelés les « perdants de l'histoire » ont souvent plus à nous apprendre que les « vainqueurs ».

    Traduit de l'anglais par Alexandre Pateau

    « Mark Mazower est un grand historien et un écrivain subtil. »

    Orhan Pamuk, prix Nobel de littérature

    Mark Mazower enseigne à Columbia University à New York. Spécialiste de l'histoire de la Grèce et des États des Balkans à l'époque moderne aussi bien que de l'histoire de l'occupation allemande en Europe et des idéologies au xxe siècle, il compte parmi les historiens les plus renommés de l'Europe au XXe siècle. Il est notamment l'auteur de Dans la Grèce d'Hitler (Belles Lettres, 2002 ; « Tempus », 2012) et du Continent des ténèbres. Une histoire de l'Europe au xxe siècle (Complexe, 2005 ; « Points Histoire » 2021).

  • L'empire qui ne veut pas mourir : une histoire de la Françafrique Nouv.

    À Paris, on entend de toute part le même refrain : « La Françafrique est morte et enterrée ! » Pourtant, de Ouagadougou à Libreville, de Dakar à Yaoundé, de Bamako à Abidjan, la jeunesse se révolte contre ce qu'elle perçoit comme une mainmise française sur son destin.

    Quinze ans après la Seconde Guerre mondiale, la France a officiellement octroyé l'indépendance à ses anciennes colonies africaines. Une liberté en trompe l'oeil. En réalité, Paris a perpétué l'Empire français sous une autre forme : la Françafrique. Un système où se mêlent des mécanismes officiels, assumés, revendiqués (militaires, monétaires, diplomatiques, culturels...), et des logiques de l'ombre, officieuses, souvent criminelles. Un système érigé contre les intérêts des peuples, avec l'assentiment d'une partie des élites africaines et qui profite toujours aux autocrates africains « amis de la France ». Un système que tous les présidents français ont laissé prospérer, en dépit des promesses de « rupture ».

    Exceptionnel par son ampleur, inédit par son contenu, cet ouvrage retrace cette histoire méconnue, depuis les origines coloniales de la Françafrique jusqu'à ses évolutions les plus récentes. Rédigées par des spécialistes reconnus - chercheurs, journalistes ou militants associatifs -, les contributions rassemblées dans ce livre montrent que le système françafricain, loin de se déliter, ne cesse de s'adapter pour perdurer.

  • Amour, mariage, sexualité : une histoire intime du nazisme (1930-1950) Nouv.

    Comment rendre compte de l'adhésion au nazisme des dizaines de millions de femmes et d'hommes « ordinaires », allemand·es et autrichien·nes, qui lui ont apporté leur soutien des années durant ?

    La quête d'épanouissement personnel encouragée par le régime, qu'il s'agisse d'aventures érotiques, des liens affectifs de l'entre-soi forgés dans les organisations nazies ou de la vie conjugale, a contribué à la cohésion interne de la société nazie. C'est l'une des hypothèses fortes de ce livre d'une grande originalité.

    Car la sexualité, l'intime et la politisation des désirs ont été au coeur de l'entreprise nazie. C'est ce que montre Elissa Mailänder, en s'appuyant notamment sur l'analyse d'une masse d'archives (dont certaines privées) relatives à la sexualité, aux amitiés, à la vie amoureuse et conjugale des individus de la société majoritaire nazie - « aryens » et hétérosexuels.

    Ainsi se dévoile au ras du sol, à l'échelle locale et privée, la construction d'une communauté raciste, hautement politisée, ségrégationniste et violente.

    Historienne du nazisme, Elissa Mailänder est professeure à Sciences Po Paris et directrice adjointe du Centre interdisciplinaire d'études et de recherches sur l'Allemagne (CIERA). Ses recherches portent sur la vie quotidienne (Alltagsgeschichte), l'histoire du genre et des sexualités, l'histoire de la violence, l'histoire des masculinités et l'histoire anthropologique de la photographie.

  • No démos ? souveraineté et démocratie à l'épreuve de l'Europe Nouv.

    L'Union européenne engendre-t-elle un déni de démocratie ? En prônant le retour à l'Europe des nations, les adversaires de la technocratie bruxelloise dénoncent la confiscation du pouvoir populaire. Leur argumentaire est rôdé : dans le huis-clos des réunions entre dirigeants, dans l'opacité feutrée de cénacles qui semblent n'avoir de comptes à rendre à personne sinon aux lobbies et aux thinks tanks, la légitimité démocratique s'exténue.

    Ce livre montre pourtant que le souverainisme, qui confine la politique à l'État-nation, est une illusion philosophique et une erreur pratique. Les principes de la démocratie moderne (peuple, citoyenneté, volonté générale) ne sont pas niés par le projet européen, ils peuvent y trouver l'occasion d'un approfondissement. Pour combattre l'impasse souverainiste, l'Union européenne doit faire de la solidarité sa nouvelle finalité et mettre en oeuvre un fédéralisme social, fiscal et environnemental. Ancré dans la théorie de la république fédérative issue de Montesquieu et des fédéralistes américains, son régime pourra alors conjuguer fédération démocratique et souveraineté du peuple.

    Céline Spector est professeur de philosophie politique à Sorbonne Université.

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