Silène

  • « Ils refusent de reconnaître quen ce siècle Les rappeurs sont les héritiers des poètes. » Lheure du bilan a sonné, semble t-il. 1992-2012 : Kery James porte déjà vingt années de carrière, de scènes hip hop, dalbums. À travers un nouveau disque, une série de concerts acoustiques, un film documentaire et ce recueil, Kery James déroule le fil dun parcours particulièrement original. Une centaine de textes composent louvrage. Autant de signes dune longévité hors pair, sans compromis et toujours renouvelée. Ses thèmes martèlent un propos fort et unique dans le paysage musical : lexclusion, la banlieue, les ghettos, les racismes et ostracismes en tout genre. Fruits dun travail exigeant, précis et efficace, les textes de Kery James racontent lhistoire dun homme et de ses luttes.

  • Marie Faucher sillonne l'étymologie comme une contrée imaginaire pour livrer un opus aussi ludique qu'instructif. Partir de la langue pour en narrer les méandres, les errances et les certitudes : au travers d'exemples et termes savamment choisis, l'auteur déambule dans les dédales du français, latin, médiéval et moderne. Conçu comme un jeu de piste, elle invite son lecteur à retrouver le sens premier des mots, avant de s'être parfois un peu égarés, chargés, enflés ou amaigris, déformés, contrariés, détériorés, usés et perdus, déviés par un usage impropre, par nos humeurs ou nos fantaisies. Les mots ont leur malice. Une lecture et un parcours dont on ne se lassera pas de sitôt...

  • « Dire ou étudier les contes, ces histoires de tous les temps, c'est se confronter à celui qui est le nôtre. » La Femme et les garçons retrace l'évolution de l'image féminine au sein des contes traditionnels. Le vêtement, la maternité, la fertilité, la nourriture, la cuisine, le foyer : les femmes se glissent dans chaque recoin du récit, attendues, espérées, guettées, épiées par un homme malveillant, un amant éconduit, un père jaloux. Ce livre est aussi le fruit d'un éminent travail de recherches autour du conte La Fille du Diable. Jean-Jacques Fdida y passe au crible les variantes, les régions et les époques d'une même narration. Chacune d'elle conduit inévitablement à une autre, retraçant une riche procession, de Blanche neige à Barbe bleue en passant par La Belle et la Bête.

  • Premier recueil, premières amours : ces cent Chansons d'Henri Gougaud dressent le portrait d'un homme, d'une époque (1960-1975) et des combats qui l'ont accompagnée. Quinze années à composer pour les plus grands, de Jean Ferrat à Juliette Gréco en passant par Serge Reggiani.
    L'ouvrage se compose de cinq sections organisées autour des thématiques chères à Henri Gougaud :
    L'amour et l'humanisme, les chants des troubadours, l'anarchie, la révolte et l'espoir, la convivialité et la fraternité. Ces textes, parmi lesquels « Paris ma rose », « La matinée » ou « Je vous suivrai toujours » racontent comme autant d'instantanés la ferveur du chansonnier pour le récit et l'oralité.

  • « N'hésitez plus à guetter les heureux présages. Une superstition vaut une espérance. » (Honoré de Balzac) Ce premier Carnet propose une anthologie de prières (forcément païennes), invocations secrètes, superstitions plus ou moins avouables, bref, un bouquet foisonnant de paroles et magies d'amour. Le champ de notre vagabondage amoureux est vaste, pour ne pas dire illimité. Petit format, mais grand voyage. Les voix recueillies nous viennent aussi bien de la Grèce et de l'Égypte antiques que des Hauts-Plateaux andins, du Japon que de l'Occitanie des troubadours, des mystiques soufis que de cette France profonde où s'enracinent rêves et croyances ancestraux.

  • Devine !

    Henri Gougaud

    Si l'on considère que les contes, depuis le fond des âges, constituent l'essentiel de la littérature des illettrés, les devinettes en sont le versant poétique. Certes, deviner est d'abord un jeu - mais en rien futile. Les devinettes sont toujours des portes ouvertes sur l'inattendu évident, la merveille étonnante, le quotidien transfiguré par l'innocence du regard. Notre recueil est fait d'une centaine de ces énigmatiques métaphores ponctuées d'amusants rébus graphiques et de contes en tête de chaque chapitre, car les devinettes touchent à tout ce que peut embrasser le regard : le corps humain - des oreilles aux orteils - la maison, les nourritures quotidiennes, la nature - des habitants du ciel au son des cloches de campagne.

  • Texte populaire et enfantin, La Friquassée crotestyllonnée est un poème de 716 vers, paru à Rouen en 1601 et dont l'anonyme auteur aurait écrit "à bâtons rompus tout ce qu'il entendait autour de lui". Ce livre fort rare est un florilège de dictons rimés, formulettes, comptines, proverbes, bribes de chansons, ponctuant les enfances normandes du XVIe siècle. Véritable référence de la chanson rabelaisienne, sermonnée, chantée ou paradée, elle est servie en ancien français par une langue chatoyante, où il fait bon manger et boire.
    Savamment et savoureusement commentée par deux membres d'une fantasque académie du XIXe siècle, cette édition propose la mise en perspective des points de vue sous la plume affûtée de Bernadette Bricourt et invite à une surprenante redécouverte. Le texte, complété d'une approche critique, contribuera largement à hisser La Friquassée au rang des divines bouffoneries tout en faisant découvrir aux conteurs contemporains des formulettes et chansons toujours en vogue et des inventions poétiques d'une singulière modernité.

  • « Mais justement, s'il est question de mort, parlons de la vie : c'est urgent. » En 1958, Jacques Lusseyran s'installe en Virginie pour y devenir enseignant. Là, il convoque ses souvenirs, de sa déportation en 1944 à Buchenwald au présent américain.
    Dans la continuité chronologique d'Et la lumière fût (réédité avec succès par Le Félin en 2008), Jacques Lusseyran poursuit le récit de son existence, en élargissant toutefois l'expérience personnelle à une pensée plus vaste et forgée au fil d'un noble empirisme. Les thèmes évoqués vont du silence, à la poésie, en passant par la mémoire, l'enseignement et l'auditoire ou encore la notion de liberté intérieure.
    Comme une succession de longs aphorismes, les chapitres et la langue sont précis, faits de généreuses apostrophes au lecteur - une invitation à contempler la simplicité.
    Le monde commence aujourd'hui demeure une somptueuse leçon de résilience et un chant d'amour à la vie, dont la quête a lieu partout, tout le temps, du vestibule de l'enfer aux immensités américaines.

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