Le Festival de Cannes a signé le clap de fin. L'occasion de rappeler que s''il y a peu de films qui alimentent la littérature, ou le plus souvent sous forme de produits dérivés, la littérature par contre inspire beaucoup les réalisateurs. Films, téléfilms, séries, documentaires, sur grand ou petit écran, la transposition d'un texte, quand elle est réussie, est une autre forme de création.
Et par un juste retour, elle inspire la lecture. Petit panorama dans l'actualité récente.

Le 12 avril dernier, Diane Platteeuw, de la librairie Claudine, était l'invitée de la matinale sur la RTBF, l'occasion pour elle de souligner ce que peut être la littérature : un capteur de ce qui agite la société, une analyse des rapports sociaux, un écho des réalités que nous vivons, avec le droit total de l'écrivain à la subjectivité. La littérature décrit, et décrypte en même temps, l'état de notre monde. Comme, à titre d'exemple, elle a décrit le mouvement des gilets jaunes avant même son apparition.
C'est le sens de cette sélection d'ouvrages par la librairie Claudine.

Le Fonds Victor et la radio RTBF La Première, se sont associés pour récompenser chaque année un livre de littérature de jeunesse « belge » – c’est-à-dire dont l’auteur et/ou la maison d’édition et/ou le traducteur est belge. Un premier jury constitué de professionnels et de jeunes opére une première sélection, et les ouvrages sont ensuite lus par des lecteurs ados, répartis en comités de lecture. Le livre qui remporte le prix reçoit 1.500 € et bénéficie d’une campagne de promotion sur la RTBF. Il est en outre traduit en braille et enregistré sous forme d’audiolivre.

L'idée n'est pas neuve. Sortir la philosophie du cercle des spécialistes et de la sphère professorale, non pas seulement pour la rendre accessible et praticable par tout un chacun, mais pour l'ouvrir aux productions culturelles du monde d'aujourd'hui. Souvent décriée, accusée de céder au populisme, la pop'philosophie connaît cependant une forte reconnaissance de la part du public... et donc des éditeurs. Avec une certaine difficulté à gérer en librairie une production importante, où la limite entre philosophie et développement personnel est parfois ténue, et que certains contesteront, légitimement. En tête de la courte sélection d'ouvrages que nous avons sélectionnés, celui de Laurent de Sutter, que Librel recommande. Il pose la bonne question.

Les noms des lauréats et lauréates des prix Sorcières 2022 ont été dévoilés.
Depuis 1986, les prix Sorcières récompensent des ouvrages dans 6 catégories : « Carrément beau mini », « Carrément beau maxi », « Carrément passionnant mini », « Carrément passionnant maxi », « Carrément sorcières Fiction » et « Carrément sorcières Non-Fiction ».
Un auteur belge figure parmi les lauréats, Thomas Lavachery. 
Les prix Sorcières sont décernés conjointement par les librairies françaises spécialisées en littérature pour la jeunesse et par l’Association des bibliothécaires de France.
Les ouvrages primés faisaient partie d'une sélection d'une trentaine d'ouvtages dont on peut retrouver la liste sur le blog du Carnet et les Instants, partenaire de Librel.

Une actualité éditoriale autour du créateur de La Marque jaune et autres BD devenues mythiques.
Et pour en savoir plus, petit détour sur le site Objectifs Plumes qui a consacré une fiche à l'auteur.
Voir la fiche d'Edgard Jacobs sur Objectifs plumes

Les 285 libraires francophones membres du jury du Prix Libr’à Nous 2022 (venant de France, Allemagne, Autriche, Belgique, Canada (Québec), Chili, Grande-Bretagne, Haïti, Roumanie, Suisse et États-Unis) ont dévoilé les titres des livres sélectionnés pour les 7 catégories représentées : littérature francophone, littérature étrangère, polar, imaginaire, bande dessinée, album jeunesse, littérature jeunesse).

Le Pingouin, arrivé chez nous en traduction française il y a une vingtaine d'années, fut le premier de ses romans qui utilisait le registre de la fable animalière pour dépeindre la société ukrénienne postsoviétique, et en biais l'univers implacable de l'ex-URSS. Nul doute que le registre de l'humour ne soit plus qu'un souvenir aujourd'hui...
Né en Russie, et donc de langue russe, habitant de Kiev et disant de lui "Je suis un Russe ethnique, je suis devenu un Ukrainien politique", Andrei Kourkov est parti sur les routes de l'exil, tandis que ses fils se sont engagés dans la défense territoriale. Il sera en France à la fin du mois de mars.
Le 24 février il écrivait : La guerre a commencé. Hitler a démarré la guerre à 4 heures du matin, Poutine à 5 heures. Cela ne fait pas beaucoup de différence… 

Au moment où une guerre se déclare en Europe, le regard sur les ouvrages qui évoquent l'Ukraine est éclairant : pays fragile, nation en quête de reconnaissance, territoire qui tente de se (re)construire. Toute la complexité d'une nation où se croisent des cultures.

Fin lettré, figure marquante de ces grands intellectuels originaires de Flandre, Stefan Hertmans incarne aussi ce qu'on peut appeler l'esprit européen, cette capacité de mise à distance de soi et d'un regard critique sur les idées et la communauté à laquelle on appartient, en même temps qu'une sensibilité vive aux vents de l'Histoire. Une partie seulement de son oeuvre, éditée aux Pays-Bas, est traduite en français, mais depuis Guerre et thérébentine et Le coeur converti, on sait que c'est un écrivain qui compte chez nous. L'ascension, qui vient de paraître, s'inscrit dans la droite ligne de ses précédents romans, inspirés des traces que l'Histoire a laissées autour de lui. C'est encore une maison, comme dans Le coeur converti, qui est le point de départ de ce nouveau roman. Roman, vraiment ? Ici c'est la maison qu'il a habitée durant 20 ans, à Gand, et dont il a fini par réaliser qu'elle avait été occupée par un collaborateur des nazis durant la deuxième guerre. Et c'est tout un pan d'une histoire difficile, celle d'un foute vlaming, celle d'une époque qui résonne parfois encore.

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