Langue française

  • « Qu'est-ce qui vaut le plus cher ? Une oeuvre de jv ou le risque de devenir la sixième victime connue d'une entreprise qui nous dépasse ? Comportement suicidaire ou génie des affaires ? La distinction entre les deux se révèle de plus en plus mince. Risquer sa vie, c'est aussi excitant que risquer sa mise, pour des individus riches et peut-être blasés. »Le narrateur, un expert en art contemporain, est chargé par un groupe de collectionneurs surnommé « le consortium de l'angoisse », d'enquêter sur des incidents étranges ayant entraîné la mort de certains d'entre eux. Il constate que le seul point commun entre les victimes serait leur passion pour les créations d'un certain « jv »...Provocation ? Bluff ? Manigance d'une organisation criminelle d'ampleur mondiale ou d'un serial artiste doublé d'un serial killer ?François Vallejo avec Efface toute trace embarque son lecteur au coeur d'une enquête palpitante où les apparences sont autant de trompe l'oeil s'éclairant les uns les autres. À la question de ce qu'est une oeuvre d'art, se révèle la contemporanéité d'un monde avec ses fantasmes et ses réalités dans toute leur cruauté et leur vanité. Talentueux et féroce.

    François Vallejo sait de mieux en mieux d'où il vient et cherche de moins en moins à savoir où il va.La seule voie qu'il persiste à suivre est celle du roman, et c'est pour lui un chemin de traverse.Il a exploré une dizaine d'itinéraires singuliers, depuis Vacarme dans la salle de bal, en 1998 jusqu'à Hôtel Waldheim en 2018.Il considère que, sur ces routes secrètes de la vie et des romans qu'il découvre comme elles viennent, le plaisir d'aller dépasse le bonheur d'arriver.

  • C'est de ces cultures nourricières qu'avaient jailli la jalousie, la rancoeur, la malveillance et l'intolérance. À l'instar des hommes, elles s'étaient lentement desséchées, craquelées, pour devenir arides et infécondes. C'étaient ces terres brûlées qui avaient fini par dévorer les coeurs et les âmes. Le commissariat de Nancy subit une inspection générale. Andreani et son partenaire Couturier héritent du dossier Rémi Fournier, simple en apparence : retrouvé asphyxié, l'homme aurait succombé à une crise cardiaque lors de l'incendie de son pavillon. Les plus hautes instances policières les somment de clore cette affaire, et vite. Mais pour quelles raisons ? L'instinct d'Adreani le pousse une nouvelle fois à mener sa propre enquête. Commence alors un voyage dans le temps où il devra fouiller dans les souvenirs purulents laissés par les deux guerres mondiales, notamment en Moselle. Manipulation, délation, nationalisme et antisémitisme : Andreani et Couturier pourraient bien faire face à l'enquête la plus complexe de leur carrière. Après Un travail à finir, qui avait comme cadre la guerre d'Algérie, le duo, qui se dissimule, derrière le pseudonyme Eric Todenne continue de se pencher sur les liens et l'impact que peut avoir l'histoire collective sur les destins personnels.

    Après Un travail à finir (2018), Terres brûlées est le deuxième roman d'Eric Todenne. Ce pseudonyme réunit fois deux auteurs au talent prometteur et signe l'acte de naissance d'une équipe d'enquêteurs délectable, constituée de personnalités hors du commun usant parfois de moyens expéditifs... et des plus sophistiqués.

  • Préfère l'impair

    Claude Habib

    Le lecteur, devenu voyeur sans compassion, se met à l'affût des rapports qu'entretiennent les antihéros de cette histoire : Florence, qui désire un enfant, Stéphane, son mari stérile, leurs amis - et « Stéphanie », qui sera la maîtresse de Stéphane dans ce temps qui précède la naissance d'un enfant. Égoïsme, tendresse fugace, lucidité vite transgressée, indifférence, désespoir parfois. Le roman d'une époque où intérêt et rentabilité ont phagocyté les âmes. Un soufflet magistral.

    Claude Habib est née en 1956. Ancienne élève de L'École Normale Supérieure de Fontenay, elle est agrégée de Lettres Modernes et enseigne comme maître de conférences à l'université de Lille III. Par ailleurs, elle travaille au comité de rédaction de la revue Esprit. Préfère l'impair est son premier roman.

  • "Pas d'erreur, cette fille était de la race des vaincus. Elle ne tenterait rien. En bonne intello, elle se contenterait d'analyser. Et tu en arriveras à la conclusion que mon père n'a aucune raison de te vouloir du mal. Une déduction erronée. Le souci avec lui, c'est qu'il n'a jamais été maître des émotions étranges qui chevauchent dans les méandres de son esprit. Il est comme un demi-dieu, capable du pire comme du meilleur. Un être absurde et merveilleux, dépourvu d'empathie, sans peur, susceptible de se lancer dans des actions inutiles et sacrément périlleuses pour lui et son entourage." Après avoir fréquenté Les Infidèles et fait une escale au Japon avec Kabukicho, Dominique Sylvain nous emporte une fois encore dans son univers dangereusement onirique et sensuel. Nouvelles technologies et Bitcoins lui offrent mille et une manières de tordre le cou aux codes du roman policier. Une femme de rêve brouille les pistes : au lieu de traquer le coupable, n'est-il pas plus séduisant de rechercher qui est la victime ? "Quelque part c'est insensé, mais ça me plaît ainsi." Dominique Sylvain Dominique Sylvain a vécu en Asie pendant treize ans. Elle a fait ses débuts dans le polar avec la parution de Baka!, son premier roman inspiré de sa vie au Japon. Après avoir été journaliste, puis responsable de la communication au sein d'une grande entreprise, elle se consacre désormais exclusivement à l'écriture. Lectrice insatiable et fan inconditionnelle de Murakami, elle use de toutes les libertés que lui offre le policier pour jouer avec les codes du genre et emprisonner ses lecteurs dans de redoutables filets. Ingrid et Lola - le duo improbable qu'elle a imaginé - sont devenues des personnages culte. Son oeuvre singulière, et primée à de nombreuses reprises, est traduite dans une quinzaine de pays et est également disponible aux Éditions Points.

    Dominique Sylvain a vécu en Asie pendant treize ans. Après avoir été journaliste, puis responsable de la communication au sein d'une grande entreprise, elle se consacre désormais exclusivement à l'écriture.Lectrice insatiable et fan inconditionnelle de Murakami, elle use de toutes les libertés que lui offre le policier pour jouer avec les codes du genre et emprisonner ses lecteurs dans de redoutables filets. Ingrid et Lola-le duo improbable qu'elle a imaginé-sont devenues des personnages culte.

  • " Mon roman est un portrait d'artiste mais également un portrait de femme. À travers le personnage d'Ariane Claessens, j'ai travaillé à ma propre définition de la grâce, un mélange paradoxal de force et de fragilité. Ariane en est l'incarnation. Je l'ai voulue la plus humaine possible, c'est-à-dire pleine de contradictions. " Alexis Ragougneau

    " Un jour, dans mille ans, un archéologue explorera ton refuge. Il comprendra que l'ouvrage militaire a été´ recyclé en ermitage. Et s'il lui vient l'idée de gratter sous la peinture ou la chaux, il exhumera des fresques colorées intitulées
    La Vie de David Claessens en sept tableaux. Je les connais par coeur, ils sont gravés à tout jamais dans ma médiocre mémoire, je peux vous les décrire, si vous voulez faire travailler votre imaginaire :




    L'enfant prodige choisit sa voie.
    Il suscite espoirs et ambitions.
    Le fils trébuche, s'éloigne, ressasse.
    Dans son exil, l'enfant devient un homme.
    Le fils prodigue, tentant de regagner son foyer, s'égare.
    Blessé, il dépérit dans sa prison de béton.



    Mais à la différence des tapisseries de New York, ton histoire est en cours ; il nous reste quelques tableaux à écrire, toi et moi, et je ne désespère pas de te faire sortir un jour du bunker. La clé de ton enclos, de ta cellule 77, c'est moi qui l'ai, David. Moi, Ariane, ta soeur. "

  • Céline Lapertot se confronte à son passé. De ce combat nécessaire avec elle-même et ses souvenirs est né ce texte qui n'est pas un livre comme les autres. Ce qui est monstrueux est normal n'est pas une autofiction, c'est un récit autobiographique, un long cri plein de rage.

    "
    Ce qui est monstrueux est normal, c'est une phrase qu'elle écrira souvent, l'enfant devenue grande, sans savoir que cette litanie constituera le fil rouge d'un récit. Oui, ce qui est monstrueux est normal, pour un être jeune dont l'œil s'habitue aux fissures dans les murs blancs et aux odeurs d'urine dans les couloirs d'immeubles. Il vaut mieux en rire qu'en pleurer, dit l'adage populaire, à peine conscient de son héritage. Rire de l'homme qui nous élève, chercher tout au fond de soi le respect qu'on lui doit, mais rire – un rictus qu'on n'effacera jamais – pour oublier qu'on voudrait lui balancer un bon coup de pied dans la nuque. "

  • À l'occasion des 25 ans de Chemins Nocturnes - la seule collection dédiée aux romans policiers français - les Éditions Viviane Hamy vous proposent de découvrir ou de redécouvrir trois classiques hors du commun d'Estelle Monbrun.

    Préparez-vous à plonger dans trois romans policiers hors du commun qui oscillent entre Agatha Christie et David Lodge.

    L'auteur, une éminente spécialiste de l'œuvre proustienne, s'appuie sur des textes littéraires jugés difficiles et complexes – ici Marcel Proust, Marguerite Yourcenar et Colette – pour tisser des intrigues subtiles aux dénouements renversants. En fidèle observatrice du monde qui l'entoure, Estelle Monbrun maîtrise à la perfection l'art de la pointe, et sait décocher des piques redoutables au moment propice.

    Un petit conseil si vous souhaitez percer ces enquêtes : prenez le temps d'observer chaque détail en compagnie d'une tasse de thé et d'une madeleine.

    " Mes livres peuvent être lus comme de simples romans policiers mais si on connaît le texte source sur lequel je m'appuis, on peut s'amuser à reconnaître des citations cachées, des références stylistiques, des noms de personnages codés... C'est comme un clin d'œil permanent, une complicité à trois : un écrivain, une romancière, un lecteur. Toutefois, parodier l'écriture érudite est le plus difficile des exercices de style. " Estelle Monbrun

  • " Le tout, c'est de s'introduire dans leur cercle. Après, c'est à toi de jouer.​ "

    " Un rapide pincement des lèvres rouge vif aurait indiqué à une personne moins naïve que Mary que sa présence n'était pas vraiment souhaitée. Mais sa proposition fut acceptée, et, en chemin, elle apprit que Caro faisait ses études à l'École des beaux-arts et habitait à la Cité universitaire. Après deux bises à la française, que les Américains appellent
    air kisses et qui n'engagent à rien, Mary suivit des yeux sa nouvelle connaissance, qui emprunta l'avenue Foch après lui avoir fait un petit signe faussement désinvolte. Quelques instants plus tard, Caro envoyait sur son portable le message suivant à une adresse cryptée : "Le cabillaud sera une rascasse. Veronica.' "

    Avec
    Meurtre chez tante Léonie, Estelle Monbrun a inauguré la collection " Chemins Nocturnes " aux Éditions Viviane Hamy. D'autres " meurtres " suivront. On la compare souvent à David Lodge et à Agatha Christie : " L'auteur emprunte au premier des références sarcastiques sur le milieu universitaire, représenté avec un humour impitoyable, mais aussi attendri. À la seconde, son art de la narration, des fausses pistes, des coups de théâtre. " René de Ceccatty,
    Le Monde.

    Vous voilà prévenus.

  • De quelle couleur surgira la voile ?

    " An Linh n'existe pas. On ne peut arpenter ses rizières, parcourir ses collines, sentir sa brise à l'aube et se recueillir dans ses cimetières face à l'océan. Rien de ce qui suit n'est réel. La correspondance que vous allez lire aurait pu se tenir il y a deux cents ans. Endormis depuis de longues années, Isey, Thanh et leurs compagnons se réveillent. L'un après l'autre, ils se lèvent pour entrer sur une scène imaginaire encore plongée dans la nuit. Ils s'apprêtent, revêtent des tuniques colorées, soulignent leur regard d'un trait de khôl, prennent une plume et des feuilles de papier pour jouer leur partie. Le paysage s'éclaire : ils vont ouvrir le bal... Puisse le Ciel donner vie à leurs lettres, clarté à leurs voix – et leur accorder la grâce de vous rencontrer. "

    Ainsi commence le nouveau livre d'Hoai Huong Nguyen, un roman épistolaire vibrant où l'amour imprègne chaque page et chaque haïku. Face à l'éloignement et à la mort, la puissance de cet amour – ici pluriel – sera la lumière qui guidera pas à pas les personnages jusqu'à leur renaissance finale.

    De quelle couleur surgira la voile ?

  • Une odyssée moderne et inattendue au pays de la réminiscence.​

    " Plusieurs années auparavant, j'avais suivi mon père sur un long trajet, vers Clermont-Ferrand. Parfois il me laissait tenir le volant sur les quatre voies vides du Sud-Ouest, de longs parcours, la lande entrecoupée seulement de scieries et de garages désolés, au loin. Je conduisais de la main gauche, ma mère ne savait pas que j'étais monté devant. C'était irresponsable de sa part, mais la transgression alliée à l'excitation de la route me donnait l'impression d'être adulte, pour quelques kilomètres. Mon père en profitait pour se rouler de fines cigarettes qu'il tenait entre le pouce, l'index et le majeur. Sa langue passait deux fois sur la mince bande de colle. Il venait d'une génération qui ne s'arrêtait pas toutes les deux heures pour faire des pauses et voyageait souvent de nuit. J'avais un jour vu le comparatif d'un crash-test entre deux voitures, l'une datant des années quatre-vingt-dix et l'autre actuelle. Mon frère et sa vieille Renault n'avaient eu aucune chance. "

  • " Et si Hôtel Waldheim était le chef-d'œuvre de François Vallejo ? " Claire Julliard, Bibliobs
    Ce roman était présent dans les deux premières listes du Prix Goncourt 2018.

    " À l'entendre, j'étais très fort, à seize ans, pour tout effacer, et ça continue. Pourtant, à force de déblatérer sans réfléchir, j'ai commencé à lui prouver et à me prouver que je me suis fourré dans de drôles de situations. Si quelqu'un m'avait dit hier : tu t'es comporté comme le pire voyeur, pour surprendre un couple dans son lit, je ne l'aurais pas cru. C'est revenu tout seul, devant cette fille dans son fauteuil. Je sentais son souffle sur ma peau, incroyable ce qu'elle m'insuffle. Presque malgré moi, j'ai reconstitué la scène oubliée. Et d'autres. Elle va finir par me convaincre que je lui cache quelque chose. Que je me cache quelque chose ?

    Comme l'impression de rencontrer un inconnu qui s'appellerait Jeff Valdera. Et dans le genre inconnu, elle se pose là aussi, avec ses questions insistantes... "

    Lors de ses séjours avec sa tante à Davos, à l'hôtel Waldheim, l'adolescent Jeff Valdera n'aurait-il été qu'un pion sur un échiquier où s'affrontaient l'Est et l'Ouest au temps de la guerre froide ?

  • " Le portrait d'une femme admirable. " Mona Ozouf, Le Nouvel Observateur

    Édith Thomas, chartiste, historienne et romancière, fut un être entier, épris de vérité et d'une liberté abrupte et revendiquée. Est-ce pour cela que l'Histoire ne lui a pas rendu justice ?

    Résistante de la première heure, elle rejoint la rédaction des
    Lettres françaises et le CNE après la mort de Jacques Decour. Elle en est "
    la cheville ouvrière, celle qui assurait toutes les liaisons indispensables ", écrit Claude Morgan. Dans le même temps, elle s'inscrit au PCF clandestin. Six ans plus tard, en pleine affaire Tito, elle est l'une des premières à en claquer la porte.

    1952 : Paulhan publie sa
    /> Lettre aux directeurs de la Résistance. Édith Thomas, elle, rédige
    Le Témoin compromis. Elle y analyse au plus près son cheminement politique et existentiel au cours de la décennie écoulée. Qu'en était-il de la Résistance ? Qu'en est-il du communisme ? Qu'est-ce qui l'a menée à cette partition brutale avec ses " camarades ", alors que son adhésion au Parti avait tant signifié pour elle ?

    Les Éditions Viviane Hamy font reparaître son
    Jeu d'échecs, publié en 1970, quelques mois avant sa mort. La critique pointe alors la lucidité extrême de ce roman autobiographique qui "
    propose [...]
    des éléments nouveaux à l'examen du paradoxe de la femme d'aujourd'hui. Il faudra s'y référer à l'avenir ".

    Il était donc essentiel de rééditer ces Mémoires afin de mieux appréhender, soixante-dix ans après les faits, le rôle majeur que cette femme hors normes joua dans la Résistance intellectuelle et les années de l'immédiat après-guerre.

  • " Lorsque tu m'as demandé, Stevan, si je t'écrirais, je t'ai dit que je répondrais à tes lettres, mais que je ne t'écrirais plus la première. "
    Un soir que nous étions devant le feu, Claude me dit : " Si j'étais un homme, je t'épouserais. "
    Je m'entendis lui répondre : " Si j'étais un homme, je t'épouserais, mais pas si j'étais une femme. " Pourquoi ? " Parce que nous sommes dans le temps. Parce que nous ne pouvons pas nous défaire du temps et que nous ne pourrions rien construire ensemble de durable. Si tu étais un homme et que je fusse une femme, je ne pourrais pas accepter d'être définie par toi. "
    Il m'était douloureux de prononcer ces mots qui rompaient l'enchantement. Mais ce qui faisait le prix de notre rencontre, c'est qu'aucun mensonge ne pouvait se glisser entre nous, fût-ce au prix de notre déchirement.

    Dans ce
    Jeu d'échecs, publié pour la première fois en 1970, l'écrivain pratique une archéologie multiple, d'elle-même, de son époque et de sa psyché. L'alchimie entre sensibilité et intelligence à fleur de mots suscite le choc et le vertige.

    En lice pour le prix Mémorable 2018

  • " Schopenhauer affirmait que toute vérité franchit trois étapes : elle est d'abord ridiculisée, puis elle subit une forte opposition avant d'être considérée comme ayant toujours été une évidence. "
    Roger Lourdier, un pensionnaire des Épis bleus atteint d'Alzheimer, a fait une mauvaise chute sur le coin de sa table de chevet. Il est mort. Il ne peut s'agir que d'un accident. Pourtant, un détail attire l'attention de la jeune Lisa qui accomplit son service civique au sein de la maison de retraite : le vieux monsieur n'a pas de numéro de Sécurité sociale.

    Comment est-ce possible, en France, aujourd'hui ? Lisa en informe alors son père, le lieutenant Andreani, qui, mis sur la touche par sa hiérarchie de Nancy pour un sérieux écart de conduite, est contraint de rendre des comptes à Francesca Rossini, la psy désignée pour juger s'il peut réintégrer son poste.

    Andreani, archétype du flic à l'ancienne, et son acolyte Couturier, sont déterminés à lever le voile sur ce mystère. Une erreur administrative ? Peu probable. Et puis, que signifie l'inscription " SO. 3-02. AB+ ", tatouée sur la nuque de la victime ?

    C'est du lourd. Il le sait, il le sent...

  • " Pour Dominique Sylvain, seul compte l'art du chaos. " J.-Claude Jaillette, Marianne
    Alors qu'elle préparait un reportage sur l'adultère, Salomé Jolain, une jeune journaliste de TV24 à la renommée croissante a été sauvagement assassinée. On a retrouvé son corps dans la poubelle d'un square du 15e arrondissement de Paris, à proximité de l'hôtel de la Licorne. L'enquête est confiée au commandant Barnier, flic stoïque à la vie privée compliquée, et à son adjoint, l'énigmatique lieutenant Maze.

    Tous les proches de la jeune femme sont sur la liste des suspects, mais un nom retient toute l'attention de la Crim', celui d'Alice Kléber, la tante de la victime et créatrice du site
    lovalibi.com qui fournit aux amateurs d'aventures extraconjugales des excuses et des preuves clés en main pour justifier leurs absences.

    Un lien qui ne peut relever de la simple coïncidence...

  • " Ses romans sont un long cri de fureur proféré avec une tranquille, presque douce obstination, celle d'une Antigone revenue d'entre les morts ; jamais elle ne cédera. " Elle
    "
    Cette sensation de fin du monde, quand tu as dix ans et que tu comprends, du haut de ton mètre vingt, qu'il va falloir abandonner la sécheresse de ton ocre si tu ne veux pas crever. Je serais restée des millénaires, agenouillée contre ma terre, si je n'avais pas eu une telle soif.
    Maman a caressé la peau de mon cou, toute fripée et desséchée, elle m'a vue vieille avant d'avoir atteint l'âge d'être une femme. Elle a fixé les étoiles et, silencieusement, elle a pris la main de papa. On n'a pas besoin de discuter pendant des heures quand on sait qu'est venu le moment de tout quitter. J'étais celle à laquelle on tient tant qu'on est prêt à mourir sur les chemins de l'abîme.
    J'étais celle pour laquelle un agriculteur et une institutrice sont prêts à passer pour d'infâmes profiteurs, qui prennent tout et ne donnent rien, pourvu que la peau de mon cou soit hydratée. J'ai entendu quand maman a dit On boira toute l'humiliation, ce n'est pas grave. On vivra. Il a fallu que je meure à des milliers de kilomètres de chez moi. "

  • " Savamment orchestré, Niels mêle la fiction à l'imaginaire collectif pour une plongée en apnée dans l'une des périodes les plus troubles du roman national français. " Laëtitia Favro, Le Journal du dimanche

    " -
    Tes allers-retours entre la vie et la mort tu vas les faire encore longtemps ?

    -
    Le temps qu'il faudra. Pourquoi ? Tu te fais du souci pour moi ?

    -
    Tu es juive, n'est-ce pas ? C'est insensé, tu sais ce qu'ils te feront s'ils te prennent ?

    -
    Je n'ai pas peur. À Copenhague, je suis chez moi. Ce sont eux les envahisseurs. "

    Danemark 1943, Niels Rasmussen rencontre Sarah à la rousse chevelure. Il rejoint alors la Résistance et devient le saboteur de génie qui remodèle la ville occupée à coups d'explosifs. Quand le conflit mondial s'achève, Sarah attend un enfant et les héros sont prêts à recueillir leurs lauriers. Pourtant, une page du
    Parisien Libéré glissée dans un courrier anonyme va infléchir le destin. Dans la rubrique "Épuration' Niels lit :

    C'est le 7 mai que le dramaturge Jean-François Canonnier, actuellement détenu à Fresnes, passera devant la Cour de justice de la Seine. Il sera défendu par maître Bianchi.

    Éperdu d'incompréhension et pour sauver son " frère de cœur ", il entreprend une odyssée qui fera vaciller toutes ses certitudes quant à l'héroïsme, la lâcheté, la Résistance et la collaboration.

    Roman d'aventures, enquête introspective,
    Niels fait fi des genres littéraires et nous soumet à la question :
    Et vous, qu'auriez-vous fait ?

    Ce roman a reçu le Prix Infiniment Quiberon 2018 et le Prix Goncourt du Lycée Français de Chicago.

  • Ce roman graphique est avant tout un cri de colère : celui d'un enfant qui entend son grand-père le traiter de « bâtard ». Sa réponse ? Ce témoignage mis en images et en couleurs par un autre révolté, familier et complice de l'univers de Karim Miské : Antoine Silvestri. Né d'un père mauritanien, diplomate et musulman et d'une mère française, assistante sociale puis professeure, athée et féministe, Karim Miské est une bizarrerie pour les autres : une « tête d'Arabe avec des manières de Blanc ». Écartelé entre des univers différents ainsi qu'entre la France et la Mauritanie, auxquelles s'ajoute l'Albanie, Karim Miské s'est trouvé un navire pour traverser l'existence : la littérature.

  • À la nuit tombée, Kabukicho, sous les néons, devient le quartier le plus sulfureux de la capitale nipponne. Au coeur de ce théâtre, les faux-semblants sont rois, et l'art de séduire se paye à coup de gros billets et de coupes de champagne. Deux personnalités dominent la scène : le très élégant Yudai, dont les clientes goûtent la distinction et l'oreille attentive, et Kate Sanders, l'Anglaise fascinante, la plus recherchée des hôtesses du Club Gaïa, l'un des derniers lieux où les fidèles apprécient plus le charme et l'exquise compagnie féminine que les plaisirs charnels. Pourtant, sans prévenir, la jeune femme disparaît. Le piège de Kabukicho s'est-il refermé ? À Londres, son père reçoit sur son téléphone portable une photo oùelle apparaît, les yeux clos, suivie de ce message : « Elle dort ici. » Bouleversé, mais déterminé à retrouver sa fille, Sanders prend le premier avion pour Tokyo, où Marie, colocataire et amie de Kate, l'aidera dans sa recherche. Yamada, l'imperturbable capitaine de police du quartier de Shinjuku, mènera quant à lui l'enquête officielle. Entre mensonges et pseudo-vérités, il sera difficile de démêler les fils d'une manipulation démoniaque ; pour le plus grand plaisir du lecteur.

  • En dépit de la nourriture que ses parents lui imposent et qu'il rejette avec constance, Élie Élian s'attarde à l'arrière du restaurant qui s'est ouvert dans son quartier. Les gestes qu'il observe, les effluves dont il se délecte sont une révélation : il sera chef-cuisinier. Son passage dans l'établissement de la veuve Maudor sera déterminant. Elle l'initie à l'amour fou et lui offre d'exercer son incroyable génie culinaire. Puis ses errances dans un Paris en proie aux émeutes le mèneront jusqu'au Trapèze, le restaurant où son destin de magicien des sens, des goûts et des saveurs s'accomplira.

  • « Savez-vous pourquoi l'on a accepté de nous livrer ainsi à vous, dans ce que nous avons de plus intime. C'est parce que vous avez marché avec nous. Vous avez couru à nos côtés, la caméra embarquée. Vous avez marché aux côtés de nos mères, lorsqu'elles vendaient nos haricots, nos oeufs et notre lait. Vous avez partagé la sueur de nos mères. Vous les avez suivies tout le temps. Vous nous suivez partout, que nous nous battions, que nous vendions, que nous produisions. Vous avez constaté une chose : nous marchons. Nous marchons toujours. La marche est notre socle, le fondement de notre petite civilisation de femmes. Nous marchons pour vendre, nous courons pour fuir mais nous marchons encore pour tuer. » Dans ce pays d'Afrique, la guerre civile fait rage et nul destin n'est tracé. Celui de Séraphine s'annonce heureux - elle épousera bientôt l'homme qu'elle aime -, mais il bascule lorsque des miliciens saccagent son village. Elle perd alors toute sa famille, et son innocence. Sauvée in extremis grâce à l'intervention d'une faction de l'armée régulière conduite par l'exceptionnelle Blandine, elle se joindra à sa troupe de « Lionnes impavides », qui luttent dans l'espoir fou d'un retour à la paix. Il est impossible de lâcher ce roman - d'une pudeur et d'une justesse saisissantes -, hymne à l'héroïsme des êtres qui transforment leurs silences en un cri de courage et de fureur. Céline Lapertot, 29 ans, est professeur de français. Des femmes qui dansent sous les bombes est son second livre aux éditions Viviane Hamy.

  • À la veille de Noël, un groupe de SDF investit Notre-Dame de Paris, revendiquant un logement pour tous. Les médias se déchaînent. Après l'éviction manu militari, le calme revient jusqu'à ce que, peu avant Pâques, on repêche dans la Seine le corps étrangement mutilé de Mouss, le porte-parole des sans-abri. Quand Claire Kauffmann, la juge d'instruction, apprend que le père Kern officiait dans la cathédrale au moment de son occupation, elle sollicite son aide pour faire éclater la vérité. En vain. Témoin autant qu'acteur, le prêtre a bien malgré lui favorisé l'intervention de la police. Perclus de culpabilité, il s'est depuis enfermé au centre Wresinski, où il inventorie les maigres biens des démunis. Elle devra se débrouiller seule... Tel un peintre d'icône, l'écrivain procède par couches, il dissipe les ombres, jusqu'à la transparence. « Le sens de l'image n'apparaît qu'une fois les visages des personnages illuminés par la vérité divine. En somme, c'est une enquête. Il s'agit de savoir qui tient quel rôle dans la composition et cela n'intervient qu'à la fin. » Il use d'une écriture précise pour pointer les maux de notre société. Il se délecte à brouiller les pistes pour offrir une oeuvre aussi envoûtante que dérangeante.

  • N'appartenir, ou quand la colère se fait salvatrice et pleine d'humour... Né d'un père mauritanien, diplomate et musulman et d'une mère française, assistante sociale, professeure, athée et féministe, Karim Miské est une bizarrerie aux yeux de ses contemporains : une « tête d'Arabe avec des manières de Blanc ». Sans cesse ballotté entre toutes ses identités, il fera le choix de n'en accepter aucune.
    Cocasse, enlevé, généreux, provocateur et nécessaire, N'appartenir est un cri de liberté, à la fois récit d'un parcours atypique et radioscopie de la complexité du monde.

  • Le commandant Carat - un sosie de Lino Ventura - doit débusquer un meurtrier semant l'horreur dans Paris et sa banlieue. Et ce, à un moment où il peine à motiver son groupe, qui a hérité d'une nouvelle recrue, le lieutenant Franka Kehlmann, protégée de la divisionnaire.
    L'adversaire, redoutable, semble croire en la justice divine. Détail troublant : il anticipe tous les mouvements de la police. Jusqu'au jour où l'enquête bascule...

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