Littérature traduite

  • Le « Bairro », ce célèbre quartier inventé par Gonçalo M. Tavares qui rassemble des Messieurs célèbres, - écrivains, dramaturges, poètes ou scientifiques - accueille cette année de nouveaux voisins : Monsieur Henri, Monsieur Juarroz, Monsieur Breton et Monsieur Eliot.

    Réunis pour la première fois, chaque Monsieur apporte sa vision sur notre monde, à la fois philosophique, surréaliste, ironique, voire absurde jusqu'à l'extrême. Mais tous ont un objectif commun : comme le village d'Astérix, ce « bairro » entend bien résister, coûte que coûte, à l'avancée menaçante de la barbarie.

    Une nouvelle fois, Gonçalo M. Tavares nous interroge, avec le talent qu'on lui connaît, sur notre rapport au quotidien et sur notre capacité à nous adapter ou à nous heurter à la réalité.

    Auteur portugais, Gonçalo M. Tavares est né en 1970. Après avoir étudié la physique, le sport et l'art, il est devenu professeur d'épistémologie à Lisbonne.

    Depuis 2001, il ne cesse de publier (romans, poèmes, essais, pièces de théâtre, contes et autres ouvrages inclassables). Il a été récompensé par de nombreux prix nationaux et internationaux dont le Prix Ler/BCP (le plus prestigieux au Portugal).

    Il est considéré comme l'un des plus grands noms de la littérature portugaise contemporaine.

  • «À sept ans je n'étais sûre que d'une chose : que tout peut basculer d'un instant à l'autre, que rien ne dure. J'aurais donc eu tout lieu d'être terrorisée face à ce qui se passait autour de moi. C'est heureusement l'inverse qui se produisit. Je voyais la vie comme une aventure extraordinaire, dont il ne fallait pas perdre une miette.»


    Niki, qui vient de mourir, raconte l'histoire de sa famille, depuis l'Outre-Monde. D'une jeunesse privilégiée à la clandestinité, du Moyen-Orient aux villes grecques, de scènes de guérilla violentes à la résistance, Niki traverse le XXe siècle et nous en restitue toute l'intensité. Sa découverte de l'amour est à l'aune de son ascendance et des femmes qui l'ont précédée. Un héritage précieux qui n'appartient à aucune autre, et qui résonne en chacun de nous.

    Christos Chomenidis est né en 1966 à Athènes où il a étudié le droit. En 1993, il publie son premier roman Le Jeune Sage. Ses romans et ses nouvelles ont été traduits en plusieurs langues. En 2015, son roman Niki remporte le prix d'état de littérature grecque. Niki a été aussi porté à la scène en 2017. Christos Chomenidis est également auteur de scenarii pour la télévision et le cinéma.

  • Syrie, an 900.Un étranger à cheval traverse nonchalamment le souk al-Kibir de Damas. Soudain, sa main tombe sur le bras du jeune garçon qui tente de s'emparer de la bourse qui bat le flanc de sa monture.Ainsi débute la quête du prince Ahmed revenu sur sa terre d'origine avec le fol espoir de retrouver sa femme et son fils qu'il a été contraint d'abandonner dix années auparavant pour suivre son seigneur réfugié à Cordoue.Annie Messina entremêle les histoires avec la maîtrise du conteur oriental. Elle nous tient en haleine telle Shéhérazade captivant le Sultan durant mille et une nuits.

    Après Le Myrte et la Rose paru aux Éditions Viviane Hamy en 1992, - devenu depuis un véritable classique de la littérature italienne -, découvrez Le Palmier de Rusafa, qui démontre une nouvelle fois l'immense talent d'Annie Messina et sa profonde connaissance de la civilisation arabe.

    Sicilienne, fille d'un consul général à Alexandrie, elle passa plus de vingt ans en Égypte avant de s'installer à Rome. Son attrait pour les contes orientaux lui vient de son enfance.

  • «J'obtins de mon père la permission de monter à cheval. Il fit confectionner pour moi un tchekmen de cosaque et me fit don de son Alkide. De ce jour, je fus le compagnon obligé de mon père dans ses promenades aux environs de la ville. Il tirait plaisir à m'apprendre à monter avec élégance, à me tenir fermement en selle et à manier adroitement mon cheval. Il disait que j'étais à l'image vivante de ses jeunes années et que j'eusse été soutien de sa vieillesse et l'honneur de son nom si seulement j'étais née garçon !»

    À 23 ans, Nadejda Dourova profite du passage dans sa ville d'un régiment pour suivre sa vocation : elle se coupe les cheveux, se travestit en cosaque et rejoint l'armée du tsar. À la suite d'un haut fait d'armes, Alexandre Ier, qui a appris son secret, la convoque...

    Nadejda Dourova (1783-1866) est la fille d'une noble famille russe.

    En 1836, fasciné par le personnage, Pouchkine publie les Mémoires de Dourova avec un immense succès. Aujourd'hui encore la vie de celle qu'on appela « la demoiselle cavalier » inspire les romanciers et dramaturges russes.

    Elle se distingue donc dans l'histoire de la littérature pour avoir embrassé la carrière des armes avant la carrière des lettres, recherchant la liberté que les convenances du monde lui refusaient.

  • « Contrairement à ce qu'on croit, la politique n'est pas l'art du possible ; c'est l'art de l'impossible. »

    Dans la soirée du 8 novembre 1923, la tentative de putsch menée par Hitler échoue à la brasserie Bürgerbräukeller de Munich. Il est arrêté puis enfermé dans la prison de Landsberg de novembre 1923 à décembre 1924. Ce « document fictionnel » s'intéresse de près à ces quatorze mois décisifs qui expliquent, en partie, son accession au pouvoir moins de dix années plus tard, avec une facilité inimaginable.

    Commence alors une plongée en apnée dans le quotidien et la psyché du futur Führer qui s'est persuadé que son destin et celui de l'Allemagne ne font qu'un.

    /> Page après page, ce Journal fictif, criant de vraisemblance nous prouve d'une façon magistrale que la puissance des mots, si bénéfique ou maléfique soit-elle, peut encore avoir des répercutions à la fois personnelles et mondiales au sein de nos sociétés modernes.

    Aujourd'hui, alors que l'humanité entière est menacée par l'émergence d'une nouvelle forme de barbarie, que le nationalisme connaît un nouvel essor, que le racisme étend son emprise, que la manipulation des masses est recherchée à tout prix et que la construction européenne est menacée, je considère qu'une nouvelle approche d'Hitler est utile et même nécessaire. Haris Vlavianos

    Haris Vlavianos est né en 1957 à Rome, de parents grecs. Il a fait ses études à Bristol et à Oxford. Sa thèse s'intitule Greece 1941-1749 : from Resistance to Civil War. Il vit actuellement à Athènes où il enseigne à l'American College of Greece, ainsi qu'au Centre européen de traduction (EKEMEL). Très connu en Grèce, il a publié une dizaine de recueils de poésie et dirige la revue («Poésie»). Il a traduit des auteurs comme Whitman, Pound, Longley, Ashbery, Stevens, Goldoni, Blake, etc

  • " Souvent, il faut choisir entre le bonheur de la lecture et les délices de l'interprétation. Le Portugais Gonçalo M. Tavares invite à mener les deux de front [...] Ajoutez à cela un suspense capable d'aller crescendo, en dépit de ce qui émerge ou surgit, et vous aurez idée du plaisir de lire à nul autre pareil que procure cette prose à la fois sincère et en tapinois. " La Croix

    – C'est votre fille ?
    – Non, répondis-je. Je l'ai trouvée dans la rue. J'ai déjà demandé dans des magasins : personne ne sait qui elle est. Personne ne l'a jamais vue dans le quartier. Elle est à la recherche de son père. Elle s'appelle Hanna. Il y a une institution qui accueille ce genre d'enfant, je vais l'y conduire.

    Cette rencontre déterminante dictée par le hasard va bouleverser la vie des deux protagonistes.

    Marius – qui jusque-là fuyait un danger inconnu – décide de prendre Hanna sous son aile et de l'aider à retrouver son père. Un détail retient son attention : la jeune fille tient entre ses mains une boîte contenant une série de fiches dactylographiées destinées à l'" apprentissage des personnes handicapées mentales. " Mais cette définition,
    handicapée mentale, s'applique-t-elle vraiment à la situation de la jeune fille ? Rien n'est moins sûr.

    Une odyssée moderne et initiatique commence alors, portée par l'écriture " quasi hallucinée " propre à Gonçalo M. Tavares.

  • Abigaël

    Magda Szabó

    " L'auteur fait coexister la petite et la grande histoire dans ce magnifique roman d'initiation peuplé de personnages insolites et complexes [...] Une véritable pépite. "​ L'Obs
    Gina ira en pension. Son père adoré l'a décrété sans donner la moindre explication : " Ne dis au revoir à personne, amie ou connaissance. Tu ne dois pas dire que tu quittes Budapest. Promets-le-moi ! " Elle doit oublier son ancienne vie et rejoindre, dans la lointaine province, Matula, une institution calviniste très stricte, reconnue pour la qualité de son enseignement.

    Enfant gâtée, rétive aux règles, elle est vite mise en quarantaine. Seule solution pour survivre, l'évasion... qui se solde par un échec piteux. Désespérée, l'adolescente finit par confier ses malheurs à Abigaël, la statue qui se dresse au fond du jardin. Car selon l'antique tradition matulienne, Abigaël aiderait tous ceux qui le souhaitent. Et, miracle, l'ange gardien se manifeste ! Une série d'aventures rocambolesques sortent Gina du purgatoire et lui font comprendre la douloureuse décision de son père en même temps que le sens des mots honneur, solidarité et amitié.

  • Un premier roman original, mystérieux et d'une créativité sans borne. Qui sont ces femmes enfermées dans une tour sans fenêtre ? " Recrutées " dans les pays balkaniques par un homme au volant d'une voiture rouge, elles portent toutes un même prénom : Natasha. La " Natasha en chef " les initie et les surveille. À Paris, Béatrice chante le jazz dans un bar de la gare de l'Est. Un vendredi matin, en décrochant son téléphone, elle est noyée sous un déluge de mots. Il s'appelle César, il est acteur, il a fui le Mexique pour échapper à la cruauté de ses frères et mieux " vivre " son homosexualité. Il subsiste en faisant du phoning, en attente du rôle pour lequel il sait être fait. Lorsque son agent lui propose une audition pour jouer Manny, un " latino psycho " qui aurait tué cinq femmes, il se persuade que ce personnage est fait pour lui. L'irruption du télémarketing au cours de ce vendredi-là fera basculer le destin de tous les protagonistes des Natasha, un premier roman exceptionnel. L'après-midi, Béatrice achètera une robe en dentelle noire qu'elle portera le soir même à son concert. De ce spectacle, tout le monde sortira... transformé.

  • Les légendes courent : un hibou vieux de mille ans rendrait aveugle quiconque ose l'approcher ; le diable fréquente tous les soirs le Café de monsieur Pinto ; la nuit, des hurlements filtrent des murs du fournil de monsieur Sasson... Mais c'est le soldat turc d'Edirne qui hante les esprits : fonce-t-il toujours vers les positions ennemies alors qu'une bombe lui a arraché la tête ? Notre jeune héros y croit dur comme fer... bien plus que ses copains. Dans ce quartier populaire de Tel Aviv, au début des années 40, leurs aventures dans le terrain vague ou le long de la voie ferrée sont bien plus essentielles que la Guerre qui n'est qu'une voix émanant du poste de radio.
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  • Gonçalo M. Tavares nous invite à suivre les aventures extravagantes de ses personnages : un joggeur, un enquêteur sondeur, un enseignant, un collectionneur de cafards... Jusqu'à l'apparition de son héros, le vrai, Matteo, celui qui a perdu son emploi. Vingt-six individus dont les destins sont liés comme dans un jeu de dominos, la chute d'une pièce entraînant celle de la suivante...

  • En 1769, la planète Vénus passera devant le disque solaire. Les scientifiques des observatoires du monde entier s'organisent, avec intérêt et impatience, pour observer ce phénomène rare. C'est ainsi que János Sajnovics, jeune prêtre jésuite hongrois, astronome et mathématicien, part sur invitation spéciale du roi du Danemark jusqu'à Vardø, en région lapone, en tant qu'assistant de Maximilian Hell, astronome à la cour impériale de Vienne. Leur extraordinaire voyage, rythmé par des tribulations hasardeuses et des rencontres étonnantes, les mènera au coeur des principales villes européennes, dévoilant la complexité propre à l'Europe du XVIIIe siècle. Cette expédition se révèle être aussi un voyage intérieur intense et agité pour János, qui peine à trouver son chemin et sa place. « Le Passage de Vénus », allie avec élégance et subtilité la grande tradition du roman historique et celle du roman psychologique. Il plonge le lecteur dans un siècle qui fascine toujours autant et qui a vu naître de nombreux bouleversements, notamment dans la culture, la philosophie et les sciences.

  • Tout l'art de Gazdanov consiste à observer sans a priori ses frères humains, particulièrement les exilés, les déracinés en quête d'identité, pour les fixer d'un trait et en faire des personnages inoubliables... La révolution bolchevique gronde et des cohortes de Russes blancs ont rejoint la France, où leur sort a basculé. Les protagonistes des quatre nouvelles inédites rassemblées dans Cygnes noirs incarnent magnifiquement le tragique, l'absurde et le hasard des destinées.

  • Nikolaï a seize ans lorsqu'il s'engage dans l'Armée blanche. En 1920, il quitte la Russie pour toujours. Des années plus tard, à Paris, les retrouvailles avec Claire, piquante et insaisissable, font resurgir les souvenirs les plus douloureux - la mort terrible du père tant aimé - comme les ravissements ténus de l'enfance ou les longues conversations avec l'oncle Vitali sur le sens de la vie. Un bijou de la littérature russe à découvrir!

  • Tour à tour, diplomate, espion, et soldat au service de la couronne britannique, Fitzroy Maclean aurait inspiré le personnage de James Bond à son ami, Ian Fleming. "Dangereusement à l'Est" se lit comme un fabuleux récit d'aventures, de fascinantes chroniques présidant à la naissance de l'Europe moderne et des portraits enlevés de plusieurs grands de cette époque tels Churchill, Staline, Tito.

  • Ils s'appellent Klaus Klump et Joseph Walser. L'un est éditeur, l'autre ouvrier. Leur pays est en guerre.
    Gonçalo M. Tavares les surveille, à l'affût des mécanismes de leurs âmes soumises aux vicissitudes de l'Histoire. Et, comme s'il se trouvait devant

  • Monsieur Swedenborg pense le monde de manière géométrique, tout n'y est que figures et espace en mouvement. Cette fantaisie littéraire s'appuie sur l'oeuvre du scientifique et théologien suédois reconnu comme l'un des précurseurs du spiritisme. Cet opuscule démontre, si besoin était, l'extraordinaire talent de Tavares, esprit hors norme, ambitieux, logique et fou !

  • Printemps 1814. Sur l'île d'Elbe, nul ne connaît l'intérêt de N. pour les abeilles, excepté Pasolini ; dès les premières victoires, l'apiculteur a perçu le lien magique qui unit les insectes au stratège hors de pair. Au fil des ans, la justesse de ses « décryptages apicoles » des batailles du grand Corse l'a convaincu que l'esprit de la ruche était la clef pour comprendre la vie et l'action de Bonaparte. Cette connaissance occulte qu'il possède de N. en fait le rouage essentiel de la conspiration fomentée par la Société bonapartiste toscane, qui vise à faire de l'empereur déchu, et revenu à ses origines, l'incarnation du Risorgimento de l'Italie. Premier roman d'une intelligence rare, aussi subtil que la couleur ambrée du miel, L'Apiculteur de Bonaparte a obtenu, en 1996, le prestigieux Prix Juan March Cencillo, décerné à un roman court.

  • On y croise aussi bien un homme fasciné par une paire de chaussures au gris-noir subtil, qu'un pichet au motif de fleurs kitch haï par toute une famille et qui est néanmoins subtilisé par un voleur, ou encore une clé apparemment inutile que l'auteur décide de mettre dans son texte pour ne pas la jeter... Des souvenirs d'enfance qui remontent à la surface au hasard d'une rencontre ou d'une situation : comme ce sourd-muet de son village de Serbie, écrasé pour ne pas avoir entendu le klaxon d'un camion signalant son arrivée à tombeau ouvert. Ou cette course dans Paris où une femme fixe la nuque d'un chauffeur de taxi qui lui rappelle son amant : elle lui demande de ne pas se retourner pour prolonger le plaisir de cette ambiguïté et imaginer que le voyage à deux à Paris tant rêvé se réalise... Mira Popovi´c nous conte des souvenirs d'enfance, des histoires d'amour ou de pures fantaisies, prenant le quotidien à contrepied. Ce recueil allie avec brio cocasserie, tendresse et humour. Divisé en trois parties, ce recueil réunit des nouvelles dans lesquelles, sous une apparente normalité, surgit le burlesque et l'absurde, des nouvelles liées à la double appartenance de l'écrivain à Paris et à Belgrade, et enfin des nouvelles évoquant l'enfance et le rêve.

  • Oliver VII est le tout jeune roi du royaume d'Alturie mais il ne veut plus régner sur un pays au bord de la faillite et dont les seules ressources demeurent le vin et la sardine. Il décide alors d'organiser un coup d'état contre lui-même... Ce faux complot aboutit et le roi abdique puis disparaît. C'est en Italie que le peintre Sandoval le retrouve, il est devenu Oscar, un petit escroc. Il va vite s'apercevoir, lors d'une de ces escroqueries loufoques, qu'il est bien difficile d'échapper à son destin... Mille personnages se mêlent, les quiproquos se multiplient, les situations sont cocasses et absurdes, voilà une histoire qui évoque irrésistiblement Shakespeare !

  • Dans le désert du Karst, au coeur de paysages arides, incendiés de soleil et battus par la « bora », Fille des pierres nous conte une histoire d'amour. Qui finit mal. Quand Jella sera dépossédée de l'amour d'André Rez, innocente et implacable, elle accomplira son oeuvre de destruction.

  • Kafka meurt en 1924. Max Brod écrit Le Royaume en 1928. Ses personnages s'animent ; leurs souffrances nous émeuvent, mais leur surcroît d'humanité, c'est la figure de Garta-Kafka qui le leur donne. Cette création est l'hommage le plus touchant qu'un écrivain ait rendu à l'amitié.

  • Repton, dans le Derbyshire : on y porte la queue-de-pie, le noeud papillon, le pantalon noir ajusté, le chapeau de paille. Au bout de deux ans de bizutage et de corrections, on a droit au parapluie. Denton aime porter des vêtements amples, colorés, et surtout pas de chapeau. Il hait le College. Il fugue. Mais il sait que sa révolte sera brève : il retourne à Repton. On n'échappe pas à la tradition familiale. Pourtant... Une lettre de son père l'invite à le rejoindre en Chine. Pour un an. Éblouissement. Découverte de Shanghai la violée au coeur de la colonisation, des villages de boue, de la cruauté qui unit les hommes. Fascination pour un art d'un hiératisme sans pareil. Vertige de la liberté. Initiation à l'approche des corps étrangers, à la nuit où on effleure l'interdit dans les bars ; la danse, la boisson, la sexualité qu'il fuit encore dilatent la personnalité de l'adolescent, l'enrichissent comme l'odeur des fleurs d'un parc exaltée par la pluie.

  • Deux récits, deux destins s'entrecroisent à travers le temps et l'espace. Mazouf est un esclave copiste au coeur de la Rome antique. Sa réputation ne fait que croître, car il est capable d'améliorer, dans le temps même où on les lui lit, le style et les idées des textes qu'il retranscrit pour les clients de son maître. Petit à petit, il s'attaque aux textes classiques, aux Dialogues de Platon, aux Géorgiques de Virgile, aux Vies des hommes célèbres de Plutarque. Par ailleurs, il a pour particularité d'être ventriloque. La voix qui « habite son ventre » est une voix de femme qui se met à parler lors de joutes érotiques entre garçons, et qui, mystérieusement, récite des textes d'auteurs inconnus. Il s'agit là d'une mise en abyme vertigineuse du passé et du présent. Une réflexion sur l'Histoire et sur la transmission des oeuvres d'art. Les textes qui nous sont parvenus sont-ils des faux, sans cesse réécrits par d'autres, soucieux de les bonifier ?

  • « Ma vie a été marquée par deux découvertes scientifiques inquiétantes : la fission de l'atome et l'élucidation de la chimie de l'hérédité. Dans un cas comme dans l'autre, c'est un noyau qui est maltraité : celui de l'atome et celui de la cellule. Dans un cas comme dans l'autre, j'ai le sentiment que la science a franchi une limite devant laquelle elle aurait dû reculer. » Dans son autobiographie, Erwin Chargaff apparaît comme un croyant sceptique : il croit en la nature, mais doute radicalement de la science d'aujourd'hui. Elle est devenue trop puissante, trop soumise aux exigences de la technologie, trop complexe et impénétrable. Scientifique, il sait de quoi il parle. Et il ne parle pas seulement avec l'autorité d'un spécialiste, mais aussi avec une âpreté critique et un amour de la polémique qui rappellent l'écrivain Karl Kraus, une des figures qui ont guidé sa vie.

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